‹ La vie privée dans une province de l'OuestChapitre 68 sur 95 · Essay sur le blanchiment des toiles, etc · texte numérisé non relu

Essay sur le blanchiment des toiles, etc

2. Louise Foureau, morte en 1771, veuve de Joseph Matagrin, négociant, possède u un tome de recueils d opéra ».

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piques, littéraires, sagement composés, que l'âge ne flétrissait pas. parce que leur objet et leurs idées n'avaient pas vieilli : on lit les gazettes étrangères, YEncyclopé- </ic. les œuvres des philosophes influents même à Laval : on vient aux sociétés littéraires lire ces publications et discuter les événements. Désormais il faut lire vile, happer les nouvelles ,i la hâte : l'attente est impatiente, les esprits ^mt frondeurs et tendent au scepticisme, la société est fiévreuse et anxieuse : l'évolution sociale se précipite '.

Aux livres dont les notaires nous ont révélé l'existence, il faut ajouter les cartes de géographie et les mappemondes que l'on voit en bien des maisons '-' ; il y faut joindre les cahiers manuscrits des cours le plus souvent dictés aux étudiants de rhétorique et de philosophie de Mayenne et de Ghâteaù-Gontier, d'Angers et de la Flèche 3, et, comme résultat de leurs études, ces thèses latines pompeusement illustrées qui, appendues aux murs, attestaient le savoir et le succès de ceux qui les avaient soutenues.

Livres latins et français, cahiers et thèses, tout cet ensemble témoigne de l'instruction donnée clans le Bas- Maine aux hommes des xvne et xvin* siècles ; l'enseignement classique est la hase commune de l'éducation dans les nombreux collèges de ce temps : ecclésias-

1. De Laval, Duchemin île Mottejean écrit à un ami, négociant à Paris, le (J septembre 1789 : « J'ai reçu les onze volumes que vous avez eu la bonté de m'envoyer, dont je vous remercie quoique tous aient paru ici depuis un certain temps, et surtout celui des poissardes l'ayant moi-même envoyé à Laval dès le commencement de juin ; nous recevons ici toutes les semaines toutes les brochures qui -i' font à Paris ».

2. En plusieurs inventaires, des astrolables el autres instruments de mathématiques

3. Ces cahiers son! les cours dictés en latin par les professeurs de rhétorique et de philosophie : ils présentent un véritable intérêï pour l'histoire de l'enseignement en France, et par les exemples et citations d'auteurs latins et français qu'ils contiennent.

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tiques, hommes de loi, hommes de commerce, tous ont fait dans ces établissements «leurs humanités », comme on disait naguères, avec une facilité d'autant plus grande que ces collèges sont plus multipliés, que de bienfaisantes fondations y rendent renseignement gratuit ou peu onéreux et que cette éducation chrétienne et classique à la fois répond aux idées et à la formation des hommes de cette époque ; il en résulte « dans les classes moyennes une culture intellectuelle supérieure à celle qui existe de nos jours1. »

Sans doute, il n'est pas sorti de la société lavalloisc un de ces hommes de génie dont les œuvres s'imposent à l'admiration générale, mais plus d'un lavallois a tenu la plume et l'a conduite de louable façon, produisant des œuvres correctes, honnêtement pensées, méthodiquement ordonnées, écrites sous une forme claire et irréprochable "2 : tels Ambroise Paré et le médecin Tauvry, les ecclésiastiques Rivault de Fleurance, Julien Loriot, Julien Hayneufve, les voyageurs Pyrard et Le Hirbec 3, l'historien Vincent Queruau, les frères Ha}T, qui furent de l'Académie, nos vieux auteurs de mémoires sur l'histoire de Laval ou de ses seigneurs, et, ce qui est préférable, sur les faits qui se passent en leur temps, le notaire Le Doyen 4 dont la Chronique rimée est une

1. Constatation faite par A. Babeau, Les bourgeois d'autrefois, p. 305.

2. Ce même caractère se manifeste chez les artistes lavallois.

o. Dans son voyage en Italie. Le Hirbec s'intéresse aux antiquités romaines et aux œuvres des artistes de la Renaissance.

4. Le Doyen était réellement un esprit cultivé, et ses compatriotes reconnaissaient ses aptitudes et ses talents littéraires ; en 1500, à l'occasion de l'entrée à Laval de Charlotte d Aragon, princesse de Tarente, ils le « contraignirent », dit-il,

De composer une chanczon Sur chant d ancienne faczon, Qui fut au Puytz Rocher chantée Par enfans et bien accordée.

Sa « chanson», de quatre strophes de quatre vers chacune, vaut

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source si précieuse d'informations, Le Clerc du Flécheî.iv. Maucourl de Bourjolly, Guittet de la Houllerie, Le Blanc de la Vîgnolle, Pichol de la Graverie, à la fois jurisconsulte et narrateur, tous ces chroniqueurs avant consigné sans prétentions littéraires le résumé de leur science historique et les faits qui les avaient intér< d'autres encore dont les correspondances ou les observations sont demeurées jusqu'à ce jour inédites.

Quelques femmes mêmes s'intéressent aux choses intellectuelles. C'est a la fille de l'avocat (limite de la Noirie que Mlle Archambaull dédie sa thèse en faveur de la supériorité des femmes '. Mlle Denisol nous a laissé un récit défailli' et enthousiaste en prose et en vers des fêtes de la canonisation de Pie Y. Mme Lemonnier de la Jourdonnière - tient un salon où Ton discute avec ardeur les questions religieuses : c Nous ne voyous presque plus ton docteur, écrit-elle à son fils le 16 mars I7<i(>, mais nous en avons un autre qui nous vient tous les jours ; nous lui faisons lire les ouvrages du temps ; M. Ambroise;^ vient aussi. Nous avons trois dictionnaires, un géographique et deux historiques, dont l'un molinien de l'abbé Ladvocat4 et l'autre jan... qui, sans prévention, vaut infiniment mieux. Cela fait des

tous les madrigaux que produisaient en telles circonstances des poètes dont le nom ;t passé à la postérité ! Il composa le mystère <lu Hou Pèlerin joué en 1493, d'autres peut-être (celui «le Saint- Berthevin ?) ; en même temps il es( acteur et tieut un rôle important dans chaque représentation <l»s mystères.

1. Publié par M. Goupil dans Le Bibliophile du Maine. n°8 16 ei 17.

2. Sœur du notaire Chatizel, tante de l'abbé Chatizel de la Néronnière, qui fut curé de Soulaines et député 'lu clergé de I Anjou aux Etats généraux, mère d'un fils unique, prêtre, supérieur du collège de Soissous. puis de («lui de Laval, à qui ses lettre- sont adressées, belle-sœur de M Lemonnier de Lorière, maître tanneur à Laval.

3. René- Louis A ml uni se. prêtre à la Trinité, guillotiné le 21 janvier 1794 ; il passait pour janséniste.

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