‹ La Vie parisienneChapitre 546 sur 662 · III, — LU CHAPITRE DES MOUSQUETAIRES D'ALEXANDRE DUMAS · texte numérisé non relu

III, — LU CHAPITRE DES MOUSQUETAIRES D'ALEXANDRE DUMAS

ATHOS et LOUIS XIV.

Le Cardinal et le Roi s'observaient comme deux lutteurs.

— Allez dire au Parlement que je courberai les tètes des rebelles sous ma botte éperonnée, et que j'entrerai dans Namur une cravache à la main; allez dire à la Reine que je suis son époux, allez dire à nos cousins que je suis le roi, allez dire à nos sculpteurs que mes talons ne sont pas assez hauts pour mes statues.

— Sire, dit le Cardinal, j'entends un cliquetis d'épées. C'est le Comte de l'Affaire qui sollicite un moment d'entretien de Votre Majesté.

Une portière de tapisserie se souleva et Athos parut l'épée nue à la main.

— Sire, dit le comte en s'inclinant, api'cs Dieu, le Roi ! Le Roi se leva pâle.

— Cardinal, est-ce ainsi qu'on force les guichets du Louvre? (A Athos.) Monsieur, pour entrer dans la salle du trône, il y a des gardes, il y a des gentilshommes, il y a des chambellans. Sortez, monsieur.

— Non, Sire, répondit Athos.

Aucun muscle n'avait bougé sur son visage. Louis XIV se promenait avec agitation.

— Lèse-Majesté. Ce mot coûte cher.

— Vingt sous, Sire, comme une ligne entière du journal le Siècle.

— Sortez!

— Vingt sous de plus, Sire. On peut aller loin avec ce dialogue. Sire, écoutez-moi. Je m'appelle le Comte de l'Affaire, j'ai blanchi au service du père de Votre Majesté, j'ai...

— 11 suffit... Le Cardinal examinera vos états de service. Vous aurez une pension. Maintenant, je désire être seul.

— Sire, c'est avec le respect dû à la majesté royale que je reste ici, devant vous, la tète découverte. Je ne sortirai que lorsque vous m'aurez entendu.

— Ah! prenez garde, Comte... Monsieur D'Artagnan V A cet ordre royal, D'Artagnan parut, la tête couverte.

— Que ce gentilhomme soit reconduit hors du palais.

— Sire, répondit D'Artagnan de sa voix calme et vibrante, Votre Majesté peut faire trancher nos deux têtes, je remplis mon devoir en lui désobéissant... Athos, mon ami, combien avez-vous bu de bouteilles ce matin?

— Cent vingt-cinq, cher ami... Laissez-nous seuls, j'ai à parler au Roi.

Le Roi frappa du pied.

— Restez, monsieur.

D'Artagnan regarda Louis XIV sans colère et sortit.

— Monsieur Porthos ! cria le Roi.

Porthos fit sauter une porte à double battant et apparut surle seuil. Le Roi poursuivit :

Passez votre petit doigt dans la ceinture de ce gentilhomme, et portez-le à bras tendu jusqu'à notre bastille d'État.

— Sire, répondit le Mousquetaire-Farnèse, Votre Majesté peut m'ordonner d'en tordre les barreaux de fer, de la changer de place, de la réduire en poussière, mais Athos est le maître. Bonjour, ami, combien de bouteilles ?

— Cent vingt-cinq. Porthos, laissez-moi seul avec notre Roi, j'ai besoin de lui parler.

Le Roi frappa du pied pour la seconde fois.

— Restez, monsieur.

Porthos sortit en haussant ses larges épaules. Le Roi devint songeur et regarda Athos.

— Vous voyez, monsieur, dit-il ; qui ètes-vous donc pour vous faire obéir ainsi ?

— Je m'appelle Athos, Sire.

— Oh! alors, il n'y a plus que Dieu. Parlez, je vous écoute.

— J'attends que Votre Majesté daigne m'avancer un siège à la hauteur du sien.

— Ah ! monsieur, si c'est une lutte avec le Roi, je suis le premier gentilhomme de mon royaume.

— Sire, en vain, autour d'un trône, les genoux fléchissent, les yeux veillent, les mains obéissent, il arrive une heure, une minute, une seconde où le Roi éprouve le besoin deVasseoir "comme le plus humble de ses sujets.

Louis XIV tendit la main au gentilhomme.

(1) Voir les numéros des 17 septembre et 1er octobre.

— Vous êtes grand, Athos, dit-il, voici mon trône. Un jour, la Vérité, exilée de mon palais, viendra rêver sur ma tombe.

— Je prierai pour le royaume de France.

— Quelle main fatale nous met aujourd'hui en face l'un de l'autre?

— Je l'ignore, Sire ; je dois me retirer avec mon secret.

— Et quand Louis XIV reverra-t-il Athos, Comte de l'Affaire ?

— Dans le trente-quatrième volume du Vicomte de Bragelonne.

— Et moi, monsieur, je vais m'ensevelir sous les ruines de la monarchie, en maudissant la grandeur qui m'empêche de vous reconduire. Allez, vous êtes fidèle.

Athos regarda Louis XIV, inclina sa belle tête et murmura :

— Mademoiselle de La Vallière aimait mon fils

Un peu de Finance

Vous me demandez, mon cher Marcelin, une sorte de Bulletin financier, dans lequel, sous une forme pas trop aride, vos lecteurs pourraient trouver quelques renseignements sérieux et utiles. Vous me prenez uu peu au dépourvu aujourd'hui. Je n'ai plus le temps de songer à la forme ; voici toujours le fonds, que je vous garantis scrupuleusement exact.

de F.

Depuis trois semaines la Bourse de Paris est en pleine déroute, sous l'effet d'une crise dont on n'a pas d'exemples depuis bien des années.

Il y a longtemps que cette crise était facile à prévoir, mais l'époque de son explosion était incertaine. Il n'a fallu qu'un souffle pour que tous les simulacres de reprise péniblement édifiés s'écroulent.

C'est la Banque de France qui a donné le signal d'alarme. Déjà la Banque d'Angleterre avait élevé son taux d'escompte dans le but d'empêcher la sortie des espèces. La Banque de France dont l'encaisse de 279 millions, le 29 septembre dernier, était tombé à 267 millions le 6 octobre, et à 250 millions le 13 octobre, éleva son escompte à 8 pour 100. Or le taux de 8 pour 100 représente pour le commerce le taux de 12 et de 13 pour 100 avec les commissions do banque; à ce taux les affaires commerciales sont interrompues et le travail s'arrête.

C'est ainsi qu'on peut s'expliquer l'énorme report sur la rente 3 pour 100, qui s'élevait à la dernière liquidation à 40 centimes pour une valeur qui ne rapporte que 25 centimes par mois. Enfin le capital, quoique aussi abondant que jamais, ne s'engage pas, et par suite ceux qui sont forcés de faire de l'argent et qui ne peuvent pas négocier leur papier, mémo à des conditions exorbitantes, vendent leurs valeurs en portefeuille à vil prix.

Ainsi depuis un mois toutes les valeurs sont tombées

La rente de 60 05 à 64 40;

Crédit foncier de 1220 à 1090;

Crédit mobilier de 1023 à 886;

Italien de 67 90 à 64 70;

Orléans de 995 à 822,

Nord de 980 à 965;

Est de 500 à 495;

Lyon de 917 à 888 ;

Midi de 637 à 582.

Les valeurs diverses sont complètement négligées, excepté la Caisse des Chemins de fer qui à la nouvelle que M. Mirés reprendrait les affaires, a eu une forte hausse.

Mais l'embarras monétaire est sur presque toutes les places de l'Europe.

On signale aussi plusieurs faillites à Londres, mais seulement des maisons qui étaient fortement engagées dans des spéculations hasardées sur le coton et le sucre qui tous deux ont subi une baisse considérable.

Enfin au milieu de tout ce désarroi on parle d'emprunts ; d'abord de l'emprunt du gouvernement français que M. Béhic dans son discours de Marseille a fait prévoir, ensuite d'emprunts italien, espagnol et russe. Mais ce qui est plus surprenant, c'est qu'au moment où la crise actuelle pèse si lourdement sur le commerce français, on s'adresse au public pour l'engager à des entreprises à l'étranger d'un succès douteux.

Nous parlons de la Société générale d'entreprises industrielles en Italie et delà Compagnie du chemin de fer et des houillères de Pelayo en Espagne.

Quant à l'Italie, depuis dix ans nous sommes toujours habitués à la voir nous réclamer de l'argent; pourtant nous en avons déjà beaucoup

23 octobre 1864.

jeté dans ce gouffre. Chemins de fer Romains, Lombards, Victor-Emmanuel, Chemins Méridionaux, Bons du Trésor, Emprunts piémontais, Emprunts italiens, jusqu'au dernier de 700 millions qui pèse en majeure partie sur la France. L'Italie demande encore et toujours, semblable à cet Anglais qui sur la demande de ce qu'il pouvait manger de douzaines d'huîtres, répondit : « J'en mange toujours. »

Le bilan de la Banque de France du 20 octobre est un peu meilleur que celui du 13 courant :

En caisse, . , . 254,073,596 francs.

Augmentation de 4 millions.

Portefeuille 626,438,240 »

Augmentation de 2 millions.

Avances sur rentes 25,860,750 »

Légère diminution.

Avances sur actions et obligations de chemins de fer ; 47,736,300

Sans changement.

Billets en circulation 761,296,775 »

Augmentation de 7 millions.

Et comptes-courants des particuliers. . . . 123,847,673 »

Augmentation de 3 millions.

De For.

CHOSES ET AUTRES

Le tome quatrième de f Histoire de la littérature anglaise a paru ces jours-ci. L'ouvrage de M. Taine n'atteindra pas les qmtorze éditions des Mémoires d'une hiche anglaise. Qu'y faire? Il y a tant de biches, et si peu de lettrées.

Les théâtres annoncent beaucoup. L'Opéra-Comique parle des Absents, une œuvre de M. Alphonse Daudet et de M. Poise. — Les Variétés vont donner V Enlèvement d'Hélène... de l'Offenbach. — Toute la mythologie devenue la proie de cet homme. — 0 vanité ! — A la Porte-Saiut-Martin, les Drames du cabaret. — A la Gaité, le Marquis Caporal..., une concurrence au Vue Job; — Ne trouvez-vous pas, Messieurs, qu'un directeur ferait bien d'imiter le Figaro, et d'ouvrir son théâtre aux gens qui n'ont jamais fait de pièces ?

Deux baisses étranges rfecupent l'attention : celle de la Bourse, qui ne nous regarde pas; celle de la Seine, qui rentre dans nos attributions. Les savants s'enferment dans leur cabinet, et se mettent les poings sur ies yeux pour chercher l'explication de ce phénomène. Les passants s'arrêtent et adressent de touchantes exclamations à la rivière, qui menace de les quitter pour toujours. Pour toujours! Grand Dieu! si réellement la Seine, honteuse de nos désordres, allait secouer, non la poussière de ses chaussures, mais la fange de son eau, et se plonger définitivement dans l'Océan ! — Quel beau sujet à traiter pour un poète du dix-huitième siècle... dans une ode à Clymène. .. auquel cas, dirait-il, « Mes pleurs, ô belle inhumaine, Formeraient uue autre Seine..., etc..

Nous, nous planterons un square dans son lit.

Nadar et le roi Léopold se sont séparés. Ce dernier, forcé de partir pour l'Allemagne, a supplié Nadar de se charger en son absence du gouvernement de ses Etats. L'aéronaute a répondu qu'il 'aimait à faire quelque chose. Cet incident n'a pas eu de suites.

Dimanche, courses à Chantilly. Temps superbe. J'ai remarqué une grosse malle. Je ne m'expliquerai jamais comment il a plu à une voyageuse de s'arrêter aux courses, en revenant à Paris..... Ou, comment cette voyageuse avaitelle besoin de cette grosse malle, pour venir à Chantilly!., une grosse malle sur une voiture, au milieu du champ des courses... que pouvait-il y avoir dans cette malle ?

Après le festival des Champs-Elysées, le festival du Pré-Catelan. On ne peut pas être partout à la fois, à Chantilly et au Pré-Catelan... Heureusement.

Nos lecteurs seront peut-être bien surpris en nous voyant prochainement aborder un sujet bien inattendu ici ; il ne s'agit de rien moins que d'un peu de théologie. Voici à quel propos. Un de nos amis a assisté, il y a quelques jours, à la lecture d'un ouvrage qui va paraître , intitulé le christ, par M. Emile Barrault, l'ancien Saint-Simonien, et je crois aussi l'ancien député. J'ai rarement vu émotion plus grande que celle que ressentait encore cet auditeur, rien moins pourtant que théologien. C'est que, loin d'avoir traité ce sujet délicat en théologien ou en philosophe aride ou technique, l'auteur a mis simplement en scène un catholique, un protestant, un juif, un saint-simonien et un philosophe, tous gens du monde, causant entre eux avec une admirable simplicité, et traitant cette immense question de façon à la mettre à la portée des plus simples, sans rien lui enlever pourtant de sa grandeur. C'est une tentative au moins singulière et hardie, et nous nous eu occuperons certainement.

Prenons garde. 11 se fait une coalition de loteries. Jusqu'à présent ces puissances-là étaient rivales, et exerçaient solitairement leur influence dé-

létère. Trois d'entre elles viennent de s'unir pour accabler le genre humain. Si bien qu'aujourd'hui nous ne savons plus trop à qui nous donnons notre argent. Tel qui veut faire la charité aux enfants pauvres, va se trouver avoir donné son aumône aux Andelys. Pourquoi aux Andelys '? Pourquoi ? quelle curiosité ! ces pourqnoi-là se payent à part.

Le fleuve des almanachs monte, tandis que la Seine descend. L'un se retire peut-être pour faire place à l'autre. J'ai connu un homme qui prétendait devi ner le caractère des gens, d'après l'almanach qu'ils préféraient. Moi, qui n'en lis jamais, je préfère les bleus, et vous, madame?

Nouvelle annonce. On pourrait compter autant de sortes d'annonces que Sterne compte de sortes de voyageurs. Celle-ci, c'est l'annonce prétentieuse,

« Sirop d'écorce d'orange, contre les malaises protéiformes

Protéiformes est joli. J'aime protéiformes.

Les Huguenots viennent d'être joués à Rome, et l'on prétend que le Saint- Père refuse des réformes. Rome est en progrès sur Montpellier. A Montpellier, ou n'a pu encore représenter le chef-d'œuvre de Meyerbeer. Les opinions, tout au contraire de la viande, se conservent plus longtemps dans les pays chauds.

Le Conservatoire a renouvelé ses peintures. Les dessins les plus chastes y sont admis. Le Conservatoire aurait l'intention de devenir moral. On mettrait des sœurs bleues comme surveillantes. Il n'y a pas de sot métier, disent les bonnes gens.

MODES DU JOUR

Le Théâtre des Italiens est ouvert, ce qui veut dire que les Parisiens reviennent et que les boulevards reprennent leur physionomie si particulièrement animée.

C'est aussi l'heure où la mode se transforme — et quelles charmantes transformations! — Voyez plutôt à la Compagnie Lyonnaise qui est le temple du goût? les nuages de mousseline, les Ilots de gaze et de taffetas printaniers ont fait place aux graves et riches étoffes de l'automne aux teintes douces et harmonieuses, aux dessins nouveaux.

11 y a là, en soiries, de quoi défier toutes les splendeurs rêvées et ces longues et aristocratiques galeries pourraient s'appeler le Palais des enchantements. A chaque pas que l'on y fait, c'est une nouveauté, une fantaisie, une magnificence inattendue. Quelles riches confections, quels merveilleux cachemires, quelles royales fourrures!

Et les dentelles, et les moires, et les féeriques robes du soir!... Le moindre détail sur toutes ces innovations me demandrait plus de place que n'en comporte mon cadre. Toutefois, je me propose de consacrer exclusivement à la Compagnie Lyonnaise un compte rendu qui initiera nos lectrices aux moindres détails des modes d'hiver. De même que les Merveilleuses, les femmes du goût le plus modeste y trouveront leur avantage; car c'est le propre de certaines maisons de grand tact de savoir se mettre à la portée de tous.

Que dirai-je des chapeaux à ' Alexandrinel on n'ose y toucher de peur de les déflorer de leur poésie et de leur prestige. Comment décrire l'effet de ce chapeau Italien ou de cette toque Diane, par exemple, qui sont de véritables chefs-d'œuvre ?

Le chapeau Italien est une passe de velours noir, plissée un peu veis le fond comme une Sévigné, retenue par trois étoiles de jais noir.

De l'étoile du milieu part une petite plume noire qui orne le dessus de la passe.

Le fond qui n'existe pas est remplacé par trois larges coques de

velours ponceau, recouvertes d'un large et long carré de dentelle noire ruisselant de jais, retombant comme une violette sur les épaules.

L'intérieur, composé de velours ponceau, est enrichi au milieu d'un nœud de dentelle fixé par une étoile de jais.

La toque Diane, en velours noir, est ornée d'un petit oiseau doré dont la traîne se prolonge par derrière, terminée par deux plumes droites.

De longs pans de taffetas noir pliés en deux, sont retenus par les mêmes boucles de jais qui couronnent le tour de la toque.

J'ai remarqué, enfin, un chapeau blond doré digne d'une tête de souverain.

La passe plate, sans fond, se termine par une réminiscence du bavolet, au-dessus duquel passe une bordure de plume de faisan doré qui tourne aussi tout autour du bord de la passe. Un camée carré en jais noir, retient au-dessus de ce bavolet deux petites plumes droites de faisan doré. Ce camée et ces deux plumes droites se reproduisent à l'intérieur. Il n'y a qu'Alexatidrine pour imaginer d'aussi splendides modèles.

Beprésentez-vous, — portant ce chapeau, — une délicate femme blonde qui aura eu la duplicité d'emprunter au crayon de Séguy des veines légèrement indiquées et des yeux plus mystiquement ombrés

octobre 1864.

°ncore.. Bref, un teint diaphane ou le blanc.

Nymphéa et la rose (VArmide se confondent discrètement. Ne serait-ce pas là un de vos idéals rêves ?

Ne vous récriez pas ici sur l'artifice des femmes. Aujourd'hui plus que jamais le règne est aux apparences?..;.. cj.'.'i CQjini • 'i

J e sais une charmante petite comtesse très admirée, très entourée, très écoutée, qui passe pour n'avoir qu'un défaut : lé rire un peu trop facile; il est vrai qu'elle a de si belles dents!

• Eh bien ! messieurs les admirateurs, vous vous trompez. Ce .rire un peu 'trop facile, est son plus grand trait d'esprit et son plus grand charme ; car elle rit de ' la bonhomie des crédules, qui veulent bien compter au nombre de ses trente-deux jolies petites dents, trois ff*--.

petits bijoux taillés par Dejardin,— l'habile dentiste ■ du boulevard de Sébastopol.

Dédaignez encore cet artifice des femmes auquel vous savez si bien vous laisser prendre !

■ Et la taille irrésistible de M™« de C..., comment la trouvezvous? I , ••>., t

Un instant : ici, ce .n'est plus de l'artifice, mais de l'art. Le secret de la grâce 'de Mmc de G..., c'est la ceinture-régente.

■ Un mignon corset, haut comme la main, — soutenant la poitrine seulement, — taillé d'après les lois de la statuaire, ne pouvait manquer d améliorer encore les plus jolies tournures.

i Mais aussi, comment bien exprimer tout, le succès remporté par cette triomphante ceinture? Les contrefaçons auxquelles elle a donné heu disent assez qu'elle règne automatiquement dans tous les pays ou il y a trace de jolies femmes!

j)/mcs de Vertus, — les inventeurs, — ont peine a répondre aux demandes qui leur arrivent de tous les points civilisés du globe, et qui sait si,— grâce aux ballons,— nous n'importerons pas un jour cette gracieuse innovation chez les habitantes de nos plus radieuses étoiles !

lin attendant ce grand jour, gardez pour vous, mesdames, vos moyens deseduction et surtout ne vous adressez qu'à Jtfn.es de Vertus, chaussée d'Antm, quand il s'agira de remplacer votre, ceinture-régente. ,

Un dernier mot sur les soins de eette beauté, qui vous est si chère, — a juste titre. ,*•

Pour rester longtemps jolie, il est d'abord de toute nécessité de les Talismans de la Beauté, le livre de M. L. Claye.

Dans un langage assez mondain pour dissimuler l'aridité des détails scientifiques, 1 auteur offre dans ce livre toutes les ressources précieuses mises en usage par les beautés célèbres de différentes époques pour ajouter a leur beauté naturelle et pour la faire durable. Il donne

modes d'automne. — D'après les modèles d'Alexandrine.

lire

en outre toutes les nouvelles compositions de la Heine des Abeilles (maison .Violet), compositions bienfaisantes, dues au 'progrès, à l'étude et qui permettent aujourd'hui aux femmes de s'approprier la fraîcheur et le velouté dès ' fleurs distillées pour elles.

Je cite, entre autres, la parfumerie aux violettes d'Italie.

L 'Acidulé de Violettes.

Un bain de fleurs. .

VEau de Beauté de S. M. l'Impératrice.

Une eau blanche ou rosée, selon qu'elle se prépare, au cold-cream ou à la crème froide au suc de fraises.

La Fleur de riz, rosée, parfumée à l'ambroisie, quiestd'un usage très-rafraîchissant.

'L'Extrait de Menthe concentré pour la fraîcheur de. l'haleine.

La Crème Pompadour, contre les rides!

Un talisman de jeunesse, communiqué à Manon Foissy, la carriériste de la célèbre courtisane.1

M. Violet par

Enfin le Savon royal de Thridace pour dernière composition conserve vénjle fraîcheur.

'hygiène de la peau. Cette t l épiderrxie tout son velouté et sa ju-

creée

par

Pour petite fille, une délicieuse toilette d'automne Mme E. Desrez, rue de Rivoli.

. G est nue petite, robe Duchesse en popeline grise. Le corsage et la jupe son t d'une seule pièce ; c'est-à-dire que le corsage se prolonge en j upe taillée en biais et sans un seul pli à la taille. Ce corsage est garni de petites soutaches bleues, serpentant jusqu'à la naissance de la jupe illustrée de même d une broderie de soutache bleue.Ua manche ajustée reproduit la même broderie. La robe est fermée devant, du haut en bas, par des boutons de soie bleue.

Ce charmant costume est d'un grand cachet.

Plus que jamais, la guipure est en grande vogue, et les modes d'hiver seront tres-ennehies. On comprend, du reste, cet engouement pour la guipure en visitant les curieux et riches salons do ha rue Turgot. Kien nest plus riche, plus Renaissance que toutes ces artïstimies pièces de broderies dont on a retrouvé le secret. Inutile de dire que la guipure dont je parle est brevetée, et qu'on ne sauraiten trouver ailleurs que d inhabiles imitations, ce qui ne donnerait plus du tout un cachet d élégance aux yeux de nos Parisiennes, lesquelles, en général ai-, ment le vrai... dans leurs ajustements. ' '

Vicomtesse de

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