‹ La vie personnelleChapitre 103 sur 155 · V. Fromentin: Les maîtres d'autrefois · texte numérisé non relu

V. Fromentin: Les maîtres d'autrefois

3. Voir, à ce propos, d'intéressantes conjectures de M. Egger sur le \Ioi di n ml ' Revue Philosophique .

2t)6 I.F. SYSTÈME DE LA VIE PERSONNELLE

montrer comment la personne, d'abord simple virtualité psychologique, s'actualise en ma reliant vers la pensée. Mais avant de pénétrer plus avant dans la constitution des phéno mènes intérieurs, il nous parait nécessaire de rechercher les causes de la confusion qui s'est généralement produite entre ces deux aspects, pourtant bien distincts, de la vie personnelle, l'aspect idéal, proprement humain, el L'aspecI «'motif ou virtuel. La plupart des psychologues ont négligé, dans la personnalité, cet élément idéal qui tranche si nettement sur la pure émotion : ils n'ont vu en elle qu'un système d'images capables de provoquer le choix par leur évolution seule, sans l'intervention d'un principe supérieur. Ayant ainsi effacé, au préalable, toute différence essentielle entre le côté idéal et le côté émotionnel de la conscience, ils ont été conduits par la logique de leur hypothèse à faire s'évanouir dans le moi du sentiment et du rêve le moi de la pensée. Mais, comme ils avaient par avance réglé les conditions de ce moi du rêve d'après les convenances de la réflexion, ils avaient introduit l'idéalité de cette dernière au principe même de la réalité consciente qui se trouvait convertie en un ensemble consistant d'images disposées, grâce à celte confusion, selon les lois de l'équilibre et de l'harmonie intérieure. Et de là, par un retour inattendu, l'illusion qui consiste à voir dans l'idéalité du moi un état flottant et accidentel, n'ayant aucun rapport assignable avec la vie personnelle, alors que cette idéalité en inspire et en règle le mouvement; et cette autre illusion, complémentaire de la précédente, qui consiste à attribuer au moi inconsistant et fragile de la sensibilité des propriétés de consistance et d'universalité que sa complexion primitive ne comporte guère, et à lui transférer de la sorte l'essentiel de la pensée. Il faut en prendre son parti : le moi de la -en sibilité, ce moi qui se laisse vivre et qui se plaît à rêver, insérait qu'une rhapsodie d'états dont la suite se prolongerait capricieusement. sans trêve dans son coin-, -an- intervalle entre ses moments successifs, sans relief el sans opposition dans ses actes, si le moi de l'idéalité, le moi de la pensée

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