‹ La vie privée de Michel TeissierChapitre 2 sur 4 · QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS · texte numérisé non relu

QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS

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A Madame James DARMESTETER

Madame et Amie,

Vous rappelez-vous ce que vous me dîtes, le jour où je vous parlai de ce roman ? J'étais alors dans tout l'entrain de la composition, si bien possédé par mon sujet que j'eus le mauvais goût de vous le raconter longuement. Vous êtes indulgente : au lieu de me trouver indiscret, vous eûtes la bonté de vous intéresser à mon récit, et vous me dîtes à peu près ceci :

— Oh ! que voilà bien les pauvres hommes ! Ils ne sont point mauvais, au contraire : ils ont souvent l'amour du bien et des intentions excellentes. Mais, quelquefois, leur caractère n'est pas tout à fait au niveau de leur bonne volonté, et alors, pour peu qu'une pierre arrête leur chemin, ils tombent d'autant plus lourdement qu'ils tombent de plus haut. Ainsi, ce sont presque toujours les meilleurs qui font les chutes les plus profondes, et par qui arrivent les pires scandales. Les autres, ceux qui sont d'àme moyenne, eh bien ! ils trouvent sans peine des compromis entre le devoir et la passion, qui leur permettent de vivre sans luttes ni désastres ; quand ils

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