MAMMIFÈRES
séiim, remarque « l'extrême douceur de cet animal, la facilité avec laquelle il s’apprivoise et s’attache à son maître... il est si familier qu’on n’a nul besoin de l’enfermer ; il joue avec ceux qu’il connaît ; obéit à beaucoup de commandements, et aime surtout les chiens. Sa taille est singulièrement élancée, ses jambes plus hautes, sa queue plus longue et sa tète plus petite et surtout plus courte qu’à aucun autre grand felis ... les ongles sont moins rétractiles, moins crochus, moins tranchants que ceux des autres chats et ressemblent presque à ceux des chiens. » Fossiles , t. IV, p. 451. *
Cuvier parle encore, t. IV, p. 586, d'un animal du cap de Bonne Espérance, l’hyène peinte « dont les doigts et les ongles sont en même nombre que dans les hyènes... ses- mâchoires sont exactement celles d’un chien...» (sauf une différence presque insignifiante.) « aussi cet animal a-t-il les mœurs du chien... Les Hollandais l’appellent chien sauvage... »
« Il est évident, ajoute le grand anatomiste, que cette hyène peinte , ce chien sauvage , ce chien hy inouïe, doit former un sous genre dans le genre chien, qu’il liera plus intimement avec celui des hyènes. . »
[466æ] Inférieurs aux chiens sous beaucoup de rapports, mais destructeurs plus puissants, grâce à leurs ongles rétractiles, nous voyons les féroces espèces nocturnes (felis), dont le chat est le type (lynx, léopard, panthère, jaguar, tigre, etc.) et que domine le lion.
[166i/] Un autre groupe de carnivores, belette, putois,
SKIUES ANIMALES.
hermine, martre , fouine , etc., a do grandes analogies de formes avec les rongeurs. 11 semble que c’est un écureuil armé de canines- aiguës qui en est le type.
[ I (30*] Viennent alors les séries des singes (quadrumanes). Elles commencent par certains êtres féroces, les uns évidemment voisins du chien, les aulres plus voisins de l'ours par leurs énormes dénis canines, la petitesse ou l’absence de la queue, parce que surtout la patte de l'ours est déjà un organe de préhension très-voisin de la forme et des proportions d'une véritable main. De plus, l'ours s’asseoit souvent les bras en l’air comme le singe, et l’on voit chez lui ce meme naturel bateleur et jongleur du singe.
D'autres singes ont avec l’écureuil une parenté de forme saisissante. En effet, les pattes antérieures des écureuils, organes de préhension aussi parfaits que peut l’èlre un membre où le pouce n’est pas opposable, leur servent souvent comme des mains pour prendre et porter les aliments à la bouche, pendant que, assis sur leur derrière, ils rappellent la physionomie et la forme générale de certains jolis petits singes. Mais ces analogies ne comblent pas l’immense distance qui sépare le singe de l’écureuil et de l’ours, car, chez cet être, le pouce de chaque membre peut s’opposer avec les autres doigts ; de sorte que les singes n’ont point de pieds, ni de pattes, mais quatre mains : c’est pourquoi on les nomme quadrumanes'. D’ailleurs, parmi ces animaux, il y a des
’ Lnlin, qiiailra, quatre; mniws. mains.
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MAMMIFERES.
gradations nombreuses. Cerlaines espèces marchent toujours sur leurs quatre membres; d’autres, plus parfaites, se tiennent plus habituellement sur leurs membres postérieurs, s’aidant seulement de temps à autre d’une main de devant pour marcher, ce qui leur est facile à cause de la grande longueur de leurs bras. Meme quelques espèces s’appuient sur un bâlon en marchant, et, chez celles-ci, les mains antérieures ne font guère que des fondions de préhension. Beaucoup ont une longue queue, qui leur sert comme une cinquième main pour monter sur les arbres ; mais les espèces les plus parfaites n’ont point de queue.
Enfin, des caractères d’une extrême importance, que nous examinerons plus tard, et parmi lesquels nous citerons ici seulement la situation des deux mamelles placées sur la poitrine, assignent à ces êtres une place très-voisine de l’homme. Mais l'homme, qui vient immédiatement au-dessus, sera, ainsi que nous l’avons déjà dit, l’objet d’une étude spéciale.
[166az] Les chauves-souris, hideuses bêtes dont il existe beaucoup d’espèces, ont également les mamelles placées sur la poitrine. Cependant, sous beaucoup d’autres rapports , les chauves-souris ne sont pas à une grande hauteur dans la série générale des mammifères Leur cerveau est fort peu développé, ieurs membres postérieurs sont petits, et leurs membres antérieurs, trèslongs, au contraire, se terminent par des doigts d’une longueur démesurée. Un grand repli de la peau est
SERIES ANIMALES
étendu à la fois sur les membres inférieurs, sur la queue et sur les membres antérieurs jusqu’à l’extrémité des doigts, comme la soie d’un parasol sur les baguettes mobiles. Quand l’animal reste en repos, marche ou grimpe, il replie cette peau ; quand il veut se soutenir dans l’air, il étend les membres, et la peau tendue forme des espèces d’ailes, au moyen desquelles il vole à peu près comme un oiseau. Et tandis que, chez les mammifères, le sternum est d’ordinaire étroit et aplati, chez beaucoup de chauves-souris on observe sur la ligne médiane de cet os une crête élevée, analogue au bréchet des oiseaux, et qui sert de même à donner plus de force aux membres antérieurs.
[167] Beaucoup de mammifères ont la tête armée de cornes dont la structure varie selon les espèces. Chez le rhinocéros à une corne ou à deux cornes, ces appendices, situés au milieu et presque à l’extrémité du nez, sont attachés à la peau, dont ils dépendent, et ne tiennent point aux os de la tète. Leur texture, leur situation et leur composition chimique les doivent faire considérer comme étant de même nature que les ongles et les poils.
Chez la girafe, les deux cornes placées vers le sommet de la tête, comme chez toutes les espèces qui suivent, à quelques différences près, les cornes, adhérentes aux os du crâne et d’une structure osseuse, sont des dépendances du système osseux, recouvertes par la peau, et qui ne tombent jamais.
Chez les cerfs et tous leurs analogues, les mâles seuls