PERSE
avail obtenu, pour cinq ans, le privilège de construire des chemins de fer en Perse. Les premières autorisations furent données, de 1868 à 1871, à des syndicats allemands, autrichiens et anglais; en 1872, vint la concession Reuter, pour une ligne entre la Caspienne et le golfe Persique ; des travaux furent commencés, mais Thostilité de la Russie et l'opposition des réactionnaires persans rendirent leur continuation impossible. En 1874, le baron Falckenbergen obtint la concession d'un chemin de fer entre TAraxe, sur la frontière russe, Tauris et Téhéran; mais il ne put réunir les fonds nécessaires. En 1878,- un Arménien, M. Alléon, fut autorisé à construire, entre Recht et Téhéran, une ligne qui ne fut jamais commencée. Enfin M. Boitel obtint une série de concessions dont les principales (Recht à Buchir-Recht à Téhéran), eurent le sort habituel ; il réussit pourtant à construire une petite ligne entre Téhéran et un lieu de pèlerinage très fréquenté, à 6 milles au sud de cette ville, le tombeau du shah Abdul-Azem. Elle a été ouverte en 1885 et, les jours de fête, elle a fait jusqu'à 3,000 francs de recettes. Il y a dans le Mazenderan, près de la Caspienne, une autre voie ferrée qui est la propriété d'un Persan. Celui-ci avait entrepris, pour donner de l'essor à Mahmud-Abad, de relier ce port à la ville d'Amol, qui n'est qu'à six jours de marche de Téhéran; il espérait détourner à son profit le commerce russe de Recht Mais, pour des raisons financières, il ne put «'entendre avec les ingénieurs belges qu'il avait fait venir, et il dut employer des ouvriers persans, peu experts en pareille matière ; la ligne est actuellement • construite, mais elle n'est pas exploitée, et la locomotive unique repose avec ses douze wagons dans un hangar de Mahmud-Abad. Notons pour mémoire que la Yiii« ^Q Téhéran possède un tramway.
lée. — Il y a 30,000 hommes présents sous les drap . ; sur le pied de guerre l'armée comprendrait 90,000 h nés, avec l'infanterie irrégulière levée et entretenue p *î districts, et la nombreuse cavalerie fournie par
les tribus nomades et commandée par leurs khans. Les troupes sont armées de carabines Werndl, ou de chassepots et fusils à tabatière pris sur la France en 1871 et revendus par les Allemands. Il y a en Perse une fonderie de canons, et une capsulerie dirigée par un Français.
BIBLIOGRAPHIE
The 7'iver Karun, par Alnsworth (Londres). — Die verkehrswege Persiens, par Rausch v. Trachenberg (Halle)..
FRIQUE
léral de la Conférence de Berlin la validité de la prise de possessioD des cAtes africaines, chacune des puissances colonisatrices a cherché à établir d'une manière incontestable ses prétentions. Non seulement elles ont conclu de nouveaux traités avec les indigènes, mais elles ont imaginé de s'entendre entre elles, afin d'éviter les conflits, sur la délimitatinn de leurs sphères d'influence ou zones d'intérêts. 11 s'agit moins, d'ailleurs, d'intérêts nés et actuels que d'une inHuence future. Chaque État considère comme întré dans le rayon de son action les pays voisins de ses [wsBessions directes. On a même imaginé la théorie de ^kintertand, en vertu de laquelle la sphère d'influence l'une colonie européenne comprendrait i' arriére-pays; nais par quels points et dans quelles directions doivent Stre tirées les lignes qui déterminent la largeur de l'hin- *rland? et à quelle distance de la côte faut-il le borner? Il ne peut y avoir de règle à cet égard, parce qu'il ne ; pas d'appliquer des principes de droit, mais de ne uvoir pour les autres de mauvais procédés inutiles : |ue puissance redoute de voir ses colonies réduites '"■* d'enclaves et craint d'être gênée parie voisinage
378 LA VIE POLrriQTJE A L'ÉTRANGER
de voisins trop rapprochés. Le partage du continent en sphères d'influence est d'autant plus opportun qu'il ne saurait donner lieu à des discussions aussi irritantes en ce moment qu'il le ferait le jour où les pays, distribués aujourd'hui un peu au hasard, seraient l'objet de préoccupations plus pressantes. C'est déjà quelque chose que d'avoir fixé les grandes lignes et d'avoir assigné à chaque nation son domaine et son œuvre. Au point de vue de la civilisation, on peut espérer que la tâche des puissances coloniales sera plus facile lorsque leurs zones d'intérêts, bien déterminées, ne s'enchevêtreront plus. L'année 1890 a vu de grands partages portant sur d'immenses régions, en partie inexplorées. L'année 4891 terminera peut-être le démembrement du continent noir. Il s'agit maintenant pour les États européens, moins d'étendre indéfiniment leurs possessions nominales que de les connaître et de les utiliser. Les gouvernements et les particuliers, soutenus par le mouvement très réel de l'opinion, paraissent s'en préoccuper sérieusement; il importe avant tout, à chaque pays de former un plan d'ensemble qui soit suivi avec constance pour l'administration de ses colonies d'Afrique ; il appartient aux capitalistes et aux commerçants de diriger, dans la sphère d'influence de chaque nation, sous le contrôle et avec la protection de l'État, des entreprises économiques. En France, un certain nombre de personnalités ont donné, en 1890, un exemple d'initiative utile en organisant plusieurs explorations, après la conclusion du traité du 5 août (voir: Sahara et Afrique occidentale), et en formant, en dehors de toute préoccupation d'affaires, le comité de l'Afrique française pour développer l'influence et le commerce français en Afrique. Le nombre des œuvres vouées à l'exploitation des richesses de nos colonies d'Afrique a augmenté d'autre pari, et on a préconisé, pour hâter la mise en valeur des pays ne la création de grandes sociétés privilégiées analog aux puissantes Compagnies britanniques. Dans les au pays, les mêmes problèmes se posent; la politique ^
ir est partoul et avant tout une ique Etat veut avoir ses Indes
blioghaphie.
vicomte E.-M. de Vogué (Revue dei , — De t'occupation dti lerntoiret aona 'aris). — Pomedimenli e proteltorati an de l'êUt-major général îtalieD). — , par Ltiddecke (nouvelle édition A« ri^ue {carte de lAllas de GéograpkU , Prudent et Anthoine). — The deve- .. Silva White. — Cartographie de {Journal de la Société de géographie
EPTENTRIONALE
ies, la Turquie a consolidé son ne. Dans la Cyrénalque, la con- . constitue une vraie puissance ire; elle domine l'oasis de Kou- •.s lignes de pénétration dans le
Soudan, il n'est pas de pays mieux partagé que la Tripolitaine : Tripoli et Benghazi ont des coramunicatioDS commerciales fréquentes avec In-Calah, TAïr, le Damergou, Bilma, le Tibesti, les pays du lac Tchad. Des garnisons turques occupent Ghat et Ghadamès.
Vers la fin de Tannée, les troupes établies en Tripolitaine ont été renforcées. Il serait inutile de mentionner les bruits répandus par les journaux sur les projets de ritalie et sur de prétendus préparatifs d'agression faits par la France, si M. Ribot n'avait saisi l'occasion, dans deux séances de la Chambre des députés (4 décembre 1890 et 22 janvier 1891) d'affirmer l'amitié de la France pour la Turquie et le respect du gouvernement de la République pour les droits du sultan. Il n'y a pas de délimitation entre les dépendances de la Tripolitaine et la zone d'influence française dont parle la convention franco-anglaise (voir Sahara). Lord Salisbury a déclaré à la Chambre des lords que 'cette convention « n'aflFectait ni ne visait à affecter les droits quelconques que la Turquie peut avoir sur les pays situés au sud de Tripoli ».