‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 9 sur 68 · V. année 1889, p · texte numérisé non relu

V. année 1889, p

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correspondante de 1889. Comparés aux résultats des cinq premiers mois de la première année du tarif par zones (août-décembre 1889), les résultats acquis dans les mois correspondants de la seconde année (du 1^' août au 31 décembre 1890) accusent de nouvelles augmentations. M. Baross va maintenant appliquer le même principe au trafic des marchandises.

On a commencé avec énergie l'œuvre considérable de la canalisation du Danube aux Portes de fer. Le 15 septembre, on a fait sauter la première mine. L'inauguration des travaux a eu lieu en présence du président du Conseil et de M. Baross, du ministre de commerce autrichien et de deux membres du gouvernement serbe.

Une exposition régionale (industrielle et agricole) s'est ouverte à Arad le 1®^ août.

Le 20 mars, la Chambre a voté une loi accordant l'exemption de tous impôts pendant quinze ans à certaines catégories de la grande industrie et des faveurs assez considérables aux établissements financiers qui auraient pour but de favoriser la création de nouvelles industries en Hongrie. A la suite du vote de cette loi, il s'est déjà formé une banque d'industrie, précisément celle qui va se charger de reconstituer la fabrique d'armes en liquidation.

Questions de nationalités. — Le « Congrès ecclésiastique serbe » qui a une sphère d'action si étendue dans les affaires religieuses et scolaires et qui ne manque point d''en profiter pour favoriser, dans la mesure du possible, les partisans des idées nationalistes, s'est réuni le 24 avril, à l'effet de nommer un nouveau patriarche à la place de Mgr Angyelitch, décédé. La campagne électorale préparatoire donna lieu à une lutte violenle entre radicaux et libéraux. Le congrès nomma l'évêque de Temesvar, George Brankovitc'^ qui, tout en étant un bon Serbe, s'était toujours mont partisan inébranlable de l'idée de l'État hongrois.

Les Roumains de Transylvanie ont repris avec ardei leur propagande. Le 27 septembre, 136 délégués c

t réunirent à ÎNagyszeben on, le fameux agitateur, re d'un véritable réquisise. Son but est de rendre la Transylvanie et soq annexion au royaume de Roumanie, bien que la Transylvanie n'ait jamais fait partie d'un État roumain quelconque. Le rapport de M. Lukacs formule les griefs suivants : les Roumains de Hongrie sont les martyrs d'une politique contraire au droit moderne ; ils sont " exclus du Parlement »; leurs enfants sont obligés d'apprendre la langue magyare et ne peuvent apprendre leur langue maternelle ; leur presse est bâillonnée ; les champions de leur cause sont persécutés. Les délégués roamains ont voté des résolutions que l'on peut résumer ainsi : après avoir bautement revendiqué aux yeux de l'empire et de l'Europe la qualité de Roumains pour ses commettants, le comité déclare qu'ils n'en appartiennent pas moins à la monarcbie auslrohougroise et sont des sujets fidèles de la Maison de Habsbourg, et que c'est pourquoi ils ont le droit d'être protégés contre des adversaires décidés à les aDéantir. Ils déclarent qu'ils ne seront satisfaits que quand l 'Au triche-Hongrie aura conclu avec la Roumanie un traité de commerce et une convention militaire. Ces résolutions devaient être jointes à un Mémorandum qui devait être soumis à l'Empereur. A la fin de décembre, le Mémorandum n'avait pas encore été remis à François-Joseph.

Les Saxons de Transylvanie se sont réunis au mois d'août à Megyes; ils se sont prononcés en faveur de " l'idée de l'Étal hongrois ».

Croatie. — Le parti des intransigeants, qui visait à détacher la Croatie du royaume de Saint-Etienne pour er avec la Slavonie et la Dalmatie un royaume o-slave, a disparu, à la suite de la condamnation on chef, M. Startchevitch, à plusieurs années de "1 pour délits de' droit commun.

»i LA TIB POLITIQUE A L'ETRANGER

La Diète d'Agram a envoyé des couronnes c ratives à Arad, en Hongrie, lors de l'inauguration du monument des généraux hongrois, dits les treize martyrs, pendus en 1849 pour avoir combattu contre l'armée impériale, dont les Croates étaient les plus fidèles soldats.

Population. — Le 31 décembre I89O, on a fait le recensement général de la population de la Transleithanie : voici le tableau des résultats, comparés avec ceux du recensement de 1880 (armée non comprise, soit 113,770 hommes).

En Hongrie. . 15,152,314 13,728,622 1,393,892=10.15

A Fiume . . . 29,001 20,981 8,020 = 38.22

En Croatie . . 2,184,414 1,892,499 291,915=15.42

Total. . l'7,33j,929 15,642,102 1,693,827 = 10.82

Mouvement social, grèves, — Le mouvement ouvrier en faveur de la réduction de la journée de travaiVet de l'augmentation des salaires a été très marqué. Il y a eu plus de grèves dans la seule année 1890 que de 1878 à 1888. On en compte 11 à Budapest; celle des boulangers a été une des plus curieuses : 13,000 ouvriers boulangers se sont retirés à .l'île Sainte-Marguerite où' ils ont bivouaqué pendant huit jours; ils n'ont repris le travail qu'après avoir obtenu des concessions. La manifestation du 1" mai. organisée par le D'' Sigisraond Cil- . lay, a réuni plusieurs milliers d'ouvriers à Budapest, mais s'est passée sans trouble. Le 22 juillet, un meeting ouvrier présidé par le D' Cillay a voté une résolution réclamant n le suffrage universel secret et direct qui seul peut assurer à la classe des travailleurs la pa«-f d'influence à laquelle elle a droit dans les affaires pol' tiques ».

Au commencement de décembre, les socialistes à Hongrie ont tenu un Congrès & Budapest. L'assemblée s<

AUTRICHE-HONGBIE 85

composait de 87 délégués de la capitale, de 37 délégués de province et de 2 délégués de Vienne. Le parti dit des ouvriers s'est tenu à l'écart.

Le gouvernement a déposé, le 14 mai, un projet de loi sur le repos dominical. Il en prépare d'autres sur la responsabilité des patrons en cas d'accident et sur l'assurance des ouvriers contre les maladies.

Nécrologie.

18 février : le comie iules Andrassy, homme d'État hongrois. Né le 8 mars 1823 à Olahpatak, il entra à la Diète en 1847, devint l'un des chefs de l'opposition libérale, prit part à la guerre d'indépendance, et fut chargé par Kossuth, en 1849, d'aller à Constantinople demander à la Porte de reconnaître la Hongrie indépendante et de garder la neutraUté vis-à-vis d'elle. Après la capitulation de Vilagos, il se rendit en Angleterre puis en France ; il ne rentra en Hongrie qu'en 1857. Il se lia ensuite à Franijois Deak, élabora avec lui le compromis de 1867, et fut nommé chef du cabinet hongrois le 7 février 1867. Le 13 novembre 1871,. il fut nommé ministre des affaires étrangères de la monarchie austro-hongroise, n consacra tous ses efforts à sauvegarder les intérêts de la monarchie dans la question d'Orient et à opérer un rapprochement avec l'Empire allemand. En 1878, il obtint du Congrès de Berlin le mandat d'occuper la Bosnie et l'Herzégovine, et signa, en 1879, le traité d'alliance avec l'Allemagne. Quelques jours après, il donna sa démission, mais il continua de prendre part à la vie publique, comme membre de la Chambre Haute et des Délégations — Le prince Charles Auersperg, ancien président du premier ministère parlementaire cisleithan (1867- 1868);— L. Baue?mfeld, poète lyrique et comique; — Mgr Ede7% prince-évêque de Salzbourg ; — M. Bernard de Florencourt, ancien rédacteur du Vaierland, chef des catholiques du Vorarlberg; — Seller, poète; — Ch. de Leitner, poète; — baron Rauch de Nyck, ancien ban de Croatie; — Ivan Mazourovich, poète et homme d'Etat croate ; — Schindler de Schindelheim, ancien président de la République de Cracovie ; — Le baron de Vogelsang^ rédacteur du Vaterland; — Le général comte Pejacsevic, un des meilleurs officiers de l'armée.

Bibliographie.

conditions du travail en Autriche-Hongrie^ par MM. Decrais, "ideur de France, et Delabarre, consul général de France

LA VIE POUTIQUE A L'ETHANGER

,pest; — La Politique commerciale de la monay ise et de l'Allemagne depuis ISSS et aon av taiidre Matlekovics ; — Daa Juatitweae/t Bosnii oviii, par Edouard Eickler (publié par les soi lent de la BosDie et de l'Herzégovine); — poraine, par R. ChÉlard.

La Belgique a célébré en 1890 le vingt- cinquième anniversaire de Tavènement du roi Léopold IL En dépit des luttes de parti souvent acharnées, le peuple est au fond très attaché à la monarchie. Si le parti ouvrier, bien dirigé et très discipliné, acquiert une influence grandissante au point de vue de la réforme des lois sociales et électorales, on peut dire que la propagande républicaine reste sans effet. Le roi s'est acquis la sympathie universelle par sa haute impartialité, sa grande intelligence, son patriotisme ardent et éclairé. L'œuvre du Congo, à laquelle il a sacrifié sa fortune personnelle considérable, et qu'il a entreprise dans un but absolument désintéressé, afin d'ouvrir des débouchés nouveaux au commerce et à l'industrie belges, lui a valu, dans ces derniers temps surtout, une popularité générale et méritée. Aussi la nation se disposait-elle à fêter ce vingt-cinquième anniversaire avec autant d'éclat qu'elle avait célébré, en 1855, celui de Léopold 1®% et en 1880, le cinquantième anniversaire de l'indépendance nationale. C'est sur le désir formel du rni "ue ces fêtes ont été moins somptueuses que les préites. 11 a préféré qu'elles fussent remplacées parla ion d'une œuvre philanthropique. La législature, lant à son désir et suivant son programme, a voté ^Tame de deux millions pour la fondation d'une

caisse des accidents du travail, destinée i de" puissante institution de bienfaisance réponc nécessités actuelles. De son côté, la reine, à toutes les femmes de Belgique voulaient offrir ui au moyen d'une souscription publique, a ma désir de voir affecter le produit de cette sous< Tœuvre créée par son royal époux.

Néanmoins, à défaut de fêtes spéciales, les fê nales annuelles du mois de juillet ont eu, à 1 de cet anniversaire, plus d'éclat que d'ordinai) fut chaleureusement acclamé à la cérémonie d< du Palais, à laquelle participèrent tous les gra: de l'Ëtat, et le lendemain, à la revue des et de la garde civique ; 11 fut salué avec plus i siasme encore quand il alla à l'Hôtel de - Bruj^elles recevoir l'adresse qui lui fut préseni conseil communal.

Il n'y a rien à noter cette année dans la famille royale. Le prince Baudouin, fils du ( Flandre et héritier du trône par suite de Tal descendance mâle du roi, a été nommé ca[ régiment des carabiniers où il remplit son sen tement comme les autres officiers. Il passera vement par tous les grades, après un stage efi frère cadet, le prince Albert, est entré le 13 dé l'Ecole militaire en qualité d'élève.

Le Ministère a subi une modiUcation : I député de Namur, a remplacé M. Devolder, mi l'intérieur, nommé directeur de la Société Gén

L'empereur d'Allemagne est venu au mois d le roi â Ostende. Cette visite, entourée de apparat, n'a pas eu un caractère officiel. L'en été reçu avec courtoisie et cordialité, mais san siasme particulier. Le peuple belge n'a vu 1 simple politesse et n'a pas attaché plus de foi cédemment à l'existence d'un prétendu Irai entre le roi Léopold et Guillaume II en v guerre entre la France et l'Allemagne. La voie

I server une neutralité absolue est fortement enracinée dans Tesprit de tous les Belges, depuis les chefs du gouvernement jusqu'aux plus humbles citoyens. C'est ce que le prince de Chimay a répondu, à la Chambre des représentants, à M. Carlier qui Finterpellait à la suite des prétendues révélations du major Girard dans une brochure sur le droit qu'aurait l'Allemagne d'occuper les forts de la Meuse.

Le ministère de M. Beernaert avait à affronter le 10 juin les élections pour le renouvellement de la moitié de la Chambre des représentants. On sait qu'il disposait, grâce à l'appoint des 14 voix des députés indépendants de l'arrondissement de Bruxelles, d'une majorité de 54 voix : 96 catholiques contre 42 libéraux. Cette majorité allait-elle être maintenue après six années de pouvoir? Quatre provinces et dix-neuf districts avaient à pourvoir à l'élection de 69 députés : 38 représentants sortants étaient libéraux, 31 catholiques. Tout l'effort du parti libéral portait sur l'élection de Gand où il comptait renverser une députation de huit représentants qui n'avaient été élus, quatre ans auparavant, qu'à une majorité de 80 à 100 voix. En l'emportant à Gand, à Verviers, à Charleroi, à Waremme, il pouvait déplacer 26 voix et faire en sorte que le ministère ne se soutînt que grâce à la députation de Bruxelles. Or, la force de celle-ci se trouvait évidemment affaiblie par l'élection de M. Paul Janson en 1889. Le parti libéral espérait que son triomphe dans les arrondissements que nous venons d'indiquer provoquerait une dissolution générale des Chambres qui le ramènerait au pouvoir. L'événement a déjoué ces calculs. Les libéraux l'ont emporté à Charleroi et à Verviers, où ils ont éliminé trois catholiques, mais ils ont échoué dans l'arrondissement de Waremme, sur lequel ils comptaient beaucoup et ils ont artout une déception cruelle à Gand où ils ont )attus, à une majorité invraisemblable et imprévue ^ voix. Dans l'arrondissement de Thuin, il y a eu ^Uottage favorable aux libéraux ; mais un de leurs

LA VIE POLITIQUE A L'ÉTRASGER i ayant été invalidé a été remplacé par un iholique. En résumé, la majorité qui, avant )ns, était de 54 voix, est restée de 32 voix, it les élections générales, le parti conservat eu l'occasion de soutenir des luttes partielles du décès des représentants de Louvain, de de Neufchateau. Dans chacun de ces arronts, il a triomphé.

ctioDS provinciales qui avaient eu lieu quinze nt celles de la Chambre des députés, avaient résultat à peu près identique. Dans l'ensemrti libéral a perdu plus de positions qu'il n"en

i parait satisfait de la politique suivie par le lolique. Les deux fractions du parti libéral urd'hui unies, mais en somme, l'opposition .s, en entamant la lutte, des griefs de nature à. ■éel mouvement d'opinion, e Pourbaii, habilement exploitée par les libé- S89 (1), Ta encore été en i890. Mais il n'est pas |ue la violence des attaques diri(;ées à cette contre l'honorabilité personnelle des miniss articles passionnés et injurieux de la presse l'aient produit un effet tout opposé à. celui attendait.

ident de même nature, l'affaire Nieter, a ment à la polémique, peu de temps avant les Voici de quoi il s'agissait. La Nouvelle Revue , avait publié en 1889 des documents officiels iUe avait donné une interprétationcritiquablej avons appréciée comme il convenait l'année 2), mais dont on ne pouvait contester l'authenielle. L'émoi fut grand en Belgique. On soup- M, Foucault de Mondion, ancien précepteur ts du prince de Chimay, ministre des affaii

ie politique à l'étranger, 1889, p. fi9. ie politique à l'étranger, IsaS, p. 69.

BELGIQUE 91r

étrangères, d*avoir dérobé ces documents et de les avoir remis à la Nouvelle Revue, Cette soustraction aurait eu lieu avec la connivence de son ami, M. Nieter, secrétaire du ministre de Tintérieur. Une instruction fut ouverte. M. Nieter fut mis en prévention, et quitta immédiatement le pays, annonçant qu'il était parfaitement innocent, mais ne voulait pas s'exposer à la détention préventive. Il fut suspendu de ses fonctions. Au bout de quelques mois de séjour à Paris, il annonça son retour et commença à publier dans les journaux libéraux une série de petits papiers compromettants pour les ministres et notamment pour le prince de Chimay. Il prétendait ti'avoir eu de rapports avec M. de Mondion que sur Tordre du gouvernement et avoir été chargé, en sa qualité d'ancien journaliste, d'un service de presse destiné à faire passer dans les journaux belges et étrangers des articles favorables à la politique du ministère. Il put établir que le gouvernement avait essayé de faire insérer au Journal des Débais un article favorable à sa politique à propos d'une affaire Rouvaux. M. Nieter aurait également reçu Tordre d'envoyer au Journal des Débats un article dépeignant la situation militaire de la Belgique comme très mauvaise, afin que le ministre Beernaert pût se servir de cet article pour obtenir de la Chambre le vote des forts de la Meuse et d'autres aggravations des charges militaires. Enfin il essaya de faire croire que le prince de Chimay lui avait conseillé de rester à Paris et de ne pas se défendre.

La publication de lettres de M. Nieter provoqua de

lapart de M. Janson une interpellation à la Chambre.

Comme dans l'affaire Pourbaix, les ministres furent

attaqués avec une extrême violence. Mais ils se défen-

'^^""nt très énergiquement d'avoir communiqué à un

lal étranger un article dénigrant la situation mili-

du pays, dans un but de tactique parlementaire.

iit ne fut d'ailleurs pas établi; l'authenticité n'en

%e pas défendue d'une manière positive par

92 LA VIE POLITIQDE A L-ETRASGEE

M. Nieter. L'épilogue de celte affaire fut la r . . . de cet employé (avril). Tous les journaux de l'oppositioit ne s'associèrent pas à cette campagne d'un ancien fonctiunnaire comblé de faTeurs contre ses protecteurs. L'Indépendance èelgn, notamment, tout eu combattant le ministère, accueillit avec la plus grande réserve les révélations de M. Nieter; elle déclara, fait caractéristique, « qu'elle ne plaidait pas toutes les causes ».

Au mois d'octobre eurent lieu dans tout le pays des élections communales. La situatiou des deux partis n'en fut guère modifiée. Il y a lien de tenir compte cependant de l'influence grandissante du parti ouvrier socialiste. Dans certaines communes du bassin industriel de Charleroi et de Mons, il a obtenu des succès marquants. A Bruxelles, les deux fractions du parti libéral s'étaient unies pour présenter une liste commune de seize noms, mais il y avait lutte pour les trois sièges restants. L'association libérale, c'est-à-dire le parti radical, appuyait avec un de ses membres deux candidats du parti ouvrier socialiste ; la ligue libérale, c'est-à-dire le parti doctrinaire, leur opposait trois autres candidats. Ces six candidats vinrent en ballots lage, et finalement le corps électoral, avec un certain éclectisme, élut un doctrinaire, un progressiste et un candidat du parti ouvrier socialiste, qui précédemment déjà avait fait partie du conseil communal.

Il importe de remarquer que le corps électoral communal et provincial n'est pas le même que celui qui élit les membres des Chambres et du Sénat, Le corps électoral sénatorial est exclusivement censitaire ; il se compose de citoyens payant au moins 4â.32 d'impAts directs à l'État. Les électeurs provinciaux doivent payer 20. francs d'impôts directs, et les électeurs communaux au moins 10 francs d'impôts; il est adjoint * ces derniers, en vertu d'une loi de 1883, un éléme . capacitaire qui se compose, en dehors de toutes conc lions de cens, des citoyens justifiant d'un certain deg de capacité, soit par un diplôme, comme les avocal

médecins, magistrats, ingénieurs, officiers, professeurs, etc., soit par une présomption de la loi, comme les anciens sous-officiers, les fonctionnaires, employés d'administration, contre-maîtres, etc., enfin par un examen électoral sur des matières élémentaires d'enseignement.

Depuis un certain nombre d'années, le parti radical a entamé une campagne très vive en faveur de la révision de l'article 47 de la Constitution, en vue de substituer au cens électoral un autre principe. Le parti doctrinaire, depuis environ deux ans, s'est rallié au principe de la re vision, mais les deux partis n'ont pu s'entendre sur les dispositions destinées à remplacer Tarticle 47. Cette question est devenue dans ces derniers temps l'article principal du programme libéral. Le parti ouvrier socialiste, conduit par des hommes très intelligents et très énergiques, en tête desquels il y a lieudeciter: MM. César de Paepe et Volders, à Bruxelles; M. Anseele, directeur du Vootnxity En avant (journal socialiste), à Gand, et M. Callwaert, à Charleroi, ont fait une propagande des plus actives en faveur du suffrage universel pur et .simple. Des propositions de revision de l'article 47 de la Constitution ont été à diverses reprises présentées aux Chambres par des députés de la gauche. Jusqu'à ces derniers temps, la droite entière et même quelques membres de la gauche avaient refusé de voter même la prise en considération. Mais le parti ouvrier organisa de nombreuses manifestations populaires en faveur du suffrage universel, dont la dernière,, qui eut lieu le 10 août dernier, réunit environ soixante mille ouvriers. Ces manifestations ne se bornent pas à des promenades en cortège et avec musique ; le parti ouvrier annonce nettement que si la revision ne ^ ^«it pas, si le droit de suffrage n'est pas accordé à les citoyens, il décrétera la grève générale, et il a ies mesures en conséquence. Cette menace parait use et l'influence des chefs parait assez puissante ^a mettre à exécution.

POLITIQUE A L'ÉTRAÏ la révision se posa à li De élection partielle à Bruxelles, en

M. Simons, le chef du parti indépene, récemment décédé. M, Graux, î'an-

fînances du dernier cabinet libéral, le doctrinaire, comme candidat par ï du parti libéral, et il fut soutenu par [Ui l'avait toujours combattu. Il l'emrité de 1,500 voix sur le candidat des des conservateurs. A la suite de ce 1, une proposition de revision de l'aritution fut déposée de nouveau à la inson. Chose étrange, l'idée avait fait quelques mois, que laChambre vota la ilion à l'unanimité, après avoir eours faire leurs réserves \~i' novembre) . jre que la re vision sera votée ? 11 serait re et il importe d'examiner à, ce point des partis et les conséquences d'une iu principe par les Chambres entraîne, la Constitution, la dissolution des ction, dans les quarante jours, d'une .uante qui doit examiner un projet de tr le ministère, en conformité de ce

peut acquérir force de lui que s'il est . tiers au moins des membres de la is la situation actuelle des partis, il ;nt, pour former une majorité des \, un accord entreles libéraux et les

ne formule. Cet accord pourra-t-il se 000 électeurs censitaires qui, seuls >entdu droit de vote, sonl-ilsdisposés ■ivilège ? A droite, M. Woeste, qui est : le chef du parti catholique, est en'" à toute revision. Il est probable qn nié duparli catholique. Cortainsmei nt cependant récemment exprimé d t faire croire qu'Us voteraient la re*

sion ; quelques-uns ne reculent même pas devant Tévenlualité du suffrage universel entouré de certaines garanties, notamment de l'admission de la représentation proportionnelle inscrite dans la Constitution même. D'autres, tout en se ralliant à la re vision, préconisent un système de représentation des groupes ou des intérêts ; d'autres, enfin, voudraient que le cens restât la base du droit de suffrage, tout en le diminuant dans une large mesure, et en accordant le droit de vote au locataire d'une maison ou d'une partie de maison, comme dans le système anglais. A gauche, si l'accord est complet quant au principe, il est loin d'être général sur la formule. Les divergences sont peut-être plus accusées encore qu'à droite et menacent même de provoquer de nouveau une scission. Le parti radical préconise le suffrage universel pur et simple. Si un accord pouvait se faire avec la droite, il est vraisemblable qu'il accepterait le contrepoids de la représentation proportionnelle. L'ancien parti doctrinaire, aujourd'hui rallié à la revision, ne veut à aucun prix du suffrage universel, s'il n'est pas capacitaire, c'est-à-dire à condition que le droit de suffrage ne soit accordé qu'aux électeurs qui le possèdent aujourd'hui pour les élections provinciales et communales. Ce système mixte est combattu à outrance par le parti catholique et par le parti ouvrier. Chose assez curieuse, tandis que les membres de la Chambre qui font partie de la gauche repoussent le suffrage universel, la presse libérale, par ses organes les plus autorisés et même les plus modérés, après l'avoir combattu jusqu'ici, fait brusquement volte-face et se montre disposé à l'accepter.

Dans ces conditions, il est douteux que la revision soit votée. La droite hésitera devant la dissolution des ChfliTibres. Elle craint que la gauche ne provoque celle-ci < le but unique de reconquérir le pouvoir à la ^ r de l'agitation électorale. Il reste à se demander ^ e fera le parti ouvrier : Organisera-t-il la grève I le, au cas du rejet de la proposition de la revi-

sion et la crainte de cette grève pourra-t-elle exercer de Tinfluence sur Tesprit public?

Avant de répondre à ces questions, il nous faut parler des grèves qui ont eut lieu au début de Tannée. A la suite de la reprise des affaires en général, et notamment de la prospérité de l'industrie charbonnière à la fin de 1889, les ouvriers des bassins de Mons et de Charle-roi réclamèrent une augmentation de salaire et la réduction de la journée de travail à dix heures. Une grève se déclara vers la fin de 1889, le mouvement se propagea rapidement, et au commencement de janvier il y avait 25,000 grévistes. Contrairement à ce qui s'était passé en 1886, la grève de 1890 a été absolument calme» Elle a duré plus d'un mois Le charbon a atteint des prix invraisemblables et à la fin, il n y avait même plus moyen de s'en procurer. Si la situation avait duré, plusieurs usines importantes auraient dû cesser tout travail et Ton a craint un moment que l'Ëtat manquât de charbon pour les chemins de fer. C'est grâce à l'intervention du comte d'Ursel, gouverneur de la province du Hainaut, et de M. Sabatier, député de Charleroi, qu'un accord intervint entre les directeurs de charbonnageset les ouvriers. Ceux-ci obtinrent à peu près les concessions qu'ils demandaient.

Depuis, il n'y a plus eu d'autre mouvement gréviste important à signaler. Il ne faudrait pourtant pas en conclure que les ouvriers soient satisfaits. Le l*'' mai, les ouvriers ont fait dans toute la Belgique une manifestation importante en faveur de la journée de huit heures. A Bruxelles, un cortège de 18,000 ouvriers parcourut la ville : à Liège on en compta 6,000, à Mons, 12,000 et à Charleroi, 25,000. L'idée première de cette manifestation universelle était même partie de Belgique : la réduction du travail à huit heures est inscrite au programme du parti ouvrier depuis sa constitutic Le congrès annuel ouvrier tenu à Joliment (près « Charleroi), les 21 et 22 avril 1889, avait déjà voté u: déclaration en ce sens. Au congrès ouvrier de Paris <

I 1889, les délégués belges et américains présentèrent «nsemble la proposition d'une suspension générale du travail. Leur proposition fut adoptée et la date de la manifestation universelle fixée en conséquence au l*'iïiai. En Belgique^ cette journée du 1*"^ mai, qui excitait bien des alarmes, s'est passée avec calme et dans un ordre parfait. Au surplus, il semble qu'à mesure que le parti ouvrier s'est organisé, il ait fait preuve d'une plus grande discipline et soit devenu plus pacifique.

La propagande socialiste, qui a, en pays flamand, le Vooruit pour organe, est dirigée dans les régions du Hainaut et de Liège par la Fédération nationale des mines. Lors des élections récentes aux conseils de Tîndustrie créés par la loi de 1887, et qui doivent donner des avis ou servir de conseils de conciliation, les listes socialistes ont passé avec d'énormes majorités dans la plupart des localités du pays de Mons et du Borinage. Le 20 mai, un congrès international de mineurs s'est réuni à Jolimont; les socialistes anglais, français et allemands, y ont été représentés. Chez les mineurs, le travail d'organisation internationale a fait des progrès. La Fédération nationale est plus excitable peut-être et moins dogmatique que le Vooi^uit. Elle partage les idées du parti ouvrier français.

Le 19 septembre, le Conseil général du parti ouvrier réunit un Congrès général ouvrier, dont le programme portait, comme articles principaux, la constitution d'un parlement populaire, et la proposition d'une grève générale pour tous les métiers. A la suite d'une longue discussion, ces deux propositions furent provisoirement écartées, ou plutôt ajournées. La grève générale denent un instrument d'intimidation, en vue d'obtenir le droit de suffrage. On comprend que, si le parti ouvrier nai.vient à conquérir le droit de suffrage, il devient "'e pour lui, d'organiser un parlement populaire, fu'il sera représenté dans le parlement légal, mi les lois votées pendant la session de 1889-1890, " à signaler que la loi sur l'enseignement agricole

et vétérinaire, la loi fixaot rintérët à 4 1/2 civile, et la loi sur l'enseignement supérieu de laquelle on a rompu quelques lances, d'une part, en faveur de la liberté des professions, d'autre part, en faveur du système cdlemand de Texamen d'État. La loi nouvelle maintient le système ancien, c'est-à-dire le droit pour toutes les universités de conférer des diplômes; ceux-ci sont déli\Tés par une commission d'entérinement, qui n'a d'autre mission que de vérifier leur authencité et de voir si les programmes des cours sont conformes à la loi au point de ^-ue des matières enseignées. Certains collèges ayant établi des facultés de philosophie, la loi nouvelle institue pour les élèves sortant de ces collèges, des jurj's spéciaux, composés en partie de leurs professeurs. La loi institue cependant un concours spécial pourles ingénieurs qui demandent à entrer au service de l'État. Oc a agité la question de la réforme du Code pénal. 11 a été déposé des projets de loi sur la protection de l'enfance, sur les syndicats professionnels, sur l'assurance obligatoire contre les accidents du travail, sur la récidive, sur la recherche de la paternité et sur les sociétés de secours mutuels. La loi du 13 décembre 1889 sur le travail des femmes et des enfants dans les établissements industriels entrera en vigueurle l"janvier 1891. Nous avons indiqua déjà la création de la caisse des accidents du travail (21 juillet).

Si soucieux que soit le gouvernement du sort des oa vriers et si désireuxde compléter la législation ouvrière il ne parait pas disposé à entrer dans la voie du socialisme d'État. « La prévoyance obligatoire ne concordt pas avec nos mœurs », a dit le 2i décembre 1889 ac Sénat, le baron T'Kint de Roodenbecke. Les œuvre: sociales, si nombreuses en Belgique, doivent leur re marquable développement à l'initiative privée : not; ment les sociétés de secours mutuels; les délégués 431 de ces sociétés se sontréunis cette année pourof i au baron T'Kint, qui est président de leur commiss

permanente depuis de longues années, un témoignage solennel de leur reconnaissance. 122 sociétés ont été fondées en trois ans. En un an, on a créé pour les jeunes filles de la classe ouvrière 84 écoles ménagères. Les comités de patronage officiels créés par la loi du 9 août 1889 ont favorisé la construction d'habitations ouvrières. L'initiative privée a cherché à seconder, dans sa lutte contre l'alcoolisme, le gouvernement qui, par l'établissement d'un droit spécial de licence (loi du 9 août 1889), a voulu enrayer ï'accroissemenl excessif du nombre des cabarets. C'est aussi l'état des esprits et des mœurs qui impose aux entreprises de toute sorte le repos du dimanche, en dépit du texte de l'art. 15 de la Constitution, et qui a engagé le gouvernement à faire prévaloir cette règle, dans une certaine mesure, dans les services publics, notamment en ce qui concerne les trains de marchandises.

Les catholiques et le clergé prennent un vif intérêt aux œuvres sociales ; des gildes ou associations d'ouvriers catholiques ont été créées, ainsi que des sociétés d'industriels chrétiens destinées à propager dans les usines les pratiques du patronage. Le troisième congrès des œuvres sociales catholiques réuni à Liège au mois de septembre a eu une importance exceptionnelle. On y remarquait, parmi les catholiques étrangers. M»'' Korum, évéque de Trêves, l'abbé Winterer (de Mulhouse), député au Reichstag, le P. Ludovic de Besse, M.Théry, professeur à l'Université catholique de Lille, le P. Forbes, l'évêque de Nottingham, etc. Certains orateurs ont développé les idées chères aux socialistes-chrétiens de l'école du comte de Mun et du cardinal Manning ; d'autres, au contraire, et parmi eux la plupart des Français, ont défendu le principe de la liberté individuelle. On a discuté les questions du salaire minimum, de la ^ de la journée de travail, etc.

Belgique a été représentée à la Conférence d^ m. Ses délégués ont adopté une attitude réservée, ~"e la plupart des membres de cette assemblée.

3LITIQUE A L"ETRAN(

5 dangers d'une régi

vail avaient été sign;

\ représentants. L"organisauon ae

res dans les mines royales prus-

litation de l'institution belge des

•ie, que la pratique n'a pas encore

npte dans une autre partie de ce 'BDce ÎDterDationale de Bruxelles '" e la traite. ij

!]ongo ne rentrent pas directemeot \(l chapitre consacré à la Belgique, il | ■ tnsable cependant de mentionner onclue entre les deux États dont le ' iverain. La Belgique se trouve virparcet accord (voirie chapitre cou- '

ans la politique coloniale, et inté-

té du Congo qu'elle pourra annexer .

)our l'année 1890 s'élève à 331 mil- ',- ' quatre budgets précédents se sontllf dent variant de 2 à 18 millions, ,', i dégrèvements; cette année, on a ''' 1889 qui exempte de la contribution ■, ments ouvriers (c'est une exemption \ ■ancs), i i

Nécrologie i <

ine de Eaerne, député de Courtrai, Je seul rtie de la Chambre; au Congrès national, mbiique, comme forme de gouvernement;

^railles nationales aux frais du Trésor.

, député de Cbarleroi, né en 1830. une des minentea du parti libéral belge. Homme l:es, d'une compétence spéciale dans i et financières, ministre de l'intérieur d Frère Orban, de janvier 1868 à juillet 11 lirecCeur de la Banque nationale et pr ur de l'Élat du Congo.— S juillet : Pir

Van Humbeckf ministre de rinstruction publique dans le cabinet libéral de 1878 à 1884, époque à laquelle le ministère de l'instruction publique, créé en 1878, fut supprimé et rattaché à l'intérieur. Van Humbeck fut l'inspirateur de la loi de 1879 sur l'instruction primaire, qui créa ce que l'on a appelé l'enseignement neutre, et qui, violemment attaquée par les catholiques et appliquée avec passion par les libéraux, divisa profondément le pays. — 22 octobre : M. SimonSy député de Bruxelles, chef du groupe indépendant. — 23 octobre : M. Verlat^ peintre, né en 1824. — 4 décembre : M. Ruelens^ connu par ses travaux sur l'histoire de la géographie, né en 1820. — 19 décembre : César de Paepe, socialiste collectiviste, un des fondateurs de V Internationale et des organisateurs du parti ouvrier belge, né en 1842. — 21 décembre: Eugène Anspach, gouverneur de la Banque nationale.

BIBLIOGRAPHIE

Qaudio Jannet, La réforme sociale en Belgique (Correspondant ^ 25 mars 1890). — A. Bourée, Rapport sur les conditions du travail en Belgique, — G. Morisseaux, Conseils de Vindustrie et du travail (Bruxelles).

F. NiNAUVE.

îiluation du prince F( é les bruits qui ont c it pas modifiée. Il n'a . ... ^ .

rindépendance de la Bulgarie, il s'est maintenu iiïoir, et s'y est même afTermi, grâce à l'habileté a premier ministre. Les avantages que M. Stamlasu obtenir dans la politique extérieure ensurint l'hostilité du gouvernement russe à l'égard de runt bulgare, et en arrachant au sultan la conceslepuis longtemps promise, des bérats aux évéques Ioniens, lui ont permis de triompher du mauvais produit par le procès et la brutale exécution du

Panitza. Les élections générales de septembre )nné au premier minislre une Chambre presque ement composée de ses partisans, auxquels se sont

ralliés quelques opposants du groupe de M. Raroff. Les élections municipales ont abouti au même at : sur soixante-quatorze villes, cinq seulement lèrent des candidats de l'opposition. M. Stambouremanié son ministère ; il a pris provisoirement ection des affaires étrangères abandonnée • ?ansky, et il a conlié le portefeuille des finance i rkof en remplacement de M. Sallabatchef. session ordinaire du Sobranié souvritle 15-27

pour se terminer le 13-37 décembre. M. SlavI T

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