CHILI
Le Chilif le plus paisible et le plus stable jusqu'ici des Ëtats sud -américains, commence depuis plusieurs années à ressentir les effets fâcheux d'une désorganisation due à des causes lointaines et profondes, dont les conséquences vont en s'accentuant de plus en plus vile. L'année 1890 porte la trace de cet état de choses. Le renouvellement de la présidence de la République était d'ailleurs une occasion spéciale d'agitation politique. Dès l'année dernière, une lutte passionnée s'était engagée à ce propos. Le président sortant, M. Balmaceda, avait d'abord contribué à l'adoucir en s'engageant publiquement à ne point intervenir dans l'élection; mais, au début de 1890, il changea de ministère et rentra en fait dans la lutte électorale, ce qui lui donna de nouveau un caractère aigu. Bientôt une crise grave menaça le récent cabinet battu en brèche par une opposition ardente ; à l'ouverture des Chambres (juin), il fit place à un cabinet de conciliation, renversé presque aussitôt par la Chambre, qui en outre refusa de voter le budget, se mettant ainsi en lutte ouverte avec le président. Celui-ci répondit par un décret restreignant le droit de réunion, et par des menaces dirigées contre la majorité. Des réunions populaires tumultueuses suscitées par cette attitude déterminèrent M. Balmaceda à se prêter à une conciliation. En conséquence, il consentit à examiner diverses réformes constitutionnelles toutes destinées à restreindre ses pouvoirs, et constitua un cabinet de conciliation en vue de suivre ces réformes.
La situation parut alors s'apaiser un peu ; le Congrès discuta et vota diverses réformes importantes, notamment la suppression du Conseil d'État, une loi municipale, etc. En octobre, une nouvelle crise ministérî , fut résolue assez vite par la constitution d'un i V€du cabinet mixte, qui ne contenta naturellement sonne. \En novembre, la lutte prit un caractère « :