‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 14 sur 70 · MONTENEGRO · texte numérisé non relu

MONTENEGRO

L'histoire du Monténégro pendant Tannée 1891 n'a été marquée que par des incidents de frontière. Des coups de feu ont été échangés à plusieurs reprises entre Albanais et Monténégrins. La délimitation des terrains de pâture entre SekularetRugova a été opérée par une commission mixte (octobre 1890-février 1891) ; mais, avant que les montagnards de Sekular puissent prendre possession des pâturages qui leur sont attribués, il faudra régler la question du paiement des rentes dues aux propriétaires du district de Gussinje.

En février, un parti d'Albanais catholiques (Skrelli et Klementi) d'une centaine d'hommes, a franchi la frontière pour occuper les terres du district de Dulcigno dont ils réclament la propriété privée; les Monténégrins contestent la prétention des Albanais et ceux-ci n'ont obtenu que la promesse de recevoir, en échange, des terres dans le district de Durazzo. Les Albanais coupèrent le télégraphe entre Dulcigno et Scutari ; un combat insignifiant eut lieu sur le territoire monténégrin ; les envahisseurs furent repoussés, et les autorités turques s'entremirent pour prévenir de nouveaux conflits. Le sultan chargea le général Ibrahim-Pacha de la mission d'étudier la question.

Le prince a fait un voyage à Paris. Il a décidé la

création d'un consulat général du Monténégro en

France. , ^ , ,. „

M. Gérard, chargé d'affaires de la République française à Cettigné, a été remplacé par le comte Amelot, nommé ministre résident.

Un Allemand, M. K. Hassert, a fait dans le Monténégro un voyage d'exploration et d'étude très important (maioctobre).

« La loi militaire est peut-être la chance suprême du parti libéral, » disions-nous en terminant notre revue de 1890 et les événements n'ont pas démenti nos prévisions. Les divisions qui s'étaient déjà manifestées dans les derniers mois de 1890 à ce sujet parmi les défenseurs du ministère Mackay sont allées grandissant pour aboutir à une rupture. En vain le cabinet avait-il essayé, tout en maintenant le principe du service personnel, de ménager les intérêts et les susceptibilités de ses alliés catholiques ; en vain avait-il demandé que les membres des clergés des Églises salariées par l'État fussent absolument dispensés; les catholiques ne se tenaient point pour satisfaits. D'un côté, les congrégations religieuses étaient soumises à la loi commune ; d'autre part, les antirévolutionnaires protestants, sortis pour la plupart de l'Église nationale et dont les futurs ministres ne devaient point jouir du privilège inscrit dans le projet de loi du général Bergansius, avaient soin de déclarer dans leurs journaux et particulièrement dans leur organe officiel, le Sianduard, que cette dispense, acceptée par raison de tactique et pour assurer le succès du principe, était essentiellement provisoire. Devant cette attitude, le synode de l'Église nationale réclamait pour les candidats en théologie le

droit commun, avec la faculté d'accomplir leur temps de service dans les rangs des infirmiers.

Est-ce pour ces motifs, est-ce pour d'autres? Il serait difficile de le dire. Mais le fait est qu'une réunion de catholiques tenue à Bois-le-Duc, où assistaient la plupart des membres du parti de la première et de la seconde Chambre, des membres des États provinciaux de la région, des représentants du clergé, signifia solennellement au ministère que les catholiques ne pouvaient plus avoir aucun rapport avec un gouvernement qui s'obstinait à repousser les vœux de ceux qui l'avaient porté au pouvoir. Cet ordre du jour, communiqué à la presse, fut le point de départ d'une évolution complète des journaux catholiques de province. Tandis que le Tijd, d'Amsterdam, était encore plein de réserve, les petites feuilles de Breda, de Bois-le-Duc, de Venlo, de Rotterdam, traitèrent le ministère en ennemi.

Cepenchint on put croire que ce n'était là qu'un moyen d'intimidation, quand on vit la majorité ministérielle se reformer pour le vote d'une loi électorale. La Constitution de 1887 a établi le scrutin uninominal pour la Chambre des députés, mais elle a maintenu le scrutin de liste à Amsterdam, Rotterdam, Ulrecht, La Haye et Groningue; le ministère prétendait faire rentrer les grandes villes dans le droit commun et ses journaux ne cachaient point qu'ils comptaient sur la division en circonscriptions pour faire élire quelqu'un de leurs candidats. Les libéraux, soutenus par le professeur Buys, de l'Université de Leyde, ancien ministre, protestaient contre ce qu'ils appelaient une violation des engagements pris par l'ancien président du Conseil, M. Heemskerk, et de la Constitution elle-même , mais le projet n'en fut pas moins voté par 5'2 voix contre 38 ; les catholiques avaient confondu leurs sufl'rages avec ceux des antirévolutionnaires — et en pure perte, puisque la loi fut rejetée un peu plus tard par la première Chambre.

Cette concession ne désarma pas les antirévolution-

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naires, au contraire : ils exigèrent qu'on mît à l'ordre du jour la loi militaire, et il fut convenu qu'elle serait discutée en avril. Dès lors, il aurait été très facile au parti libéral de culbuter le cabinet, et les occasions ne lui manquaient pas; mais il ne tenait pas à prendre le pouvoir; la plupart de ses membres acceptaient le projet de loi militaire ; seul, le ministre de la marine, M. Dyserinck, fut mis en minorité sur une question d'avancement et dut se retirer.

Quand le projet du général Bergansius vint en discussion, il fut aisé de comprendre qu'on n'en viendrait pas à bout. Le parti catholique envoya à la tribune, non pas seulement tous ses orateurs, mais tous ses membres, et la discussion générale qui, dans ce pays, est vraiment une discussion générale, très vivement et très rondement menée, se traîna durant de longues séances, comme si l'on avait résolu d'empêcher le passage à la discussion des articles. Il fallut y arriver pourtant et, dans ces débats, le général Bergansius (un catholique), se révéla orateur de premier ordre. 11 défendit le service personnel au nom de l'indépendance et de la sécurité de la patrie, réfuta les objections, s'efforça de dissiper les appréhensions et les scrupules de ses coreligionnaires. Mais le parti était arrêté et le principe de la loi, adopté par les antirévolutionnaires, quelques catholiques et la plus grande partie des libéraux, fut repoussé par la fraction catholique intransigeante que n'avait pu gagner M. Schaepman et par quelques libéraux ou radicaux antimilitaristes. Les articles suivants furent votés avec assez de rapidité, mais il y en avait tant, que la Chambre et le gouvernement eurent conscience qu'il faudrait s'arrêter avant la fin. Les élections étaient fixées au 9 juin : le pays déciderait en dernier ressort. Les catholiques n'en demeuraient pas moins les maîtres du champ de bataille : la loi, objet de leur antipathie, restait en suspens.

Il s'agissait pour eux maintenant de prolonger indé-

lôO LA VIE POLITIQUE A L'ETRANGER

liniment cet ajournement et pour cela de renverser le minist'Te qui devait reprendre à la prochaine législature l'œuvre commencée. Les libéraux, dans le |)rogramme qu'ils avaient élaboré à Amsterd im, au début de la période électorale, avaient cependant placé au premier rang la réforme de la loi militaire, la suppression du remplacement et l'obligation du service personnel : n'importe ! On pouvait espérer ceitiins adoucissements, certaines modifications à la loi Hergansius ; peut-être donnerait-on satisfaction à leur vœu d'assurer la sécurité nationale sans de trop grands sacrifices d'hommes ou d'argent; dans tous les cas, on gagnait du temi)s, et le mot d'ordre des journaux catholiques fut de voter contre tous les antirévolulionnaires ou catholiques, partisans de la loi militaire : mieux valait un franc libéral !

Les libéraux, malgré cet appui inattendu, s'en tinrent à leur manifeste d'Amsterdam : réforme de l'impôt, extension du droit de suffrage, instruction obligatoire, étude attentive des questions sociales. Il est du reste a remarquer que les antirévolutionnaires ont aussi inscrit ce dernier article en tête de leur programme. Au premier tour de scrutin, le nombre des candidats a été considérable; tous les partis avaient pris posiliou dans laplupart des circonscriptions et comme il y a d'un côté les socialistes-démocrates, les hommes du parti populaire, les radicaux, les libéraux avancés et modérés, de l'autre les catholiques alliés et les catholiques opposés aux antirévolulionnaires, les anciens conservateurs et les antirévolutionnaires, on voit que les électeurs n'étaient pas en peine de choisir. Les résultats du 9 juin furent une défaite pour le cabinet. Sur 74 élections acquises, les libéraux obtinrent 31 sièges; les antirévolulionnaires, 12 ; les catholiques 21. Les libéraux enlevaient six sièges aux 'antirévolulionnaires; le chef des socialistes, M. Domela Nieuwenhuis, et le chef des catholiques ministériels, M. Schaepman, demeuraient en ballottage. Le 23 juin, le second tour de

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scrutin accentua les résultats du premier. Les libéraux n'en furent pis moins surpris que leurs adversaires. La nouvelle Chambre comptait, après les ballottages, 53 libéraux, 2 radicaux, 24 catholiques et 21 antirévolutionnaires. M. Domela Nieuwenhuis était déhnitivement écarté par M. Treub, un radical. M. Scluiepman était remplacé par un libéral; il payait ainsi de sou siège l'appui qu'il avait donné au cabinet Mackay dans la loi militaire. Tout son passé, consacré à la défense des intérêts catholiques en Hollande, n'avait pu trouver grâce devant les intransigeants de son parti. Un député de ses coreligionnaires s'est démis depuis de ses fonctions en sa faveur et M. Schaepman a repris sa place à la seconde Chambre.

Après le premier tour de scrutin, il avait été question d'un cabinet d'affaires ; après les derniers résultats, la constitution d'un ministère libéral s'imposait. La proportion des partis dans la seconde Chambre était renversée ; il y avait à peu près autant de libéraux de diverses nuances qu'il y avait eu de catholiques et d'antirévolutionnaires coalisés. Le cabinet Mackay le comprit et il annonça qu'il se retirerait après la visite de l'empereur d'Allemagne.

Cette visite, annoncée depuis longtemps, a eu lieu le 1" juillet. L'empereur d'Allemagne, accompagné de l'impératrice et d'une nombreuse suite, le chef du département des affaires civiles, le chef du cabinet militaire, le chef du cabinet de la marine, le secrétaire d'État aux affaires étrangères, est arrivé à Amsterdam par Ymuiden et a été reçu au palais du Dam où logeaient aussi la reine Wilhelmine et la reine-régente. De grandes fêtes ont été données en l'honneur des souverains allemands. Le voyage avait-il un but politique précis, déterminé, ou bien n'était-ce qu'une simple politesse? C'est ce qu'il est difficile de décider. Un communiqué officieux adressé à la presse, disait qu'on mettrait à profit cette circonstance pour régler les affaires pendantes entre les deux pays. Quelles étaient

ces affaires? La note est restée muette ?ur ce point. L'ambassadeur de Hollande à Berlin, M. van der Hœven, était présent à l'entrevue. Le ministère qui allait démissionner y assistait aussi. Ce sont des faits qu'il faut noter. Mais ce qu'il faut noter aussi, c'est l'unanimité de la presse de toutes nuances à protester de la volonté du pays de garder la neuti-alité et de maintenir son indépendance contre toute intervention ou toute immixtion de l'étranger. Les journaux du ministère ont été plus catégoriques peut-être que tous les autres sur ce point, et le Standaard voulait que l'empereur emportât de son séjour cette conviction que les Hollandais ne sont absolument pas Allemands. Des incidents signilicatifs ont souligné ces déclarations des journaux et clairement manifesté le sentiment public. A Amsterdam et à la Haye, l'accueil fait aux souverains allemands a été poli, mais digne et réservé ; à Rotterdam, où Guillaume 11 est allé s'embarquer pour l'Angleterre, la réception a été plutôt froide, malgré la présence de la reine et de la Régente qui avaient tenu à accompagner leurs hôtes jusqu'au bateau. Le plus clair résultat de ce voyage, c'est une large distribution de croix.

Mais il fallut ensuite revenir aux affaires sérieuses et le ministère remit sa démission à la régente qui l'accepta. 11 semblait que, dans la situation qu'avaient faite les élections, rien ne dut être plus aisé que de constituer un ministère. La chose traîna cependant en longueur, tellement que chez ce peuple où l'on ne s'impatiente guère, on faillit perdre patience. M. van Tienhoven qui avait reçu la mission de former le cabinet et qui s'en était chargé, à la condition de ne pas en faire lui-même partie, échoua plusieurs fois dans ses tentatives; les ministères que les journaux annonçaient comme faits la veille, étaient défaits le lendemain, et le bourgmestre d'Amsterdam devait recommencer de nouvelles démarches. Enfin, le 20 aoiU, le nouveau ministère, un ministère entièrement libéral, était formé par

M. van Tienhoven qui, contre ses intentions premières, en faisait lui-même partie. Mais, par une dérogation aux traditions, il ne prenait pas la présidence du Conseil et la laissait à M. Tak van Poorvliet, chargé en même temps du portefeuille de l'intérieur. Le chef du nouveau Cabinet a déjà fait partie du ministère van Kappeyne comme ministre du Watertsaat, du Commerce et de l'Industrie. Il est connu comme un partisan de l'extension du droit de suffrage et cest, en effet, une des questions qui ont été d'abord inscrites dans le programme du cabinet. M. van Tienhoven, comme son prédécesseur, M. Hartsen, n'appartient pas à la diplomatie, mais sa présence à la tête du Conseil municipal d'Amsterdam, son passé de professeur de droit à l'Athénée d'Amsterdam et de membre des États généraux, sa courtoisie reconnue de tous comme bourgmestre, le désignaient pour les délicates fonctions qu'il occupe. Le nouveau ministre de la guerre est le lieutenant-colonel Seyffart; on sait qu'il est pour le service personnel, mais il voudrait un temps de service plus court que son prédécesseur et, par le fait, il ne peut accepter le projet de loi Bergansius. C'est tout un travail à refaire et les catholiques, qui avaient escompté ce retard, ne peuvent pas se plaindre du choix qui a été fait pour le ministère de la guerre. M. van Dedem, le ministre des colonies, a longtemps vécu aux Indes comme avocat. Depuis qu'il siège à la Chambre, il a souvent pris la défense des droits des indigènes et s'est prononcé contre l'abus de la vente de l'opium. On s'attend à ce qu'il fasse de profondes réformes dans l'administration coloniale. Le ministre de la justice, M. Smidl, a fait aussi partie du cabinet van Kappeyne; il a demandé autrefois la séparation des églises et de l'État, et on le lui rappelle aujourd'hui. Le ministre des finances, M. Pierson, a quitté la présidence de la Banque Néerlandaise pour entrer dans le ministère et sa compétence, comme financier, est universellement appréciée. M. Lely, ingénieur civil, est chargé du portefeuille

du Waterstaat et M. Janssen, ingénieur en chef pour la construction des navires, va à la marine.

L'accueil fait par la presse à ce ministère a été d'autant plus sympathique, qu'on l'avait plus longtemps attendu. Son programme, formulé dans le discours du trône lu à l'ouverture de la session de septembre, un peu v.igue comme tous les programmes, confirme cependant que le droit de suffrage sera étendu, que la réforme militaire sera étudiée de façon à ne pas surcharger le pays et à ménager à la fois les hommes et l'argent (c'est presque la formule des catholiques intransigeants). On promet, en outre, une revision des lois dimpôt, l'instruction obligatoire, des réformes coloniales, des encouragements à l'agriculture, létude des que-^tions sociales.

Jusqu'ici, aucun des projets de loi annoncés n'a encore été déposé. Les ministres ne se sont expliqués qu'incitiemment sur des points spéciaux. Le ministre des aduires étrangères a notamment répondu aux interpellations de la droite catholique, contrairement aux déclarations de son prédécesseur, que le gouvernement ne songeai! nullement à rétablir une ambassade auprès du Sainl-Siège. Interrogé sur ses intentions au sujet des traités de commerce, M. Van Tienhovpu a écouté les réflexions de ses collègues de la Chambre, mais il a réservé sa décision et s'est contenté de protester contre toute mesure de représailles. Il faut noter que les représentants du libre-échange ont conseillé au ministre de ne pas séparer les conventions commerciales des conventions littéraires. Le ministère, d'ailleurs, est connu pour libre-échangiste, et M. Pierson, le ministre des finances, est un des champions les plus distingués de cette doctrine économique.

C'est pour l'avoir trop clairement laissé voir que M. Pierson a été assez vivement attaqué à l'occasion du Congrès international d'agricultnre,qui s'est réuni en septembre à la Haye sous la présidence de M. Méline. Le grand honneur qui a été fait au chef des pro-

tectionnistes français montre suffisamment que les agriculteurs veulent être protégés.

Un autre Congrès qu'il convient de mentionner est le Congrès des socialistes chrétiens, qui s'est réuni à Amsterdam à la fin d'octobre sur l'initiative des antirévolutionnaires. Tous les orateurs du parti, députés, professeurs, prédicateurs, M. de Kuyper en tête, s'étaient donné rendez-vous pour étudier les questions sociales à la lumière de l'Écriture sainte. Les problèmes les plus ardus et les plus périlleux, la propriété, le travail, les rapports du capital et du travail, le droit d'intervention de la société, l'héritage, ont été soulevés et discutés, ce qui ne veut pas dire résolus. La preuve, c'est qu'on s'est ajourné à l'année prochaine. Mais ce qu'il faut surtout retenir de cette réunion, c'est l'indice qu'elle apporte des préoccupations sociales croissantes sur cette terre classique de l'individualisme. Les pouvoirs publics eux-mêmes n'y échappent pas, comme en témoignent les lois sur le travail et l'enquête poursuivie depuis 1890 avec tant de soin par les membres de la seconde Chambre sur la condition des travailleurs.

Le budget de 1892, présenté par le ministère, sera composé, suivant l'usage, de deux parties : l'une, concernant la Hollande, l'autre les Indes, Il s'élève pour les Indes à 119,549,713 florins en recettes, et en dépenses à 136,353,340 florins; le déficit est de 10,803,027 tlorins. Le budget de la Hollande s'élève à 127,600,150 florins en recettes et en dépenses à 129,959,038 florins, avec plus de 2 millions de florins de déficit. Le ministre des iinances, pour alléger la dette flottante, propose un emprunt de 41 millions.

A l'extérieur, la Hollande adonné le 31 décembre 1890 son adhésion à la Conférence de Bruxelles et les Chambres ont ratifié cette signature, non sans faire de fortes réserves sur la manière d'agir du ministre des afl'aires étrangères dans toute cette affaire. La chute du Cabinet a empêché la discussion du rapport de M. Alees, qui appréciait sévèrement la diplomatie de M. Hai tsen. Le

différend entre la France et la Hollande relativement aux limites des Guyanes soumis à l'arbitrage du tsar a été tranche en faveur de la Hollande.

La petite reine Wilhelmine a commencé cette année son métier de reine; elle a fait à Amsterdam le séjour traditionnel d'une semaine qu'y font tous les ans les rois de Hollande; elle a fait une visite à Rotterdam, où Guillaume III n'était pas allé depuis vingt-cinq ans; elle a assisté aux fêtes données à l'empereur et à l'impératrice d'Allemagne et elle les a accompagnés dans leur visite à la Haye et à Rotterdam. Depuis ce moment, elle a vécu à la campagne, au château du Loo. Tout le monde s'accorde à la dire fort aimable, mais les médecins insistent pour qu'elle ménage sa santé et qu'on ne lui impose pas de trop grandes fatigues. Au commencement de décembre, elle est rentrée avec sa mère, la reine régente, à la Haye.

Le ministère, qui s'est tiré sans trop de peine de la discussion du budget, risque d'avoir une existence plus difficile, quand viendra l'heure des réformes promises et surtout de la loi militaire tant attendue. Ce qui a fait sa fortune au début pourrait bien amener sa chute, tout au moins lui créer de sérieuses difficultés. Le ministre de la guerre, quand il se décidera à parler, est exposé à mécontenter les catholiques qu'il doit ménager ou les libéraux qui le soutiennent. C'est à peu près la situation du général Bergansius; nous verrons bientôt si le lieutenant-colonel Seyffart a été plus heureux.

Le 1®" avril 1892, entrera en vigueur une nouvelle loi postale volée le 15 avril 1891.

Elle n'intéresse pas l'étranger et modifie surtout à l'intérieur le régime des imprimés dans le sens d'une réduction des taxes. Les journaux l'ont généralement accueillie avec faveur. Le port des lettres reste le même, mais on doit noter que dans la circonscription d'un bureau, la taxe des lettres est abaissée au prix des cartes postales, soit 3 cents ou 6 centimes.

Nécrologie.

G. L. Baud, ancien ministre des colonies. — Comte de Limburg Stirum, ancien ministre de la guerre, le grand apôtre du service militaire personnel, le fondateur de la Ligue contre le remplacement. — L. N. van tlandne, ancien ministre de l'intérieur, graud maître de la Maison du Roi.

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