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QUELQUES SOUVENIRS DE NÉMÉA

.1 ai toujours préféré les danses et les airs nationaux à tous les soi-disant pas nobles et de caractè: vous? Quel chef-d'œuvre dans Néméa mie cette danse des Dorobantsl Seulement pourquoi ce «ros I Vorobants? N'est-ce pas plus simple de dire le pas des Cagneux ? — Au coin, deux colonels en bottines sentez armes! ! ! — Au-dessus, le noble Chapuy obligé de se retenir pour s'empêcher de mouler trop h Dans le tond, deux âmes, jeunes personnes surmontées d'un quinquet. un avait l'éclairage au pétrole maintenant l'éclairage à l'àme. — Et dire qu'on nous a interrompu les représentations de ce |oii 1ml Nemea, par le succès de Roland à Roncecaux ! Tous les malheurs a la fois!

EGUYÈRES

Un nom m i f»it A^w.,™ jf j sp,lliu-\- — II, MADAME ISCHSCHSTRR! !! H

un nom qui fait eternuer d admiration. - m, l'incomparable iîmëlie !

Souvenirs d'Hippodrome.

Ce monsieur H IM» H,n , -QUELQUES EXERCICES DE L'HIPPODROME.

teur:. Mais est-ce bien au mo "vraf Blondln ? * w , ,plfds <•« «fre, on demanda au dïrecdivertissement des Comiques de Pari w™ftrfml 7W f IA„I- rI r?P05dl<C'L -Deux grosses têtes du juste. i'H0mme à la j,Muirede /Vr/pourvu nue ce JaUlard làn'â?. '^Tî^'--18 "? sais Pjus bie" »u lune avec ses dents! - LeS Cockney dè „ C itr h ah • ils^ont to in r I r'Àif la ft»tai*e ,de prendre anssi la amazone à moustaches I- La Krnrande TDantomlna • iL%*Kfî r ' ™ gros JO«*ey anglais et cette □on ou le, Brigand» de la Kotle%aeOa s'-J ■ Derd H.n.^ïï f <M «"««ocrate,..., non ou tes ftoyalietes..., Tout à faitau-descus, la petite 'bJondîi^l^ïu Î6ur 5555^- «"W»" du MOnsieur A'™ ~

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LA YIE PARISIENNE

5 novembre 1864.

Champ de bataille devant l'hôtol de la Préfecture maritime est absolument couvert de monde. L'Empereur se rend d'abord à l'Arsenal.

La foule est très - définie, rien que des fonctionnaires et des marins ; on crie, on acclame avec un accent très prononcé. Le cortège 'franchit la porte de l'Arsenal. Là, dans le canal qui donne accès dans la rade, le canot impérial blanc et or, couvert d'une tente grenat, est paré. L'Empereur, accompagné du ministre de la marine, du préfet maritime, de l'amiral Bouet-Villaumez, de sa maison militaire et des hauts fonctionnaires, monte à bord de son canot pour se rendre en rade. Le directeur de l'Arsenal se tient à l'arrière, à la barre avec un patron de canot, à l'avant le sous-directeur est debout sur la levée; quatorze matelots, sept de chaque côté, sont aux avirons, qu'ils tiennent obliquement. L'Empereur prend place; on se rend à bord de la Provence ; de là, on va visiter à l'Arsenal des Maurillons le Taureau, bâtiment cuirassé en construction qui réunit, au dire des hommes spéciaux, la résistance aux avantages de la légèreté d'un transport; puis l'Empereur se rend au Solferino, à bord duquel l'amiral a son pavillon, et va passer la revue de l'escadre.

Partout où flotte la Bandera espagnole nous sommes sûrs de trouver une franche hospitalité ; c'est la patrie sur un radeau ; nous nous rendons à bord de la N , et on met gracieusement à notre disposition

l'un des canots ; nous allons en grande rade assister aux évolutions de l'escadre française, qui se compose du Solferino, du Redoutable, do YAlgésiras, du Castiglione, de la Gloire et du Galon.

Nous circulons au milieu d'un monde de vaisseaux de haut bord, tous pavoises aux mille couleurs ; ici de vieux bâtiments qui servent do bagnes, là des hôpitaux flottants, plus loin le Monlebello, école des canonniers. A droite des arsenaux, à gauche des côtes découpées couronnées do forts, la Groise Tour, le fort Cabrun, le fort Sainte- Marguerite, et tout au loin, là-bas perdu dans une brume d'un violet tendre, la silhouette dés 'îles d'Hyôres, qui nous fait songer à Capri.

Le Solferino s'avance, les superbes vaisseaux appareillent lentement; ils semblent reconnaître les forts.

Une goélette blanche comme une mouette sur fond d'azur se joue en avant de l'escadre, et nous salue au passage. C'est l'Emma, la goélette d'Alexandre Dumas, frétée par le capitaine, Magnan pour remonter le Niger. Bonjour, chère petite barque, qui nous a portés de Gênes au golfe de Policastro ! Dans tes petites cabines nous ayons dormi abrités par le Vésuve; sur ton pont nous avons admiré de longues heures le brasier ardent qui, la nuit, semblait un météore sur le ciel étoilé du golfe de Naples. — Balance-toi sur les flots, petite goélette, tu nous rappelles un bon souvenir de notre vie d'aventures. Fais flotter au vent ta longue banderolle. - Au vent la flamme, au Seigneur l'âme.

La fumée qui sort des sabords du Solferino annonce qu'on va faire le simulacre de battre les forts ; toute* les batteries vomissent la flamme, et les côtes répercutent les détonations. Ces bagues de fumée blanche halos passagers, qui se dissipent lentement, se détachent un instant sur le bleu du ciel, chaque vaisseau envoie sa bordée de toute sa batterie, et bientôt d'épais flocons de fumée nous dérobent complètement l'escadre; puis, peu à peu, le dernier vaisseau reparait comme dans un nuage.

L'escadre a décrit u» cercle immense; le Solferino vient repasser devant nous, et sur la passerelle qui se dresse au pied du grand mât, nous voyons tout le brillant état-major au milieu duquel se tient l'Empereur. — A l'arrière, l'habit rouge du comte de Walsh, le chambellan, éclate au milieu des uniformes sombres. — Mes amis les Espagnols deviennent rêveurs et songent à Gibraltar.

Le vaisseau amiral rentre au port en ouvrant devant lui un sillon d'écume blanche. Un pavillon qui flotte à l'arrière donne le signal du mouillage; le canot impérial s'avance, on entend un lourd bruit de chaînes, et l'amiral jette l'ancre. — Nous faisons force de rames pour assister' au débarquement, et nous entendons, en passant devant le Montebpllo, le commandement : En haut le monde! — En ^un instant mille matelots grimpent dans les vergues et des vivats éclatent de toute part quand passe le canot impérial.

U glisse devant nous emporté par ses rameurs, qui fendent l'eau avec une merveilleuse précision, l'humidité nous enveloppe, cette humidité sinistre propre à la mer. L'Empereur et les amiraux ont revêtu les cabans; le yacth de lord Clifton, poussé par une bonne brise, frôle le canot impérial. La nuit va venir; là-bas, à l'occident, un disque rou"e disparaît derrière les côtes, et au-dessus de la ville, à l'orient, les fenêtres des villas illuminées comme par un incendie reflètent les derniers rayons.

La foule est compacte dans les rues, les matelots sont formés sur le Champ de bataille et rendent les honneurs au souverain. Unemasse de Toulonnais s'assemblent devant les fenêtres de la Préfecture mari-

time et restent là jusqu'au soir, comme si leurs regards pouvaient percer les murs.

Toulon le soir. — Ville bonne enfant, de grands platanes en berceaux, du bruit joyeux, des chants, des accents de fête, des concerts dans chaque café, — trois marins passent en se tenant par la main et chantant — A bord la Belle-Poule et Zon, zon, son. — Une fille glisse, la cornette au vent comme une gœlette enflée par la brise, et disparait dans des rues immodestes.

Théâtre superbe, un parterre d'officiers de marine,— on joue la Dame blanche et les Mémoires du Diable. — Au foyer, sur une table entourée d'agents municipaux, deux urnes sont disposées, avec une inscription au-dessus de chacune d'elles, — Troisième début de il/110 Olivier, ingénuité, des premiers rôles.— M. Bodriguez, jeune premier.— Chacun doit voter pour ou contre l'admission. — La province a du bon, — je ne connais pas M"0 Olivier et personne au monde ne m'est plus indifférent que M. Rodriguez, mais je vote pour eux, — c'est bien fait!

Marseille. — Dimanche.

Dès l'aurore, nous allons visiter l'Arsenal. — On n'entre pas plus qu'en une place forte, il faut exhiber ses pouvoirs.— Une fois la porte franchie, tout le monde est aimable et c'est à qui nous remorquera et facilitera l'accès ; — il y a une nuance entre l'officier de terre et l'officier de mer. — On découvre le canot impérial; un matelot de la Préfecture maritime vient nous annoncer le départ de l'Empereur pour neuf heures.— On appelle cela voyager !— En deux heures nous sommes de retour à Marseille, toute la ville s'est pavoisée, et comme dans les villes méridionales, au lieu de décorer leurs fenêtres de grands drapeaux à hampe et de planter des mâts, ils tendent d'une face à l'autre des maisons de grandes cordes auxquelles pendent d'immenses étendards de toute forme et de toute couleur ; dans les ruelles, cela est d'un bel effet et rappelle les rues de l'Andalousie, toujours pavoisées par les lendidos.

M. de Maupas reçoit l'Empereur qui veut faire, le premier, visite au roi des Belges, descendu à l'hôtel du Louvre. - Le roi-citoyen a fait la moitié du chemin et attend sur le palier; l'Empereur entre, serre au passage la main d'un voyageur, le comte do Housset; il embrasse le Roi, — un grand vieillard très ferme, — habit noir, plaque de Léopold. La visite est courte, un quart d'heure à peine. — Le Nestor des rois est accidentellement à Marseille et son voyage n'a aucune signification politique.

On se rend aux travaux; la foule est immense; la voiture est entourée, portée; des dames offrent d'énormes bouquets — un — deux — trois — dix. Le général Fleury s'en débarrasse et les place dans la capote de la voiture. Au coin delà Cannebière, un fourreur, qui ambitionne sans doute le titre de fournisseur de Sa Majesté, veut à toute force lui fourrer une couverture de traîneau. — Cela ne prend pas. — Mais le fourreur a son idée.

On traverse la rue Impériale pour aller jusqu'à la Joliette. A droite, toute la vieille ville, très pittoresque et très monumentale de forme, est portée sur des hauts murs de soutènement. Dans le fond, comme à la Cannebière, apparaît la forêt de mâts. — Déjà, de chaque côté de cette nouvelle percée, s'élèvent des maisons aussi ternes que celles du boulevard Sébastopol, ce qui rend les Marseillais très fiers.

L'Empéreur repart immédiatement pour Paris, mais le fourreur est là qui veille, et le souverain n'échappera pas à sa fourrure. — Quand le cortège arrive devant la Bourse, l'industriel s'avance et profite traîtreusement de l'instant où Sa Majesté etl'amiralJurien de la Gravière regardent le monument pour jeter la couverture dans la voiture. — Mais il est dit que le fourreur en sera pour ses frais: on lui rend son ours.

Les solennités officielles ont toujours quelque chose de froid et de triste sous leurs splendeurs-; elles sont comme les pièces de Mallefille, elles manquent de femmes. — Ce n'est pas ma faute si tout cela n'est pas plus gracieux ; mais pas un point lumineux, pas une paillette, pas une charme, pas une fleur! — La raison d'État !

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