‹ La vieChapitre 92 sur 171 · SUTES · texte numérisé non relu

SUTES

Je suppose, par exemple, que j’aie erré sur quelques-uns des détails par lesquels j’ai voulu faire concevoir comment les classifications sont impuissantes à atteindre leur objet, qu'importe? si, de l’ensemble de ces résultats, il résulte clairement [tour le lecteur ce que j’ai désiré lui faire connaître, notre but à tous deux est atteint.

' NOTE VI. — g [171g j.

M . Pouchet a fait quelques observations sur l’inlluence de la chaleur, de la lumière et de l’électricité. Voici ses principaux résultats. Ils montrent quels fruits la science pourrait recueillir de semblables recherches.

Dans une même infusion, l’élévation de la température augmente le nombre des animalcules et fait obtenir des espèces différentes ; les faibles températures donnant des infusoires inférieurs, et les températures élevées donnant des infusoires d’une organisation supérieure.

Au-dessous de 5° et au-dessus de 35", il ne se produit aucun animalcule. Mais, une fois formés, ils subissent impunément d’assez extrêmes températures. Tous supportent le degré de glace fondante, un certain nombre supportent la congélation complète, et même des froids de 15°.

La lumière diffuse est la plus favorable à leur production, qui, d’ailleurs, s’accomplit très-bien dans l’obscurité absolue.

Les divers rayons qui composent la lumière [05] influent d’une manière bien dilférentesur le développement desanimalcules et même sur leur nature.

La lumière blanche paraît être la plus favorable ; après elle

NOTES

vient le rouge, puis le violet, le bleu et enfin le vert. « Il est à « remarquer, cependant, que cette action des éléments de la « lumière est absolument inverse lorsqu'il s’agit des proto-or- « ganismes végétaux... »

Sous T influence d’un courant électrique [88] assez faible, des œufs de grenouille sont éclos un jour et même deux jours plus tôt qu’en dehors de celle action ; des infusoires oui pris en six à sept jours uu développement qu’ils n’atteignent d’ordinaire qu’en neuf à dix jours.

(Voyez Hétérogénie, pag. I87etsuiv.)

NOTE. VII. — g [1726],

Les animaux ressuscitants ont été, dans ces dernières années, le sujet de discussions et d’expériences importantes sur lesquelles M. P. Brocaa publié des études très-complètes. Nous lui empruntons les passages suivants :

« Les plus célèbres sont ceux qui constituent les trois groupes « connus vulgairement sous les noms de rotifères , de tardi- « grades et d’anguillules. Placés sur les confins du monde mi- • « croscopique, ils peuvent être aperçus à la loupe et quelquefois « même à l’œil nu; toutefois pour les étudier convenablement « il faut recourir à des grossissements de trente à cent diamètres.

« D’autres animaux, beaucoup plus petits, appartenant à laça.

« tégorie si mal limitée des infusoires, partagent avec les précé- « dents la propriété de reviviscence. 11 est probable enfin quccctte « propriété appartient à quelques animaux beaucoup plus grands

« et parfaitement visibles à l’œil nu.

NOTES

« Le sable qui se dépose dansles gouttières ou sur les toitures « en tuile , et la matière terreuse sur laquelle croissent les « mousses des toits, des ruines et des rochers, recèlent presque « toujours une ou plusieurs espèces d’animaux reviviscibles. Le « nombre, la nature et les propriétés de ces êtres singuliers va- « rient beaucoup suivant la nature et l’exposition du lieu où « ils résident. On trouve même quelquefois de notables diffé- ÿ « rentes entre les deux versants d’une même toiture. Les ani- « mauç sont en général plus abondants sur le versant le moins » exposé au soleil , mais en revanche ceux qui vivent sur le j|j' (< versant opposé résistent mieux aux températures élevées « et à la dessiccation artificielle. Leur merveilleuse organisa- « tion brave impunément les variations excessives de chaleur « et d’humidité qui se manifestent naturellement dans le mi- « lieu où ils vivent; ils peuveut rester longtemps dans l’eau,

« s’y nourrir, s’y reproduire. Le séjour dans la terre humide- « diminue leur activité. sans la détruire, et ils en conservent « assez pour pouvoir grimper sur la tige des mousses à l’ombre « desquelles ils sont nés ; de telle sorte que, suivant la quantité « d’eau qui leur est accordée, ils vivent tantôt comme des in- « l'usoires, tantôt comme des vers de terre. Mais ces aptitudes « diverses, déjà si remarquables, ne suffiraient pas pour main- « tenir leurs espèces, s’ils ne jouissaient d’une autre propriété « plus remarquable encore , qui leur permet de franchir im- « punément les plus longues périodes de sécheresse. Lorsque « l’eau vient à leur manquer, ils se rétractent, s’amincisn sent, se raccourcissent, se momifient en quelque sorte, se « confondant avec la poussière voisine, et pouvant, comme « elle, être emportés par le vent; ils peuvent rester plusieurs « mois, plusieurs années dans cet état semblable à la mort,

« cl qui, pour les animaux ordinaires, serait une mort défini- « tive. Mais ils n’ont pas pour cela perdu leur droit à la vie, et « lorsqu’on verse de l’eau sur ces corps depuis si longtemps

le'

NOTES

a inertes, on voit, chose à peine croyable ! tontes les manifestait tions de la vie y apparaître de nouveau. Les organes se doit ploient, les formes se rétablissent, des contractions partielles, « puis des mouvements d’cusemble ne tardent pas à se munit trer; enfin, au bout d'un temps qui varie depuis quelques « minutes jusqu'à plusieurs jours, ces êtres qui, placés dans un « milieu constamment favorable, auraient pu depuis longtemps u périr sans retour, recommencent comme une autre vie, ou « plutôt reprennent leur vie antérieure au point où la dessicca- « lion l'avait suspendue, jusqu’à ce qu'une nouvelle période do « sécheresse vienne l'interrompre encore une fois. »

Ces animaux sont bien exactement comparables aux fougères et aux mousses qui, après une longue dessiccation, étant humecté^ d’eau, peuvent recommencer à végéter. De même, des grenouilles et des chenilles, reprenant vie au printemps , après plusieurs mois de congélation, sout exactement comparables aux végétaux qui reprennent leur développement après une congélation semblable. De même encore les œufs d’animaux sont comparables aux graines.

Cependant le blé recueilli dans les nécropoles de l’ancienne Égypte, et qui a pu germer dans nos champs , atteste que des graines peuvent conserver pendant plusieurs mille ans leur faculté germinative, tandis que nous ne savons pas si aucun œuf d'animal peut conserver seulement un siècle la faculté de développer le fœtus qu’il renièrme.

Enlin M. Poucbet rapporte (Hétérogénie, page 333) qu’on a vu en Angleterre « un oignon de scille, trouvé dans les mains « d’une momie d’Égypte, et qui, ayant été cultivé, s’est cou- « ronné de feuilles et de fleurs. »

En résumé, que faut-il penser de l’état où se trouvent ces êtres pendant celte interruption des manifestations vitales ?

Nous ne connaissons la vie que par des phénomènes. Pour nous, la vie n’est pas autre chose qu’un ensemble de phéno-

NOTES

mènes. Par conséquent, lorsque toute manifestation de la vie a cessé, nous sommes obligés de conclure que la vie est arrêtée. Nous devons, d’accord avec M. Broca, rejeter l’expression de vie latente , si souvent employé^ en parlant de l'état des tardigrades desséchés. Ils ne vivent en aucune manière, leur vie est suspendue. Et ce qui le prouve, c’est que l’animal, parsuite de cette dessiccation, prolonge la persistance de son individualité bien au delà du temps assigné à sa vie normale s’il n’eùt pas été desséché. Lorsqu’on l’humecte, il reprend sa vie au jioint où ’ elle avait été interrompue par la dessiccation.

Mais s’il ne vit pas pendant- la dessiccation, quel est donc son état? Quel était l’état de l’oignon de scille pendant les quatre mille ans passés dans la main d’une momie ?

L’état du tardigrade et des mousses desséchés est-il le même que celui d’ime graine ou d’un œuf avant la germination et l’incubation? Nous ne le croyons pas, et nous ne pouvons discuter convenablement ce point qu'après avoir approfondi la transmissio7i de l'être.

Les mousses et les tardigrades desséchés sont-ils donc morts?

Nous n’en savons lien, car nous ne savons aucunement ce que c’est que la mort; mais nous nous efforcerons de l'apprendre avant que d’en faire l’expérience.

Nous sommes cependant bien assurés d’une chose : c’est que les divers états qui figurent l’ovule dans le pistil, la graine isolée avant la germination, le tardigrade desséché, la graine en voie de germination, etc., etc., sont des termes d’une série dont les termes inférieurs offrent peut-être des formes que nous n’appelons ni végétales ni animales, et dont les termes supérieurs nous montrent les vertébrés et l’homme à divers états, etc.

NOTES

NOTE VIH. — g [175fl.

Ces actions nombreuses et simultanées se rangent dans la science sons un nom : catalyse. Nous n’avons pas employé cetle expression parce i|u’elle rappelle des inventions de force particulière auxquelles il nous est impossible de souscrire, et parce que ce mot catalyse désigne également des phénomènes très-dilféreuts et dus sans aucun doute à des causes dillérentes. Mais nous regretterions beaucoup que le lecteur vit dans ces expressions, actions nombreuses et simultanées , un symbole confus de quelque chose d'inconnu et d’inexplicable. Il est vrai que les diverses conditions de la production de ces actions ne sont pas encore bien connues, mais dans l’état même de la science elles nous paraissent complètement explicables, d’une manière générale. Et si nous n’avons pas cru devoir en offrir l’explication que nous concevons, c’est qu’il eut fallu y consacrer plusieurs pages d’une discussion déplacée dans un livre élémentaire, c’est aussi parce que nous espérons donner plus tard à l’explication de ces actions nombreuses et simultanées la vérification de l’expérience.

NOTE IX. — Sur les figures.

Parmi les figures de ce livre, près de moitié proviennent de clichés pris sur des bois du Manuel de zoologie de M. Milne

NOTES

Edwards, appartenant à MM. Michel Masson et Garnier, éditeurs. Plusieurs clichés ont été pris sur des bois du Manuel de Botanique, de M. A. de Jussieu, dont MM. Masson et Garnier sont également éditeurs. C’est assez dire que, tout eu faisant nos réserves sur plusieurs points, nous indiquons ces deux ouvrages aux personnes qui voudront étudier la botanique et la zoologie. Quelques autres clichés proviennent du Manuel de géologie, de Lyell, et de la Paléontologie, de d’Orbigny. Vingt-cinq ligures enfin ont été gravées sur nos dessins, mais pas toujours très-fidèlement.

L’ouverture ronde qui est au centre des tentacules, fig. 57 , est la lxniche-anus du i>olypc. 11 en est de même de la petite ouverture qui est à gauche du centre de l’étoile, fig. 40.

Quant à la bouche-anus delà méduse, elle se trouve placée en dessous entre les quatre gros tentacules, et n’est pas visible dans la figure 59.

Il ne faut, d’ailleurs, attacher aucune importance aux proportions relatives de ces figures : les unes, telles que 1, 2, 16, 42, 45, 44, représentant des grandeurs naturelles; d’autres, telles que la fig. 59, représentant l’animal au huitième environ de sa grandeur, la ligure 77 au tiers, la figure 91 au vingtième, etc.

C’est par erreur, et contre nos indications que la figure 56 a été placée, comme on la voit, page 249. La partie qui est en bas est la tête du ver. Quant au lombric, fig. 55, il n’a point de tète, sa bouche est placée à l’extrémité pointue qui est vers le haut de la page.

Page 52, il existe aussi, dans la position des figures, une erreur que l’œil rectifie facilement.

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