DÉMOCRATES, UTOPISTES ET EXCENTRIQUES
Le Gouvernement provisoire, proclamé à l'Hôtel de Ville, le 24 février, par une poignée de politiciens et quelques milliers d'insurgés, comptait comme membres Dupont de l'Eure, à ([ui on avait donné le vain titre de président, Lamartine, Grémieux, François Arago, Ledru-Rollin, Garnier-Pagès, Marie, Armand Marrast, bientôt nommé maire de Paris, Louis Blanc, Ferdinand Flocon, et l'ouvrier Albert, qui était, d'ailleurs, plutôt un patron qu'un ouvrier.
Une année plus tard, le 2 février 1850, dans un banquet, à Tours, Grémieux faisait cette déclaration, contre laquelle personne ne protesta et ne pouvait protester : « Je défie la calomnie d'oser dire que nous ne sommes pas sortis du gouver-
fifi LA VIE PARISIENÎ^E
nenient provisoire en lionnêtes gens. » Les journées de juin ne permettent pas d'alfirmci- rpie leur mains ne furent pas tachées de sang, mais, du moins, elles ne furent pas tachées de boue.
Suspectée et niée, comme il fallait s'y attendre et comme ils s'y attendaient, par les vaincus de la veille et les mécontents du jour, leur probité est incontestable pour ceux que n'aveugle pas l'esprit de parti. Mais les plus honnêtes gens, même républicains, quand ils arrivent au pouvoir, ont de nombreux parents ou amis à caser. Un journal du temps, rEvéneinent, montrait dans une ënumération très suggestive (1) la part que le National^ cette ancienne feuille d'opposition si ardente à combattre le népotisme, avait prise à la curée :