‹ La Vie parisienneChapitre 610 sur 662 · PLUS DR CHEVEUX FAUX · texte numérisé non relu

PLUS DR CHEVEUX FAUX

Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi. Ces dames, furieuses que non, l« ne usions de porter dos cheveu, faux, et attribuant cette calomnie à a rnode des touffes énormes, se décident à nous prouver que nous avons tort. Désormais l es laisseront leur chevelure à l'abandon, tout comme notre mère Eve et faudra tuen se rendre à l'évidence. Malheureusement, si notre mère Eve pou-

vait commodément pratiquer cette coutume, je craios que nos élégantes n'aient point la même facilité... ou leurs robes en souffriront. Cependant on pourrait arriver k supprimer là robe; cela ferait peut-être tomber d'autres accusations.

décembre 1884.

BIBLIOTHEQUE DE L'HOMME DU MONDE

(Pastichée)

LA BIBLE DE L'HUMANITÉ, par Michelet.

Prenez mu bible. » (Uunv).

Les livres de M. Michelet ont le rare privilège de passionner le public. Celui qu'il nous présente, aujourd'hui s'appelle : la Bible de l'humanité. Si notre opinion modeste n'est pas longue, nons osons dire qu'elle sera sincère.

Ce livre est de l'ithos colorié, de l'ithos à enluminures, du pathos mystique. Ça et là quelques éclairs Ce qui domine est une sorte de jargon scientifique allié à la poés'e, comme de l'huile et du vinaigre, battus longtemps à grands coups de fourchette, et qui donnent une sauce épaisse et trouble. Mais cette sauce ne fait pas passer le poisson, bien qu'il soit assaisonné à liante dose d'une sorte de libertinage pédantesque et d'hystérie pbilosophale. On ne sent ni la main froide de l'an atomiste, ni l'exaltation du poète, ni le trait qui amène les savantes attaques de nerfs.

M. Michelet, comme les peintres, a eu trois manières: la première, la manière lus orique, le place aux premiers rangs; il aurait dù la suivre La deuxième a commencé à V Amour et, passant par la Régence, airive à la manière hystérique qui n'est pas la bonne.

De la Bible proprement dite, il n'en est presque pas question. C'est plutôt une revue fantasmagorique de tous les peuples. Voici la définition de l'auteur :

« L'Humanité dépose incessamment son âme en une bible commune. Chaque grand peuple y écrit son eci sel. Hercule est un verset, Athènes est un verset. »

La Vie Parisienne aussi est un verset îîî

Le livre se divise en deux grandes parts : Les peuples de la lumière, c'est-à-dire les Orientait*, et les peuples de l'ombre, de la nuit cl dn clairobscur, les Occidentaux.

Les peuples de la lumière forment la partie la plus obscure du livre. C'est, je crois, l'impression générale qu'il produira sur ses lecteurs. Ils se divisent en trois versets, dont le premier n'est pas très-clair, l'Inde; le second est assez incompréhensible, la Perse-, quant au troisième, la Grèce , il est inexplicable.

M. Michelet aurait pu prendre pour épigraphe la définition de Voltaire :

«Lorsque celui qui parle commence à ne plus se comprendre et que ceux

La Bible de l'Humanité ot son Prophète.

qui ''écoutent ne le compennent plus du tout, là commence la métaphysique. Ceci di-, revenons à nos pastiches et citons à peu près textuellement :

LES PEUPLES DE LA LUMIÉlîE

1e1' VEltSET. — L'iNDK.

« L'Inde! L'art indien est multicolore et lumineux. Tout est étroit « dans l'Occident. — La Grèce est petite. L'Italie a la forme d'une a botte. J'étouffe. — La Judée est sèche. J'halète. La terre est ronde.

Je tourne. Je n'y vois plus clair. Inde, reçois-moi donc, grand

poème ! Que j'y

plonge! C'est la

mer de lait !... »

« Là tout est grandiose. L'éléphant, par le système de la domestication, apprend à marcher sur l'échiquier sans renverser les tours qu'il porte sur son dos. L'Exposition de 1851 proclame l'Inde. Le chant de l'aurore apparaît en rhythme cadencé.

La femme est dame.

Elle coopère à l'hymne. Plongeons f

L'animal, frère inférieur, est réhabilité, humanisé. Plongeons encore! Les crocodiles, les derviches limeurs et tourneurs, les étrangleurs, les charmeurs de serpents, grouillent sur le dos de la Grande Tortue. Plongeons toujours ! «

« Oh! j'aspire à être le citoyen de ces solitudes! J'y plonge.

Je veux m'y désaltérer. Je passerais trente ans de ma vie sans parler, tousser ni cracher. Et je serais Brahmine! Je pourrais ino nourrir d'oignons, porter une chemise et épouser plusieurs femmes.

Oh ! c'est là le pays de la mère nature.

Plonger dans ces apothéoses purulentes et nourricières !... .

J'y aspire. J'y plonge! Plongez, mes frères I

VERSET. — LA PEBSE,

« Et toi, Peuse, aux sables éclatants qui roulent des Ilots d'or, Gharabie- Heureuse , qui donnes au monde les étoffes à ramages! O poussière du soleil , diadème étincelant de scarabées métalliques et de femmes palmées! Oh! qu'on me ramène à L'agriculture héroïque, qu'il soit fait justice au feu, à la terre, à l'animal! Hôma, arbre-lumière-parole! — Atout et passe carreau! 0 soleil, absorbe les corps. Oiseau, viens cueillir lame. Encore des ailes, des ailes pour plonger! Appelez le forgeron libérateur. Versons des larmes sur les malheurs de Fridousi. On est aveuglé par l'Inde ! La Perse m'éblouit, même en housse sur un fauteuil,

3 décembre 1864.

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