Jacques Lcmovne. notaire
2. Boullier, Recherches historiques su- la Trinité, \> 11 i. — A Rouen, le second fils de la vénérable Mme Âcarie, vicaire général, laisse sa riche bibliothèque à la cathédrale ■ à condition qu'on <mi donne le libre usage an public ■ De Broglie, Vie d<' Mme Acarie).
Par testament de 1651. Pierre Briand, chanoine de Saint-Tugal, donne à ses confrères « sa carie universelle du inonde qui est dans la salle de sa maison » , deux portraits : l'un de Baronius, l'autre de lîellarmin, vingt volumes à leur choix et tous ses manuscrits, leçons de théologie, recueils et autres (P. Gaultier, notaire .
'■>. La bibliothèque des Capucins constitue la plus grande parti'' du tonds ancien de la bibliothèque municipale de Laval.
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roui, le dictionnaire espagnol de Sobrino, qui, avec le Calepin, leur permettent de correspondre avec leurs comptoirs à l'étranger, et, s'ils ont le goût des lettres, ce qui est Fréquent, ils achètent des récits de voyage, des ouvrages historiques et littéraires en français et en latin. Les gens de robe ont, pour la plupart, une bibliothèque bien garnie d'ouvrages de droit séculier et de droit canon, d'éditions des coutumes provinciales et de leurs commentateurs : tous ont à peu près les mêmes livres de dévotion.
En L654 meurt le notaire Pierre Briand, constructeur du pavillon de l'entrée du château de Laval ; il est en même temps procureur de l'élection ; on dresse l'inventaire de ses livres : des Heures a l'usage du Mans, un manuel de dévotion, couvert de maroquin rouge, les Quatre fins de l'homme du chartreux Denis Richer, les Méditations sur lu Vie et la Passion de Jésus-Christ du P. Bruno, jésuite, les Méditations sur les Evangiles des dimanches et fêles, le Paradis de la gloire des Saints du P. Diego de Lanega, capucin, les Epîtres spirituelles d' A villa, la Vie des Saints, la Vie et les œuvres de la Mère Thérèse, la Vie de sœur Marie de l'Incarnation, le 'Tableau de la vie mourante, une Bible, les Edits et Ordonnances du Roi avec les commentaires de Néihn, le Praticien français, un Plutarque in-folio, et dans le même format. VHistoire de France de Dupleix et Y Histoire des Juifs de Josèphe, puis un Recueil de l'origine de la langue et poésie françoise couvert de cuir doré, une Instruction pour secourir les malades, le Journal fies choses mémorables (/(/venues du règne de Henri III. et u un petit livret de comédie ».
En 1661, l'imprimeur Ambroise fait l'estimation des livres de Pierre Marest, mort juge royal à Laval: ce sont «les livres de droit civil et canonique et une quarantaine d'Ouvrages classiques de tous formats. L'année suivante
meurt François Marest, sieur de la Ragottière, juge ordinaire civil et criminel du comté ; dans son testament il a exprimé le désir que ses livres ne soient pas vendus, mais conservés pour ses enfants. Son cousin, Jacques Arnoùl, chanoine de Saint-Tugal, en dresse l'inventaire qui nous révèle l'existence d'une bibliothèque riche et variée : dans les livres religieux on note de « vieilles homes gothiques écrites à la main », une Vie des Saints imprimée à Douai en 1597, Tertullien, Louis de Grenade, saint François de Sales ; de nombreux livres de droit romain, canonique, coutumier, recueils d'ordonnances et de coutumes, commentaires de Gujas, Chopin, Dumoulin, Jean Papou. d'Argentré, Bodereau, Coquille, La Martinière, « un gros coustumier du Maine avec quantité de notes manuscrites de M. de la Papillonnière » ; nombreux sont les livres de littérature ancienne, d'histoire, de variétés: Plutarque, Virgile, Tacite, Tite-Live édition de 1533). Gicéron, Lucien, Quinte-Gurce, < >vide, Fsope et une grammaire grecque, les Carmina Joannis Chevallier jesuitœ, Suarez, De arte rhetorica, etc., Histoire de France de Nicole Gelé : ('/ironiques de Froissait : Histoire des Francs d'Aimoin ; Jean de Serre (Inventaire de l'Histoire de France : Sainte-Marthe, Baronius, Montaigne, Machiavel, Pierre Charron, lettres de Balzac, le « Cabinet satirique, recueil de vers piquans de ce temps » ; histoire du gouvernement de Richelieu, voyage en Terre-Sainte du Fr. Eugène, récollet; traité du blason : histoire des troubles des Pays- Bas, « Journal de ce qui s'est passé en France es dernières années de trouble » ; « Des impostures et tromperies des démons » ; « Des devins », par Jean Macé, avocat au Mans : etc.
Telle est, avec quelques variantes, la composition des bibliothèques lavalloises de la seconde moitié du xvii8 siècle ; telles sont celles de Guy Peslier, lieutenant en l'élection (1675), Nicolas Martin, sieur de Beaucé, Jean
Frin, sieur de la Chauvinière, avocats L689), François Cazet, receveur des traites (1695), Pierre Simon <lu Tertre avocal L705 . e1 bien d'autres.
La partie historique el littéraire se développe d'ailleurs rapidement: Guy Peslier possède la Bibliothèque des historiens de France, V Histoire de Henri IV du P. d'Orléans, la Chronologie de Queruau, la Prise de la Rochelle, une traduction française de VIliade, les Tragédies de Garnier, les œuvres de Malherbe, le Catholicon d'Espagne, la République de Bodin, les serinons de saint Jean Ghrysostome, les épîtres de saint Paul, les confessions de saint Augustin, le traite, de M. Arnauld sur la Fréquente communion, livre très lu à Laval en ce temps. Pour ne citer que cet exemple, on le trouve chez l'avocat Simon du Tertre avec les lettres de Saint- Gyran, les œuvres de saint François de Sales, la vie de Mme Frémiot, la vie de saint Bernard, la Cour sainte du P. Cousin, l1 Instruction chrétienne de Richelieu, etc., tous ces livres ranges en un dressoir surmonté d'un grand crucifix d'ivoire.
Dans l'abondante bibliothèque de François Gazet, avec de nombreux classiques, le Médecin charitable, les Quatrains de Pibrac :. on voit quelques ouvrages moins communs a Laval : la Maison rustique, le Ravissement de Proserpine, l'Histoire amoureuse des Caules. etc. Cette progression de livres étrangers à la religion, au droit, a l'antiquité classique, s'accentue au XVIIIe siècle. Si les marchands ainsi qualifiés alors.
1. Très répandus dans les petites écoles où les entants les récitaient, ces quatrains étaient la mise en vers de préceptes moraux A l'indigent montre-toi secourable, Lui faisant part de tes biens à foison Car Dieu bénit <■! ace roi I la maison Qui prend pitié du pauvre misérable.
De cette centaine de quatrains il n est guère resté que ce vers du quatrain 'i'i :
Petits ruisseaux font les grandes rivières.
comme Gabriel Duehemin du Tertre, Jacques Duchemin du Valbléré, tous les deux décédés en 1705, n'ont guère encore que le Catéchisme, la Semaine Sainte,, le Traité de l'éducation des enfants, le Traité de l'Oraison, la Légende des Saints, et autres livres pieux, la littérature profane occupe désormais une place de plus en plus grande chez leurs contemporains.
Angélique Delaporte. veuve du comte de Montecler, possède les Méditations du P. Hayneufve l, les œuvres de Bondonnet, la vie de Mlle Legras, Y Imitation traduite par P. Corneille ; elle y joint la Comédie liéroïque, Y Homme de Cour. Athènes ancienne et nouvelle, Y Histoire des Antilles, etc. L'avocat Jean-Baptiste Hardy, mort en 1709, place à côté des ouvrages de droit les Recherches sur la France de Pasquier, le Mercure français, les Cent nouvelles de la reine de Navarre, Ronsard, du Bellay, Bodin, les « deux livres des bergeries de Juliette », les « Nouvelles amoureuses », les « Véritables précieuses », des tragédies de Corneille, etc. : son inventaire après décès comprend les titres de 285 ouvrages transcrits par le notaire Salmon : c'était un. amateur de livres.
Souvent on charge un ami compétent, un ecclésiastique ou un homme de robe, de faire l'inventaire et l'estimation des livres du défunt : lorsque la collection est de quelque importance, elle est l'objet d'une vente publique, et les procès-verbaux qui nous en sont restés présentent un réel intérêt par le prix des livres, par la faveur dont ils jouissent et par le nom des acheteurs.
Au mois de mars 1723. on vend aux enchères les livres réunis par feu Rein1 Hardy de Lévaré, juge du comté : les livres de droit dominent, et l'on y trouve les ouvrages des plus célèbres jurisconsultes : Boutillier, Charondas, Donat, Dumoulin. Patru, du Pineau, d'Ar-