TOUS EN CHOEUR
Qu'il reste seul !
Une — deux — trois.
Avec son déshonneur ! ! !
(Sortie générale. — Brenu paraît.)
W>, guérin. — Quelle chance! Brenu?
brenu. — Monseigneur?
11e guérin. — Aimes-tu le soufflé? On en a mis partout!... Tu l'aimes... A table! Je dîne chez Brenu! Brenu, tu manges avec les notaires!
CORRESPONDANCE
Monsieur le Directeur, Nous étions à la mess. Après le diner nous passons au salon pour prendre le café ; je jette les yeux sur la Vie Parisienne et j'y vois le
titre Fraîchement décoré. — Tiens, dis-je à M , un capitaine de
chez nous, il y a du troupier dans la Vie, ça va nous sortir un peu
des baronnes et des marchandes de modes. M. . . . renifle voluptueusement en me disant :
— Lis cela, mon ami, j'en suis embaumé pour le restant de mes jours?
Le fait ost monsieur, que cela m'a rappelé un peu le prospectus qui enveloppe mon savon dulcipé au cœur de laitue.
Où diable a-t-il vu, ce bon monsieur, qu'on est près de s'évanouir quand on reçoit la croix ? Oh ! cela fait bien dans le paysage et au Cirque, avec un trémolo à l'orchestre; dans YEtoile du courage on ne doit pas rater son effet, j'en conviens. Mais, voyez-vous, franchement, quand on l'a gagnée, la croix, qu'on sait parfaitement qu'on est porté, quand on est prévenu longtemps à l'avance qu'à telle revue on la recevra, comme on a vu tant d'autres la recevoir, quand on a l'habitude de voirie souverain presque journelloment, qu'il vous connaît par votre nom comme tous les officiers de la Garde, eh bien ! vraiment là on n'a pas du tout envie de se trouver mal. Et puis cet officier, un capitaine, je crois, c'est à dire un homme qui ne s'amuse plus aux bagatelles de la porte et qui essaie des effets de ruban rouge comme un rédacteur de petit journal auquel tomberait une décoration de Madagascar pour avoir enuméré les splendeurs des queues de robe de la reine Ranavaloo !
Puis, en-parlant de queues de robe, que dites-vous de ce canonnier qui décrit un peignoir Watteau? Celle-là est forte, vous l'avouerez et nous avons bien ri. Entre nous, mon cher monsieur, je me moque pas mal du peignoir de ma future belle-mère !
Et puis ce : Je vous assure qu'ils sont très bien sous cet élégant uniforme noir et or que vous, etc., etc. Est-ce que nous parlons de notre uniforme dans une lettre à une fiancée? mais pas plus que ce monsieur ne doit Lyi parler de ses gilets!
Donnez-nouji du militaire, monsiour, comme vous nous en avez donné quelquefois ; des études de mœurs dans lesquelles nous nous reconnaissions; mais pour dieu, pas trop de splendeurs pour la vicomtesse, comme vous dites, je crois.
Recevez, avec mes excuses pour mon trop de franchise l'expression de mes sentiments distingués.
UN DE vos lecteurs de la garde.
La librairie académique Didier et O vient d'avoir l'heureuse idée de réimprimer la traduction de Shakespeare, déjà publiée, en 1821, sous le nom de Leiourneur. Personne n'ignore que, jusque-là, Shakespeare, en France, avait pour ainsi dire appartenu à Letourneur et avait encore besoin de lui. Maintenant que le grand poète a gagné sa cause, il est bien de remettre le nom de M. Guizot en tête de cette traduction, qui, la première, a donné à la France « un vrai Sgakespeare sans déguisement et sans retranchement. »
Personne, on peut l'affirmer, n'a plus contribué que M. Guizot à nous faire connaître Shakespeare. Son étude sur ce grand génie, sur l'art dramatique, sur les causes de son influence, sur les conditions de sa grandeur, est un modèle de philosophie littéraire ; tous ceux qui ont depuis traité les mêmes sujets s'en sont inspirés et ne l'ont pas dépassée. Shakespeare lui-même en eût été frappé et se serait étonné assurément d'être si bien compris par un étranger à tant d'années de distance, et il faut ajouter : d'être ainsi jugé.
La réimpression que viennent de faire MM. Didier et O a subi une nouvelle révision complète, minutieuse, et qui ôte au nom de M. Letourneur tout droit et même tout prétexte de figurer sur le titre. Elle a de plus été augmentée de la collection complète des sonnets qui manquaient à l'édition antérieure.
C'était dimanche le dernier jour des courses do Porchefontaine.
On sent encore les tâtonnements d'une organisation nouvelle qu'un peu d'expérience fera vite disparaître. Les réformes les plus importantes à activer sont surtout dans l'installation des bureaux d'entrée ; malgré le peu de monde qui était venu, comparativement à la foule des courses de Longehamps, il fallait être bousculé un bon quartd'heure avant d'avoir son billet ; la piste n'est point non plus suffisamment indiquée, puisque, dans deux courses, les coureurs ont hésité, se sont trompés de parcours ou ont été forcés de revenir sur leurs pas ; mais l'hippodrome, entouré des bois de "Ville-d'Avray, est dans une très-belle situation, bien préférable à celle de La Marche, où la vue est bornée par un grand mur blanc ; on suit facilement de l'œil tous les épisodes des courses, même sans monter dans les tribunes. Il n'y avait encore que quelques voitures attelées en poste, et quelques autres venues des environs, le brak de l'artillerie de la garde avec son élégante livrée blanche, puis l'escadron de cavalerie de Saint-Cyr, dans cet ' uniforme qui est au hussard ce qu'est la chrysalide au papillon ; peu de cavaliers, par-ci par-là quelque honnête carrossier de Versailles, dételé pour la circonstance. — L'hiver, qui était arrivé ce matin-là, avait sans doute surpris les élégantes avant l'arrivée de la marchande de modes; aussi étaient-elles rares; dans les tribunes, cependant, une charmante toilette violette, paletot et jupe pareille, relevée de façon à laisser voir le jupon soie rayé de larges raies roses, séparées par de petites raies blanches; pour coiffure, la cape noire, avec aigrette et ruban de couleur, et un épais voile bleu.
Les courses, très-dures comme longueur de parcours et difficultés des obstacles, ont été remarquablement bien courues. Là, comme à
Vincennes, on peut constater la popularité que les récents succès de M. de Saint-Germain lui ont attirée; bien qu'il n'ait pas monté un seul cheval, son nom ne manquait pas de retentir dans le populaire à l'arrivée du gagnant. Autrefois, le gamin de Paris ne connaissait que lord Seymour, et il en faisait un nom générique. M. de Saint- Germain est sur la voie d'une égale renommée. A.
BIBLIOTHÈQUE DE L'HOMME DU MONDE
(Pastiches)
« Stendhal, pour s'épargner l'ennui ''norme i> scleii lut, d'avoir a faire .tous les jours trois » repa*, désirait qu'on inventât une sorte de » boulette nutritive qu'on pût avaler le ma- » lin. pour Oire débarrassé tout le jour de ce » vulgaire souci Pour épargner aux. gens du » monde l'ennui de tout lire, ne pourrait-on » concentrer un TOlume en quelques lignes, et, » pour connaître un auteur, ne leur sufflrail- » il pas d'avaler simplement une boulette lit- » téraire comme celle-ci ? e