‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 8 sur 68 · TRANSLEITHANIE · texte numérisé non relu

TRANSLEITHANIE

M. Coloman de Tisza a dd abandonner le poste ie •emier ministre qu'il occupait depuis 1875; tel est n

rORIE C9

it de l'année 1890. Ce les apparences, le seul .es affaires ont suivi la formes inaugurées sous lion ; le gouvernement : majorité libérale qui uis quinze années et il tis d'opposition que son ire qu'il n'y a rien de D a subi d'importantes

urne précédent (pp. 66 tusée, dès l'été de 1889, m. Une clause de celte rès une absence de son * fait, devant un repré- ;ranger, la déclaration longrois, serait déchu cours de Tannée 1889, ' réclama à plusieurs te loi qui, d'après lui, ue l'ancien chef de la jamais se présenter Dis; il représenta que 'janvier 1890, et qu'il i Kossuth ne fût consié de hongrois. Ému de éclara, dans la séance près le vote du budget, )jet de loi qui dissipetme-gauche. Cette pro- 8 elle affecta péniblel'autant plus que quelublièrent une lettre de e la révolution de 1849 îté du régime constitu- , et qu'il ne pourrait ujet du roi François-

70 LA VIE POUTIQUE A L'ÉTBANGER

Joseph tant que celui-ci serait en même tem reur d'Autriche. La majorité ne pouvait gii une loi spéciale en faveur d'un homme, quel qui se plaçait lui-même hors des lois du pa beaucoup de personnes furent d'avis que la ] de M. de Tisza n'était qu'une manœuvre di masquer une retraite spontanée. Mais les h( ultérieures du président du conseil et notami discours au parti libéral à la réception du joui conçu dans un tout autre esprit, firent pluti qu'il avait cédé à un moment de faibless Chambre, M. de Tisza fit encore volte-face; il si à tenir parole, tout en admettant qu'il avait pi chose inopportune. Placé devant l'alternative ' sa promesse ou de manquer k ses convictio trouva d'autre issue que la démission. Le 27 laissa entrevoir cette solution à la Chambre, traîna encore quelques jours. On voulait lai Chambre des Magnats le temps de voter le I: le projet de loi sur les honveds. Le 13 m! anniversaire de la chute de Metlernich, M. déclara à la Chambre que le cabinet était di naire. (L'opposition accueillit cette déclara cris de : Vive le roi !) Il expliqua que sa proi décembre dernier avait été faite sans entei lable avec ses collègues, qu'il n'avait pas eng responsabilité. Le Journal officiel du 16 mars rescrit royal qui acceptait la démission du Tisza tout en décernant à son chef les éloges chaleureux. Il publia en même temps la no du nouveau cabinet : le comte Jules Szàpàry, de l'agriculture, devenait ministre de l'intériei sident du conseil; le comte André Belhlen, p comitats deBrasso-etde Szebenetscomes »de de Transylvanie, était nommé ministre de l'agi Tous les autres portefeuilles ne changeaient titulaires. Dans une longue carrière publique de laquelle il a successivement dirigé les dépa

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tantenlui-méme pour qu'il en résulte des coi tables. Mais, dans le cas particulier, le c personne a, malgré les apparences, ei iilOt, consacré un changement de tendanc Quand M. de Tisza était à l'apogée de sa c îtérielle, il dominait ses collègues, faisait pi es propres, ne se dirigeait que d'après se; nnelles. Dans les dernières années, son pn ii, son autorité s'était affaiblie. Il avait él idjoiodre des collaborateurs plus énergi dépendants, des hommes politiques très périmentés, tels que MM. Baross, Weli mte Csàky, qui prirent énergiquement li leurs départements respectifs. Ces homi liaient à la nouvelle génération qui a peu ur l'ancienne institution des comitats et q ec vigueur la centralisation de l'administr i mains de l'État. A la suite des grands dé ïntaires de 1889, le comte Szàpàry impc «a, comme on l'a depuis appris, la nomin îtice)de M. Désiré Szilàgyi, un des chefs < m modérée, un des champions les plus gime centraliste moderne, pour lequel \ "''san du municipalisme, avait fort peu d en quoi le nouveau cabinet diffère de .pas caractérisé par l'influence prépon chef, et il a pour programme la réforme '"'ion dans le sens de la centralisatj

laquelle M. de Tisza avait fiai par se rallier en principe, mais à contre-cœur, et à la réalisation de laquelle il se serait difficilement résigné. Le ministère Szàpàry s'est présenté à la Chambre le 17 mars. 11 aété bien accueilli et, depuis, il s'est consolidé.

Le 28 décembre, le baron d'Orczy, ministre de la cour, adonné sa démission; il a été remplacé le même jour parM.de Szoegyenyi, premier chef de section au ministère commun des affaires étrangères.

Les partis. — La composition et la force numérique du parti gouvernemental n'ont point changé. Mais il importe de retenir ce fait, que M. de Tisza, ayant conservé son mandat de député, a en même temps conservé son influence dominante dans le parti libéral. Pour le moment, M. de Tisza appuie en tout le comte Szàpàry qu'il avait lui-même désigné pour sa succession ; il pourrait toutefois lui retirer un jour sa puissante protection et c'est ce qui constitue le mal organique du parti gouvernemental.

L'opposition modérée a observé tout d'abord une attitude réservée vis-à-vis du nouveau cabinet. Son chef, le comte Apponyi, a paru vouloir se rapprocher du comte Szàpàry. 11 avait maintes fois déclaré, en effet, que son but était de renverser M. de Tisza, et, celui-ci tombé, son rôle devenait assez terne. A un moment, il parut accentuer son évolution dans le parti libéral. Mais ses avances restèrent sans résultat. Soit que ses exigfences — on dit qu'il voulait deux portefeuilles — fussent trop grandes, soit que H. de Tisza ait opposé son veto à la fusion, l'accord ne se fit pas. Le 15 décembre, le comte Apponyi lança un manifeste où il traçait le nouveau programme de son parti : il réclamait pour la Hongrie une autonomie plus complète; il demandait qu'en sa qualité de roi de Hongrie, l'emperei"eût à Budapest une cour exclusivement composée c dignitaires magyars; que l'armée des honveds devîi absolumentindépendanteetqu'elle possédât entre autr( choses un état-major spécial.

Le parti de 1848 et de l'indépendance s'est scindé en deux groupes. Les 91 ou 92 membres qui le composaient ne s'entendaient guère que sur un point : la condamnation du compromis de 1867 avec l'Autriche. La plupart désiraient un nouvel arrangement avec TAutriche, basé sur l'union personnelle pure, avec l'empereur-roi commun, mais sans affaires communes. D'autres étaient des séparatistes intransigeants; deux membres affectaient même des tendances républicaines. Un assez grand nombre regrettaient que les dogmes du parti leur interdissent l'espoir d'arriver aux affaires et l'entrée aux délégations; ils tenaient à ce qu'on ne pût plus leur reprocher d'être incapables de prendre le pouvoir. Le plus influent d'entre ces derniers était M. Gabriel Ugron. Voyant que le gros du parti persistait dans les errements anciens, il se détacha de lui avec éclat, déclarant qu'il voulait « éviter tout ce qui rend ce parti incapable de gouverner la Hongrie ». Seize membres le suivirent, tous très catholiques (M. de Tisza, qu'on appelle quelquefois le « pape des calvinistes », est le chef du protestantisme hongrois), se firent rayer avec lui de la liste du club de 1848 et de l'indépendance, et formèrent le « Parti de 1848 » — sans le mot indépendance — , ce qui signifie qu'ils restent fidèles aux idées libérales orthodoxes — démocratiques et municipales — de 1848, et qu'ils acceptent provisoirement le compromis de 1867 en se réservant le droit de le modifier dès qu'ils en auront la faculté. Le parti de 1848 se compose en majorité de jeunes gens sans grande notoriété; il n'a pas encore montré ce qu'il vaut et ce dont il est capable. L'ancien parti de l'indépendance et de 1848 compte encore 74 ou 75 membres; il suit l'inspiration de M. Iranyi. — La vie parlementaire en 1890 s'est écoulée de . assez normale; deux questions, celles du bap- ) des enfants issus de mariages mixtes et de la [que d'armes hongroises, ont seules soulevé des

Question du baptême des enfants i mixtes. — La populalion de la Hongrie appartient à des confessions très diverses. Plus de la moîlié est catholique; il y a environ 2,300,000 grecs orthodoxes, et 3,200,000 protestants. Aussi les mariages mixtes sont-ils très fréquents. Leur nombre s'augmente constamment : 9,563 en moyenne par année de 1870 à 1880; 12,585 en 1886. Prés de la moitié de ces mariages sont contractés entre catholiques et protestants.

D'après la loi 53 de 1868, article 13, « parmi les enfants issus d"un mariage mixte, lesfds suivront te culte du père, et les filles le culte de la mère. Tout engagement contraire pris par contrat ou promesse [reversalis) est nul et non avenu et ne saurait avoir aucune valeur juridique. » Si conforme que soit cette disposition aux exigences de TËtat moderne, elle a le défaut de ne pas tenir suffisamment compte du droit des parents. Aussi arrivait-il bien souvent que les parents refusaient de faire entrer les enfants issus d'un mariage mixte dans la confession désignée par la loi, ce qui provoquait des plaintes, non seulement contre les parents qui avaient violé la loi par zèle religieux, mais surtout contre les curés, auxquels incombe en Hongrie la tenue des registres de l'état civil. Afin de prévenir ces contraventions, l'article 53 du Code pénal de 1879 frappa de deux mois de prison ou de 300 florins d'amende le curé qui recevrait un individu âgé d'au-dessous de dix-huit ans dans une confession aulretjue celle désignée par la loi 53 de 1868. Mais cela ne suffit pas; il fallut recourir à d'autres moyens. Le 26 février 1889, après une délibération au conseil des ministres, le comte Csilky, minisire dos cultes et de l'instruction publique, lança un décret portant que tout curé qui baptise un enfant issu d'un mariage mixte est tenu de transmettre dans les huit jours l'extrait du régis civil au curé dont l'enfant relève de parla loi, et quel contrevenants encourront les rigueurs administrativ une amende de 10 â 100 florins, voire même la prîst

communiqué aux nontrés peu satisla modJQcation de n de remédier aux s'étaient déclarés ibre d'autres proirêque de Grao et Lre des cultes que

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hongrois exerce nféré par le Saintles empêchements

anie ad hoc par r les deux points; îrmation aux con-

itholiques que non

LA VIE POLITIQUE A L'ÉTRANGER holiques, devront fournir toutes les garanties for- Iles exigées, lors de la conclusion d'un mariage (le, tant au point de vue du droit naturel que du lit divin. De plus, les évoques devront prendre toutes précautions morales au point de vue de la sincérité la promesse et de son accomplissement en temps ilu, sans égard pour le décret ministériel en quesn. «

jB Pape approuva et confirma cette décision que le dinal ïtampolla communiqua le 1 juillet au cardinal lor, en le chargeant de la faire connaître aux curés 1 paroisses. Dans une seconde lettre, du 26 sepibre, le cardinal Rampolla suggéra l'idée que le rgé catholique pourrait « fournir, en fin d'année, au ivernement un registre exact, mentionnant tous les :ès, mariages et naissances; mais seulement autant î l'on pourra avoir confiance que le gouvernement s"en servira pas pour des buts antireligieux. « II terrait en disant que Léon XIII condamnait de la façon plus sévère l'attitude des évéques qui avaient déclaré i tout le clergé hongrois se soumettrait au décret. falurellement, quand le bas clergé connut la décin du Vatican, sa résistance aux prescriptions du ;ret redoubla. Plusieurs prélats lancèrent des mannents qu'on pouvait considérer comme un encoura- ;ement dans cette voie. On alla jusqu'à contester la alité du décret. Finalement, on décida qu'on couuerait à baptiser les enfants issus de mariages xtes, qu'on n'enverrait pas le moindre avis aux ■es des autres confessions et qu'on adresserait des liions à la Chambre afin d'exposer les motifs de te attitude. D'autre part, les journaux furent pres- B unanimes à prendre fait et cause pour l'État. ^ l'occasion de la discussion du budget des cultes, as la séance du 18 novembre, le comte Gzàky p ■ ita à la Chambre sa défense et obtint un gr» l ;cès. En Hongrie, où l'épiscopat dispose de r irces considérables et Jouit d'une grande influen ,

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un ministre n'avait jamais proclamé avec tant d'énergie la thèse que le droit de VÉtat primait celui de l'Église . Le comte Csàky déclara aux applaudissements unanimes que l'épiscopat avait parfaitement reconnu la légalité du décret et que sa nouvelle attitude avait été déterminée par l'agitation « révolutionnaire » du bas clergé. Enfin, il menaça le clergé de lui enlever les registres civils et de les confier aux agents de l'État s'il persistait dans sa résistance. Les partis d'opposition manifestèrent des velléités encore plus énergiques. Le comte Apponyi, auquel on avait souvent reproché des tendances cléricales, exigea une solution plus radicale des rapports entre l'État et l'Église : il demanda le mariage civil obligatoire et la liberté religieuse absolue, deux réformes dont l'influence de Tépiscopat catholique rend l'introduction difficile en Hongrie. Le 27 novembre, la Chambre termina le débat; elle adopta les propositions concluant au maintien du décret et de la loi de 1868; elle rejeta une solution de M. Iranyi demandant le mariage civil obligatoire ; le ministre de la justice déclara, au sujet de ce dernier, qu'il se proposait de ne régler cette question que conjointement avec la réforme projetée du droit de famille.

La question n'était pas vidée ; il y avait encore la Table des Magnats qui pouvait la reprendre, et l'épiscopat catholique qui y dispose d'un grand nombre de voix, résolut en effet de l'y porter. Le 16 décembre, le cardinal Simor convoqua les évêques afin d'arrêter la conduite à tenir à la Chambre haute. Un conflit était à craindre. Afin de le prévenir, le comte Szapary, avec l'autopisation de l'empereur, entama des négociations avec le cardinal Simor. Celui-ci se rendit lui-même à Vienne et vit l'empereur. A la fin de l'année, rien n'était '''^"'^é; on parlait de la possibilité d'un modus vivendiy toutefois beaucoup y compter, car la publication ^'Magyar Allam (18 décembre) des deux lettres du inal RampoUa au cardinal Simor n'avait pas con- ' à apaiser les esprits.

78 LA VIE POLITIQUE A L'ETRi

Affaire de la fabriqae d'armes. — L rite de la nation hongroise désire s.

tenir l'unité de l'armée de la monarchie, mais elle tient à faire respecter le dualisme, basé sur la parité des deux Ëtats de la monarchie et à sauvegarder les privilèges de la Hongrie en ce qui concerne toutes les institutions que l'esprit traditionnel de l'armée commune a fait centraliser sans nécessité réelle. Ainsi le pays réclame depuis des siècles qu'on établisse en Hongrie une école militaire supérieure pareille à celle de Wiener-Neusladt et une fabrique d'armes pareille à celle de Steyr. A force de persévérance, on réussit à remplir la condition préalable nécessaire pour l'établissement d'une fabrique d'armes ; on obtint une commande de 180,000 fusils à répétition, et il se forma, en 1889, une société anonyme è. laquelle le Parlement octroya d'importantes faveurs. La fabrique fut créée ; seulement, il arriva qu'elle se trouva dans Timpossibiiité de fournir les premiers fusils dans les délais prévus. Elle sollicita un nouveau délai que le ministre de la défense nationale, le baron Fejérvàry, lui accorda. Mais, à la réception des fusils d'essai, la commission compétente émit l'avis qu'ils n'étaient pas conformes aux conditions stipulées, et qu'on ne pouvait s'en servir vu que diverses parties n'étaient pas semblables aux parties correspondantes des fusils de Steyr employés par les autres troupes de la monarchie. Le ministre, ne pouvant exposer l'armée des honveds à. être prise au dépourvu par les événements et à rester sans fusils pendant un temps indéterminé, refusa d'accorder le troisième délai qu'on lui demanda ; il résilia la commande faite à la fabrique hongroise et commanda les fusils à la fabrique de Steyr. La fabrique hongroise renvoya ses ouvriers et ferma ses ateliers au mois de Juin.

L'opposition accusa le ministre de mauvaise voloi et de sympathies coupables pour la fabrique de Ste qui jouissait de très hautes protections. Lors de discussion du budget, elle attaqua le baron Pej^

I vàry avec la dernière violence et réclama une enquête. La majorité, jugeant l'enquête superflue, repoussa la motion après une discussion passionnée de près de trois semaines. Le président du conseil avait d'ailleurs déclaré qu'il prendrait des dispositions en vue de fonder une autre fabrique d'armes mieux outillée que la première. Une banque de Budapest négocie en ce moment avec la Société en liquidation; on assure qu'elle obtiendra la commande de fusils pour la milice et pour les dépôts de réserve.

Finances. — Dans le domaine des finances publiques, la gestion prudente de M. de Tisza commence à porter ses fruits. Il est vrai que la rigueur apportée dans la perception des droits sur la consommation et les boissons a donné lieu à de nombreuses plaintes.

Le budget de prévision pour 1891, que M. Wekerle, ministre des finances, a présenté dans la séance du 21 octobre, se solde en équilibre, ce qui n'était pas arrivé depuis 1870; il accuse même un excédent de 4.040 florins, soit 369.004,543 florins pour les dépenses et 369.008.583 florins pour les recettes. La Chambre, en réduisant quelques crédits , a porté l'excédent à 39.000 florins. Les comptes de règlement de l'exercice 1889 accusent un excédent de 1.649.930 florins, au lieu d'un déficit prévu de 6.141.158 florins. On annonce, en outre, que les rentrées ont été tellement satisfaisantes en 1890 que les comptes définitifs accusent un excédent de recettes de 8 à 10 millions de florins.

Pour l'avenir, M. Wekerle projette la réforme de rirnpôt direct, la modification des taxes judiciaires et des droits sur l'alcool; il a enfin parlé d'un projet de conversion à opérer d'un commun accord avec l'Auipinh^^ en vue du règlement de la valuta, c'est-à-dire y substitution des paiements en or à la circulation

' 'aire.

;es. — Le comte Csàky avait déclaré, dès 1889, < ' gouvernement ne se croirait pas tenu de prendre

HO LA VIE PÛLITIQDE A L'ETEANGI

l'initialive dans l'affaire de l'autonomie catholique, tant que que le haut clergé, h et l'élément laïque' auraient sur ce sujet de: gentes. loterpellé de plusieurs côtés, il déclara, au commencement de 1890, que l'autonomie ne - serait viable qu'à la condition d'être basée sur la commune, qui détient l'école et l'église; que le gouvernement ne saurait adopter le projet élaboré au congrès catholique de 1811, qui porterait atteinte aux droits du roi apostolique ; qu'il ne saurait pas davantage consentir k un projet d'après lequel l'autonomie serait octrojée aux catholiques eux-mêmes, ou qui réserverait le principal rôle et les principaux droits à un comité central aux dépens des communes. Fidèle à. sa promesse, il a constitué une commission qui a commencé ses travaux dans le courant de décembre.

Instruction publiqae. — Malgré une vive opposition du monde universitaire, et grâce au concours du Parlement qui l'a appuyé sans distinction de parti, le comte Cïàky a réformé profondément l'enseignement du grec dans les établissements publics d'instruction. Les. savants et pédagogues les plus compétents estique la connaissance du grec était le lien le plus puissant qui rattachât la civilisatien hongroise à celle de l'Occident et le programme d'études des lycées était basé sur ce principe ; le comte Csàky resta convaincu que l'enseignement du grec était inutile et une cause de surmenage, et qu'il valait mieux loi substituer des cours littéraires et l'enseignement du dessin. S'inspirant de cette idée, il fit voter dans la séance du 21 avril, un projet de loi tendant, sinon à supprimer complètement, du moins à restreindre dans une forte mesure l'enseignement du grec : celwi-cî sera dorénavant facultatif dans les écoles secondaires et ne sera obligatoire que pc* — les élèves qui se préparent à entrer au séminaire qui veulent devenir professeurs de philologie, d'h toire ou de philosophie. Cette réforme parait avt tout d'abord choqué un peu le public intéressé, ce

au commencement de Tannée scolaire 1890-1891, 75 p. 100 des lycéens des classes supérieures ont opté pour Tétude du grec.

Justice. — Dans son discours du 5 février, M. D. Szilàgyi, ministre de la justice, a maintenu le grand programme de réformes exposé lors de son entrée au ministère (1). Il y a ajouté quelques nouvelles promesses ayant trait à la codification du droit de succession et du droit de famille, à la modification de la loi sur le barreau sans le numerus clausus^ etc. Ce programme embrassait des réformes trop vastes pour que le ministre pût les réaliser au cours d'une seule année. Le parlement ne s'est encore occupé que de la décentralisation de la « Cour royale » : à partir du 1" janvier 1891, il y aura des cours d'appel, non seulement à Budapest et à Marosvàsàrhely, comme par le passé, mais encore à Debreczen, Gyor, Kassa, Kolozsvàr, Nagyvàrad, Pécs, Presbourg, Szegedin et Temesvàr.

Travaux publics, Commerce, Industrie. — Le tarif par zones, introduit pour le trafic des voyageurs sur les voies ferrées de l'État hongrois, donne des résultats de plus en plus satisfaisants. Pendant la première année d'application de ce tarif (du 1"' août 1889 au 31 juillet 1890), le nombre des voyageurs s'est élevé à 13,060,751 contre 5,186,227 pendant les mois correspondants des années précédentes, soit une augmentation de 151.8 p. 100. Ce trafic a produit une plusvalue de recettes de 2,048,033 florins, soit de 23.4 p. 100. Les adversaires du tarif par zones avaient toujours prétendu que cette plus-value n'était qu'apparente, l'augmentation considérable du trafic ayant dû causer un surcroit de frais d'exploitation. Or, il est consque les frais d'exploitation afférents aux sept prel's mois de 1890 accusent une diminution de lOO florins sur les frais d'exploitation de la période

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