BRÉSIL
An début de 1890, la situation au Brésil est encore révolutionnaire. Le gouvernement provisoire présidé par le maréchal D. da Fonseca affecte des allures nettement dictatoriales. Arrestations, expulsions, suspensions de journaux sont choses fréquentes; on organise une cour martiale pour juger sommairement les faits politiques. En outre, le nouveau gouvernement lance de nombreux décrets pour augmenter l'armée, établir le mariage civil et la séparation de l'Église et de l'État (10 janvier); ordonner la naturalisation forcée des étrangers ayant deux ans de résidence, convoquer une Assemblée consU- '■'inte élue au suffrage universel; créer des banque.': imiasion, etc., etc.
Il est résulté d'abord de toutes ces mesures prises inomptu quelque anarchie et beaucoup de protestations, i fallu adoutir les mesures relatives aux étrangers,
tenir plus de compte des droits acquis en matière de banques à caractère public. D'autre part, Tarmée, aug-. mentée et mieux payée, a montré à plusieurs reprises de l'indiscipline, et le gouvernement a plié devant ses volontés. En mai, une émeute grave éclata à Porto- Alègre contre Tattitude du gouverneur; il y eut conflit avec la police; le sang coula.
C'est au milieu de ces difficultés que le gouvernement provisoire « constitué par l'armée et la marine au nom de la nation », selon son étiquette officielle, a promulgué le 22 juin une Constitution rédigée en pleine période arbitraire, et imposée telle quelle au pays. Cette constitution établit la responsabilité du chef de l'État, exclut les ministres des Chambres, fait nommer le chef de l'État au suffrage à deux degrés pour cinq ans, et les Chambres au suffrage universel pour trois ans et neuf ans. L'État est fédératif, avec dispositions unitaires en ce qui concerne la législation civile, criminelle et commerciale, l'armée et la marine, les postes, la monnaie, les traités, la Constitution et la justice.
Le 15 septembre ont eu lieu les élections législatives. Les candidats soutenus par le gouvernement furent élus partout sans difficulté. Cela n'empêcha pas un conflit asez grave d'éclater en octobre entre les membres de ce même gouvernement, mais on n'alla pas jusqu'à la rupture ouverte. La session parlementaire s'est ouverte dans ces conditions au milieu de l'indifférence générale.
Le nouveau gouvernement brésilien n'a été reconnu par la France qu'en juin 1890, lorsque certaines difficultés relatives au décret sur la naturalisation ont été réglées, de façon à laisser à nos nationaux un peu plus de latitude, notamment au point de vue des délais et des déclarations. Le Brésil a promis de se montrer fort large, mais en somme il a fait peu de chose ou riei
Le commerce extérieur du Brésil a atteint en 1887-188 (dernière année connue), un total de près de 1,200 milions de francs, dont 650 millions à l'importation <
AMERIQUE DU SCTD 52&
550 millions à rexportation. Le principal at*ticle de sortie est le café ; les autres : tabac, or, cuirs, bois, sont peu de chose. Les articles d'entrée comprennent à peu près tous les objets manufacturés, et les pays fournisseurs sont : l'Angleterre, 120 millions de francs ; TUru-^s guay, 40 millions ; la France, 43 millions ; TAUemagne^ 33 millions, etc.
D'après un document publié récemment, les dettes du Brésil ont cru dans la proportion suivante :
Extérieure, Intérieure,
1827. — 18,264,000 doll. 5,000,000 doll.
1889. — 270,400,000 doll. 543,600,000 doll.
Le Brésil continue à faire de grands eflForts pour attirer des immigrants, surtout des Allemands et des Italiens ; il y a des agences en Europe dans ce but. Mais il ne suffit pas d'appeler les populations, il faut encore pouvoir les employer, or le Brésil n'est pas organisé sur un pied suffisant pour absorber indéfiniment ses nouveaux hôtes. Si bien qu'en 1890, un bon nombre d'immi-. grants a dû, sous peine de mourir de misère, passer dans les pays voisins, ou même revenir en Italie aux frais du gouvernement brésilien, qui dut payer leur retour comme il avait payé leur venue. En trois mois, trois mille Italiens quittèrent ainsi le pays. L'immigration russe a pris cette année un développement inattendu.
Blbliographie.
Lettres du Brésil^ par Max Leclerc (Paris). — Faslosde Dictadur^
Militar no Brazil, par F^ederico de S. — Advento de Dictadura
Militar no Brazil^ pelo Visconde de Ouro Preto (Paris). — Res-
posta as Meusageus do Recife e Nazareth, por Joaquim Nabuco
(Rio). — Porque continuo a ser monarchista^ por Joaquim Nabuco
/r — idres). — Agradecimento dos Peimambucanos, por Joaquim
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zily pelo Dr. J.-J. de Carvalho (Rio de Janeiro). — Quatro mezes
idministraçao financeira no Brazil^ por L. R. 0. (Lisbonne.)
ipontamentos para a Historia da Republica dos Estados Unidos.
^razil, por M. E. de Campos Porto (Rio).