MAMMIFÈRES
portent des comcs osseuses, comme chez la girafe, cl recouvertes de même par la peau dans les premiers temps de leur croissance. Mais la peau qui les recouvre ne tarde pas à tomber en lambeaux^ et, après un certain temps, le bois de ces animaux se détache et tombe également. Bientôt après, ce bois repousse pour tomber de même l’année suivante.
Enfin, chez les chèvres, les béliers, les bœufs et leurs analogues, ces appendices de la tète se trouvent également chez le mâle et chez la femelle, et réunissent la double structure. Leur axe est osseux et dépendant des os du crâne, et il est recouvert par une gaine cornée. Les cornes de ce genre croissent pendant toute la vie de l’animal et ne tombent pas comme celles des cerfs et de leurs analogues.
[167a] Eu général, l’appareil digestif des mammifères est plus ou moins semblable à celui que nous avons décrit [16#]. Mais, dans un grand nombre d’espèces herbivores, qui sont : tous les cerfs et la girafe, tous les boucs, tous les béliers, tous les bœufs, c’est-à-dire tous les mammifères à cornes osseuses, et le chameau, ainsi que scs rares analogues, au lieu d’un seul estomac, il y en a quatre. Le premier et le plus vaste, nommé panse, reçoit d'abord les aliments ; mais, après son repas, l’animal, couché ou debout, ramène dans sa bouche, pelote par pelote, les aliments contenus dans sa panse. Il les mâche avec soin une seconde fois, et les avale de nouveau. Cet acte digestif est désigné par le verbe rumi-
SÉRIES ANIMALES
ner, et les animaux où on l’observe sont dits ruminants.
Lorsque la pelote ainsi remâchée est avalée une seconde fois, elle ne retourne pas dans la panse, mais dans un autre estomac appelé bonnet, à la suite duquel se trouve le troisième estomac, appelé feuillet , et enfin le quatrième, appelé caillette.
Les ruminants n'ont point de dents sur le devant de la mâchoire supérieure, et, en ceci, ils continuent la- série des animaux à denture incomplète [166«] [160oj.
[10/ùj La longueur totale de l’intestin varie extrêmement; elle est en rapport avec le régime de l'animal. Chez ceux qui vivent d'herbes, nourriture qui n'est substantielle que sous un grand volume, le travail digcst’f est plus difficile ; il faut un intestin plus long pour absorber tout ce qui est assimilable dans cette nourriture. Chez le mouton, par exemple, la longueur de l'intestin est d’environ vingt-huit fois la longueur de l'animal, tandis que chez ceux (lions, tigres, etc.) qui vivent de chair, nourriture facile à digérer, très-substantielle et immédiatement assimilée, la longueur de l'intestin n’est que de trois ou quatre fois celle de l'animal.
L’appareil de la circulation et celui de la respiration sont très-uniformes chez les mammifères. Quant aux organes des sens, c’est chez eux qu’ils sont, en général, le plus parfaits ; mais le degré de cette perfection est trèsvariable entre les diverses espèces, et correspond au développement varié du système nerveux et au perfectionnement spécial plus ou moins grand des organes.