‹ La vie personelle: étude sur quelques illusions de la perception intérieureChapitre 64 sur 92 · Cf. Gu}au. La genèse de ridée de Lemys (Paris, F. Alcan · texte numérisé non relu

Cf. Gu}au. La genèse de ridée de Lemys (Paris, F. Alcan

2 20 LA LIBERTE OTEHIEURE

les efforts moteurs nécessaires, de penser l'espace ni la direction. S'il en était toujours ainsi, on ne verrait pas en quoi l'intention se distingue d'un simple désir réalisé progressivement. En vain ajouterait-on qu'elle implique, en même temps qu'un besoin initial, la conscience des efforts requis pour le satisfaire : l'innervation motrice n'est pas une ligne de démarcation qui suffise, puisqu'elle est justement impliquée dans ceux de nos besoins qui ramènent l'opposition du voulu et du possédé. Il serait plus vrai de dire que nous sommes alors en présence de phénomènes irréductibles. Le désir se confond avec la vie continue du sentiment et du rêve, tandis que l'intention requiert l'opposition d'un passé qui s'achève et d'un avenir qui commencera par elle ; et il ne s'en produirait pas, comme nous le voyons pour l'animal et Tenfant, sans l'organisation complète des formes de l'espace et de la durée. Si donc le désir se ramène à un état de sensibilité pure qu'expliquent la vie et l'organisation spontanée des images, l'intention requiert une opération intellectuelle qui distingue le passé et l'avenir : car c'est le moi dominant le temps, tenant le passé sous son regard, posant l'avenir. Inversement, supprimez ce rapport d'antécédent à conséquent : le présent aussitôt se confond avec le passé et du sein du passé, comme d'un possible en travail, lève peu à peu, sans intervention surnaturelle, ce qui sera. Mais, du même coup, l'intention s'absorbe dans le désir, et le mot dont on s'obstine à la désigner pour l'en distinguer n'est plus qu'une duperie. Que si l'on se refuse à une confusion de termes qui recouvre au fond une confusion d'idées, on doit accorder, en même temps que l'existence de la liberté, celle des conditions intellectuelles qu'elle requiert. La libre volonté nous introduit ainsi dans un ordre supérieur à la spontanéité, puisque nous ne percevions avant elle que la vie continue et, pour bien dire, naturelle des états profonds. Se résoudre, au contraire, c'est se reconquérir sur le temps et commencer. Mais, si la liberté morale est un triomphe sur la nécessite, elle ne saurait se produire sans l'accomplissement des lois intellectuelles, et ce lui est encore une espèce

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