OISEAUX
animales, il est moins développé. Mais dans les (iront tores, dont les aliments sont d'une digestion plus difficile, le gésier est doué d’une force extraordinaire.
L'intestin grêle et le gros intestin, qui viennent ensuite, ont ensemble une longueur relativement moindre que chez les mammifères. Le foie est grand, les reins très-développcs. Mais, de même que chez les reptiles, il n’y a point de vessie ; l’urine aboutit dans le gros intestin.
Le sang des oiseaux est plus riche en globules que celui des reptiles, et même que celui des mammifères. Ces globules sont elliptiques comme ceux des reptiles. Sauf de légères modifications, l’appareil de la circulation est le même que èhez le mammifère.
Mais l’appareil de la respiration réunit les conditions du mammifère à d'autres conditions supplémentaires qui rappellent ce qui se passe chez 1 insecte.
Il existe dans tout le corps des oiseaux des lacunes, des vides, entre tous les organes et dans la masse des tissus. Ces lacunes sont d'autant plus grandes que les oiseaux sont meilleurs voiliers. Les poumons sont en communication avec ces vides qui se trouvent ainsi constamment remplis d'air. La respiration se fait donc nor.seulemcnt, comme chez les mammifères, dans les poumons sur le sang qui y afflue, mais, en outre, comme chez les insectes, elle s’opère dans ccs vides, sur le sang qui parcourt les tissus. Dans ces conditions, la respiration des oiseaux est très active et ils consomment plus
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d’oxygène qne les mammifères. Aussi sont-ils plus facilement asphyxiés.
On conçoit également qu’ils doivent développer une plus grande chaleur. La température de leur corps s’élève en effet à 41°, et même 44°, et l’épais vêtement de plumes dont ils sont couverts les protège contre le refroidissement.
Tous les oiseaux sont ovipares comme les reptiles. Une certaine chaleur étant nécessaire pour les faire éclore, ces animaux doivent couver leurs oeufs. Cependant un oiseau de nos climats, le coucou, ne couve point lui-même ces œufs; il les dépose dans des nids de fauvettes ou d'autres insectivores, qui les font éclore et les élèvent. .
Le nombre des espèces d’oiseaux aujourd’hui connues est d’environ 5,000.
Nous reviendrons ailleurs longuement sur les instincts . et les mœurs de ces animaux.
L’oiseau est voisin du reptile. La petitesse de sa tête, l’organisation de ses yeux, la disposition de ses mâchoires, son cou long et tortueux, sa reproduction ovipare, scs pattes écailleuses, dont la forme rappelle celles des sauriens pour les oiseaux non palmés, et celles des batraciens pour les oiseaux palmés, enfin le pic avec sa langue de caméléon [166ij, semblent indiquer que l’oiseau est le résultat d’un développement particulier du reptile, développement qui n’a pas été proportionnel. à lui-même dans toutes les parties du type, le cou, la tête
et les pattes reslant très-voisins d» reptile, ainsi que le système reproducteur, tandis que les systèmes circulatoire et respiratoire se sont perfectionnés presque isolément, et que les membres antérieurs ont été très-modiliés.
• Surtout, le regard de beaucoup d'oiseaux, par sa fixité, l’ouverture ronde des paupières, la couleur de la pupille, et un je ne sais quoi physionomique, rappelle extrêmement le regard des serpents.
[.1 60/] Mammifères. — Les oiseaux viennent de nous montrer un vaste groupe plutôt qu’une série; mais les mammifères vont nous offrir un ensemble de séries graduées, plus ou moins incomplètes , depuis les piscifonnes (1) jusqu’aux quadrupèdes terrestres plus ou moins analogues au cheval, et jusqu’aux singes plus parfaits encore, — séries que nous verrons ailleurs aboutir enfin à l’homme, terme historique suprême et dernier des modifications ascendantes du type vertébré.
De même que les oiseaux possèdent des plumes , les mammifères possèdent, presque tous, des poils. Ces appendices, très-différents d’aspect, de couleur, de longueur et de finesse selon les espèces, tels que le crin du cheval, la laine du mouton, les soies du sanglier, la fourrure du renard, le poil du chien, etc., ne sonique des modifications différentes d'un même produit de la peau. Presque tous les animaux garnis de poils sont sujets à muer , c’est-à-dire subissent une chute pério-
’ En forme de pois.ons. •
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dique de leurs poils, comme les oiseaux subissent une chute périodique de leurs plumes-.
Les mâchoires de tous les mammifères sont articulées directement l'une à l’autre, et tous ont sept vertèbres au cou, sauf deux espèces: le lamentin, qui en asix, et l’ai, qui en a neuf.
[106jj] Les moins complets des mammifères sont les cétacés. On comprend sous ce'nom générique les baleines, les marsouins, les dugongs, etc., qui tous habitent les mers.
Fig. 90. Squelette de Dugong.
Extérieurement, ces animaux, qui atteignent de trèsgrandes proportions, — la baleine a souvent trente mètres de long, — ressemblent à un poisson. La peau est nue, dépourvue de poils et d’écailles.
. Le squelette (fig. 90) nous montre une tète osseu.-c. une colonne vertébrale terminée par une queue énorme, des membres antérieurs très-raccourcis où l’on retrouve les parties ânalogues du squelette desautres mammifères; des côtes qui existent à l'abdomen aussi bien qu’au thorax, comme chez beaucoup de poissons et chez beaucoup
Fig. 92. Squelette du Phoque,
l’ existence des mamelles et l’ensemble de l’organisation interne, qui se rapproche extrêmement de l’organisme général des mammifères, ne peuvent laisser aucun
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de reptiles, mais point de bassin ni de membres postérieurs; de sorte que ce squelette rappelle celui de certains poissons inférieurs où l’on ne trouve pas de vestiges des membres postérieurs. 11 rappelle aussi l’état où le têtard ne possède encore que deux pattes. Mais
Fig. 91. Phoqee.
SÉIllF.S AM MAI, ES,
doute sur la série à laquelle appartiennent les cétacés.
[I66A] Immédiatement au-dessus d’eux viennent les phoques (fig. 91/, les morses , etc., marins comme les précédents. Leur squelette (fig. 92) montre le passage du cétacé au mammifère terrestre. En outre des membres antérieurs, les membres postérieurs existent, ainsi quclcbassin. Ces membres postérieurs sont enfermés sous la peau et couchés en arrière, de façon que la forme de l'animal se rapproche encore de celle d’un poisson dans la partie postérieure du corps. Mais tandis que chez les cétacés la queue est énorme, ici elle est très-petite, et ce sont les membres postérieurs du phoque qui , étendus en arrière, simulent ja queue. Quant à la partie antérieure du corps, elle est bien plus perfectionnée que celle des cétacés. Les bras et les doigts, chez ceux-ci, sont extrêmement méconnaissables sous la peau qui les recouvre en forme de nageoire aplatie; tandis que, chez les phoques et leurs analogues, les membres antérieurs sont déjà de véritables pattes avec commencement de séparation des doigts qui sont armés d’ongles. D’ailleurs, au lieu que le cétacé, comme beaucoup de poissons et de reptiles, poite des côtes non-seulement au thorax mais à l’abdomen, le phoque, comme les mammifères supérieurs, n’a de côtes qu’au thorax. Enfin, lapeau de ces animaux est plus ou moins garnie de poils à
Leurs mœurs sont, comme leur structure, intermédiaircs entre les mœurs des cétacés et celles des quadrupèdes terrestres } car tandis que les cétacés ne
M A M MI F b) Il ES.
quittent jamais les eaux, hors desquelles l’imperfection de leurs membres ne leur permettrait pas de se mouvoir, les phoques et leurs analogues sortent souvent de la mer pour s’ébattre sur le rivage, où, s’aidant de leur queue formée des membres postérieurs et de leurs pattes antérieures, ils se meuvent avec vitesse ; c'est pourquoi on les nomme amphibies.
Celte série si importante, et qui continue la démonstration commencée par l’insecte [IG5n] et le batracien [166e], s’arrête ici.
[166/J A un rang plus élevé sous certains rapports, très-inférieur sous .d’autres rapports, mais sans former suite à la série précédente, se trouve Y omilhorhinque , qui paraît intermédiaire entre les oiseaux et les mammifères, car l'intestin et les canaux urinaires débouchent, comme chez l’oiseau , dans un cloaque commun. .
Le caractère intermédiaire de ce singulier animal se manifeste également dans sou mode de reproduction , ainsi que nous le verrons ailleurs. De plus, certaines particularités de son squelette rappellent le lézard et 1 oiseau. Il porte aux pieds de derrière un ergot venimeux. Enfin, ses mâchoires se terminent par un large bec très-semblable au bec du canard.
L ’échidné est organisé d’une manière analogue»
[166m] A un rang plus élevé que tous les précédents * sous presque tous les rapports, se trouvent les sarigues , .les phalangers , les kanguroos , tous habitants de la Nouvelle-Hollande. Au point do vue de la reproduction
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ils sont encore, mais aulrement, intermédiaires entre les ovo-vivipares et les mammifères. Ils portent sous le ventre une poche où leurs petits, qui naissent trèsimparfaits, se réfugient, s'attachent aux mamelles et se développent. Cette poche est soutenue par des os que l’on ne trouve pas chez les autres mammifères.
Les animaux ainsi organisés sont désignés sous le nom générique de marsupiaux.
[1G6h] Une série peu étendue, mais bien graduée, commence au fourmilier , animal sans dents qui se nourrit d'insectes, au-dessus duquel se placent d’autres insectivores , les tatous entre autres, qui ont des dents molaires et des canines, mais point d’incisives.
[I 660 J Au-dessus des précédents se trouvent les ronyeurs: souris, rats, lièvres , lapins, écureuils, etc., qui, sous le rapport de l’appareil dentaire, continuent la série précédente, car ils ont des molaires et des incisives, mais point de canines.
[1 66/j] Très-différents sous plusieurs rapports, l'éléphant , le rhinocéros, Yhippopotame ont un certain air de *amille, ou plutôt de contemporanéité, par leur taille énorme, informe, l'épaisseur de leur peau, leurs pieds garnis d’ongles larges et épais qui environnent leurs doigts. Le dernier est amphibie et habite les fleuves '. Puis vient le tapir, intermédiaire à certains égards entre l’cléphant et le sanglier, non-seulement par sa
1 l)u grec liippos, cheval, polamos, fleuve.