F IM DO DEUXIÈME VOLUME
NOTES
NOTE K — g [158c].
Tout le monde connaît la loupe ordinaire et les verres de besicles qui font apparaître les objets avec des proportions plus grandes que les proportions sensibles à nos yeux.
Le microscope est un admirable instrument, qui, par une combinaison des eif'ets de plusieurs verres grossissants , nous fait distinguer les parties les plus déliées d’objets très-petits.
Les grossissements de mille fois environ en diamètre, les plus , forts que l’on ait obtenus jusqu’ici, donnent un grossissement île un million de fois environ en surface. Ainsi, sous ce grossissement un joint (.j paraîtrait grand comme la table d’un guéridon.
Au reste, sous ces grossissements énormes, les images des objets deviennent très-vagues.
Ce qui doit être recherché surtout, c’est la netteté.
Nous nous sommes servi longtemps d’un petit microscope de
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M. Nacbet, qui sous un grossissement de trois cents diamètres, grâce à la grande clarté de l’image, faisait voir plus de détails que les grossissements bien plus forts de beaucoup d’instru • menls d’une autre facture, auxquels nous avons pu le comparer; et certains objectifs du même opticien, qui conservent une grande clarté sous un grossissement de sept cent diamètres environ, ne laissent rien à désirer dans la pratique.
NOTE II. — [g 158 k.]
Ce livre était déjà imprimé lorsque nous avons pu lire dans la Revue des Deux-Mondes (1 er août 1861), une étude de M . Mateucci, sur les phénomènes vitaux.
Nous en extrayons le passage qui suit :
« Puisque les études les plus attentives n’ont fait découvrir « dans le tissu végétal aucun appareil destiné à mettre les liquides « en mouvement, il faut, de toute nécessité, que la circulation « de ce liquide soit exclusivement réglée par le jeu des forces « physiques et chimiques. Or, nous savons que les coq» soif lides exercent sur les substances liquides une attraction qu'on « nomme moléculaire, parce qu’elle paraît s’exercer à des dis- « tances aussi petites que celles qui séparent les molécules « elles-mêmes. 11 convient donc de voir dans quelle mesure « cette action peut influer sur le mouvement de la sève.
« Lorsqu’on plonge un tube très-fin dans l’eau , on sait « qu’elle y monte d’une certaine quantité, parce que les parois « solides l’attirent, et comme le tissu d'un végétal offre, dans « tonies les directions, des canaux très-étroits, tout le monde a
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« compris qu’il devait absorber et éjever l’eau qui se trouve dans « le sol ; mais cette explication générale soulève tout d'abord « une objection : c’est que l’ascension de l’eau se limite toujours « à une très-petite hauteur dans les tubes les plus étroits, et « qu’elle se produit dans les arbres jusqu’à leur sommet, quelle « qu’en soit l’élévation. Celte objection a été levée par M. Ja- « min, à qui l'on doit, sur ce sujet de très-nombreuses expé- « rienees.
« M. Jamin prend une masse poreuse quelconque, par exemple « un bloc de craie, et après y avoir creusé un petit trou jusqu’au a centre, il y place un manomètre, c’est-à-dire un appareil ca- « pable de mesurer les pressions qui viendront à se développer « dans l’intérieur du bloc. Cela fait, il plonge l’appareil dans « l’eau. A l'instant même, ce liquide s’insinue dans les pores, « comme on voit que cela se fait dans un morceau de sucre « qu’on imbibe, et chasse devant lui l’air qui remplissait les « cavités. Cet air se réfugie au centre où il se comprime peu à « peu, et le manomètre en mesure la pression qui s’élève peu à « peu jusqu’à 3 ou 4 atmosphères, et dans certains cas spé- « ciaux jusqu’à 6. Quand l’état final est atteint, il est évident « que l’air tend à s’échapper pendant que l’eau tend à entrer, et « que la pression de l’air fait équilibre à la force de pénétraa tion et en donne la mesure. Celle-ci est donc égale à 3, 4 et « même 6 atmosphères. Or, une atmosphère étant égale à la « pression d’une colonne d’eau de 10 mètres, on peut dire que « la force d’imbibition est égale à 30, 40 ou 60 mètres d’eau;
« et, par suite, que ce liquide pourrait monter jusqu’à ces hau- « leurs si la masse poreuse était assez prolongée. La force d’im- « bibition suffit donc pour expliquer comment l'eau peut s’éle- « ver jusqu’au sommet des plus grands arbres.
« Mais pour savoir comment les liquides circulent, il faut « faire intervenir une autre expérience, exécutée autrefois par « M. Riot, reprise ensuite parM. Magnus, et enfin par M. Jamin,
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« que l’on mastique à l’un. des bouts d’un tube de verre une « plaque poreuse destinée à le fermer, qu’on remplisse ce vase « avec de l’eau, et que, bouchant ensuite avec le doigt l’extré- « mité ouverte, on la plonge, en retournant l’appareil, dans « un bain de mercure, alors la plaque poreuse qui se trouve au « sommet s’imbibe, puis l’eau s’évapore dans l’air à la surface « supérieure; mais elle est remplacée aussitôt par celle qui se « trouve dans le tube ; un vide se fait dans l’intérieur, peu à « f>eu le mercure monte jusqu’à la même hauteur que dans un « baromètre, et bien qu’ alors le vide soit devenu complet, l’air « ne rentre pas à travers le corps poreux.
« Il suffit de connaître ces deux expériences fondamentales « pour se rendre maintenant un compte exact et presque com- « plet de l’ascension de la sève. En elfet, d’après la première, « les racines doivent enlever l’eau du sol et la faire monter jus- « qu’au sommet des feuilles; et, d’après la Seconde, l’évapora- « tion de cette eau dans l’atmosphère, fera dans le végétal un u vide qui appellera, par un effet de succion, celle qui remplit v les canaux de la tige.
« four justifier cette explication, M. Jamin a construit un a|e « pareil sur le modèle général des végétaux. La base en est « constituée par un coips poreux très-dense qui représente les « racines et qu’on plante dans un sol humide ; de là s’élève un « tube rempli de plâtre qui figure la tige, et au sommet se « trouve une surface large, poreuse, qui tient la place des feuilles, « et qui doit servir à l’évaporation. L’expérience a prouvé que <i cet arbre factice absorbe l’eau du sol comme les végétaux « réels, et qu’il la répand dans l’atmosphère de la même façon. »
Nous avons dù mentionner ces curieuses expériences. Mais elles ne nous semblent pas, à elles seules, résoudre la question d’une manière incontestable.
("L’expérience du bloc poreux, très-importante à d’anti es points de vue, est-elle bien applicable à la question?
NOTES
Si le bloc poreux était déjà imbibé d’eau lorsqu’on le plonge dans le liquide, les pressions étudiées par M. Jamin uc s’y produiraient pas. Or, une plante en pleine végétation n’est pas sèche et poreuse comme le bloc de craie, elle est imbibée de liquides.
b ailleurs, de ces pressions produites au centre du bloc de craie par une imbibition de toute la périphérie du bloc, peuton conclure pour les végétaux qui ne sont point imbibés par toute leur périphérie, mais seulement par leurs racines?
2° L’arbre factice est assurément fort curieux. Mais une masse dense et poreuse n’est pas parfaitement analogue à des racines, lesquelles sont revêtues de membranes extérieures, sans pores comparables à ceux d’une roche, et où l’eau ne pénètre que par endosmose. Un tube de verre qui ne permet ni l’évaporation ni l’endosmose, et plein de plâtre poreux, n’est pas parfaitement analogue à un tronc composé de fibres et de vaisseaux dont toutes les parties permettent 1 évaporation et l’endosmose.
Par rapport à l’eau, l’action physique moléculaire du plâtre, dont la densité est deux fois plus forte que celle de l’eau, estelle comparable à l’action moléculaire des tissus végétaux, généralement moins denses que l’eau? En d'autres termes, est-ce par une action de même ordre que le plâtre et les tissus végétaux élèvent l’eau dans le tube et dans le tronc?
Si c’est par une action de même ordre, poiut n’est besoin de construire l’arbre de plâtre. Un arbre mort, mais garni encore de ses feuilles, ou mrtni du même appareil qui représente les feuilles dans l’arbre factice de M. Jamin, devra absorber l’eau et l’élever comme l’arbre factice.
Nous n’avons pas besoin de tenter l’expérience pour être assuré qu’elle ne réussirait pas.
En définitive, nous nous en tenons aux termes de notre paragraphe, nous croyons que la théorie de la circulation végétale est encore incomplète.
NOTES
NOTE 111. g [1 62c].
phanérogame. Du grec phaneros, apparent, et gamos, mariage. C’est-à-dire, et plus clairement, plante dont les amours sont visibles.
cryptogame. Du grep cruptos, caché, et gamos , mariage. C’est-à-dire, et plus clairement, plante dont les .amours sont invisibles.
Nous ne savons pas trop pourquoi ce dernier terme est devenu peu à peu synonyme d’imbécile et de stupide.
Ce n’est pas la seule expression scientifique dont le sens soit singulièrement méconnu par la plupart des écrivains qui s’en servent.
Beaucoup d'auteurs emploient, par exemple, le mot incommensurable comme synonyme de très-grand, immense. Or, il doit se dire seulement de deux quantités qui n’ont point de commune mesure. Ainsi le côté d'un carré et sa diagonale sont incommensurables.
Naguère un littérateur en renom vantait les grâces d'une femme dans toute son efflorescence. Or, ce terme signifie le malheur qui arrive à l’alun, par exemple, lorsque, exposé à l’air, sa surface se désagrégé et devient pulvérulente. De sorte que, bien contre son gré, cet auteur nous donnait à entendre que sa dame était toute farineuse, comme qui dirait dar- I reuse.
O dangers de la science !
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NOTE IV. — § [165tt],
Page 129, nous disons à tort: Tous les êtres, tous les phénomènes de l'univers sont séries, c’est-à-dire appartiennent à une série quelconque, lisez : Tous les êtres , tous les phénomènes de l’univers appartiennent à une série quelconque.
Le mot sérié doit être employé pour qualifier exclusivement les objets qui présentent eux-mêmes et à eux seuls une série.