NOMENCLATURE
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rieur: 1° la connaissance des forces dont l'action produit les phénomènes ‘, et 2° l'interprétation des lois.
Or:
Les phénomènes se produisent sans dire leur nom.
Les forces, invisibles, agissent en silence.
Les lois dans l’univers n’ont point de titre, elles ne se proclament point; nous sommes réduits à les chercher et à les constater dans l’obéissance universelle des substances et des cires.
Dès les premiers temps de notre race, les hommes ont imposé des noms aux principaux phénomènes, et même, lorsque le phénomène se produisait avec bruit, leur naïve sagesse les conduisait à nommer le phénomène par une imitation du bruit qu’ils entendaient. C’est ainsi que dans toutes les langues le tonnerre est exprimé par un mot qui imite ses éclats, ses roulements.
Aucun phénomène, pas plus que le tonnerre, ne nous dit son nom. Ils passent en foule autour de nous, sur nous, en nous, sans nous connaître. Et les lois, meme constatées, sont des choses sans nom, comme les forces qui semblent leur obéir.
Quand il saisit pour la première fois un phénomène, une loi, un aspect de l’être, l’homme ne sait comment nommer ce prisonnier de son génie.
Il attendrait en vain : êtres cl phénomènes, lois et for-
1 C’est-à-dire qu’elle recherche incessamment l’origine primitive de la lorre qu’elle voit agir |2U].
10 i VÉGÉTATION,
ces, ils sont, ils sc laissent saisir; mais ils se taisent. L’animal même qui le premier de sa race sc débat dans nos mains, crie, et ne nous dit pas son nom. Nous seuls sur le globe savons dire ce que nous sommes.
Il faut donc nommer ces inconnus qui s’ignorent. Pour les reconnaître, il faut leur dire : Tu es tel, et désormais tu t'appelleras tel. — Et c est là le sens du tnvlhe superbe de la Genèse hebraique, ou Adam nomme tour à tour les animaux qui passent devant lui.
Nous ne pouvons d’ailleurs nous entendre avec nos semblables et communiquer ce que nous savons des êtres et des phénomènes qu’en leur imposant des noms. Et si un être, tel qu’un chêne, présente un grand nombre de parties différentes, nous sommes obligés de donner des noms différents à toutes ces parties.
[1 62a] L’ensemble de ces noms des choses dont s’occupe chaque science constitue la nomenclature. Ainsi, racine, tige, rameau, feuille, foliole, pétiole, limbe, etc., sont des termes de la nomenclature particulière de la botanique. On conçoit que dans chaque science ces noms doivent être très -nombreux, d’autant que chaque objet porte souvent plusieurs noms.
La nomenclature occupe donc une grande place dans la science; mais elle est un exemple essentiel de l’imperfection nécessaire attachée à nos procédés intellectuels. En efftt, voici que pour apprendre à connaître les réalités, c’est-à-dire les, êtres, et tes lois, et les forces (ce qui est la vraie fin de la science), il faut commencer par ap-