ARACHNIDES
trouve des espèces qui possèdent à la fois des trachées et des sacs pulmonaires.
Enfin, dernière analogie générale avec les crustacés, lorsqu’une patte d’une arachnide se casse, la patte se reproduit, se développe et redevient semblable à celle qui avait été cassée.
On conçoit que le système nerveux doit varier dans toutes ces espèces.
Les arachnides sont tous carnivores et, la plupart, insectivores (mangeurs d’insectes). Leur canal digestif est, en conséquence, assez simple. Leur sang est hlanc. Us sont munis d’un petit appareil venimeux aboutissant près de l’extrémité des crochets des mandibules , et destiné à paralyser promptement la défense de leurs victimes souvent plus grosses qu’eux. Chez le scorpion, cet appareil est situé à l'extrémité de l’abdomen qui se termine par un dard crochu.
Les arachnides, comme les insectes, ont les sexes distincts et pondent des œufs. Tous subissent plusieurs mues avant d’être adultes, c’est-à-dire parvenus à leur développement complet. Quelques espèces subissent une certaine métamorphose , car, n’ayant d'abord que trois paires de pattes, ils en acquièrent une quatrième.
L’appareil qui sécrète la soie dont un grand nombre de ces animaux construisent leurs toiles, est situé dans la partie postérieure de l’abdomen. La matière sécrétée est visqueuse comme celle dont le ver à soie file son cocon et, de même, elle sèche promptement à l’air.
On a calculé qu'en réunissant 10,000 fils de certaines araignées, on n’arriverait pas à former un faisceau de la grosseur d'un cheveu. Cependant, certaines espèces des pays chauds sont très-grandes et construisent des toiles assez fortes pour arrêter des oiseaux.
Nous parlerons ailleurs de leurs instincts remarquables.
[165qi] Les crustacés sont des animaux articules, composés d’anneaux plus ou moins distincts, doués d'un appareil circulatoire, et qui forment une série ascendante très-étendue, c’est-à-dire où les gradations organiques sont très-nombreuses. Ces gradations peuvent y être observées sous divers aspects, par exemple, relativement à la forme du corps ou à la nature des organes respiratoires.
11 n’est pas douteux que cette série a pour terme inférieur l’animal vermiforme; et même le passage du ver au crustacé est tellement gradué, que certains naturalistes rangent parmi les vers des animaux que la plupart des savants s’accordent à considérer comme crustacés.
Un crustacé connu de tout le monde, le cloporte (fig. 69), présente une forme extérieure assez voisine, au premier abord, de la forme d’un myriapode, le iule , qui est évidemment très-voisin du ver.
Chez le cloporte, on voit une tête distincte garnie d’yeux et d’antennes, suivie d’un long et large thorax composé de sept anneaux assez semblables et portant
chacun une paire de pattes. L’abdomen, beaucoup plus petit que le thorax, se compose aussi de sept anneaux qui ne portent point de pattes.
Celte structure : thorax en sept anneaux et un seul anneau pour la tête, est très-générale chez les crustacés, quoiqu’elle soit souvent déguisée. Ainsi chez les crabes, (fig. 70) le thorax et la tête paraissent unis sous un vaste bouclier que l'on nomme carapace. Cependant, il est démontré qu’au fond la structure est la même que chez le cloporte, et que ce bouclier est produit par le développement extrême de l’un des anneaux qui a recouvert tous les autres.
Chez les écrevisses, les homards, les langoustes (fig. 71), les crevettes, etc., l’abdomen est fort développé. Chez les crabes (fig. 70), il n’a que de très-petites dimensions et il est replié sous le thorax. En général, l’abdomen est beaucoup plus développé chez les crustacés nageurs,
SÉRIES A NIMALES.
[165r] Les pattes, au nombre de sept paires chez les cloportes, les crevettes des ruisseaux, etc., ne sont qu’au -nombre de cinq paires chez les écrevisses, homards, crabes, etc. , mais les deux paires de membres antérieurs, qui étaient des pattes chez le cloporte, etc..
écrevisses, homards, etc, que chez les crustacés marcheurs, cloportes, crabes, etc.
Il résulte d’observations faites au laboratoire de pisciculture de M. Guillou, maître pilote à Concarneau , que les langoustes, les homards et probablement. beaucoup d’autres crustacés, tous peut-être, passent par un état de larves diaphanes d’une configuration singulière, avant de parvenir à l’état parfait.
Fig. "0.
sont devenues chez l’écrevisse, etc., des espèces de mâchoires.
Jïg. 71.
Ces appendices thoraciques du type crustacé montrent d’ailleurs dans les diverses espèces une série complète de
transformations. Chez les unes, ils ne sont propres qu’à la natation ; chez d’autres, à la marche seulement ; chez d’autres, ils sont propres à la marche et à fouiller la terre ; chez d’autres, à la marche et à pincer ou à saisir les objets. 11 existe même aux îles Moluques une espèce de crustacé, la limule , chez laquelle six paires de pattes, qui entourent la bouche, servent à la fois de mâchoires par leurs bases et de pattes par leurs extrémités.
Les crustacés ont, d’ordinaire, deux paires d’antennes. Les yeux, assez analogues à ceux des insectes, sont quelquefois simples, mais en général composés; et dans les espèces les plus parfaites, ils sont portés sur des pédoncules mobiles.
Un grand nombre de crustacés ont un appareil d’audition très-bien connu et situé à la base des antennes. Mais on ne connaît pas leurs organes de l’odorat et du goût.
Chez quelques crustacés, la bile est sécrétée par (Tes vaisseaux biliaires (analogie avec les insectes); mais, en général, il existe un foie volumineux divisé en plusieurs lobes et composé de petits tubes terminés en culde-sac.
Le canal digestif est d’ordinaire assez compliqué. Le sang est incolore, ou teint en bleu ou en lilas. Le cœur n’est composé que d’une cavité, et, chose remarquable, l’appareil artériel y est assez complet ; mais les veines sont très-incomplètes et ne sont guère autre chose,
comme chez les insectes, que les interstices des organes intérieurs.
[165s] Les crustacés sont presque tous aquatiques, et, pour le plus grand nombre des espèces, la respiration est branclnale. Néanmoins, c’est sous le rapport des organes respiratoires que ces animaux offrent les gradations les plus nombreuses. ■ •
Chez quelques espèces, les branchies manquent et la respiration se fait par la peau des pattes.
La crevette des ruisseaux respire par des vésicules membraneuses situées à la base des pattes.
Les cloportes respirent par de fausses pattes ou appendices foliacés cachés sous l'abdomen.
Les squilles ont des branchies flottantes à l’extérieur de ces mêmes appendices abdominaux.
Les écrevisses, les crabes, les homards, les langoustes, et généralement les espèces les plus parfaites, ont des branchies de structures très-diverses et situées sous la carapace thoracique.
Enfin, chez une espèce, le crabe de terre, qui ne vit qu’à l’air et s'asphyxie dans l'eau, on trouve cependant des branchies ; mais un appareil spécial y entretient l’humidité et protège ces organes contre le dessèchement, qui les rendrait impropres à leur fonction.
[165f] Les crustacés n’ont point de squelette intérieur, mais leurs téguments extérieurs sont en général trèssolides et leur forment un squelette extérieur. Ceux des espèces les plus parfaites, crabes, écrevisses, etc., ren-
SERIES ANIMALES
ferment une forte proportion de carbonate de chaux, qui leur donne une grande dureté. A certaines époques, cette enveloppe se détache, et bientôt le tégument nouveau, d’abord très-mou, s’incruste de carbonate et parvient à la consistance qu’il doit avoir.
La coquille calcaire des mollusques ne tombe à aucune époque de la vie, parce que l’animal, à mesure qu’il se développe, allonge le tour de spire et sa grandeur, si c’cst un univalve, ou bien augmente par leurs bords l’étendue des deux valves, si c’est un bivalve. Mais le crustacé, enveloppé dans sa carapace, ne peut se développer et augmenter de volume qu’en sortant de cette carapace pour s’en former une plus grande à mesure qu’il grandit.
Ajoutons que les crustacés ont les sexes distincts et sont tous ovipares ;
Et que certains crustacés contenus dans une sorte de coquille à deux valves paraissent comme des ambigus du crustacé et du mollusque.
[165m] Il existe d’ailleurs des animaux, ïanatife, la balane ou yland de mer, qui partagent beaucoup plus les caraotères des mollusques et des crustacés.
Dans leur jeune âge, ces êtres, qui sont tous marins, nagent librement et ressemblent à certains crustacés inférieurs. Mais bientôt ils se fixent pour toujours aux rochers, ou à tout autre corps plongé sous l’eau de mer, et changent de forme. Leur corps, articidé, adhère par le dos, et est alors renfermé dans une sorte de coquille