EFFORT ET SYMBOLISME MOTEUR
dans la suite au cours d'une analyse réfléchie. A l'origine, ils n'ont, pour elle, qu'une signification animale, puisqu'ils ne se détachent pas du besoin à satisfaire ou du mouvement à produire. Comme on l'a dit spirituellement*, l'a'nimal ne pratique que la philosophie de Maine de Biran : il sent, et il fait effort. L'effort n'est donc que le prolongement immédiat des images motrices, et il marque simplement la prédominance accordée à des éléments musculaires sur les pures images. Il indique donc le passage fatal de l'idée au mouvement, l'état par lequel la pensée, qui n'est pas encore capable de spéculer ou qui a cessé de l'être, se soumet aux lois aveugles de l'impulsion. L'effort s'oppose à la personnalité comme le caractère spéculatif de l'activité s'oppose à son caractère impulsif.
Hâtons-nous d'en convenir : l'explication métaphorique due à la sensation de l'effort nous éloigne tellement des procédés de la conscience que la seule difficulté est de comprendre comment cette dernière a pu prendre quelquefois son point d'appui en elle. Mais il ne faut pas oublier que dans cette construction incessante d'un symbolisme psychologique la notion du moi prend la valeur d'un signe variable, et que nous désirons avant tout rattacher ce signe à quelques faits persistants et dominateurs. En d'autres termes, ce symbolisme psychologique, naturellement instable, ne cesse de se renforcer par des appels à un symbolisme moteur qui lui sert désormais de régulateur ; l'innervation, la détente nerveuse, la contraction musculaire sont les principaux éléments de ce nouveau symbolisme; et ces éléments d'origine purement motrice vont jouer le rôle qui, selon Berkeley, était dévolu au toucher dans la perception extérieure : ils vont régulariser et fixer ce système flottant d'images. Ils n'ont aucun rapport avec l'activité mentale de Thomme, ils n'expriment pas le moi en son origine. L'importance démesurée qu'ils tendent à prendre tient uniquement à l'obligation où nous sommes de rattacher