‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 51 sur 70 · ARCHIPELS OCÉANIENS · texte numérisé non relu

ARCHIPELS OCÉANIENS

de la baie de l'Astrolabe. Le botaniste Lauterbach a remonté le Gogol, tributaire de cette baie. Deux missionnaires de la Société rhénane ont été tués par les indigènes de la baie Franklin; les Papouas sont encore trop barbares pour que les missionnaires puissent, sans imprudence, s'établir loin des stations. Mais les cultures sont en progrès et les importations ont atteint, en 1889 : 429,000 marks ; en 1890 : 494,000; en 1891 : 1,017,000 marks.

Archipels Bismarck et Salomon. — Le commissaire impérial a visité l'archipel Bismarck. On a commencé, à Herbertshohe, la culture du coton qui occupe 139 indigènes. En 1890, 1,174 habitants de l'archipel se sont engagés pour aller travailler en Nouvelle-Guinée, aux Samoa, etc. Dans les îles Salomon, on en a engagé 99.

Archipel Marshall. — Le commissaire impérial a visité les îles Ailinglablab, Majuro et Mille. Dans des archipels habités par des populations barbares, il faut commencer par habituer les indigènes à avoir des relations avec les Européens et à se faire peu à peu l'idée de la supériorité des blancs : c'est là le but des visites faites dans les îles où l'on ne veut pas encore fonder d'établissements. La Compagnie de Jaluit a étendu ses opérations; elle a pu distribuer, en 1890, un dividende de 4 p. 100; c'est la seule Compagnie coloniale allemande qui paye un dividende. Le port de Jaluit a reçu, en 1890, 91 navires (11,434 tonnes). C'est le cocotier qui fait la fortune de cet archipel.

Philippines. — Une expédition militaire, organisée et dirigée parle général Weiler, a été entreprise pour faire reconnaître dans l'île de Mindanao la souveraineté de l'Espagne sur des territoires qui depuis deux siècles et demi n'étaient plus de fait en son pouvoir. Elle a eu à lutter contre de grandes difficultés naturelles et contre la maladie. Après avoir livré plusieurs combats, châtié les indigènes et détruit plusieurs villages, elle a arboré à la fm d'août, le drapeau espagnol sur la lagune de

Lanao. La domination de l'Espagne se trouve ainsi assurée sur toute lîle de Mindanao.

Mécontent delà gestion du gouverneur général et du désordre qui régnait dans l'administration des Philippines, le gouvernement a remplacé à la fin de l'année le général Weiler par le général Despujols.

Un nouveau tarif des douanes, promulgué le 7 janvier et entré en vigueur le 1*' avril, a été très mal accueilli; les habitants des Philippines demandent avec énergie qu'il soit modifié.

Carolines. — On prétend que le chef Naupie de Ponape serait allé demander la protection des États-Unis, Le gouvernement de Washington a nommé consul M. Rand, frère d'un missionnaire qu'on accuse d'avoir contribué au soulèvement de 1890; le gouvernement espagnol lui a refusé Vexequalw\ en déclarant que le nombre et la situation des étrangers établis dans l'archipel n'exigeaient la présence d'aucun consul.

Fiji. — Le mouvement commercial se maintient depuis quatre ans assez actif; il a été, en 1890, de 571,290 livres sterling. On va entreprendre la culture du thé. La civilisation a fait dans ces îles, barbares encore en 1874, de rapides et considérables progrès. Mais chaque recensement constate la diminution de la population indigène; le recensement du 9 avril 1891 a donné comme résultat 121,180 habitants. La race indigène est en décroissance.

Tonga. — M. Basil Thomson s'est appliqué à remettre en ordre les affaires de l'archipel (aoiU 1890-septembre 1891) après le départ de M. Baker, accusé d'arbitraire et de péculat (Voir année 1890, p, 5-43). La situation financière du royaume n'inspire pas d'inquiétudes, il a des ressources notables, mais il a aussi une dette d'un chiffre respectable. On accuse la nouvelle administration d'avoir créé un trop grand nombre de places nouvelles en faveur d'émigrants de Fiji ou de la Nouvelle-Zélande; les abus du fonctionnarisme séviraient au.\ Tonga. Il y a eu quelque agitation à Vavao. Le

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gouvernement projette de refondre en un seul code nouveau toutes les lois anciennes. Le roi a dissous le Parlement; les élections auront lieu en 1892; le scrutin secret sera en usaf;e pour la première fois. Par un traité du 2 juin, le roi s'est engagé à n'accorder à aucune nation de privilèges plus grands qu'à l'Angleterre; les sujets britanniques seront soumis exclusivement à la juridiction du Haut-Commissaire, excepté quand ils seront poursuivis pour violation des lois et décrets relatifs aux taxes et à l'hygiène publique, ou des règlements de police; le gouvernement britannique promet l'extradition des ïongans accusés de meurtre, banqueroute frauduleuse, faux, etc. Rappelons que la France en 18oo, l'Allemagne en 1876 ont conclu des traités avec les Tonga.

Archipel Cook. — "^ Un résident britannique a été nommé à Raratonga. Il a fait rendre par les chefs indigènes une loi contre les abus du trafic des spiritueux qui font de grands ravages dans les archipels océaniens. Les îles Cook sont sous le protectorat delà reine depuis septembre 1888.

Samoa. — La tranquillité des Samoa n'a pas été de longue durée. Mataafa a menacé de reprendre les armes et a réuni ses partisans autour de lui (juillet). D'autre part, le baron Senfft von Pilsach, ancien fonctionnaire de la principauté de HohenzoUern-Sigmaringen, qui avait été nommé chef de l'administration communale d'Apia par le chancelier de l'empire d'Allemagne avec l'assentiment des gouvernements de Londres et de Washington, est entré en lutte avec les deux membres anglais et le membre américain du Conseil, ainsi qu'avec les awtorités indigènes; en novembre, il a donné sa démission.

Iles Sandwich. — Le roi Kalakaua, qui était allé consulter les médecins des États-Unis, est mort à San- Francisco le 2 janvier. Marié en 18G0 à la reine Kapiolani, il ne laissait pas d'enfants. Le trône passait à sa sœur,Lydia KamakaehaLiliuokalani,âgée decinquante-

deux ans, mariée à un Américain, John 0. Dominis. Klle fut proclamée le i>9 janvier et prêta serment le :}<). Dès son avènement, elle manifesta peu de sympathies pour l'influence américaine. Le traité du 30 janvier I8!H) avec les États-Unis assurait au sucre de ces îles le privilège exclusif de l'entrée en franchise aux États-Unis ; ce monopole a disparu depuis que le nouveau tarif accorde, moyennant certaines conditions, le même avantage aux sucres de toute provenance. Les cultures hawaïennes, dont les produits n'ont plus un traitement de faveur aux États-Unis, menaçaient de dépérir : on prêtait aux Hawaïens lintention de dénoncer le traité de 1875 et d'exiger l'évacuation de la haie de la Perle par les États-Unis qui s'y sont fait concéder un droit d'occupation. Mais une entente a fini par s'établir entre les deux gouvernements.

La reine, congédiant son ministère, presque entièrement composés d'Américains naturalisés, nomma un nouveau Cabinet composé de M. Widemann, président du conseil et ministre des finances; Parker, ministre des affaires étrangères; W'hiling, attorney général; Spencer, ministre de l'intérieur. Des manifestations ^i furent aussitôt organisées par M. Wilcox, qui prêchait '■ une modification de la Constitution consistant à ex- ., dure les blancs du gouvernement. Les partis anglais \ et américain s'agitent aussi. Enfin, on accusait la reine 1 de trop accordera l'influence de son mari, qu'elle avait m nommé membre du Conseil privé (composé de qua- î rante notables). La mort de M. Dominis n'a pas calmé > les esprits; on parle de complots et on craint des trou- £ blés. La reine n'a pas d'enfants; l'héritière présomptive f du trône est la princesse Victoria Kaïulani, sa nièce. ç

Nécrologie.

Tamnsese, ancien roi des Samoa (Voir anni'-e 1889). — David KalakiiiKi I", roi des îles Sandwich; né en 183fi, petH-neveu par sa mère de Kamehameha V, élu roi par le Parlement hawaïen le J

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12 février 1874; il avait visité les ÉUits-Unis, l'Extrême-Orient, l'Europe. — John 0. Dominis, ué à Boston, mort à Honolnlii le 25 août; il avait épousé, en 1862, la princesse Liliuukani, qui est devenue reine des îles Saudwich en janvier 1891.

Bibliographie.

Explorations en Australie et Pol;/nésie, par le D' Hahn {Geographisches Jahrbuch, Gotha, 1891, t. XiV). — L'état de la cartographie officielle en Australie, par le major Heinrich {ihid.). — Progrès les plus récents de notre connaissance de t'Ocanie, par AI. Dubois {Annales de Géographie, lo octobre). — Voyage chez les Bataks de Sumatra, par Ciaine {Comptes rendus S. de G. de Paris, p. 5U5j. — Les Badjuis (en holl.), par Mejer et Jacobs (La Haye). — Voyage à Sumatra, par Modigliani {Boll. Suc. Geog. italiana, 1891). — La culture du tabac sur la côte orientale de Sumatra (avec carte à 1/200 000^; Amsterdam; en holl.) — Déli, par Barclay {Scoltish Geographical Magazine, p. loi). — Java central (en holl.), par Gronemann (Zutfen). — Flores, par Wichmann (en holl.) avec carte {Journal de la Société de Géographie d'Amsterdam). — Flores, par le D'' Meerburg {Société des Sciences et Arts de Batavia). — La résidence de Ternate, par De Clercq (en holl., Leyde). — Un viaggio a Nias, par Modigliani (Milan). — Jaarboek van het mijnwezen in Nederlandsch Oost Indie (Amsterdam). — Statistlgue du commerce, de la navigation... dfs Indes orientales, en 1889 (publication officielle du ministère des finances; en holl., La Haye). — Bibliographie des Indes néerlandaises depuis 1816, par Kan {Société de Géographie d'Amsterdam). — Projets de chemin df fer à Bornéo, par Eeckout (avec carte); en holl. {ibid.). — Voyages à travers Bornéo, pur Cari Bock (V'oMrrfK Monde). — Situation politique et commerciale de Bornéo, par Bugard {Rev. mar et col., avril). — D'ie biidenden Kunste bei der Dayaks auf Bornéo, par A.-R. Hein (Vienne). — Dix ans en Mélanésie, par Montât (Lyon). — Aus dem reiche von Jnsulinde., par le D' Carthaus (Leipzig). — Further correspondence respfcting the affairs of New Guinea, no»C. 6269 et C. 6323. — British New Guinea{An'iual colonial reports, n" 6"/). — Deutsch Neu Guinea, par Zoller (Stuttgaitl. — La Nouvelle-Poméranie, par Mgr Couppé {Missio7is catholiques). — L'île Nissan, par G. Schmiele {Mitth. aus den deutschen Schutzgebieten). — Carte des îles Marshall (Dépôt de la Marine). — The Philippines Islands, par J. Foreman (Londres). — Mindanao, par Blumentrit (avec cdvte; M itlheilutigen de Petermann). — Rapport sur une mission aux Mariannes, par Marche {Archives des missions scientifiques' t. XVII). — Eine reise

nach den Bonin vnd Volcano Insein {Société de Géographie de Berlin. — Les Samoa, par Monfat (Lyon). — Ei?ie uAse nach Havaii (Altona). — La reine d'Hawai chez les lépreux, par G. Sauvin(Correspondant, 25 juillet).

CONGRES

Conférence de Bruxelles pour l'abolition de la traite. — Nous n'avons pas à revenir ici sur la question des droitsd'enlrée établis par la conférence de Bruxelles ; nous l'avons traitée plus haut (p. 3-40) et nous avons dit que si la Chambre française des députés avait décidé, le 25 juin, de « surseoir à donner l'autorisation de ratifier l'acte général, la déclaration annexe et le protocole du 9 février », c'était non pas en raison des plaintes du commerce contre la création de droits, mais en vertu de la répugnance éprouvée par la Chambre à l'égard du droit de visite. MM. Félix Faure, François Deloncle et Piou attaquèrent avec véhémence les dispositions de l'Acte général relatives à la vérification du pavillon. Une confusion singulière s'est faite dans leur esprit et dans celui de la grande majorité de la Chambre entre le droit de visite et le droit d'enquête du pavillon ; non seulement la Conférence avait reconnu formellement que le droit de visite ne s'exercerait pas sur les navires français, qui doivent, avant comme après l'Acte, n'être soumis qu'à la surveillance de leurs croiseurs, mais l'Angleterre avait même consenti à limiter considérablement l'exercice du droit de visite dans ses relations avec les navires relevant des États qui le lui ont accordé à titre de réciprocité {\. année 1890, p. 547). Seulement, il est impossible d'admettre qu'un navire quelconque

puisse, en usurpant le pavillon français, se soustraire à toute vérificalion ; il y a eu lieu, en conséquence, à partir du jour où la France a revendiqué le droit exclusif de faire la police à rencontre de ses navires, de prendre des mesures en vue de prévenir l'usurpation du pavillon français et de vérifier la nationalité des navires qui l'arborent; des instructions identiques ont été données à cet elfot aux officiers de marine anglais et français; il en résulte que lorsqu'un navire a démontré sa nationalité française, il est exempt de toute visite. Ce sont les régies traditionnelles en usage dans la marine française que la Conférence de Bruxelles, par un hommage rendu à la France, avait voulu faire passer dans la pratique internationale, ainsi que le démontrèrent le rapporteur, M. Francis Charmes, et le ministre des affaires étrangères.

La Conférence avait, en outre, posé des règles uniformes fort sages, plus ou moins observées déjà par les autorités maritimes de chaque État et qui devaient être suivies par ces autorités sans aucun contrôle international, sur la surveillance des bâtiments aux porls de départ et d'arrivée et aux escales; ces règles ne pouvaient soulever d'objections sérieuses. Mais elle avait aussi admis que si, après l'examen des papiers de bord, le bâtiment était suspect de traite, l'officier enquêteur pourrait le conduire au port le plus proche de la nation dont il bat pavillon et le faire visiter par l'autorité maritime ayant juridiction sur lui ; il en résultait qu'un l)âtiment reconnu de nationalité française pourrait être détourné de sa route, mais seulement dans le cas où l'enquêteur aurait des motifs très sérieux de le soupçonner de traite; il ne serait visité d'ailleurs que par l'autorité française, qui pourrait condamner le capteur ù des dommages-intérêts. Cette dernière clause était certainement de nature à prévenir les abus. Pour apprécier le tort réel qui pouvait résulter pour le commerce delà disposition critiquée, il faut ajouter qu'elle ne devait être appliquée qu'aux bâtiments de moins

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de 500 tonneaux, et dans une zone déterminée.

On a exprimé encore le regret que la zone de surveillance comprit les eaux de Madagascar qui est sous le protectorat de la France, et dans lesquelles la marine française aurait dû conserver le privilège de la police du pavillon.

Ces règles, qui auraient peut-être entraîné sans doute quelques abus, n'avaient rien à faire avec les déclamations de M. Piou sur la liberté des mers et sur la rivalité maritime de l'Angleterre et de la France. Le même état d'esprit qui avait déconcerté M. Guizot rendit la Chambre sourde à l'apologie présentée par M. Ribot en faveur de l'œuvre de civilisation, sortie du commun accord des puissances.

L'honneur de la France lui parut exiger que le tait de porter le pavillon français protégeât contre les inconvénients d'un arrêt momentané, destiné à les mettre aux mains de la juridiction française, quelques navires indigènes des Comores ou de Madagascar ! ils devraient rester sacrés alors même que, d'une manière patente, ils se livreraient à la traite ; il leur suffirait, pour pouvoir continuer leur commerce, d'éviter la rencontre des navires de guerre français ; par conséquent, il serait nécessaire d'augmenter le nombre des croiseurs pour rendre leur surveillance efticace. Quant aux dispositions relatives à l'enquête du pavillon, il n'appartient pas à la Chambre de les repousser : personne ne peut admettre qu'un bâtiment quelconque puisse se soustraire à la vérification de son identité en arborant le pavillon français, et la Conférence s'était bornée à codifier les coutumes traditionnelles de la marine française, que la force des choses obligera toujours d'observer tant qu'il y aura des règles de droit international sur la piraterie et sur la police des mers.

La Chambre française ayant refusé son approbation à l'ensemble des Actes signés à Bruxelles, la ratification des autres puissances ne pouvait avoir d'effet pour les dispositions de ces actes qui modifiaient la stipula-

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tion de la Conférence de Berlin ralifiée par le gouvernement français. Le gouvernement du Congo devait donc attacher tout particulièrement du prix à rendre acceptable pour les Chambres françaises ces Actes, puisque c'était de leur ratification que dépendait la possibilité d'établir les droits d'entrée au Congo ; d'autre part, le refus de participation de la France rendait illusoires les autres dispositions de l'Acte de Bruxelles qui ne peuvent avoir d'efficacité si leur application n'est pas générale. Les représentants des puissances signataires réunis le 2 juillet à Bruxelles décidèrent de laisser le protocole ouvert pour six mois. Des négociations furent ouvertes entre les gouvernements belge et français. On chercha d'abord à interpréter les articles qui avaient été critiqués en vue d'éviter que le droit d'enquête du pavillon et le droit d'arrêt des bfttiments suspects pût entraîner des abus tendant à un rétablissement détourné du droit de visite. Mais il subsistait des points obscurs dans le libellé même des formules d'interprétation. On décida d'adopter un autre procédé ; on admit que la France réservât la partie critiquée relative à l'arrêt des bâtiments suspects et à la délimitation de la zone de surveillance, et limitât sa ratification aux autres articles, tandis que les autres puissances seraient liées par l'ensemble des dispositions de l'Acte général. Les Chambres françaises ont alors autorisé la ratification de l'Acte général (à l'exception des articles 21, 22, 23, -42 à Gl), de la déclaration du 2 juillet 1890, et du protocole du 8 février 1891 (24 décembre). La loi de promulgation a été publiée le 2 janvier 1892. L'échange des ratifications a eu lieu à Bruxelles le même jour, mais on a laissé le pi'otocole ouvert un mois encore en vue d'attendre la ratification des Pays-Bas et du Portugal, qui ne fait pas de doute. Congrès international pour la protection des ouvriers contre les accidents. Ce Congrès privé, simple réunion d'études, s'est réuni à Berne le 20 septembre. Il a émis l'avis de combiner les assurances contre les

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légers accidents avec les assurances contre les maladies, ainsi que les accidents graves avec les assurances contre les infirmités et la vieillesse. Il a exprimé le vœu que les gouvernements fassent des enquêtes systématiques sur les accidents dont les ouvriers sont victimes. Il a enfin chargé un comité permanent de rédiger le plan préparatoire d'une statistique internationale. Le prochain Congrès se tiendra en 1893, 1894 ou 1895.

On peut signaler, dans le même ordre d'idées, la conférence réunie à Londres le 13 mai, sous la présidence de M. Chamberlain pour étudier la question des secours annuels contre la vieillesse {pensions for old âge). C'est à la chronique de chaque pays qu'appartiennent à la fois l'exposé des tentatives notables faites par les gouvernements ou les associations particulières pour l'étude des questions sociales au point de vue de la statistique, de l'économie politique et de la législation comparée, et l'énumération des mesures législatives proposées. En ce qui concerne l'agitation socialiste internationale, il convient de citer le Congrès international du Travail, tenu à Bruxelles en aoiit; les marxistes étaient en majorité dans cette assemblée où tous les pays de l'Europe étaient en majorité; le Congrès a voté des résolutions en faveur du service militaire et en faveur de l'égalité des deux sexes, il a décidé la célébration du 1" mai 1892, malgré l'insuccès des manifestations qui ont eu lieu le 1" mai 189Q et le 1"" mai 1891 en l'honneur de la fixation de la journée de travail à huit heures. Nous avons donné plus haut des indications sur le Congrès international des mineurs et sur le Congrès des Trades Unions.

Citons encore parmi les Congrès scientifiques internationaux qui ont eu le plus d'importance, le Congrès scientifique catholique tenu à Paris (mai), le Congrès des orientalistes de Londres (septembre), le Congrès international agricole de La Haye (septembre), le Congrès international des traditions populaires [Folklore Congress) de Londres (octobre). Le Congrès géogra-

phique international de Berne (août) a prié le Conseil fédéral de préparer la réunion d'une conférence internationale pour l'adoption d'un méridien unique. Le Congrès international d'hygiène et de démographie, tenu à Londres du 10 au 17 août, a discuté les questions relatives aux règles d'hygiène internationales. C'est à Tannée 1892 qu'appartient l'histoire de la conférence diplomatique réunie à Venise en décembre 1891, sur Tiiiitiative de l'Italie, pour l'étude d'une question du même ordre : les quarantaines et la désinfection des navires dans la mer Rouge et le canal de Suez.

Un Congrès postal international s'est réuni à Vienne le 23 mai. La plupart des gouvernements y ont été représentés.

L Union internationale du droit pénal a tenu son Congrès annuel à Christiania du 25 au 27 août. Elle a décidé qu'il y a lieu d'étendre l'application des amendes et de les rendre proportionnelles aux revenus des condamnés; elle a examiné la question des indemnités à accorder aux victimes des erreurs judiciaires.

Le Congrès de l'Institut du droit des gens a eu lieu à Hambourg en septembre.

Bibliographie.

La Conférence de Bruxelles, par G. Regelsperger (Beutzs encycZopp'dique). — Livres Jaunes (^° Actes de la Conférence; 2o et 30 Correspondance diplomatique); Livre Bleu, et Livre Gris sur la Conférence de Bruxelles.

TABLE DES :\IATÎÈRES

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