EDMOND A BOUT
MACBETH A L'ATELIER G. ( folie de carnaval)
Dans lu rue, pas d'il'uminalions, pas de pics de voilures, pas do municipaux pour les l'aire ranger, pas de marchands de contremarques, de programme ni de coco, — On ne soupçonnait rien.
Dans l'escalier, quatre bougies
— on commence à pressentir quelque chose.
On entre : au fond, à droite, à gauche, hautes murailles barbouillées de profils grimaçanls, de croquis l'anlastiques capricieusement entremêlés d'inscriptions hyperboliques et de louches colorées émailiant le lambris.
— La scène ingénieusement décadrée ed toiles peintes, clouées côte à côte, riche mosaïque oll'rant la collection la plus complète de modèles connus de sexes variés dans toutes les poses possibles, mais vê'us uniformément, — Tous les spectateurs n'avaient pas trouvés de fauteuils ; aussi les places de poêle, de torse antique et de Vénus de Milo étaient disputées et escaladées par le monde le plus élégant. — Au trapèze sa balançait une grappe de représentants des journaux les plus sérieux: — Le public, compagnie nombreuse et choisie... partout impatiente, remuante, chantante, trépignante, grouillante, vociférante, chatoyante , composée de femmes les plus distinguées, d'hommes les plus éminents, offrait à l'œil une macédoine appétissante de feutres ronds, feutres pointus, chapeaux vieux, antiques,, romantiques, de fez , de berêts, de turbans, de châles, filets, peignes d'écaillé, vareuses, habits rouges, verts, bleus, gris, etc., nageant dans une atmosphère épaisse et fortement épicée d'impa-
L'Amour et Psyché.
tience, d'anxiété, d'enthousiasme, de parfums, de miasmes, de gaîlé, de quolibels, d'imprécations et de fumée de labae.
Au foyer des artistes la fraternité la plus complète est à l'ordre du jour; elle rappellerait l'âge d'or (à ceux qui l'ont connu bien entendu) si l'extrême variété des costumes des habitants du lieu n'indiquait d'innombrables distinctions de caste et de rang.
Mais nulle fierté de la part des grands; le connétable se laisse taputer l'abdomen par l'assassin des Banco; le roi daigne accepter le fond d'une bouteille de Champagne et boit au goulot ; la reine permet à un infime soldat d'allumer son cigare à la pipe qu'elle culotte, — et tout roi, reine et seigneurs mettront la main à la pflte, lorsqu'il s'agira dans un entr'acte de substituer ur. désert aride à leur somptueux palais.
Dans un coin l'Amour et Pysché s'exercent au pas mirifique qu'ils doivent danser à l'acte du festin, andis que le modèle féminin qui remplit les fonctions d'habilleuse, demande grâce pour les corsages trop étroits de ces messieurs.
t'as de pompier au casque resplendissant, à la riche ceinture (épithète homérique), pas de machinistes, pas d'allumeurs, pas de régisseur au sourcil menaçant. — L'orchestre composé d'un piano et d'un
Los trois sorcières.
cornet à piston se dissimule avec le souffleur derrière lé premier pan coupé et altaque une brillante ouverture aussitôt les trois coups frappés.
Il ne nous est pas possible de décrire la pièce à cause des nouveautés partrop... hardies qu'on y a\ait introduites; nous pouvons au moins donner quelques-uns des ~ couplets c&aritablemcut placés à la suite du drame, afin de ramener une douce sérénité dans l'âme du speclaleur Irop
fortement impressionné; nous les accompagnons des portraits des personnages qui les chantaient, tout en dépioraDt que le crayon soit impuissant à reproduire le vif éclat des tissus brillants et du spjcndide clinquant dont se cem[ osaient leurs costumes.
AIR DE ROBERT LE-DIABl.E.
LE RÉGISSEUR, seul.
Onibivs qui reposez, derrière les coulisses, apprOJhez-YOUs ((rois fois).
AIR DU CHOEUR DES DÉMONS (Robert).