‹ La vie parisienne sous la restaurationChapitre 11 sur 41 · THÉÂTRE- ITALIEN · texte numérisé non relu

THÉÂTRE- ITALIEN

Jusqu'en ISLS, il occupa la salle Favart, construite en 1782, entre le boulevard des Italiens et la place des Italiens, avec son entrée sur cette place parce que les acteurs de ce théâtre ne voulaient pas être assimilés à leurs confrères des boulevards.

Après onze mois de clôture, il émigra à la salle Louvois et y débuta le 20 mars 1819. Paër était alors directeur de la musique, et la troupe comprenait : Barrilli, de Begnio, Graziani, Pellegrini, Bordogni, Garcia, Mlle Mainvielle, Fodor, etc.

11 revint en 1825 à la salle Favart. Ouverture le 12 novembre 1825, par une représentation de Tancrède, de Rossini.

En 1827, Laurent oblinllc piiN'ilègc du Théâtre- Italien, avec une subvention de 80.000 francs (1).

l 11c nuuvi'lh; salle (la salle Ventadour), con-

(1) Il y oui, coUo nntK'-e, à la s.illc Favn.l, une troupe angiai-e, ot en 182'J une troupe ilo cii.uileurs allemands, à laipielle succédèienî, le i:> juillet, des acteurs anglais.

struite avec les fonds de la list;; civile, lut vendue à M. et Mme Boursault qui la louèrent en 1829, pour trente ans, à Ducis, directeur de FOpéra- Comique.

Le Théâtre-Italien, dont la troupe, dans les dernières années de la Restauration, était fort remarquable (1), eut beaucoup plus de vogue que l'Opéra et rOpéra-Comique. Il était également fréquenté par les élégants etles amateurs de musique.

« L'aspect du théâtre Louvois, les jours de représentation d'apparat, est de l'effet le plus séduisant. Celui qu'offre la belle salle de l'Opéra n'est pas semblable. Aux Italiens, le silence est de rigueur; la perte d'une note est sentie à la ronde, c'est une calamité publique. A l'Académie royale de musique, on semble dire : « Autant de gagné », et on se tait pendant la danse.

A rOpéra-Italien, les habitués se connaissent et se cherchent... Le public, à l'Opéra, se reuuavelle incessamment; et, si l'on excepte quelques habitués inamovibles du balcon et deux ou trois douzaines de tètes poudrées qui viennent dormir â l'orchestre, on n'y rencontre jamais ce fond d'intrépides spectateurs qui semblent délier les événements de les faire déroûer à leur exactitude i'I)... »

(1) En 1828. ceUe troiif)e comptait, comme prime donne, Mmes Pisaroni, Bl.i^io, Soniair et la Maliluan.

(2) L. MoNTiGNY, le I-Tuvincial à Paris... I. 1, p. lô.

ODi:ON

Le 17 juin 1808, les acteurs uu théâtre Louvois, sous la direction d'Alexandre Duval ; Ij, avaient pris possession de la nouvelle salle du faubourg Saint- Germain. Le vendredi 20 mars 1818, de 3 heures et demie à 7 heures du soir, cette salle brûla presque entièrement. On ne réussit à sauver que les escaliers des quatre angles et la coupole du grand foyer.

« Une curieuse eau-forte coloriée de Waste, « élève de David », représente Tincendie du 20 mars 1818, et est accompagnée d'une note explicative.

(( On y voit : le duc de Berry (2) à cheval, venu incoo-nito encourao-er les travailleurs, suivi d'un seul aide de camp; le pompier Ponté, qui sauva par son zèle la maison de Picard, rue Corneille,

(1) Picard redevint directeur le 1" novembre ISl.'i et, démissionnaire, fut remplacé, le 1" avril 1821, par Gentil, qui céda, en 1823, la direction à Gimel, lieutenant-colonel détat-major. Le 16 août 182;:}, Woltî, dit Bernard, succéda à Girael et, au mois de février 1820, vendit la fin de son privilège à P'rédéric de Petit-Mèré, régisseur du théâtre de la Gaité. Le successeur de celui-ci, en 1827, Thomas Sauvage fit faillite, et Lemetheyer, qui prit l'Odéon en 1828, fit également faillite, l'année suivante. Enfin, Harel fut nommé directeur le 26 avril 182i), avec un privilège de deux ans, à partir du 1°' septembre.

(?) Il envoya un secours de 2.000 francs. Il s'intéressait beaucoup aux tlir.'Uri's, et parlicnlièrcMienl aux actrices.

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n" l ; une écaillère; le caporal Langlois, le sapeur Lépreux; le vieux régisseur Valville, sauvé par Pierre Bessière, qui joignit deux échelles tenues seulement à force de bras, sans cordages; Mme Loyance, attaquée de paralysie, et Mlle Loyance, secourues par le maçon Pellège, aidé d'un étudiant en médecine : un M. Semonsi offre à Pellège une somme de 300 francs qu'il refuse; Lévêque, coiffeur, rue Richelieu-Sorbone, et enfin le dessinateur, M. Waste, témoin oculaire de ce funeste événement. »

Pendant un an et demi, les acteurs jouèrent dans la salle Favart qu'on avait mis à leur disposition, et le 30 septembre 1819, l'Odéon rouvrit dans son ancienne salle reconstruite, sous le nom de second Théâtre-Français, et avec la pleine puissance de tout le répertoire classique.

Il comptait dans sa troupe quelques bons artistes, parmi lesquels Joanny, le Talma de la province, qui tenait les premiers emplois tragiques, Provost, chargé des rôles comiques et tragiques, et Samson^ un des meilleurs valets qu'il y ait eu au théâtre.

En 1821, débuta, sans éclat, comme second confident tragique, avec 110 francs par mois, un jeune acteur destiné à une grande rc'putation, mais personne, à cette époque, à jiart lui, ne s'en doutait : Antoinc-Louis-Prospor fit'iuaîtrt', dit

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Frederick, entré, en 18I8, au Conscrv^atoire, dans la classe de Lafont, et qui avait passé par les Variétés amusantes, les Funambules, le Cirque Frauconi et le Cirque Olympique

L'année suivante marqua les débuts d'un autre futur grand acteur. Bocage, et la rentrée de Mlle George, qui retrouva ses succès d'autrefois, dans le rôle de Sémiramis, dans la tragédie de Voltaire qui porte ce titre, et de Salomé, dans les Macchabées.

« La représentation des Macchabées (le "23 octobre 18'22), écrivait un critique dramatique, a été pour elle un nouveau triomphe; elle a rempli le rôle difficile de Salomé avec sa perfection accoutumée. La salle était comble, et les bravos répétés du public ont proclamé Mlle George notre première tragédienne.

« De pareils succès doivent avertir le directeur de rOdéon que Mlle George vaut, à elle seule, une armée et que, s'il sait tirer parti du talent admirable de cette actrice et varier son répertoire, il attirera souvent la foule à son théâtre, ce qui n"est point une tâche aisée (1). »

Ce n'était point, en elfet, une tâche aisée^ et les directeurs de l'Odéon, depuis Picard jusqu'à 11arel, s'en aperçurent.

(1) La Foudre, n" du 25 octobre 1822.

Le Gymnase Dramatique ouvrit, le 23 décembre 1820, dans une salle bàtio en trois mois, boulevard Bonne-Nouvelle, entre les n°^ k et 10, d'après les plans de l'architecte Rougevin, et sur remplacement du café Vaspard, où s'était élevé jadis le cimetière Bonne-Nouvelle (1).

Le directeur était j\L de la Roserie, les administrateurs Poij'son et Cerlbeer, les régisseurs Dormeuil et Lachabeaussière. « Ce spectacle réussira, écrivait L. Prudhomme, car ce sont des capitalistes jnifs qui en sont les entrepreneurs, tous les individus qui composent l'administration et les bureaux sont des enfants d'Israël (2). »

Juifs ou non, les administrateurs de ce théâtre, et en particulier Poirson, qui était un très habile homme, surent très vite l'imposer à l'attention, puis à la sympathie de la bonne société. Un critique dramatique du temps, Chaalons d'Argè, le constate dans son Ilisloire criliquc et lilléraire des Ihéàlres de Paris (3) :

(( La sage administration qui dirige cet établis-

(1) On avait d'abord projeté de construire ce théâtre de l'autre côté du boulevard, mais, à cause de la proximité de l'église Bonne-Nouvelle, l'autorité ecclésiaslitiue s'y opposa.

(2) \'(>ijage descriplif el Itislnriijiie de l'ancien et du nuni'eim Pur h... t. II, p. 200.

(3) i>aris, 1824, p. 3'J4.

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semeiit, lo bon goût qui, ])resqii(' lonjdius, y)r(!side au choix des pièces ([u'on y l'epiv'sente, ont contribué, aussi bi(;n (jue bi mode, à bii assurer ulu3 vogue qui ne fera qu'augmenter... Le Gymnase est le plus agréable des théâtres secondaires de Paris, et la meilleure société de la capitale s'y donne un continuel rendez-vous. Gomme partout, l'on y a vu tondjer des ouvrages, mais jamais, comme partout, la décence et le goût n'y ont été outragés. »

On avait joué, comme pièce d'inauguration, nu vau(h^ville en un acte de Scribe, Mdrcau et Melesville, lo Boulevard Bonnc-NouDelle. Ce fut le premier succès.

Le () juin 1821, N'irgiuie Déjazet débuta dans la Pelite Sœur- (1), devant la duchesse de Beri'y, à qui elle resseinbkiit beaucoup à cette époque, ce dont h.' public bii sut gré.

Un autre début sensationnel, ce fut cebii de Léontine Fay. « Une petite lillo, Lcoidinc Fay, quitta la province qu'elle enchantait par son talent précoce; elle arriva, pliant sous ](^s bonbons et les couronnes, elle étonna la capilale, et marqua sî» place à coté des })lus vieux comédiens ('2). »

(1) Ilôlo de la Petite Sd-iu. Di'-jazet (initia le Civiimase poin' les Nouveauléi^ où elle <lél)iita lef) jnin l.S28, dans le rôle de (lalherine du Mariage impossible, vaudeville en deux actes de Cariiionclie et Melesville.

(2) BiiA/.n;!i, Chronique des jiclils Ihiùircs de l'aris... [. H, p. 213.

PETiTi: ciiHO.Moui-: ni:s Tiii:.\Tiii::s de pahis 127

Puirsou av;iit r(''ussi ;i s'altirer la protection de In (liichosse de IJcitv. Tous les ans, pendant ses séjours à Dieppe, il envoyait la moitié de sa troupe donner des représentations devant elle. Le 8 septembre 18'2^i, le Gvinnase Drarnali([iio prit le nom de Théàlre de S. A. R. Mme la duchesse de Berri). Les principaux sujets de la troupe étaient, a cette <''p()f|ue : Gontier, Bernard Léon, Ferville, Dormeuil, Xunia, Allan, Klein, Virginie Déjazet, Jenny Vertpri', Jeiiny Colon, Nadèje et Mlle Berénger, qu'on avait surnommée Berenger la Jolie,

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