‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 50 sur 70 · AUSTRALASIE · texte numérisé non relu

AUSTRALASIE

situation, ces derniers consentirent à garder provisoirement leurs portefeuilles jusqu'aux prochaines élections générales, c'est-à-dire au mois d'avril 1892.

Nouvelle-Galles du Sud. — Le Parlement de Sydney a été dissous le G juin à la suite d'un vote de défiance provoqué par M. G, R. Dibbs contre le ministère de sir Henry Parkes, vote rendu décisif par la seule voix du speaker. Les élections, faites au mois de juin, amenèrent à la Chambre seulement 48 députés ministériels contre 56 membres de l'opposition; le parti ouvrier qui ne comptait que 4 membres précédemment fit passer 31 candidats. Le parti ouvrier ayant observé dans le début une attitude expectante, plutôt favorable au ministère, sir Henry Parkes se soutint jusqu'à l'automne. Mais le 10 octobre, le parti ouvrier se divisa, à propos d'un bill sur la réglementation du travail dans les mines, sur la question de la limitation des heures de travail; contrairement à l'avis du gouvernement qui déclara que cette question n'était point du ressort du Parlement, plusieurs de ses membres proposèrent et réussirent à faire voter, en se coalisant avec l'opposition, un amendement limitant à huit heures la durée de la journée de travail. Sir Henry Parkes donna alors sa démission.

Le 23 octobre, un nouveau Cabinet fut constitué par M. Dibbs; il se composa exclusivement de membres de l'ancienne opposition, sans aucun représentant du parti ouvrier. M. Dibbs compte faire observer à celui-ci une neutralité bienveillante, non pas en leur accordant des concessions, mais en les menaçant de dissoudre la Chambre au cas où ils le renverseraient. A tort ou à raison, il suppose que ces députés, qui touchent 7,500 francs d'indemnité parlementaire, hésiteront longtemps avant de s'exposer à une réélection. Dans tous les cas, il espère que de nouvelles élections lui donneraient une majorité homogène. Le personnage principal du nouveau ministère est M, E. Barton, attorney général, le chef eftectif de l'ancienne opposition

dont M. Dibbs était le leader apparent. C'est un adversaire résolu du parti ouvrier et, en même temps, Tun des plus chauds partisans de la Fédération australienne. Il a posé comme condition de son entrée dans le Cabinet que les idées dont s'inspirerait celui-ci dans l'affaire de la Fédération seraient les siennes propres, presque identiques sur ce point à celles de sir Henry Parkes. Un seul ministre, d'ailleurs, est un adversaire de la Fédération : c'est sir J. Salomons, vice-président du Conseil exécutif. Au point de vue économique, M. Barton, comme M. Dibbs, est protectionniste; mais à la différence de ce dernier, il est protectionniste seulement en ce qui touche l'Australie prise dans son ensemble, et non contre les autres colonies aulraliennes. A la fin d(B Tannée, sir Henry Parkes a refusé, pour raison de santé, d'être le leader de l'opposition qui s'est alors constituée en parti libre-échangiste, avec M. G. H. Reid à sa tête.

Queensland. — Une nouvelle grève de tondeurs de moutons a éclaté dans le courant de Tannée. Elle a duré plusieurs mois. Les tondeurs ne réclamaient pas une augmentatiou de salaire; ils prétendaient empêcher les patrons d'engager des ouvriers n'appartenant pas à leurs imions. Des conflits assez graves éclatèrent sur plusieurs points. La police fit preuve d'une grande énergie, les meneurs furent arrêtés, les violences réprimées, et, faute d'argent, VUninn des tondeurs réunis céda au milieu de Tété. Le travail reprit, mais la grève eut pour le commerce des conséquences des plus préjudiciables.

Nouvelle-Zélande. — Comme dans la Nouvelle-Galles du Sud, le parti ouvrier forme l'appoint de la majorité au Parlement. Au mois de septembre, la Chambre des représentants a voté un bill conférant à certaines catégories de femmes Télectorat local, ainsi que l'éligibilité au Parlement. Mais ce bill a été rejeté par la Chambre haute.

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Nécrologie.

Sir \V. Fifziterberl, président du Conseil législatif de la Nouvelle-Zélande depuis 1819. — Sir F. A. Weld, ministre en Nouyelle-Zélande de 1861 à 1869, gouverneur de diverses colonies australiennes de 1S69 à 1880 et des Straits Settlements, de 1880 a 1889. — Sir John Robertson, ministre en Nouvelle-Galles du Sud presque sans interruption depuis 18o8, trois fois premier ministre.

Bibliographie.

Howard Willonghby : Australian Fédération; ils aims and ils possibilities ^Melbourne).

ARCHIPELS OCEAN lENS

Indes néerlandaises. — Les revenus des Indes néerlandaises ont subi un notable accroissement, mais la situation ne s'améliore pas à Sumatra, troublée par des luttes intestines et par la guerre des Hollandais contre Achin; le gouvernement a recruté, pour combattre les Achinois, des noirs dans la République de Libéria. La guerre continue aussi contre les Battaks indépendants; sur les bords du lac Toba, les Hollandais ne possèdent que deux points. Le voyageur Modigliani a visité les Battaks et a fait la traversée de l'ile. L'ingénieur Izerman a aussi traversé l'île, de Padang à Sing; il a reconnu la possibilité de transporter le charbon des mines d'Umbilien, par la rivière Kwantang. Les plantations de tabac de Déli ont produit en 1891 219,000 balles.

L'anthropologiste Ten-Kate a visité des régions inexplorées ou peu connues de Timor; M. de Clercq continue l'exploration de Ternate, Tidore, Gilolo, etc. Chacun des l'onclionnaires hollandais se consacre à l'étude de sa circonscription, et nous leur devons de nombreuses et utiles informations. Plusieurs petites expéditions ont été dirigées par le gouvernement néerlandais contre les indigènes de Ui partie orientale de Flui'es.

Bornéo. — Les gouvernements britannique et néer-

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landais ont déterminé la limite de leurs sphères d'influence, qui Puil le 4° 20' lat. N., à partir de son intersection avec le 117° long. E. Gr. On a formé le projet d'un réseau de chemins de fer qui, combiné avec les fleuves, assurerait le développement du territoire néerlandais.

Le sultan de Brunei s'est plaint amèrement, dans le St7'ails Setlleruenls l'imes, que l'Angleterre, sous le prc^f^cloratde laquelle il est placé, ne l'ait pas défendu contre les usurpations du rajah de Sarawak (juin). Il repousse l'arrangement suggéré par lord Knutsford, en vertu duquel le i*ajah Brooke aurait payé au sultan une indemnité en compensation du territoire de Limbang : il lui a enlevé cette région en 1890 (\. année 1890, p. 539), ne se contentant pas des cessions faites en 1881, 1882 et 1883. Dans un grand conseil qui réunissait tous les chefs indigènes, le sultan a déclaré que, puisque l'Angleterre faisait si peu de cas des traités par lesquels elle promet sa protection, il était résigné à perdre ses possessions, mais qu'il ne les vendrait pas (septembre:. La question n'est pas encore résolue par le gouvernement britannique. Un rapport du consul général d'Angleterre à Bornéo, qui a visité l'État de Sarawak, montre avec quelle faveur les Anglais considèrent la principauté fondée par un aventurier anglais et gouvernée actuellement par son neveu; l'ordre règne dans tout Sarawak; Kuching est une ville bien tenue et très propre : le commerce extérieur est monté à 4,500,000 dollars en 1890; le gouvernement a créé des plantations modèles (poivre, thé, café). Le consul a reconnu que le Rejang est navigable jusqu'à 160 milles. Dans un conseil des chefs, sir Ch. Brooke a fait reconnaître son fils Vyner, âgé de seize ans, pour son héritier présomptif.

M. Vandeleur Creagh, qui est à la fois consul général d'Angleterre, gouverneur de Labuan pour la Couronne, et gouverneur des territoires de la Brilisk Bornéo Company^ a favorisé l'introduction de coolies dans le Bornéo

(lu Nord, en vue de donner une nouvelle impulsion aux cultures. La Compagnie a déjà obtenu des résultats notables. Les revenus de la colonie se sont élevés en 1890 à 599,239 livres; les dépenses sont de 464,000 livres. L'industrie se développe à Sandakan qui a 7,000 habitants dont 131 Européens. Le gouverneur est décidé à protéger les indigènes : il a fait condamner sévèrement deux Européens coupables de sévices envers eux.

Nouvelle-Guinée. — L'administrateur de la Nouvelle- Guinée anglaise, sirW. Mac Gregor a continué, comme il y a été autorisé en 1890, à employer les économies faites sur les revenus de la colonie, à diriger des explorations : ce sont des reconnaissances qui remplissent la première période de l'occupation d'un pays si mal connu. 11 a fait l'ascension du Kovio ou mont Yule et visité les lies Lachlan. 11 a conclu plusieurs traités avec les chefs indigènes voisins du mont Yule; il se propose de faire un établissement sur la rivière Saint-Joseph. Deux missions nouvelles, celle de l'Église d'Angleterre et les Wesleyens, sont venues s'établir à côté de la London missionary Society; un accord a eu lieu entre elles, pour la délimitation de leurs sphères d'action, en août 1890. Une force de police a été organisée.

La Nouvelle-Guinée allemande a été très éprouvée ; dans les deux premiers mois de l'année, la fièvre a enlevé, à Finschhafen, le directeur de la Compagnie, M. E. Wissmann, et dix agents. Le commissaire impérial Rose a décidé de transporter le .=iège de l'administration de Finschhafen, jugé trop insalubre, h Friedrichwilhelmshafen, près de la baie de l'Astrolabe. La ligne de navigation reliant la Nouvelle-Guinée à Sourabaya a été remplacée par une ligne se terminant à Singapour. — La Kaiser- Wilhelmsland Plnntngen Gesellsc/wft, mal conduite, s'est dissoute ; une nouvelle Société, la Compaynie de l'Astrolabe, a été fondée au capital de 2,400,000 marks; elle a engagé des Chinois et des Javanais pour la culture du tabac dans le voisinage

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