CONIFÈRES
[iü9</] Le vaste groupe d’espèces que l'on désigne sous le nom de conifères , parce que leur fruit est généralement conique, présente des caractères très-semblables dans toutes les espèces. Leurs tiges offrent intérieurement les couches concentriques annuelles des dicotylées. Leurs racines sont peu profondes, très-menues et chevelues. Leurs feuilles, groupées différemment selon les espèces, «sont en général très-petites et nciculaires , c'est-à-dire en forme d’aiguilles; pourtant, dans quelques espèces, elles sont plus larges, et chez d’autres, même, elles atteignent aux proportions ordinaires d'un limbe. Excepté chez les mélèzes, les feuilles des conifères persistent l’hiver ; c'est pourquoi les conifères sont désignés souvent sous le nom d 'arbres verts.
Leurs organes reproducteurs sont d'une simplicité remarquable. L’ovule ou graine n’v est pas, comme dans l'immense majorité des végétaux, contenu dans un ovaire ou enveloppe spéciale. Les ovules, nus comme chez les cycadées, sont d'abord groupés de même en certain nombre sur une écaille. Dans ce nombre, un ou deux ovules seulement se développent; les autres avortent. L’embryon rappelle ceux des végétaux inférieurs ; c'est une radicule entourée d’un gros périsperme et surmontée de petit s appendices souvient nombreux et verticillés, où l’on a cru voir autant de cotylédons, ce qui leur a fait donner le nom de polycolylédonés. En réalité, cet embryon n'est guère qu’un très-petit bourgeon élémentaire où les appendices se développent par la ger-
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mination en un verticillc de feuilles analogues à celles
de l'arbre lui-même.
Outre les pins, sapins, mélèzes, cyprès, l’if et le genévrier, ce groupe, qui n’offre aucune plante herbacée, renferme beaucoup d'autres espèces d'arbres, et notamment les gigantesques pins, de plus de cent mètres de haut, récemment découverts dans l’Amérique du Nord.
[159r] 11 existe des plantes dont l’embryon porte un cotylédon très-développé, et en outre l'indice, le rudiment d’un autre cotylédon. Telle est la châtaigne d’eau, fruit du trapa (onagrariées), et, entre ce fruit et les embryons dont les deux cotylédons sont parfaitement égaux, on peut ranger une multitude de végétaux dont les cotylédons présentent tous les degrés d’inégalité intermédiaires.
[159s] 11 est remarquable que, parmi les végétaux dont l’embryon est nettement dicolylé, la plupart des glandes et belles espèces d’arbres portent des organes reproducteurs très-simples et même très-incomplets. Ainsi, le groupe de végétaux auxquels on a donné le nom d’amenlacées *, parce que leurs fleurs (fig. 1) ont pour enveloppe seulement des écailles rassemblées en épis que l’on nomme chatons , comprend le chêne, le châtaignier, le hêtre, le charme, l’orme, le bouleau, le peuplier, le saule, le platane, etc.
Pourtant, c est dans un groupe d'espèces dicotylées
1 Du latin amnitum, chaton.