LA CONNAISSANCE F.T L ACTIVITE PERSONNELLE
tion du moi, on pût retrouver les formes de la vie et du sentiment que, par hypothèse, l'entendement est incapahle de saisir. Reste à savoir maintenant si cet entendement est possihle par lui-même et si son développement s'explique en dehors d'une intervention nouvelle qui serait justement celle de la conscience.
Si Ton a pu prétendre qu'il n'y a nulle pari d'être entièrement abstrait de soi puisque « il n'y a point d'être qui n'existe pas pour soi-même à quelque degré, qui n'ail pas sinon une conscience proprement dite, du moins un sentiment plus ou moins vague de son action1 », combien ne sera-t-il pas plus vrai île dire qu'une intelligence abstraite qui n'existerait que par ses fonctions logiques est, en l'homme, un contre-sens et qu'elle tend à se transformer en une conscience concrète '.' Retranchez des données de l'expérience tout ce qui implique une disposition rationnelle, vous faites bientôt de l'expérience elle-même un chaos ou un néant. Mais, si les déterminations de la raison sont nécessaires pour que l'existence soit intelligible, ce qui est tout aussi nécessaire aux démarches de l'intelligence, c'est la présence d'un principe d'activité qui l'affirme ou la réalise. L'erreur elle-même en fait foi; nous cessons de disposer nos idées selon les lois d'un ordre logique ; et, en une impatience qui nous permet d'anticiper sur les conclusions, il nous arrive d'interrompre celle consultation trop lente à notre gré pour affirmer des rapports qui seront bientôt contredits: ce qui prouve du moins que notre intelligence a ses instincts et comme ses variations spontanées. Il en va de même, à tout prendre, dans la certitude. Comment se fait-il que l'idée restant numériquement identique, il y ait dans notre esprit quelque chose de nouveau, quelque chose qu'on ne saurait résoudre en la lumière de l'évidence ? C'est que nous ne faisons pas toujours usage des seuls principes et n'agissons pas toujours comme de purs esprits : nous avons pris parti pour une idée, nous avons compris que son évidence ou son excellence méritaient de notre
i. Guyau.