ASIE EUSSE ET PAMIR
I serait susceptible. -*- La banque d'État Russe a établi
I une succursale à Samarcande.
I La seconde exposition des produits du Turkestan a eu lieu à Tachkend du 17-30 août au 6-19 septembre. La première avait eu lieu en 1886. On avait écarté de celle-ci ce qui présentait un intérêt de pure curiosité. Les pavillons les plus intéressants étaient consacrés à la soie et au coton. « Produire assez de coton pour que TAmérique n'en expédie plus en territoire russe, tel est un des rêves chers aux habitants du Turkestan. On peut prévoir Tépoque où Moscou trouvera en Asie centrale tout le coton qui lui est nécessaire. La production actuelle de la soie n'est que le septième de ce qu'elle était il y a douze ans ; la maladie qui a décimé les vers à soie a dégoûté les indigènes; le gouvernement russe a créé des stations séricicoles où la graine, vérifiée par les procédés modernes, est donnée gratis aux indigènes ; mais la quantité produite par ces stations est insuffisante; et un Français place des graines au Turkestan. Le fil obtenu par des procédés primitifs est défectueux; on commence à introduire des métiers européens. » [Journal des Débats.) M. Ed. Blanc, délégué du ministère français de l'agriculture a fait un long séjour dans le Turkestan ; il en a profité pour traverser le Pamir d'Och à Kachgar et est revenu en Sibérie à travers les Thian- Chan.
Bien que la Russie ait dû laisser à la Chine la province de Kouldja, de nombreux voyageurs russes prennent cette province pour point de départ de leurs exploralions dans la partie occidentale de l'empire chinois; de juillet 1889 à décembre 1890, les frères Groum-Grjmaïlo ont parcouru le Thian-Chan oriental, et les régions de Khami, du Koukounor et du Lob-Nor, traçant un itinéraire de 7,300 kilomètres. C'est de Kouldja que sont I .s M. Bonvalot, le prince Henri d'Orléans et le I " ^eken pour traverser le continent asiatique, reliant à fers le Thibet les possessions russes à l'Indo- ( ~ française par un itinéraire tracé en partie en
pays inconnu (le Lob-Nor, Tcharkalik, le Tengri-Nor, Batang, le Setchouen et le Yunnan, 1889-1890.)
Caucase. — Le général Cheremetiev a été nommé gouverneur général du Caucase en remplacement du prince Dondoukov Korsakov (juin). Pour favoriser le commerce de la Russie avec la Transcaucasie, la Perse et TAsie centrale, il est question d'unir le chemin de fer transcaucasien au réseau russe. Deux projets sont à Tétude : 1° ligne de la mer Noire, entre Petrovsk et Batoum; 2° ligne partant de Vladicaucaz, traversant le défilé de Roki et aboutissant à Gori, à Touest de Tiflis: on doit aussi relier Vladicaucaz à Petrovsk.
Khiva et Bokhara. — Le Turkestan indépendant ne comprend plus aujourd'hui que les États de Khiva et de Bokhara, vassaux de la Russie. L'émir de Bokhara, Saïd-Abdul-Ahad, qui, né en 1860, a succédé en 1885 à son père Muzaffer-ed-din, a demandé au tzar des instructeurs pour son armée qui portera l'uniforme russe. On lui prête l'intention d'introduire la langue russe dans les écoles et de créer une banque sous le contrôle d'un agent russe. Le célèbre voyageur Lessar a été nommé (avril) résident de Russie à Bokhara. L'émir de Bokhara et Saïd-Mohamed-Rahim, Khan de Khiva (né en 1845, Khan depuis 1865) ont été à Tachkend saluer le nouveau gouverneur général. Leurs États ont été visités par le ministre des finances de Russie qui en a étudié les ressources économiques. Les marchandises anglaises ne pénètrent plus dans cette région qui fait du commerce presque exclusivement avec la Russie.
Pamir. — La situation du Pamir, forteresse naturelle entre les possessions de la Russie, de l'Angleterre et de la Chine, a attiré l'attention des gouvernements de Saint-Pétersbourg et de Calcutta. Les petits États indépendants sont menacés de disparaître. A Test, les Chinois, maîtres de Kachgar et du Turkestan oriental, t les voisins immédiats du Pamir. La grande routt i Turkestan aux Indes, de Tachkend à Ladak, passe Kachgar et Yarkend. Dans cette direction, les Anf^ ,
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