IMPORTATIONS. EXPORTATIONS
1889. . . Fr. 1,391,154,246 Fr. 950,645,760
Diminution en 1890. . . Fr. 74,568,418 Fr. 74,885,091
(2) Au 30 juin 1890, les forces de terre étaient de 2,817,523 hommes, y compris les officiers, soit :
Armée permanente 823,504 hommes.
Milice mobile 368,398 —
— territoriale 1,625,621 —
Total 2,817,523 hommes.
à ce sujet par la direction générale de statistique, il résulte que durant les neuf premiers mois de 1890, le nombre des émigrants a dépassé de 48,222 individus, le nombre de la période correspondante de 1889. En i889, rémigration totale fut de 218,412 individus. En 1888, elle avait été de 290,736 ; c'est le maximum qui eût été atteint jusqu'à présent ; le chiffre total pour 1890 se rapprochera sensiblement de ce maximuni. On a remarqué que l'émigration tend à diminuer dans le nord de l'Italie et en Sicile, tandis qu'elle augmente en Toscane, dans les Ahruzzes, les Fouilles et la Basilicate, et surtout dans la province de Naples. Ce sont ces dernières provinces qui sont, en effet, le plus éprouvées par la crise agricole et industrielle. '
La situation respective du Vatican et du Gouvernement italien est restée la même. Le pape a continué à affirmer dans ses allocutions les droits du Saint-Siège au pouvoir temporel, et M. Crispi n'a manqué aucune occasion de désigner la papauté comme le plus grand ennemi des institutions. Durant la période électorale, des catholiques de marque ont tenté d'obtenir de Léon XIII l'autorisation de prendre part aux élections, mais sans y réussir. Vers la fin de l'année, la Riforma, organe personnel de M. Crispi, accusa le pape de vendre des objets d'art en violation de la loi des garanties ; cette calomnie fut aisément réfutée, mais elle servit à son but qui était de réveiller l'anticléricalisme dans les masses. On fut assez près également de faire une question d'État du projet du pape de supprimer la gratuité de l'entrée des musées du Vatican.
Des indiscrétions sur des notes diplomatiques du Vatican au nonce de Vienne, M^"^ Galimberti, au sujet du non-renouvellement de la triple-alliance, révélèrent assez maladroitement au Saint-Siège (la publication en 5 t été faite parla Bi forma) que M. Crispi entretenait
< intelligences secrètes dans l'entourage le plus i le de Léon XIII. A la suite de cet incident, on parla
< "mbreux changements dansle personnel du Vatican.
LA TIE POUTIQUE A L'ETRANGEE la. Polîtîqae africaine a continué à occuper et occuper vivement Vopinion publique. On a vu Vie politique à l'étranger. 1889, p. 142, 143), qu'un fut signé à Rome au mois d'octobre 1889, entre vernement italien et Makonnen, ambassadeur de ik. La rédaction primitive de ce traité ayant subi nés modiPications, il était nécessaire que le roi ik le ratili&t sous sa nouvelle forme. Dans ce but, nte Antonelli et le comte Salimbeni partirent liatement pour le Choa. La nouvelle de la ratiîi-
du traité se fit attendre assez longtemps; ce ne 'à la fin de février que H. Crispi en donna comation à la Chambre. Dans l'intervalle, on avait i que le générai Orero avait poussé avec ses ts jusqu'à. Adoua, capitale du Tigré, où le Nêgous ivait régné jadis, et où le ras Aloula l'avait sup- , Cette occupation donna lieu à des conjectures es et ne laissa pas de jeter de l'inquiétude dans mts. La presse officieuse se hâta d'afOrmer que I n'avait nullement l'intention d'enlever le Tigré ëlik; Adoua serait gouvernée par un Indigène au e l'empereur d'Ethiopie, auquel elle serait livi-ée m arrivée dans le Tigré ; alors les troupes itas se retireraient et l'autorité de Ménélik sur cette Lce serait pleinement reconnue. On a su depuis .'agissait tout simplement de faire une démoDS- 1 militaire de nature à impressionner Ménélik et ener à ratifier de force le traité Makonnen qu'il montrait pas pressé de ratifier de bon gré. Peu nps après, le général Orero se retira avec ses !S et se replia sur le fleuve Mareb qui limite 'Ssessions italiennes du côté du Tigré.
découvrit un complot ourdi entre Hassan-Mussa- ;ad et Hamed-Kantebay pour surprendre les ;s italiennes àleur rentrée en Abyssinie; les de !S furent arrêtés et condamnés à la peine
au lieu de les exécuter, on les envoya en Ita r peine fut commuée en celle des des trav
forcés à perpétuité. Cette dernière décision a été prise à la suite de certaines circonstances qui firent douter de l'exactitude des accusations portées contre ces deux individus.
Cependant, on n'était pas trop rassuré sur la fidélité et la sincérité de Ménélik. Un télégramme publié par un journal de Naples répandit la nouvelle que l'empereur d'Ethiopie s'était adressé aux puissances pour leur demander aide et protection contre les Italiens. Cette nouvelle a été démentie; mais on est fondé à croire qu'elle est en partie exacte, en ce sens que le Négous a écrit à certains chefs d'État des lettres où il proteste contre l'interprétation donnée par le gouvernement italien à certaines phrases du texte italien du traité. Quoi qu'il en soit, on trouvait que la conduite de Ménélik laissait la porte ouverte à toutes les conjectures; le comte Antonelli et Makonnen étaient en route pour le rejoindre, mais il ne semblait pas se mettre en mouvement pour aller prendre possession du Tigré, prétextant tantôt des épidémies, tantôt la difficulté de ravitailler à travers le désert une armée de 200,000 hommes. On faisait également remarquer que Ménélik avait notifié directement aux puissances son avènement au trône, tandis qu'iiux termes de son traité avec ritalie il aurait dû se servir du canal de la diplomatie italienne. Gela faisait craindre que le traité ne fût pas fidèlement observé. Le Livre Vert récemment publié présentait du reste Ménélik sous un jour peu flatteur et produisait une assez mauvaise impression. On y relevait, entre autres choses, que l'occupation de l'Asmara avait été voulue, décidée et ordonnée par M. Crispi contre l'avis du ministre de la guerre et du général Baldissera qui pensaient que, s'il était facile d'occuper l'Asmara, il le serait moins de s'y maintei moins de sacrifices considérables, « surtout lélik ne tenait pas ses engagements ». Les injdes au sujet des affaires d'Afrique s'accrurent ystère dont le gouvernement les entourait, du
silence imposé aux correspondants des journaux, enfin du départ à Fimproviste du comte Ântonelli pour TAbyssinie, en novembre, au moment où il avait k soutenir sa candidature aux élections générales; le public reste dans Tignorance la plus absolue de Tobjet de son voyage, ainsi que de ses faits et gestes depuis son départ.
Au mois de juin, le général Gandolfî remplaça le général Orero comme gouverneur civil et militaire de TÉrythrée. Avant d'accepter ce poste, il exigea que Ton déterminât d'une façon précise sa position vis-à-vis des conseillers coloniaux du gouvernement qui siègent à Massaoua, afin d'éviter les froissements et les conflits d'attribution qui avaient gêné son prédécesseur. Il prétendit que le rôle de ces conseillers fût limité de manière à ne pouvoir contrecarrer l'action du gouverneur qui, en somme, a toute la responsabilité, au moins morale, des affaires de la colonie, et il obtint gain de cause (1).
Nécrologie.
18 janvier, le duc (VAoste (V. plus haut). — 3 octobre,. Alfred Baccarini, ancien ministre des travaux publics dans les ministères Cairoli et Depretis, l'un des fondateurs du journal la Tribuna dont il prit la direction politique quelques mois avant sa mort. — Le général comte Pasi, adjudant-général du roi. — Aurelio Saffi^ ancien triumvir de la République romaine. — Le sénateur Emmanuel d'Azeglio, — Le marquis d'Arçais, directeur de ÏOpinione.
BIBLIOGRAPHIE
Nous ajoutons les renseignements suivants à ceux que nous avons donnés l'année dernière (p. 146 et 147) sur la presse. .
A Rome : la Tribuna est devenue anti-ministérielle, sans arrière-pensée; un de ses principaux rédacteurs, M. Barzilai, a été élu député et siège à l'opposition (radical-irrédentiste). — La Cronaca Nera a cessé de paraître. — La Capitale, qui étail propriété de M. Sonzogno, propriétaire du Secolot de Milan, a
(1) Voir infra Massaoua et Abyssinie.
achetée par M. Imbriani, le député radical. — La Nuova Antologia, Revue bi-mensuelle, dans le caractère de la Revue des Deiix Mondes^ tribune ouverte aux meilleurs écrivains de tous les partis. — La Revue internationale y en français, dirigée par MM. de Gubernatis, comte Fantoni et D/Melegari.
A Naples : le Con^ieredi Napoliy journal de M. Schilizzi; très ministériel ; très hostile ù, la France ; intéressant seulement par les études politiques ou sociales que quelques écrivains de talent y publient de temps en temps, et par les nouvelles du Vatican qui sont fournies par M. de Cesare, l'auteur du Conclave de Léon XIII r k Chronique mondaine y est faite par Mathilde Serrao, -r Le fiowia, journal d'opposition de gauche.
Comte Langrand.
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