JE DINE CHEZ BRENU
Nous gommes chez les notaires. .
}gme Lecoutellier et le cousin Arthur ne se marieront pas, mais ils ne s'en porteront pas plus mal pour cela, et ils se promettent, devant trois mille spectateurs d'être l'un à l'autre. Balthazar est soucieux. Il cherche à inventer le pas d'un cheval où il trouverait cent mille francs.
m° guérin. — Nemo suâ sorte contentus... Vous avez une chauvesouris dans le clocher, père Balthazar Claës.
(Le Colonel entre.)
Monsieur mon fils, je n'avais pas encore eu l'avantage de vous voir en uniforme, et la vue de vos épaulettes me porte à supposer que vous êtes colonel. [A part) Mon fils m'intimide avec ce costume guer-
n<LE colonel, froidement. — J'épouse mademoiselle Frangipane, et je viens vous demander votre consentement.
mc guérin. — Je le refuse carrément. Elle est bien banne, comme dit Horace.
le colonel. — Je suis majeur.
m° guérin. — Oh! la future l'est aussi, je te le paraphe sur l'honneur.
le colonel. — Mon père, vous êtes notaire. Me guérin. — C'est une bonne charge.
le colonel. — Au nom de la loi, je vous requiers de vous adresser à vous-même les sommations respectueuses... Par le flanc gauche. . Je suis prêt à signer les renvois et les mots rayés commo nuls — et comme des canons.
mc guérin. — Ah ca! est-ce que tu me prends pour un notaire de la vieille roche? Jusqu'Ici, je l'avoue, M. Emile Augier m'a fait parler, moi, notaire, en vers alexandrins, il ma traité de poète... Je suis las d'être ridicule et de servir de risée aux critiques du lundi. Je suis le notaire de l'avenir !
le colonel. — Ce n'est pas ainsi que je comprends le notariat. Ma mère, Frangipane, ange économe et céleste, et vous, ô inventeur des pains a cacheter, formons-nous en faisceau comme une seule famille.