LUDOVICO REDUCE HENRICUS REDIVIVUS
la royauté plus fragile encore avait été de nouveau renversée.
« Le revenant de File d'Elbe laissa debout, soit indifférence, soit oubli, l'image de plâtre, qui, tout en symbolisant au Pont-Neuf la popularité que les Bourbons n'avaient pas su reprendre, semblait être, pour eux, en restant là, une sorte d'espoir de retour.
« Quand, trois mois après, ils furent en effet revenus et se crurent bien assis, le projet, déjà conçu auparavant, d'éterniser par le bronze l'image royale parodiée par le plâtre fut définitivement repris. Bientôt il fut en bonne voie d'achèvement, à l'aide d'une souscription pour laquelle tous, grands et petits, vinrent apporter leur louis d'or ou leur écu.
« Lemot, qu'on avait clioisi pour ce travnil, sans lui garder rancune de ses statues impériales ou
révolutionnaires, setronvait même déjà en besogne dans un atelier de l'ancien préau de la foire Saint- Laurent, quand le retour de l'ile d'Elbe était
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venu lui faire craindre que la statue royale ne fût pour toujours inutile. Il ne brisa cependant pas son modèle. Le cheval, déjà presque achevé, ne pouvait-il pas survii' pour ([uehpie autre héros, el,
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au besoin ne puuiruit-oa pas le faire enloureher par un Napoléon de bronze, si l'Empereur revenait à Paris, devancé par une nouvelle victoire ? C'est la défaite et la peur qui le devancèrent, entraînant avec elles une paiiique générale des habitants de la banlieue de Paris, qui voyaient déjà l'étranger à leurs portes; et, par là, provoquant un danger réel pour la statue du préau Saint-Laurent.
(( Ce préau, situé tout près du mur d'enceinte, fut en effet envahi par les fuyards. Maisons, hangars, ateliers, tout fut pris pour loger ces familles, leurs chevaux et leur bétail. L'endroit où se trouvait le moule de Lemot fut lui-même menacé. . Le péril passa. Louis XVI II revint, et tout fît espérer que cette fois pour la royauté des Tuileries, comme pour le Henri IV du Pont-Neuf, le durable remplacerait le fragile, et le bronze le plâtre.
« La figure du roi fut coulée, le 23 mars 1817, par M. Honoré Gonon, à la fonderie Saint- Laurent, rue du Faubourg-Saint-Martin, et, le G octobre suivant, la partie inférieure de cette figure, qui tenait au cheval, fut jetée en bronze avec lui dans la fonderie du Roule.
« Le fourneau qui avait servi, le o mai 17ôS, pour la statue équestre de Louis XV par Bouchaidon, servit aussi pour cette statue de Henri IV. Le poids total, cheval et cavalier, devait être de vingt-cinq milliers environ.