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A L'AMBASSADE

C'est aujourd'hui jour de grande réeoptipn, l'ambassadeur a ehaugé d'hôtel et donne une fête.

Grande cour sablée qui s'ouvre sur deux rues, les voitures entrent pur une et sortent par l'autre, il n'y a pas d'encombrement. Un l'a remplie de caisses d'orangers et de lauriers. Des cuirassiers superbe--, à pied et à cheval, se tiennent par groupes à l'entrée et dans les angles. La lumière rejaillit sur l'acier poli des cuirasses et se perd dans le vert des feuilles; au-dessus le ciel sans lune étend sa tentenoiro, brodée d'étoiles.

A gauche, au milieu de la demi-obscurité traversée d'éclairs, s'ouvre le grand escalier, évasant sa double spirale, ses rampes de fer ouvragées, ses ciselures mignonnes et grandioses, dans le goût du dix-

huilieme siècle. Des fleurs de serre, des arums de satin sillonnés d'étamines tremblantes, montent eu s'échafaudant le long des marches, et les archys étranges, les fleurs grimpantes, les plantes éche- Velées entrelacent capricieusement les torsades sinueuses de, leurs tibiilles et de leurs grappes. Les lustres multipliés flamboient de toutes leurs girandoles ; des laquais chamarrés se tiennent sur |tro's rangs à l'entrée, portant des torches de cire. Des femmes parées montent, et l'on voit se déployer au hasard sur les degrés le magnifique étalage de la moire lustrée dont les cassures resplendissent, de la soie opulente qui chatoie, des dentelles qui battent comme des ailes de cibellule, des diamants qui font un pétillement d'étincelles, des épaules blanches où la vie frémit, des nuques délicates qui se tournent sous une profusion de cheveux bouclés, parmi les éclairs du peigne d'or.

LA VIE PARISIENNE l0 décembre 18G4.

Au sortir des rues froides et noires des vieux quartiers, on croit entrer dans une fournaise de lumière.

Il a eu l'esprit de ne pas gâter son hôtel par les mains d'un tapissier moderne. Point de colifichets dans cette galerie qui sert d'entrée, dans ces hauts salons qui s'allongent en enfilade : les murs tapissés de soie rouge ou jaune oui toute leur ampleur, et leur grand air n'est point déparé par des tableaux modernes, si tourmentés, si mi nutieux, d'une sentimentalité ou d'un pittoresque si cherché et accro ché avec tant de peine. Il a même exclu de chez lui les jolies peintures maniérées du dix-huitième siècle. C'est en Italie, à Florence qu'il s'est fait une galerie, et toute sa galerie est ici, non pas entassée comme un musée; elle est disposée en vue des appartements, et les appartements ne sont pas disposés pour elle. De grandes nudités, un torse vaillamment cambré, un genou, une épaule opulente sortent des teintes noyées ou des noirceurs profondes; à droite et à gauche on sent un peuple de personnages virils qui vivent sourdement, prolongés au-delà du tombeau, par le souffle de leur grand siècle. Une Erigone du Carache s'avance sur un char traîné par des tigres; les rondeurs de sa gorge et de son flanc ployé nagent dans une ombre transparente; sa joue empourprée, son beau sourire, rayonnent parmi les rougeurs sombres des draperies, sous les bras nus et sous les petils corps folâtres des Amours qui volent dans l'air avec des couronnes d'or De larges cheminées de marbre blanc flamboient de distance en distance parmi des rangées de laquais, de suisses rouges, de chasseurs verts et galonnés, d'huissiers graves qui portent leur chaine. d'argent sur leur frac noir Les groupes défilent dans la galerie, généraux, habits de cour, officiers hongrois, diplomates couturés de broderies, marins galonnés d'or, uniformes de toute nation, constellés de plaques; les robes traînent et bruissent sur les tapis. La galerie est si grande qu'elles s'y espacent sans se froisser; eiles peuvent étaler leurs rondeurs et développer leurs plis ; leur fraîcheur est encore intacte, les visages ont tous leurs sourires ; on peut suivre l'ondulation d'une taille qui se penche, la forme svelte d'un buste et d'un bras, profilés à distance contre la tenture, le mouvement aisé d'un groupe qui se fait ou se défait. Les heureureux laquais qui ne vont pas plus loin! moi, malheureux, il faut que j'entre!

Une étuve, un entassement de tètes, serrées, pêle-mêle, qui essaient de remueret grimacent patiemmentle même sourire. Où sontlescorps? Et surtout, bon Dieu! que va devenir l'arrière-train chargé de robes? C'est trop de souci, on ne s'inquiète que de la tète; quand elle passe, le reste suit, un bras d'abord, puis un autre, puis le buste; le reste est compressible.

Avez-vous jamais vu une logette de jardinier? Les oignons, les carottes, les panais sont sur des planches percées de trous; par les trous passent les queues végétales; cela fait au-dessous de la planche un enchevêtrement inextricable et grotesque ; l'important est qu'au-dessus de la planche les têtes ne se rencontrent pas. Tel est l'image fidèle d'une grande soirée d'ambassade.

Etuve et bouillie. Tous les quarts-d'heure la bouillie s'épaissit, la double porte ouverte verse un nouveau liquide humain, qui se mélange au reste, parmi des tournoiements et des remous. On le voit avancer lentement comme une huile, et chaque flot avance plus lentement que le précédent.

Onze heures. La colle est faite, rien ne coule plus; les deux premiers salons sont arrivés à cet état des pâtes visqueuses où une cuiller qu'on enfonce reste debout; impossible d'avancer ni de reculer. Poliment, discrètement, comme un coin qu'on enfonce entre deux morceaux de bois, on essaie de jouer des coudes. Les visages naturels s'altèrent, et les visages peints se défont.

Seigneur, mon Dieu! vous qui avez tiré les jeunes Hébreux de la fournaise ardente, vous qui délivrez vos élus de l'aspic et du basilic, je vous rends grâces! vous no m'avez point fait femme, et je n'ai aucune queue à protéger que celle de mon habit, qui est courte. Par un

don particulier do votre miséricorde je suis maigre; et aucun coude ne peut entrer commodément en moi comme dans un coussin. Vous m'avez conduit en Amérique où j'ai élevé des porcs, ce qui m'a consolidé les muscles, et mes épaules peuvent sans trop souffrir supporter la pression de mes voisins. Par une dispensation spéciale de votre providence, je n'ai ni durillon, ni cor; on ne m'a marché encore que trois fois sur les pieds, et grâce à vous ce n'est pas sur le petit doigt, mais sur l'orteil qui est résistant. Je n'ai point trop dîné et je ne crains pas l'apoplexie. Grâces vous soient rendues, Seigneur, pour tant de laveurs gratuites! J'aurai une courbature, mais je n'aurai pas le sort lamantable de ce gros général qui devient rougeet va crever.

Qu'est-ce que je pourrais bien faire pour m'oecuper en attendant que cette glu commence à fondre? J'ai encore assez d'espace pour tirer ma montre et voir l'heure : comptons les saluts de l'ambassadeur. Deux par seconde, c'est-à-dire cent-vingt par minute, un pou plus de sept mille par heure, vingt-huit mille pour une soirée de quatre heures. 11 a deux- cent cinquante mille francs par an, je trouve qu'il les gagne.

Tout à l'heure j'ai pu arriver jusqu'à lui, et je lui ai dit en lui serrant la main : « Monsieur l'ambassadeur, je vous offre mes hommages. » — « Offrez-moi tout ce que vous voudrez, mon cher ami, j'aimerai bien mieux une chaise. » — J'ai posé ma main sur mon cœur avec un regard de compassion respectueuse, puis j'ai regardé ses pieds, il a des bottes bien neuves. Mon Dieu, ordonnez que son bottier ait l'habitude de faire les bottes larges!

Plongeon à droite, plongeon à gauche, l'ambassadrice et sa fille à l'entrée du second salon l'ont comme lui. Si jamais je deviens ambassadeur, mon secrétaire-général, et plusieurs de mes attachés devront avoir cinq pieds six pouces, être bien membrés, épouser des femmes vigoureuses, les nourrir amplement et leur imposer de larges envergures de jupes. Trois d'entre eux seront toujours autour de moi dans les réceptions, et leurs femmes autour de ma femme, cela fera rempart. Le matin je prendrai un bain froid, et je me ferai masser; a diner je ne mangerai que des côtelettes et il y aura pour moi, au sortir de mes salons, un lit bassiné, ma bouteille de vin de Bordeaux et plusieurs bif'teaks bien tendres.

Le vase trop plein déborde insensiblement du côté du toisième salon, et on avance, tàtant ses membres ; j'ai tous les miens, Dieu soit loué ! J'ai fait tous mes saluts, j'aperçois le port, une antichambre de dégagement, une sortie de cabinet en retour donnant sur la galerie d'entrée, avec une embrasure de fenêtre, et un bon fauteuil caché derrière les rideaux. Toute la proceseion passera là ; je le connais bien cet excellent fauteuil, et par un miracle du ciel il est libre.

Celui qui a inventé les fauteuils mérite des autels ; je n'ai pas d'autre idée pendant un quart d'heure. Ma seconde idée, c'est qu'en ce moment je suis sans difficulté le plus heureux homme des cinq salons; princes, maréchaux, jolies femmes, ne me vont pas à la cheville. Ma troisième idée est que j'ai sauvé mon lorgnon ; voyons un peu ces pauvres diables.

Trois jeunes officiciers anglais, en pantalon blanc et en habit rouge. Deux ont le plus grand air et sont parfaitement dignes et calmes. Le troisième, godiche, est une mécanique de tôle vernissée à pattes articulées qui traînent.

Lady Braeebridge (je change les noms), quarante-cinq ans, large et décolletée à faire frémir, robe de soie ponceau, la figure couleur de sa robe, majestueuse, c'est un monument ; défense, etc. Sa fille, fagotlée, efflanquée, ballonnée, semble enceinte par devant et par derrièec.

L"n général prussien, couturé de croix, court, gros, pourpre; ses yeux blancs de homard cuit font saillies dans le rouge universel de sa face apoplectique; il tire sa femme, et, jusque dans le second salon, ils parlent aussi haut qu'à l'auberge.

Le marquis Ricciardi, avare connu; avec un million de. revenu, il prête sur gages, à la semaine ; long, jaunâtre, les lèvres pincées , travaillé du dedans comme par une colique continue.

10 décembre 1864.

M. Marris Braggs, citoyen des Etats-Unis. « Ah! vous avez vécu » aux Etats-Unis ! Eh bien, vous pourrez nous rendre lo témoignage » que nous sommes au monde la seule nation jeune et qui ait l'avenir; » en trois ans, nous venons de nous tuer cinq cent mille hommes! »

Le comte Borodunoff, rude homme, carré, barbu, fait au froid, ayant mangé de l'agneau cuit dans sa laine, et dormi dans son manteau sous le givre des montagnes de la Perse; il y a de l'uroch et de l'ours dans ces tempéraments russes; pour conversation, dos polissonneries du dix-huitième siècle et des demi-fadeurs aux dames. 8a. fille, blanche, froide, immobile, une solide, statue de neige, n'a dans la tète que les chiffons; contraste étrange ; sur cette sauvagerie primitive, aucune culture ne prend, hors la frivolité parisienne.

B.... académicien arrivé par les dîners; l'estomac est la route du cœur. Jambes de cerf, oeil et crâne de vautour chauve; personne ne monte plus assidûment les escaliers et ne devine plus vite, à la mine des domestiques, s'il faut insister, si le maître est vraiment visible. Enfin, il a son habit vert, il est content, il peut prêcher à autrui officiellement la morale. A présent, il n'a plus qu'une épine, sa femme, un hibou plumé qui marche à côté de lui, le nez au vent, décolletée, étalant sa clavicule.

Mme d'Arbôs. J'ai causé avec elle cinq ou six fois, et je ne la regarde jamais sans plaisir; c'est le type le plus réussi de femme, de Française et de femme du monde. Nulle galanterie, elle n'a pas le temps d'avoir des vices toute la sève est dépensée par le pétillement de la cervelle. Vous êtcs-vous jamais arrêté devant une volière à la campagne pour observer les idées d'un chardonneret qui saute, qui gazouille, qui mange, qui est toujours en mouvement, qui n'est jamais las, qui vit en l'air, qui a cent vingt envies, et fait soixante actions par minute? « Oh! qu'on serait bien sur le barreau d'en-haut ! » Non, on était mieux sur le barreau d'en-bas. Mes plumes, du ventre. n ne sont pas bien lissées. J'ai faim, mangeons un grain de mil. Non, » une miette de pain est meilleure. Non, une becquée d'eau me ra- » frîcbirait. Un petit coup d'aile pour détendre mes muscles. » Hop, hop, hop Une roulade pour dérouiller mon gosier. Cuic, » cuic, cuic. Voilà une mouche qui vole, si je l'attrapais! Voilà » un rayon de soleil qui passe, si je courais après. Piot, piot, » piot. Ah ! les jolis petits pieds que j'ai là. Traderidera, je » suis content de vivre. Qu'est-ce que le soleil fait là-haut? Il doit » s'ennuyer de ne pas aller plus vite. Certainement , il n'y a pas au » monde de plus beau chardonneret que moi. » Changez les mots, mettez, toilette, diners, concerts aux endroits convenables, vous avez le remue-ménage d'idées qui se fait dans cette jolie tète. La cervelle darde incessamment dt s volontés dan-"' tous les nerfs, petites volontés courtes qui passent au moment même à l'exécution, et sont aussitôt ■■«lancées ou traversées par d'autres. Ses yeux brillent, les fleurs de la coiffure dansent, le corsage palpite , les mains ont cent petit mouvements, la voix vibre; jamais d'arrêt. Elle va dans quatre soirées le même soir, et quand elle rentre, les bals du lendemain bourdonnent comme un essaim lâché dans sa tète. Toujours des sourires et point artificiels ; elle est heureuse ; elle le sera toujours, à condition qu'on fera voltiger devant elle cinq cents colifichets par heure, des salons parés, des lustres, des robes de soie, des hommes à plaques, des chanteurs, des ritournelles, des équipages de chasse, tout ce qu'il vous plaira, pourvu que tout brille et soit nouveau. Eile est née dans un état d'excitation et mourrait si elle était tranquille.

Faut-il s'en fâcher ? La machine, construite et équilibrée d'une certaine façon, n'agit que conformément à sa construction et à son équilibre. Quelquefois c'est un joli ouvrage de filigrane où des aiguilles électi jques montées sur un fin pivot branlant à la moindre variation de la chaleur ou de l'air; qu'est-ce qui peut en sortir sinon un pétillement d'étincelles? Au contraire, une mécanique d'os solides et de chairs bilieuses, charpentée à gros coups, n'agit que par de lentes et fortes pressions persistantes.

L'évèqtie de Cartilage. Il a passé pourtrop intelligent et il est resté

trop longtemps grand-vicaire. On surveillait ses moindres paroles, nous n'avons pas d'idées des tracasseries et des misères ecclésiastiques. Bésigné, replié, amorti, effacé, attristé, affaissé et pourtant contenu, il passe avec un sourire prudent et morne.

Plusieurs artistes et gens de lettres. Trop de travail et trop de plaisirs; Paris est une serre surchauffée, aromatique et empestée, au terreau acre et concentré, qui brûle ou durcit l'homme. Combien de leurs compagnons sont morts en route! La plupart de ceux qui subsistent sont malades ou agités, voisins de l'impuissance, ou réduits, pour garder la force de produire, à se séquestrer, à se sevrer des intérêts et des préoccupations naturelles. Quelques-uns ont recours aux excitants, d'autres ont tourné à l'exagération mécanique; ils se copient, ils se font une manière, ils outrent, chaque année davantage, la saillie de leur talent, ils en font une sorte de grimace. Le public est trop blasé, il faut crier trop haut pour qu'il écoute. Chaque artiste est comme un charlatan que la concurrence trop âpre oblige, à forcer sa voix. 11 faut compter encore la nécessité d'aller dans lo monde, de se ménager des amis et des protecteurs, de lancer la réclame, de vendre et de pousser son œuvre, de gagner toujours davantage pour suffire aux exigences des enfants, des femmes et des maîtresses, des besoins qui croissent. Une robe coûte sept cents francs et on la porte quatre fois. Ma fille prend ses vingt ans, comment lui l'aire une dot et trouver un „prulrpv Deux ou trois tempéraments se sont bronzés comme ceux des généraux de Napoléon, et il y a des tètes franchement dessinées, d'une couleur solide, dont on ferait des médailles.

En revanche, dans ce pêle-mêle énorme, chaque, talent peut trouver la nourriture qui lui convient. Balzac avait bien raison d'aimer ce grand fumier où, à côté de toutes les excroissances, poussent tous les types. Un mystique y rencontre une douzaine de mystiques et va jusqu'au bout de son mysticisme. Un coloriste vit avec, des coloristes et mène la phrase descriptive aussi loin qu'elle peut aller. Un amateur de lignes pures peut, entendre sept fois par semaines des conversations étrusques. Un spéculatif, un païen pratiquant n'est pas retenu comme à Gènes, à Oxford, à Florence par l'obligation de porter un costume religieux ou politique. Chacun choisit les livres, les amitiés, les opinions, la conduite qui sont conformes à son instinct et l'instinct ainsi soutenu prend toute sa taille. C'est ici seulement qu'on trouve des courtisans, des intrigants, des maniaques, des politiques, des héros, des travailleurs, chacun complet et achevé dans son genre. Dans une couche de terre grasse et pourrie, infiniment complexe, incessamment renouvelée et remuée où cent mille, laboratoires et vingt égouts auraient versé leurs détritus et leurs résidus, on ferait pousser pareillement des choux monstrueux , dos potirons hosselés d'excroissances gigantesques , des ananas divins , des roses enivrantes, des asperges au mois de janvier, des dahlias bleus, que, saisje? et il n'y aurait pas de plus curieux jardin pour un botaniste.

Mais les infatuations sont aussi grandes que les énergies. Us acquièrent l'extérieur de politesse et de modestie convenables; mais en somme, au fond du cœnr et par l'effet de coteries, chaque amourpropre devient colossal. L'homme est solidement clos dans l'illusion qu'il a bâtie et il n'en sortira jamais, car il emploie tout son effort à l'épaissir. Toujours après une discussion sur le beau, sur les arts, un artiste laisse entrevoir plus ou moins a son ami qui est du même avis que. lui : « Vois-tu, en lait d'art, il n'y a que toi et moi, — et encore toi? »

La duchesse, de Krasnoe, russe, la Diane de Tauride , belle et grande comme une fille de, Jupiter, pâle, et blanche d'une blancheur de neige, les yeux'd'un bleu pâle, sous des cheveux de soie pâle; une robe bleue bordée de cygne laisse, deviner le plus admirable sein et. les bras de marbre se déployenf des deux côtés d'une taille aussi svelte qu'ils sont forts. Elle marche, sans avoir l'air de voir, avec un sérieux de reine, les yeux ouverts et calmes comme ceux d'une statue. On a presque envie de plier le genou.

Un Mot de personnages graves, conseillers d'Etat, directeurs cé-

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