ARCHIPELS OCÉANIENS
d'école indigène, distributeur ordinaire des largesses des missionnaires méthodistes. Des troupes furent aussitôt envoyées à Oua; les Espagnols ont pénétré jusqu'aux villages des Mutalani qu'ils ont brûlés ; ils ont tué 150 indigènes environ (septembre). Au mois de novembre, une nouvelle expédition commandée par le colonel Serrano, s'est emparée de Ketan. • Fiji. — D'après le rapport présenté à la Chambre de commerce de Levuka (île Ovalau) par son président sortant, M. Cave, le 9 janvier 1890, le mouvement commercial de l'archipel a été plus actif en 1888 qu'il ne l'avait été depuis l'annexion de 1874 : le chiffre total du commerce a été de 560,201 livres sterling, dont 377,000 pour l'exportation. Le chiffre des importations a diminué : les résidents européens quittent les îles : ils étaient 3,435 en 1885, 1,900 en 1887; la population indigène, en trois ans, a diminué de 2,000 personnes. — Le revenu de l'archipel a été en 1889 de 63,700 livres sterling, les dépenses de 57,700; la dette publique monte à 276,827. -^ La culture du café a presque disparu, celle du coton est menacée; l'exportation du maïs a diminué de moitié, mais celle du sucre a grandi dans d'énormes proportions; l'industrie sucrière, qui est surtout aux mains de la Colonial Sugar refining C®, fait une concurrence redoutable à celle du Queensland. Tonga. — Le commissaire britannique du Pacifique occidental, sir J. Thurston, gouverneur des Fiji, a invité le 17 juillet M. Shirley W. Baker, premier ministre, du roi des Tonga, et sujet britannique, à quitter l'archipel, où sa conduite arbitraire et sa mauvaise administration financière provoquaient un sérieux mécontentement. Son successeur a été le prince Pougi. Les indigènes que Baker avait exilés parce qu'ils avaient refusé d'abandonner le wesleyanisme pour la nouvelle ;\ise Libre fondée aux Tonga, sont revenus dans irchipel. Le commerce des Tonga a été en 1889 de ^6,422 dollars (dont 344,000 représentant les transac- )ns avec l'Angleterre, 269,000 avec l'Allemagne). Le
principal article d'exportation est la copra. — La population est de 22,000 habitants environ.
Samoa. — Conformément à l'acte final de la conférence relative aux affaires de Samoa, les gouvernements de Londres, de Berlin et de Washington ont déféré la nomination du grand-juge des Samoa au roi de Suède qui a désigné M. de Cedercrantz. Celui-ci est arrivé à son poste à la fin de Tannée 1890. Une ordonnance impériale du 29 octobre a décidé dans quels cas les sujets de TEmpire seraient soumis à sa juridiction et quelles affaires relèveraient des autorités consulaires allemandes. Mataafa a été interné à Savaii (août).
Iles Sandwich. •— Des élections générales ont eu lieu à Hawaï le 5 février; elles ont été une défaite pour le gouvernement et une victoire pour le parti de la réforme nationale. Le 5 juillet, un nouveau ministère a été composé de M. J.-A. Cummins, aux affaires étrangères, de M. C.-N. Spencer, à l'intérieur, de M. G. Brown, aux finances, et de M. A.-P. Petersen, comme procureur général et chef de la police. Les progrès du parti révolutionnaire ont été un moment très menaçants. — Le budget 1890-1892 porte en dollars 2,862,505 de recettes et 2,781,814 de dépenses. Le roi Kalakaua est parti pour les États-Unis en novembre 1890; on a prétendu à tort qu'il voulait leur céder son royaume pour bénéficier de la prime de sortie accordée aux sucres par le bill Mac-Kinley. D'ailleurs les États-Unis exercent sur le royaume hawaïen un protectorat de fait suffisant pour leurs intérêts, et l'annexion de ce pays leur créerait des difficultés avec les autres puissances. Une jeune Anglaise, miss Fowler, religieuse catholique sous le nom de sœur Rose-Gertrude, avait voulu prendre, à la léproserie de Molokaï, la succession du père Damien ; ses démêlés avec le Conseil de santé d'Honolulu l'obligèrent à y renoncer et de sœurs de charité qui soignent déjà lés femmes de léproserie de Kahionlani ont dû prendre ce service.
AECHIPEI£ OCÉANIEîrS
l'illùnn Lawlkian Green, aé à Londres en 1S13,
plusieurs fois ministre des atfsires Étrangères des Iles HawaJ, mort à Honolulu,
BlBLIOGRAPHlS.
W. H. Treacber, Briliah Bornéo : SIcelches ofBrunai, Sarawak, Latntan and North Bomeo [Journal of tke SlraiU brandi of tke Royal Âsiatk Society, n« 20, 1889; n" 21, 1890.) ~ TAe nuatralian handbook (iocludiog Fiji und New-Guiiiea). par Gordon et Gotch (Melbourne). Carie des Monls Finistei-re, par H. ZoUer {mileilungen de Petermanu, n" 10). — Carie df la côle aeplentrionale de la Nouvelle-Guinée hollandaûe {à I/IIIOOOOO; bureau hydrographique de Elatavia). — Carte d'une poi-tit du sud-est de la Nouvelle-Guinée (k 1/280000; Surveyor's Geoeral's OtBce, Brisbane). — Ânntial report otl Briiiah New-Guinea, par Sir W. Mac firegor (avec cartes et appeadices). — Fvrther correspondence re*pecting New-Guinea, n* 5S83. •— Lord Bovie'a hland, par R. Etheridge (Sydoey, 1889). — A naturalisl among the head-hunters [lies Salomou), par C. M. Woodtord (Londres). — Carte des îles Marshall (Amirauté allpmande; à 1/200000). ~ livre blanc, 8» partie (Samoa, n" 3). — Jleport on tke Berlin conférence relafing to Samoa {Livre bleu). — Tkrougk atolls and islands tn Ihe Great South Sea, par Mosb (Londres). — Aux Antipodes, par <i. Vei'schuur (Paris).
Conférence de Bruxelles pour l'abolition de la traite. — M^' Lavigerie avait convoqué, pour 1889, un congrès international anti-esclavagiste qui devait se réunir à Lucerne pour aviser aux. moyens de combattre non pas l'esclavage, mais la traite; il -agissait ainsi à la suite d'un accord entre les comités nationaux des sociétés anti-esclavagistes. Diverses circonstances empêchèrent la tenue de ce congrès. Mais, dès le 21 mare 1889, la Chambre des communes, sollicitée par les mêmes sociétés, avait invité le gouvernement britannique à se mettre à la tète du mouvement. En mai 1889, le cabinet de Bruxelles fit des ouvertures à plusieurs puissances en vue de la réunion d'une conférence. La conférence s'est en effet ouverte à Bruxelles le 16 novembre 1889 et a siégé jusqu'au 2 juillet 1890.
L'une des causes qui a compliqué la tâche de l'assemblée, est qu'il s'est élevé des difficultés ayant pour origine les compétitions territoriales des puissances, bien que, dès sa première réunion, la conférence eût décidé que « les questions de souveraineté territoriale restaient en dehors de sa compétence. »
Les plénipotentiaires anglais, jaloux de défendre 1
(1) Pour la conférence internationale de BerUn sur les questic ouvrières, v. Allemagne, p. 14 et 15.
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intérêts de leurs compatriotes de Manchester, se sont montrés hostiles aux mesures proposées contre Timportation des armes, que la France eût voulu étendre à tout le continent. L'importation a été défendue dans les régions ravagées par la traite, c'est-à-dire dans la zone comprise entre le 20* parallèle Nord et le 22® Sud (sauf Madagascar). L'importation des fusils de traite est autorisée, moyennant certaines conditions de surveillance. Ces mesures n'ont été prises que pour une période de douze ans. La conférence a écarté l'idée de la formation d'une milice internationale destinée à combattre les traitants. Les mesures relatives à la restriction du commerce des spiritueux ont rencontré l'opposition des gouvernements des États-Unis et des Pays-Bas, dont les négociants sont intéressés, con\me ceux de Hambourg, au développement de ce trafic. On a fait une distinction entre les régions où l'alcool n'a pas encore pénétré ' '.M
et celles où l'usage des spiritueux existe déjà. Dans les premières, l'entrée ou la fabrication des boissons spiritueuses est interdite ; dans les secondes, on a établi un droit minimum d'importation, très faible, 15 francs par hectolitre d'alcool à 50 degrés.
L'Angleterre a fait d'importantes concessions à la France sur la question du droit de visite. On sait qu'elle a conclu avec presque toutes les puissances des conventions qui accordent à ses croiseurs, à charge de réciprocité, le droit de visite sur les navires suspects, mais que la France se charge de faire respecter seule, par les navires qui portent son pavillon, les lois sur la traite; les plénipotentiaires ont maintenu ce principe. L'Angleterre a admis que la zone dans laquelle elle peut exercer le droit de visite sur les navires des puissances qui le lui ont accordé à charge de réciprocité, fût déli- '^ée de façon à exclure l'Afrique occidentale, l'Afri- 3 australe et Madagascar. L'exercice de ce droit a restreint aux navires à voiles de moins de 500 tonlux. Si le droit de visite ne s'applique pas aux bâtints français, ils seront néanmoins soumis, comme
tous les navires, aux règles concernant Tusage du pavillon, qui ont été arrêtées par la conférence d'une façon complète et précise, de manière à empêcher l'usurpation de couleurs étrangères.
La conférence de Bruxelles impose aux Ëtats qui ont des possessions en Afrique des charges assez lourdes pour arriver à l'extinction de la traite. Ceux qui ont des territoires dans la zone du commerce libre établie en 1885 ne peuvent cependant, en vertu de l'acte général de la conférence de Berlin, y établir de droits d'entrée; l'État du Congo était notamment dans une situation pénible parce qu'il se trouve en entier dans cette zone. La conférence a autorisé en principe l'éta/blissement de droits d'entrée s'élevant au maximum à
10 p. 100. Cette disposition a fait l'objet d'une déclaration annexe à l'acte général. Le commerce des Pays-Bas étant intéressé au maintien de l'état de choses, le gouvernement néerlandais ne voulait autoriser que des taxes locales et des droits d'exportation et il refusa de signer l'acte du 2 juillet. On décida de laisser le protocole ouvert pendant six mois, pour donner au gouvernement de La Haye le temps d'y adhérer.
Une commission fut réunie à Bruxelles le 4 novembre pour examiner la question du tarif des droits d'entrée.
11 a été décidé que l'ancienne zone du commerce libre serait divisée en deux : l'une, comprenant le Congo français, l'État indépendant et la partie. septentrionale des possessions portugaises; l'autre, l'Afrique orientale anglaise, allemande et italienne. Les puissances ayant des possessions dans l'une ou l'autre de ces zones seront libres d'y régler leurs tarifs, dans la limite de 10 p. 100, en s'entendant avec les États de la même zone. L'État du Congo s'est engagé, par un accord spécial avec la France, à procéder à la revision des droits de patente et de sortie sur divers produits qui avaient souk de vives réclamations. Dans ces conditions, le gouv< aement néerlandais consentit à adhérer à l'acte de conférence, le 30 décembre. — Une conférence ac
i libre, s'est tenue & Paris, du 22 au 25 sepis la présidence du cardinal Lavigerie.
■ noirs, par le baron d'Avril {Rtvue d'hiiloire dxplo- La conférence de Bruxelles {Correapondant, !5 juilt gris, publiés par le gouvernement belge.
pénitentiaire de Saint-Pâfersbourg. — Ce la eu lieu au mois de Juin a été le quatrième litentiaire. Le premier congrès s'était réuni eu 1812; le second, à Stockholm, en 1878; e à Rome en 1885. Le tzar et l'impératrice fi l'inauguration du congrès de Saint-Péters-
eu pour président M, Galkine-Wraskoy, Iministration générale des prisons à Saintg, et pour vice-président M. Louis Herbette, s l'Administration pénitentiaire de France et lélégation Trançaise. Le congrès a été divisé tioas : législation pénale, institutions péninstitutions préventives. Une exposition péniait été organisée au manège Michel.
i questions agitées devant le congrès, il faut le du sauvetage des Jeunes délinquants. On onformément aux conclusions des représenùs, qu'il valait mieux organiser une tutelle délinquants que prescrire des châtiments Mais on n'a pas déterminé les conditions .abilité pénale de l'enfant aux divers âges, nt h l'exécution de la peine à. laquelle le quant a été condamné, on s'est demandé s'il le lui faire exécuter la peine de l'emprisonne façon effective. La question a été remise Le congrès s'est occupé du mode d'exé-
longues peines. Il a admis que le conivait être employé à des travaux même exjurvu qu'il n'y ait pas de contact entre les
condamnés et la population libre. La question des incorrigibles a soulevé de vifs débats; il a été conclu qu'il y avait lieu sans doute de prendre vis-à-vis des maU faiteurs invétérés des mesures spéciales, mais qu'il appartenait à chaque peuple de mettre à l'étude les divers moyens d'action qu'il emploierait (emprisonnement, transportation, etc.), en s'inspirant de ses conditions économiques et géographiques particulières. Le congrès a étudié aussi la question du travail dans les prisons et de la concurrence qu'il peut faire à l'industrie privée, et l'organisation d'une statistique pénitentiaire internationale.
Bibliographie.
Le Congrès et l'exposition spéciale de Saint-Pétersbourg ^ juinjuillet 1890. Travail et documents présentés au ministre de rintériéur par L. Herbette. Paris, septembre 1890 (Extrait du Journal officiel de la République française, 10 et 11 septembre 1890).
Congrès international d'Anvers pour l'étude des questions relatives au patronage des détenus et à la protection des enfants moralement abandonnés. — Tandis que le congrès de Saint-Pétersbourg avait été convoqué pour étudier les moyens de répression, le congrès d'Anvers avait pour objet les questions d'amendement et surtout d'assistance pénitentiaire. Ce congrès a été tenu du 9 au 16 octobre, et il était composé de près . de quatre cents membres. M. Guillery, avocat helge, . ancien président de la Chambre des représentants, a été nommé président du congrès. M. Lejeune, ministre de la justice en Belgique, a prononcé le discours d'ouverture. Le congrès avait à rechercher les mesures d'assistance préventive capables de restreindre, parmi lei enfants, la mendicité et le vagabondage, les moyen! d'enlever aux maisons de correction le plus de sujets possible par une meilleure organisation de l'assistance
d« Tenfance, enfin il devait s'efforcer d'obtenir le relèvement moral des enfants délaissés qui forment là; pépinière du yice et du crime et deviennent plus tard des récidivistes. Le congrès a été divisé en trois sections s'occupant : la première, de la protection de l'enfance; la seconde, des détenus et libérés; la troisième, de la mendicité et du vagabondage.
Union internationale de droit pénal, -r- L'Union internationale, de droit pénal a tenu à Berne sa seconde session du 12 au 14 août, sous la présidence de M. Ruchonnet, président de la Confédération helvétique. La première session avait eu lieu à Bruxelles en 1889 (7 et 8 août). L'Union se compose de savants indépendants sans caractère officiel. Les criminalistes réunis à Berne ont çliscuté principalement deux questions : 1* Y a-t-il des incorrigibles parmi les délinquants et comment faut-il les traiter ? 2" Quelle est la situation du mineur devant la loi pénale ? La prochaine réunion doit se tenir à Christiania.
Conférence de Madrid pour la protection de la propriété industrieUe. — Une conférence internationale pour la protection de la propriété industrielle s'est réunie à Madrid du 5 au 14 avril. Les Ëtats représentés étaient au nombre de quatorze, savoir : l'Allemagne, l'Angleterre, la Belgique, le Brésil, les États-Unis, l'Espagne, la France, le Guatemala, l'Italie, les Pays- Bas, le Portugal, la Suède et la Norvège, la Suisse et la Tunisie. La conférence s'est occupée tout spécialement de la répression des fraudes par fausse indication de provenance mise sur les produits industriels ; elle a adopté un arrangement concernant l'enregis- *"ement des marques de fabrique au bureau internaonal de Berne ; enfin elle a modifié sur quelques )ints la convention de Paris, du 20 mars 1883, qui a ibli Y Union internationale pour la protection de la opriété industrielle.
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ConTflntion internationale de porte des marchandises par cbi convention est relative à l'unifies en matière d'exploitation des che avait, dès 1878, pris l'initiative
ce sujet ; des réunions avaient aeja eu neu en laia, 1881, 1886, mais ce n'est que le 14 octobre 1890 qn'une convention put être signée. Les Ëtats qui ont adhéré à l'acte définitif sont : la France, l'Italie, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Autriche- Hongrie et la Hussie. Le but de cette convention a été d'assurer le transport par chemin de fer des marchandises & travers les Etats contractants, d'une façon non interrompue, comme il s'effectuerait sur le réseau d'une compagnie unique. Pour atteindre ce résultat, la convention de Berne a dû organiser un système de lettre de voiture directe supprimant les complications résultant du passage d'un pays dans un autre. Les Ëtats contractants seront désormais obligés d'effectuer le transport par toutes les lignes qu'ils désigneront à cet effet. Il a été décidé qu'un Office général des Transports serait organisé a Berne, a frais communs, pour fournir des renseignements aux intéressés et même pour jouer le rôle d'arbitre sur la demande des parties, dans les litiges qui s'élèveraient entre les chemins de fer.