ARTICULÉS
naire elle est aquatique et s’effectue par des branchies dont la disposition varie beaucoup selon les espèces. On les voit en petites honppes de chaque côté de l’arénicole (fig. 57).
La plupart de ces animaux sont marins : tels Y arénicole, etc.; quelques-uns vivent dans l’eau douce : telles les sangsues ; d’autres sont terrestres : les lombrics.
Ces derniers offrent celte remarquable particularité, que si l’on coupe transversalement leur corps en deux ou plusieurs tronçons, les extrémités de ces tronçons ne tardent pas à se cicatriser, et chacun d’eux devient bientôt un lombric complet; mais si on coupe le' ver longitudinalement, les diverses parties ainsi séparées meurent aussitôt [165c].
[165/rç] Animaux articulés. — Les millcr pieds ou mille-pattes (myriapodes) (fig. 58) sont des animaux très-intéressants, parce qu’ils sont des intermédiaires entre les vers et les insectes.
Leur corps, très-allongé, est divisé nettement en un grand nombre d'anneaux qui ont une certaine solidité. Ces anneaux solides sont joints les uns aux autres de manière à former des articulations mobiles.
Fig. 51.
Chaque anneau porte au moins une paire de pattes articulées qui se terminent par un crochet, et ces pattes sont au nombre de vingt-quatre paires au moins.
Ainsi les nombreuses soies de locomotion des vers sont ici devenues des organes bien définis, où le nombre a diminué, mais où l’organisation s’est perfectionnée; de sorte que ces organes de locomotion, bien moins nombreux que les soies des vers, sont, en revanche, beaucoup mieux aptes à remplir leur fonction.
Fig. 58.
De même la peau du ver, en se durcissant, est ici devenue l'anneau articulé et forme un squelette extérieur plus organisé que les carapaces et les coquilles de rayonnés et de mollusques.
Les millepieds ont une tête garnie de deux petites antennes et de deux yeux. Ici encore, le nombre des organes a diminué : il n’y a plus un grand nombre de soies servant d’antennes, comme chez certains vers, les plus complets ; mais il y a deux vraies antennes articulées.
Leur corps est composé d’un nombre d’anneaux variable qui, même chez plusieurs, tels que les iules,
INSECTES
augmente à chaque mue, et il ne présente pas de démarcation entre le thorax et l’abdomen qui sont ainsi confondus.
Il existe de chaque côté de leur corps de petites ouvertures, appelées stigmates , par lesquelles l'air pénètre dans leurs organes respiratoires.
Ces organes respiratoires sont des trachées , c’est-àdire des tubes extrêmement ramifiés dans l’intérieur du corps et d’une structure compliquée. La partie essentielle dans cette structure est un filament cartilagineux enroulé en spirale, comme un élastique de bretelle.
C’est dans cet appareil de tubes ramifiés, où l’air circule, que s’accomplit la respiration des scolopendres , (fig. 58), des iules et de tous ces animaux que l’on appelle vulgairement mille-pattes.
Ces animaux ne sont pas tout à fait, à leur naissance, ce qu'ils seront plus tard ; ils éprouvent dans leur jeune âge des métamorphoses, c’est-à-dire des changements, des perfectionnements de structure. Ces changements ^consistent en une formation de nouveaux anneaux et en une augmentation correspondante du nombre des pattes.
Plusieurs espèces s’enroulent sur eux-mêmes comme le hérisson et le porc-épic.
[165n] Les insectes sont des anima articulés, c’està-dire composés, comme les mille-pattes, d'anneaux formés par le tégument extérieur plus ou moins durci.
Leur corps est composé d’une tête, d’un thorax et d’un abdomen distincts; ils ont trois paires de pattes ;
SEIUKS ANIMALES.
ils respirent par des trachées ; presque tous sont pourvus d’ailes, et presque tous subissent des métamorphoses dans le jeune âge.
Ces métamorphoses nous enseignent chaque jour tout un chapitre de la genèse universelle. Elles nous montrent le passage du ver à l'animal complet.
Eu effet, presque tous ces animaux commencent par être des sortes de vers, soit qu’ils naissent d’un œuf, ce qui est le cas général, soit qu’ils sortent de l’insecte parfait à cet état vermiforme.
Ces sortes de vers sont nommés larves, pour les distinguer des animaux annelés qui demeurent toujours à l’étal de ver.
Depuis la larve sans aucun appendice, telle que celle de l’abeille, jusqu'aux larves garnies de soies, comme certains vers annelés, ou munies de pédoncules soyeux, comme certains autres, on trouve parmi les larves des insectes la plupart des formes que l’on peut observer chez les véritables vers. Quant à celles que l’on dit être munies de pieds, comme les chenilles, il faut bien remarquer que ces pieds sont seulement des pédoncules sans aucune ressemblance avec les pattes du papillon qui doit en provenir.
Après un certain temps de cette existence inférieure (temps qui varie beaucoup selon les espèces), les larves subissent des métamorphoses, des perfectionnements de structure, qui les élèvent beaucoup dans la série organique.
INSECTES
En général, les insectes passent par trois états : état ve ri ni l'on ne ou de larve; étal de nymphe; état d ’insecle parlait.
Le corps de ceux qui doivent subir de grands changements est allongé, mou, divisé en anneaux mobiles, dont le nombre normal est de treize, avec ou sans pattes, avec des yeux et des mandibules ou mâchoires. Mais presque toujours ces pattes, ces yeux et ces mâchoires n’ont aucune ressemblance avec ce qui existera par la suite chez l'insecte parfait. Telle est la chenille, lig. 59.
Kig. 3S>. Chenille du papillon machaon.
Donc, après un certain temps de cette existence, pendant lequel elle subit plusieurs mues, c’est-à-dire plusieurs changements de peau, la larve sc transforme eu nymphe.
'Pendant cette période, elle demeure immobile et ne prend aucune nourriture. Les unes restent alors enfermées dans la peau dont elles viennent de se dépouiller, les autres, et telles sont les nymphesdes papillons ou chrysalides, lig. (>0, sont recouvertes d’une pellicule dont elles sont emmaillottées. Avant de passer à l’état de nymphe, beaucoup de larves se préparent une demeure : c’est un -cocon de soie, ou un trou dans la terre, dans, la pierre ou
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dans le bois; d'autres se suspendent par des (ils, ou replient par des (ils autour d’elles une feuille d’un végétal;
d’autres comme la nymphe de la mouche des cadavres ( asticot ) restent enfoncées dans les matières qu’elles ont habitées à l'état de larve.
Pendant cette période d’immobilité, l’animal subit un travail intérieur; l’organisme est refondu, profondément modifié. Des organes anciens s’atrophient ; des organes nouveaux se forment; d’autres se perfectionnent. Enfin, quand le développement est achevé, il brise ses enveloppes et sort. Ses ailes, d'abord humides, ne lardent pas à devenir solides. Alors.il prend son vol; il est insecte parfait.
Certains insectes ne subissent que des demi-métamorphoses. Chez ceux-ci, la larve ne se distingue guère de l’insecte parfait que par l’absence des ailes ; telles sont les sauterelles et les éphémères.
D'autres insectes, quoique passant par les trois états, n’arrivent jamais à posséder des ailes : telle est la puce.
D’autres espèces enfin, en petit nombre relativement, ne subissent pas de métamorphoses et naissent avec tous les organes dont ils doivent être pourvus : tels sont les poux.
Le corps de l’insecte parfait se compose 'd’un certain
Chrysalide
INSECTES
nombre d’anneaux placés bout à bout. Les membres sont de même que le corps composés de tubes ou de lames solides placés bout à bout, et renfermant dans leur intérieur les muscles et les ligaments qui servent à les faire mouvoir. Ici, le squelette extérieur est devenu trèscomplet.
La tête, formée d'un seul tronçon ou anneau, porte les yeux, les antennes et la bouche avec ses appendices : trompes, scies ou mâchoires, variables selon les espèces. La conformation des antennes varie beaucoup. On présume que ce sont des organes d’audition en même temps que de tact.
La partie moyenne du corps ou thorax, toujours formée de trois anneaux ordinairement soudés ensemble, porte les pattes et les ailes. La conformation des unes et des autres varie extrêmement. Mais tandis que les pattes sont toujours au nombre de trois paires, chaque anneau portant une paire de pattes, les ailes sont au nombre tantôt de deux paires (papillons (fig. 61), scarabées (fig. 64), abeilles, bourdons (fig. 62), etc.); tantôt d’une seule paire (mouche, taon (fig. 65), etc.). Des trois anneaux qui forment le thorax, le premier ne porte jamais d’ailes ; le second et le troisième peuvent porter chacun une seule paire d’ailes. Mais il arrive souvent que l’un ou l’autre de ces deux derniers anneaux ne porte pointd’ailes.
Chez beaucoup d’insectes, les pattes ne peuvent être mouillées par l’eau; lorsqu’elles s’appuient à la surface du liquide, elles y causent des dépressions qui pla-
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cent l'insecte dans les mêmes conditions d’équilibre
qu’une aiguille à coudre enduite de graisse (55).
Fig. 61. Papillon machaon.
Les ailes des insectes sont en général composées de deux membranes juxtaposées et soutenues par des lier vures ramifiées assez solides.
Fig. 62.
Souvent les quatre ailes membraneuses sont transparentes, comme chez les bourdons, les abeilles ; souvent
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aussi elles sont garnies de petites écailles colorées, comme chez les papillons. Chez d'autres insectes ( coléoptères ), les deux ailes supérieures sont épaisses, dures, opaques, et forment des boucliers nommés élytres: A l’état de repos, les élytres récouvrent les deux ailes inférieures, qui sont toujours membraneuses. Tels sont les scarabée* (fig. 64 ), hannetons , cerfs-volants , etc., etc.
Fip. 63. Fig. 64.
Lorsque ce sont les ailes inférieures qui manquent, elles sont souvent remplacées par deux petits filets terminés en massue et que l'on nomme balanciers. Ces balanciers sont très-visibles sur la mouche des maisons.
L'abdomen des insectes est composé d’anneaux plus ou moins solides, unis par des portions molles de la peau, de manière à être mobiles les uns sur les autres, et dont le nombre varie selon les espèces. Chez l’insecte parfait, il s’en trouve souvent jusqu'à neuf. Ces anneaux
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ne portent jamais ni pattes ni ailes, mais fréquemment
des soies.
Les anneaux qui terminent l'abdomen et le corps portent presque toujours des appendices destinés à divers usages : stylets, crochets, pinces, dards, etc.
Les insectes ont des sens très-développés ; ils jouissent de l’ouïe, de l’odorat, du goût et de la vue, sans qu’on connaisse bien chez eux la conformation des organes de ces sens. ,
Leurs yeux sont très-différents de ceux des mammifères ; ils sont formés par des milliers de petits yeux serrés les uns contre les autres. C’est pourquoi on leur a donné le nom d'yeux à facettes ou d'yeux composés. Presque tous les insectes sont pourvus de deux de ces yeux composés. On ne sait pas comment fonctionnent ces organes.
Leur système nerveux se compose principalement d’une double* série de ganglions réunis entre' eux par des cordons longitudinaux.
Le canal digestif est en général assez compliqué. Il n’existe point de foie, mais des tubes biliaires. Ces vaisseaux tiennent aussi lieu de reins, car il s’y forme de l’acide urique [ 164 i].
La nourriture des insectes est variable. Les uns vivent du suc des plantes ou des animaux ; les autres sont carnivores, etc.
Leur sang est aqueux et incolore; il n’est pas contenu dans des vaisseaux, il est répandu dans les interstices des
INSECTES
organes, il n'y a point de mur ni de circulation régulière; mais il y a cependant des organes intérieurs contractiles et des courants rapides, mais partiels.
La respiration des insectes est très-active, en égard à leur volume ils consomment beaucoup d’air; elle se fait par des trachées, ainsi que nous l'avons déjà dit, et on croit que l’air s’y renouvelle par les mouvements de contraction et de dilatation de l’abdomen.
En général, les insectes produisent peu de chaleur; cependant, en cerlains cas, ils en développent une quantité notable. C’est ce qui a lieu, par exemple, lorsque les abeilles s’apprêtent à essaimer, c’est-à-dire lorsqu’un essaim va quitter la niche.
Fig. 65. Fig. 6t>.
Plusieurs insectes sont lumineux la nuit : tel est le lampyre ou ver luisant de France , dont la femelle (lig. 65), qui ne vole point, est seule lumineuse; tandis que le mâle (fig. 66), qui est ailé, n’est point lumineux. Chez une autre espèce très-répandue dans les Ardennes, tous les individus ailés sont lumineux.
On ignore la cause de cette phosphorescence des insectes, dont l’intensité varie souvent en une minute cl
paraît soumise jusqu'à un certain point à l’action de leur volonté. Cependant elle persiste assez longtemps après que l’animal est mort. Nous l’avons plusieurs fois vérifié en coupant avec des ciseaux l’extrémité de l’abdomen qui porte cette lueur chez la luciole ardennaise
Plusieurs insectes, entre autres le sphinx atropos (tête de mort), ont les yeux lumineux dans l’obscurité, comme les chats. Ce sphinx atropos est en outre remarquable par ses petits cris qui rappellent ceux des chauves-souris.
Constatons : 1° que dans cette classe où les parties solides sont extérieures, la ligne médiane [164«] est déci-
* Le bois mort et les poissons à un certain état de putréfaction deviennent souvent lumineux. Mais j’ai eu occasion de voir que des végétaux vivants peuvent aussi devenir phosphorescents.
C’était en 1856, par une nuit de la fin de juillet, très-chaude et sombre. Le ciel était couvert de nuages orageux. Vers minuit, je montais une petite côte de l’Ardenne, qui conduit à la l'ange située entre Houffalize et Wibrin. (On appelle fanges ou fagnes, en Ardenne, les terres incultes, couvertes de genêts et de bruyères).
Arrivé sur le plateau, mon étonnement fut extrême en voyant de toutes parts la fange phosphorescente. De toutes les vieilles tiges des genêts et des bruyères, et de la plupart des rameaux, émanait une lumière bleuâtre. Une voiture pleine de genêts, le long du sentier, était aussi phospho-’ rescenle dans plusieurs de ses parties, ainsi que les fagots qu’elle contenait. Ces lueurs avaient quelque chose de morne et de sinistre. Il semblait que cette lumière n’éclairait pas, ne rayonnait pas. Cependant, en approchant une lettre d'un gros fragment de genêt, je pus en distinguer l’adresse. Au milieu de tous ces balais enchantés, je m’attendais presque à voir apparaître des sorcières.
•l'emportai avec moi plusieurs tiges, et, arrivé à l’auberge avant le jour, je les vis continuer à répandre cette même lueur immobile dans ma chambre, jusqu'au moment où je m'endormis.
Le lendemain, j’allai au soir dans la lande, et je ne vis rien de semblable. Les liges que j’avais apportées n'éclairaient plus.
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Slî5
dément droite 1 ; 2" que les insectes offrent des séries complètes de développement organique, depuis l’état vésiculaire ou d’œuf jusqu’à l’animal très-organisé, ayant tête, thorax et abdomen, avec des ailes, des pattes, des antennes, etc., muni de sens très-parfaits, et d’intelligence, et d’instincts très-merveilleux. Nous y reviendrons ailleurs.
[165 o J La série parmi les insectes, comme dans toutes les classes d'êtres, mais mieux et plus clairement qn’ailleurs, se présente sous deux aspects : 1“ Si l'on compare tous les insectes ensemble, n'importe sous quel rapport, on en voit de beaucoup plus composés que les autres : ainsi, la puce sans ailes, le taon avec deux ailes sans balanciers, la mouche commune avec deux ailes supérieures et deux balanciers qui remplacent les ailes inférieures , le papillon avec quatre ailes membraneuses, le scarabée avec deux ailes inférieures membraneuses et deux élytres supérieures protectrices, forment une série d’êtres de plus en plus organisés sous le rap-, port des ailes ; 2° si l’on considère une espèce quelconque, l’abeille, par exemple, on voit toute une série organique §e développer dans le même être, qui est d’abord œuf, puis larve, puis nymphe, puis insecte parfait.
Mais en les comparant aux vers proprement dits, ces êtres, dont l'organisme est si compliqué, présentent ce-
* Dans toutes les séries animales que nous verrons désormais, la ligne médiane, quoique souvent repliée, est toujours contenue dans le même plan.
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pendant une infériorité. Tandis que le ver est doué d'un * système vasculaire circulatoire très-remarquable, l’insecte n’a, pour ainsi dire, point de vaisseaux circulatoires. Il semble que l’être-rer n’a gagné ce qui constitue T insecte qu’en perdant tout un appareil organique de la plus haute importance. Reste à savoir si, en général, la larve est mieux douée que l’insecte parfait sous le rapport vascu* laire; mais, selon Carus, « le système nerveux des larves,
« d’insectes ressemble beaucoup plus à celui des anné- « lides que le système nerveux des insectes parfaits. » [165p] Les arachnides sont des animaux articulés trèsintéressants , parce qu’ils forment une série, non plus ascendante comme les insectes, mais latérale , si je puis ainsi dire, en ce sens que sous beaucoup de rapports ils sont intermédiaires entre les insectes et les crustacés.
Les arachnides (fig. 67, 68), comme les myriapodes [165m], ont le corps composé de deux parties seulement; mais tandis que chez les myriapodes la tête est distincte et le thorax confondu avec l’abdomen , chez les arachnides c’est l’abdomen qui est distinct et le thorax confondu avec la tête. Aussi appelle-t-on cette partie de leur ■ corps céphalo-thorax.
Ces animaux ont quatre paires de pattes fort semblables à celles des insectes, et attachées au céphalo thorax; ils n’ont point d’antennes et point d’ailes. — Voilà les caractères généraux, communs à tous.
Mais il y a trois divisions principales de ces êtres :
1 0 Les faucheurs, par exemple : chez ceux-ci, l’abdomen