PHÉNOMÈNES D’ORDRE SUPÉRIEUR CHEZ LES VÉGÉTAUX
[161] L’étude de la sève, des feuilles, des tiges et des racines nous a fait connaître, chez les végétaux, plusieurs sortes de mouvements, les uns mal expliqués encore peut-être [158n], les autres résultant, selon toute apparence, d’une polarité comparable à celle que manifestent les corps aimantés et, en certains cas, les corps électrisés; c’est-à-dire que les deux moitiés du végétal sont influencées par la terre et par la lumière d’une manière qui rappelle l’action de la terre sur un barreau aimanté, la terre attirant l’une des parties du végétal et repoussant l’autre, la lumière attirant la partie que repousse la terre et repoussant la partie qu’attire la terre.
Cette action attractive et répulsive de la terre sur les extrémités contraires de certains corps n’est pas nou-
VEGETATION
velle pour nous [7 Oj, mais l’action attractive et répulsive de la lumière nous apparaît pour la première fois dans l'histoire des phénomènes, et elle peut être un motif nouveau de considérer la lumière comme une des modi- (ications de la même force inconnue à laquelle il faut rapporter les phénomènes. magnétiques, électriques, caloriques et d’affinité [102].
[161a] L’influence de la lumière se manifeste plus visiblement encore sur la fleur du grand soleil , qui se dirige pendant tout le jour vers l’astre dont elle porte le nom ; sur les belles de jour, qui s’épanouissent le matin et se ferment le soir, et enfin sur les belles de nuit , qui, au contraire, se ferment le matin et s’épanouissent le soir.
Les fleurs de certaines plantes se ferment en plein jour un peu avant qu’une pluie tombe ; d’autres, au contraire, ne se tiennent épanouies que par un temps brumeux, et se ferment en plein jour quand le temps devient très-pur. — Malheureusement, les auteurs de ces observations n’ont pas assez nettement recherché si ces mouvements sont dus aux variations de la lumière par suite de la présence ou de l’absence des nuages, s’ils sont dus seulement à l’état d humidité ou de sécheresse de l’air, ou si les deux causes interviennent dans le phénomène.
’[16U>] Enfin, on observe, chez Certains Végétaux, des mouvements d'un ordre supérieur, dont nous rechercherons ailleurs la signification.