SYSTEME NERVEUX
constituent un canal qui règne dans toute la longueur de la colonne vertébrale.
Or les os dont se compose la tète forment à son som- . met une boite, le crâne , qui, au point d’attache avec les vertèbres du cou, communique par un trou 1 avec le canal vertébral.
Cette boîte contient Y encéphale ou cervelle, laquelle se continue avec un cordon de substance semblable à celle de la cervelle, qui occupe l’intérieur du conduit vertébral, et que l’on nomme moelle épinière.
De la base de l’encéphale et de toutes les parties de la moelle épinière partent les nerfs , longs lilamenls blanchâtres qui vont se divisant à l'infini en se prolongeant dans toutes les parties du corps.
Cet ensemble forme le .système cérébro-spinal , partie principale de l’appareil nerveux. C’est au moyen de ce système que l’animal perçoit les impressions qui lui viennent des objets qui l’entourent, et qu’il imprime le mouvement aux organes qui dépendent de sa volonté.
En outre, un système de i jonglions , sorte de renflements de substance nerveuse, disposés de chaque côté de la colonne vertébrale, et qui ne transmettent pas l’action de la volonté quoiqu’ils communiquent avec le système cérébro-spinal, président aux mouvements des organes intérieurs et complètent l’appareil nerveux.
Outre ces appareils, il en existe beaucoup d’autres
1 1.c trou occipital.
dans le corps d’un animal aussi complet que le cheval : tels sont les reins, la vessie', etc., et enfin l'appareil de la reproduction, dont nous ne parlerons point dans ce livre. Nous nous bornerons à dire ici que le cheval porte des mamelles, sorte de réservoirs tout remplis de glandes qui, chez la femelle, sécrètent le lait destiné à nourrir le jeune cheval dans les premiers temps de sa vie. Et ajoutons que tout ce que nous avons dit, et tout ce (pie nous allons dire encore du cheval, sauf quelques modifications et quelques exceptions, s’applique à tous les animaux
mammifères, c’est-à-dire qui portent ainsi des mamelles, sans en excepter l'homme.
Nous allons maintenant reprendre chaque appareil plus en détail et en examiner rapidement les fonctions.
[1 64b] L’animal répare et développe son organisme par une fonction générale de nutrition analogue à celle que nous avons reconnue chez’ le végétal. Mais, tandis que chez les végétaux les plus élevés cette fonction ne présente, à très-peu près, que les mêmes caractères essentiels qu’elle offre dans les végétaux les plus élémentaires, la ‘fonction de nutrition, ainsi que nous le verrons, devient rapidement plus complexe à mesure que l’on s’élève dans la série animale ; de telle sorte que chez l’animal supérieur la fonction de nutrition est énormément plus complexe que chez les végétaux les plus élevés.
1 Tous ces organes renfermés dans les grandes cavités du corps sont souvent désignés sous le nom générique de viscères; ainsi le poumon, le cœur, sont des viscères.
AL1MLNTS.
Chez ceux-ci, l'absorption des liquides et des gaz, l'aile par des appareils extérieurs (feuillés, radicelles), apparaît d’abord; ensuite, les substances absorbées sont, dans les organes, transformées chimiquement en produits spéciaux qui sont alors assimilés.
Chez l’animal supérieur, l’absorption directe n’est plus le premier acte de la nutrition. Ce ne soiit plus des organes extérieurs qui accomplissent cet acte. Ce ne sont plus des substances inorganiques qui fournissent exclusivement les substances nutritives.
Tandis que le végétal tire sa nourriture de l’ensemble des substances- inorganiques qui l’entourent 1 , les aliments 5 , pour l’animal supérieur, sont presque exclusivement 3 des substances organiques déjà préparées par l’organisme animal ou végétal, c’est-à-dire des substances
1 II est vrai qu'une certaine quantité de matières organiques en voie de décomposition est très -favorable à la végétation; mais il parait certain que lu végétal ne se nourrit de ces matières qu'à mesure qu’elles se décomposent, et en absorbant les produits de la décomposition à mesure qu'ils retombent à l’état inorganique.
1 J’appellea/zm^nl, par excellence, toute substance nécessaire au développement des organes et à l’entretien de la vie.
J’appelle substance alimentaire toute substance capable de contribuer au développement des organes et à l’entretien de la vie.
L'air atmosphérique, quelques autres gaz, l’eau et quelques sels, voilà les aliments nécessaires au végétal supérieur.
L’air atmosphérique, l’eau, une quantité plus ou moins considérable de substances organiques, et quelques sels, voilà les aliments nécessaires à l’animal supérieur.
J Je dis presque exclusivement, parce que l’eau et l’oxygène sont absorbés directement et sont des aliments, l’eau tout au moins, pour les animaux, au même titre que pour les végétaux. On ne pourrait leur re-
ANIMALITE.
qui ont fait partie d’un animal ou d’un végétal. Introduites dans un appareil intérieur, l’appareil digestif, ces substances y subissent une préparation mécanique et chimique qu’on nomme digestion.
La digestion extrait des aliments leurs parties nutritives et rejette, sous forme d’excréments ou fèces , les parties surabondantes ou inertes , c’est-à-dire incapables de servir à la nutrition 1 . Elle transforme les parties nutritives des aliments en liquides aptes à se mêler au sang et à en maintenir la composition normale.
Cette extraction et celte transformation sont opérées par la trituration des aliments et par le mélange de la masse triturée avec certains liquides sécrétés par des glandes nombreuses.
Broyés dans la bouche sous les dents, les aliments sont d’abord imprégnés par la salive que fournissent des glandes situées dans presque toutes les parties de la bouche, sous la langue, sous les mâchoires, etc.
Composée d'eau et de quelques millièmes de divers sels de soude, de potasse, de chaux et de magnésie, la salive agit dans la digestion surtout par une substance organique azotée à laquelle on a donné le nom significatif de diastase salivaire [158r]. On peut l’extraire de la salive et la
fuser la qualité générale d’aliment qu’après avoir établi que pas un atome des éléments de l’eau ou de l’air absorbés ne s’engage ultérieurement dans les tissus animaux. Tout conduit à penser le contraire, au moins pour l’eau.
1 Telles sont la cellulose végétale et les écailles, les poils des animaux, ' qui sont insolubles dans les sucs digestifs.
DIGESTION
conserver à l’état solide. Or un gramme de celle diastase salivaire solide, dissoute dans l’eau, peut transformer en sucre environ deux mille grammes de fécule.
La sécrétion de la salive est plus ou moins abondante selon les espèces. Chez le cheval, elle est d’environ trentedeux kilogrammes par vingt-quatre heures; mais elle rentre dans le sang parla digestion.
Après avoir parcouru l'œsophage, la masse alimentaire, parvenue dans l’estomac, y est imprégnée d’un suc acide, très-abondant, sécrété par un grand nombre de petites cavités éparses dans la muqueuse l , et appelé suc gastrique.
Ce suc gastrique, dont les éléments actifs sont Y acule lactique * et une autre substance organique nommée pepsine , dissout les substances albuminoïdes et les rend susceptibles d’être absorbées sans que leur composition chimique soit changée. De même que la diastase salivaire, il agit en dehors de l'estomac comme dans ce viscère; et, si l’on place des aliments broyés avec du suc gastrique
1 Les cavités du corps, et notamment le tube intestinal, sont tapissées de membranes appelées muqueuses; c'est une sorte de peau très-fine, très-sensible et sans épiderme. En général, les muqueuses sécrètent des liquides variés, plus ou moins visqueux, que l'on nomme mucus. Ainsi le nez est tapissé intérieurement parla muqueuse nasale, et c’est à cause du mucus sécrété par cette membrane que les petits garçons sont appelés morveux, et que les belles dames portent de superbes chiffons dont heureusement elles ne se servent guère. C’est bien le plus vilain prétexte d’élégance que je connaisse. La surface rose des lèvres est aussi unemuqueuse ; mais celle-ci est charmante.
■ Ainsi nommé parce qu’il est abondant dans le lait caillé.
ANIMALITÉ
dans un vase maintenu à la température animale [104 /î], on voit s’opérer une digestion artificielle , c’est-à-dire une dissolution des aliments.
Son action est d’ailleurs aidée par des contractions de l’estomac qui mélangent et triturent la masse alimentaire. Cette masse forme une sorte de bouillie qu'on nomme chyme.
Pendant la première période de la digestion, les contractions se font de manière à empêcher les aliments de sortir de l’estomac; mais ensuite elles se font de manière à expulser la masse alimentaire, qui pénètre alors peu à peu dans l’intestin grêle. C’est surtout dans cette partie du tube digestif que s’opère l’absorption des produits de la digestion.
Imprégnée alors de la hile sécrétée par le foie 1 , dont la fonction est encore un grand sujet de recherches et de discussions ; imprégnée du suc intestinal, qui n’a pas encore été bien étudié s , et du liquide pancréatique provenant d’une grosse glande nommée pancréas, la masse alimentaire subit une action nouvelle.
Les corps gras ne peuvent être dissous par l’eau, ni par la salive, ni par le suc gastrique; mais l’albumine, • ' ♦
* La plupart des animaux ont au foie, comme le bœuf, par exemple, une vésicule biliaire , vulgairement nommée fiel, où la bile s’accumule pour être versée ensuite dans l'intestin; mais le cheval n'a pas de vésicule biliaire. Beaucoup d’autres animaux, le chevreuil, le cerf, le pigeon, etc., en manquent également,
* Ce suc paraît réunir les propriétés des diverses sécrétions intestinales.
DIGESTION
mêlée à l’eau, a la propriété d’amener les corps gras à l’état d'émulsion , c’est-à-dire de les diviser en particules très-petites qui restent en suspension dans l’eau comme une poussière impalpable dans l’air. Or le suc pancréatique est albumineux ; comme tel, il émulsionne les corps gras; en outre, il contient un produit quaternaire, la pancréatine , dont la présence amène le dédoublement de ces corps en deux substances dont l’une est sucrée et soluble 1 . Il les rend donc susceptibles d’être absorbés par les vaisseaux chylifères sous forme d’un liquide blanc, laiteux, qu’on nomme chyle, et qui, outre l’émulsion grasse, contient un mélange de tous les produits albuminoïdes et amylacés de la digestion. Au microscope, on y observe des globules sphériques et de dimensions variables. Ces vaisseaux chylifères paraissent à peu près seule pouvoir absorber les corps gras émulsionnés; c’est là leur fonction, et elle est aidée par des contractions vermiculaires 2 de l’intestin grêle qui fou* transsuder l’émulsion dans les chylifères.
Les contractions de l’intestin grêle ont en outre pour effet d’acheminer la masse alimentaire vers le gros intestin. Des mouvements semblables du gros intestin, mais moins énergiques, la font avancer vers le rectum, d’où les matières fécales accumulées sont expulsées par l’anus
1 Les propriétés du suc pancréatique se manifestent très-bien dans un vase où on le mêle avec des corps gras et de l'eau. Le suc pancréatique transforme aussi l'amidon en sucre.
- Contractions semblables à celles que font les tiers.
animalité.
à des intervalles de temps plus ou moins éloignés. Les mouvements d'introduction des aliment/, dans le tube intestinal et l’expulsion des résidus de la digestion sont plus ou moins soumis à la volonté ; mais les mouvements intestinaux sont involontaires, et l’animal n’en a presque point conscience.
On voit, par ce qui précède, que le problème chimique de la digestion est aujourd’hui résolu d’une manière à peu près complète. Il nous reste à parler de l’absorption et de son mécanisme.
Le système veineux, et le système lymphatique auquel appartiennent les vaisseaux chylifères, sont clos de toutes parts. Les membranes animales, examinées au microscope le plus puissant, ne laissent voir aucune ouverture, rien qu’une surface plus ou moins transparente, mais continue. C’est donc par endosmose à trayers leurs tuniques ou membranes que se pratique l’absorption des sucs nourriciers. Nous avons fait remarquer [158/] que les phénomènes d'endosmose sont plus énergiques sous l’action de la chaleur; et, outre la chaleur interne de l’animal, la pression des intestins favorise l’absorption.
L’eau des boissons est absorbée," sans préparation, dans toute l’étendue du tube digestif 1 .
A mesure que les substances amylacées et albuminoïdes sont dissoutes, elles sont absorbées dans les veines
1 L’eau qui mouille la peau et tous les tissus des animaux, pendant une pluie ou lorsqu'ils se baignent, est également introduite par endosmose, en certaines proportions, dans leur corps.
DIGESTION
intestinales qui courent le Ion" de ce tube; quand, par l’action du suc pancréatique, les corps gras ont été émulsionnés, ils sont absorbés par les chylifères ; et tout ce qui peut rester encore de liquides nutritifs dans la masse digérée est absorbé par les parois du gros intestin et même de rectum.
[164c] Nous avons dit que les chylifères faisaient partie d’un système de vaisseaux appelés lymphatiques. La circulation s’y opère par la contraction de leurs parois; des valvules , sortes de soupapes membraneuses placées à de petites distances les unes des autres dans ces vaisseaux, s’ouvrent par l'effet de la contraction et laissent passer le liquide. Et, comme ces soupapes s’ouvrent toutes dans le même sens, et s’opposent à ce que le liquide retourne vers les organes où il a été absorbé, elles déterminent sa marche vers de gros vaisseaux qui le reversent dans le torrent de la circulation générale. La marche des liquides est d’ailleurs aidée dans ces vaisseaux par les contractions musculaires et par plusieurs autres causes. Au total, cette circulation est faible et lente. On a trouvé que chez une vache là lymphe parcourait une distance de deux centimètres et demi par seconde.
La lymphe qui remplit plps ou moins les vaisseaux lymphatiques, et même les chylifères lorsque la digestion est achevée, est un liquide transparent jaunâtre ou rosé. Elle se compose d’une quantité minime de fibrine, d’albumine et de sels dissous dans une grande quantité d’eau (environ 95 pour 100). Elle contient un petit nombre de
ion