SENSITIVE
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Lorsque l'on louche les folioles qui composent la feuille d’une sensitive , elles se rapprochent aussitôt et s'appliquent simultanément les unes sur les autres. Toutes les parties de la feuille ne sont pas également sensibles : si Ton touche avec la pointe d’une aiguille une tache blanchâtre qui existe à la hase des folioles, le phénomène est beaucoup plus rapide.
Le phénomène est d’ailleurs susceptible de modilications bien remarquables qui, sans doute, n’ont pas été toutes reconnues. Ainsi, lorsqu’on coupe avec des ciseaux la moitié d une foliole inférieure, bientôt la foliole mutilée et celle qui lui est opposée se rapprochent; puis les suivantes se rapprochent successivement et par paires jusqu’à l’extrémité de la feuille. Enfin, une sensitive emportée dans une voiture ferme d’abord ses feuilles par TefTet du cahotement, mais elle les rouvre ensuite peu à peu et ne les referme plus.
Chez une plante dü Bengale, dont les feuilles sont composées d’une grande foliole terminale et de deux petites latérales, la grande foliole s’incline alternativement de droite à gauche, et les deux petites se tordent et s’infléchissent alternativement, en sens contraire, de chaque côté du pétiole. ’
On a même observé des mouvements analogues dans les feuilles des pois et des haricots.
[161c] Beaucoup de plantes, pendant la nuit, modifient la disposition de leurs feuilles. Chez les unes, les folioles se replient en-dessous du pétiole en s appliquant
VÉGÉTATION
l’une contre l’autre par leur page inférieure. Chez le baguenaudier, elles se replient, au contraire, en appliquant l’une conlre l’autre leurs faces supérieures. Chez la sensitive, les folioles pendant la nuit s’appliquent le long du pétiole, comme lorsqu’on les touche.
[161 rf] La température des végétaux est sensiblement la môme que celle du milieu ambiant [39]. Mais, pendant la germination, la température des graines peut s’élever de 5° à 23° au-dessus de celle du milieu ambiant. 11 en est de même au moment de la floraison ; dans le colocasia odorata , on a vu une élévation de 22°.
Il est indubitable que le développement végétal consistant en une fixation, c’est-à-dire une solidification de substances gazeuses et liquides, cette solidification doit être accompagnée d’un dégagement de chaleur [60] ; mais la lenteur de cette opération générale et aussi, sans doute, la transpiration insensible du végétal [61] en voilent le résultat pour l’observateur.
L’élévation de la température des graines est attribuée à la grande quantité de carbone qui, pendant la germination, s’y combine avec l'oxygène de l’air; mais il n’a pas été fait d’observations précises pour constater si la chaleur dégagée par la graine est représentée tout entière par la combustion du carbone de l’acide produit. D'ailleurs, le dégagement de cet acide carbonique et son origine ne sont pas hors de doute dans tous les cas, puisqu’on a vu des graines germant dans l’eau dégager de l’oxygène.