‹ La vie privée des anciens (volume 2)Chapitre 2 sur 42 · L.\ GYMNASTIQUE · texte numérisé non relu

L.\ GYMNASTIQUE

Les athlètes. — La course a pied. — Le saet. — Le disqu".. Le javelot. — La lutte. — Le pugilat. — Exercices divers.

Les athlètes. — L'importance que les anciens Grecs attachaient à la force corporelle, les honneurs qu'ils décernaient aux athlètes victorieux, la place énorme qu'ils donnaient à la gymnastique dans l'éducation de la jeunesse, nous causent souvent un étonnement qui cesse dès que nous voulons bien en étudier les causes. Un artiste, un savant, ne se trouveraient nullement honorés d'être assimilés aux saltimbanques, qui font parade de leurs muscles dans nos fêtes publiques; mais si, après un grand désastre, un général sait arrêter l'invasion, préserver son pays de la ruine qui le menaçait, nos acclamations sont pour lui, notre confiance devient absolue, et en souvenir du danger dont il nous a préservés, et de ceux dont il peut nous préserver encore, nous sommes prêts à en faire l'arbitre de nos destinées. A un tel homme nous élevons des statues sur nos places publiques, et nous croyons honorer l'art et la science en décernant les mêmes couronnes à ceux qui excitent notre admiration dans les travaux de l'esprit. Or, à l'origine des sociétés, les choses de la guerre se décident non par l'esprit qui combine, mais par le bras qui frappe. Ouvrez l'Iliade, vous y trouverez une succession de combats d'homme à homme, mais vous n'y trouverez aucune vue d'ensemble, ni dans ceux qui défendent la ville, ni dans ceux qui l'attaquent. Les Grecs ne songent en aucune façon à entourer Troie pour affamer les habitants; quand les Troycns s'avisent de sortir, ce n'est pas pour un mouvement calculé, c'est pour se mesurer avec les ennemis qu'ils aperçoivent. Le meilleur soldat, c'est le plus fort et le plus souple : s'il se troave en face d'un ennemi qu'il croit plus fort que lui, il n'hésite pas à fuir. Quand Hector sort des portes de la ville, les Grecs en le voyant ne songent pas à l'entourer pour s'en rendre maîtres : quel que soit leur nombre, il les frapperait tous l'un après l'autre, il est plus fort qu'eux. Ils le savent et cherchent leur salut en se sauvant; mais s'il 'se trouve en face d'Achille qui est plus fort que lui, il fuit à son tour. Un

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chevalier français du xiir siècle se serait fait liachcr sur place plutôt que de reculer d'un pas; mais l'âge héroïque de la Grèce n'a pas de ces délicatesses de sentiment. Les Spartiates ne fuyaient jamais, mais ce sentiment, inconnu pendant la guerre de Troie, ne s'est développé que plus tard, sous l'influence dorienne.

Le soldat de cette époque doit être robuste et dur au mal, car il lui faut frapper de rudes coups et endurer ceux qu'il reçoit sans montrer de faiblesse; il doit être agile pour atteindre l'ennemi qui fuit deMaiit lui, et éviter celui qui le poursuit; il doit être prudent et savoir toujours contre qui il peut et doit se mesurer; il doit être rusé, car il veut parer les coups de son adversaire et trouver l'endroit et le moment opportuns pour le frapper. L'éducation de la jeunesse sera donc tout entière consacrée aux exercices du corps et la Grèce se couvre de gj mnases. Dans des temps de guerres continuelles, en face de dangers chaque jour renaissants, l'homme qui a un instant de répit ne songe qu'à se préparer aux luttes nouvelles qui l'attendent. L'égoïsme et l'indifférence ne lui serviraient de rien; il sait que si la ville est prise, tous les hommes seront passés au fil de l'épée, les femmes et les enfants vendus comme esclaves. Se rendre habile dans la lutte, ce n'est pas seulement accomplir un devoir, c'est travailler pour sa propre sûreté. Aussi, comme toute la jeunesse accourt au gymnase, comme les vieillards sont attentifs à suivre ses exercices, comme les maîtres de palestre sont honorés, estimés, comme les femmes et les jeunes filles regardent avec admiration l'adolescent qui se distingue, celui qui promet d'être un jour la gloire et 1 1 sûreté de la patrie.

D'innombrables représentations plastiques nous renseignent sur la vie des athlètes et sur leurs exercices. Mais les renseignements qu'on peut y puiser sur les mœurs de la Grèce appartiennent à différentes catégories de monuments. C'est sur les vases peints qu'on trouve, sous leur forme archaïque, les habitudes intimes des gymnases, le costume des hérauts, des maîtres de palestre, des juges du jeu. Au contraire, les statues d'athlètes se rattachent presque toutes à lart de la grande époque. C'est dans les gymnases que la sculpture grecque s'est développée, et comme les anciens n'avaient pas de cours d'anatomie, c'est en face des athlètes et devant la nature vivante que les jeunes artistes apprenaient les formes du corps humain. Les statues placées dans l'intérieur des gymnases servaient aux démonstrations des maîtres de palestre, et le mouvement que l'artiste leur avait donné était nécessairement de la plus parfaite justesse, sans cela on n'aurait pas pu le

proposer pour modèle aux jeunes gens qui s'exerçaient. Dans les jeux Olympiques, on élevait une statue aux allilètes vainqueurs, et cette statue devait reproduire rigoureusement la cambrure du corps et l'attitude des membres qui avaient amené la victoire. Le bois sacré était rempli de ces statues dont Pausanias nous a conservé la description, et il est fort probable qu'elles étaient exécutées avec les conseils et, en quelque sorte, sous la direction des juges du jeu. Mais il est très-important de remarquer que ces statues présentaient l'attitude du vainqueur, mais non ses traits.

Pour avoir droit à une statue iconique, c'est-à-dire étant un véritable portrait, il fallait avoir été victorieux dans trois exercices différents, ce qui était assez rare, et prouvait que l'athlète était bien équilibré dans toutes les parties de son corps, c'est-à-dire qu'il était parfaitement beau. En effet un coureur peut avoir les bras trop maigres, et un lutteur, admirablement doué pour la poitrine et les épaules, peut n'avoir pas une agilité suflisante dans les membres inférieurs. Mais un athlète apte à tous les exercices du corps est nécessairement un homme bien fait, et les statues que les sculpteurs fameux avaient exécutées d'après eux et en leur honneur pouvaient ensuite servir de règle ou de canon pour les jeunes artistes.

Si nous comparons la statuaire primitive des Grecs à celle de l'époquff correspondante en France, nous y trouverons une différence fondamentale dans le point de départ. Le sculpteur du xiir siècle, chargé de représenter des saints dans l'attitude de la méditation et dont les muscles ne sont pas apparents, s'attache par-dessus tout à traduire les sentiments qui animent le personnage, et la tête est le point le plus important de sou ouvrage. C'est le contraire qui arrive pour le Grec, préoccupé avant tout de l'attitude du corps, des proportions et de la forme des membres. Ainsi dans les statues de l'école d'Égine, qui accuse plus nettement que les autres la sculpture athlétique dans sa pureté, on est frappé du manque absolu d'expression dans les visages, tandis que le corps dénote une science énorme dans le mouvement et la forme musculaire.

Les athlètes sont une institution purement grecque, qu'il faut bien se garder de confondre avec les gladiateurs de Rome. Ceux-ci sont des prisonniers ou des affranchis, qui combattent dans le cirque avec des armes tranchantes, et se donnent la mort pour amuser la multitude. Cet usage barbare ne put jamais s'introduire en Grèce, et quand les Romains voulurent donner à Aihènes un combat de gladiateurs les

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Athéniens répondirent qu'alors il fallait commencer par abattre l'autel que leurs pères avaient élevé à la Pitié.

l'ourètre admis à concourir dans les jeux solennels de la Grèce, il fallait être Grec de nation, homme libre, et avoir un passé honorable. Quand le candidat se présentait, un héraut lui posait la main sur la tête et le promenait tout autour du stade, en demandant au peuple si quelqu'un avait un reproche à lui faire.

Cependant les cités s'élèvent, les républiques s'organisent, la civilisation se développe, et l'art militaire se transforme comme tout le reste. Quand viennent les guerres médiques, Miltiade et Thémistocle sont de véritables chefs d'armée, qui combinent un plan, calculent un mouvement d'ensemble, font agir des masses d'hommes dans un but déterminé ; Hector et Achille n'étaient que des héros. La vie atidétique se ressent des besoins nouveaux, et l'athlète change de caractère. La Jeunesse se développe encore dans les gymnases, mais la philosophie et les lettresy tiennent une plus grande place qu'autrefois. L'admiration se partage entre un orateur qui sait persuader et un athlète qui sait frapper. La Grèce entière court aux jeux Olympiques, pour applaudir aux vainqueurs de la palestre; mais ces vainqueurs sont des liommes spéciaux, car le titre d'athlète est maintenant une profession, et la palestre elle-même semble une salle de spectacle. Dans l'âge héroïque, où la vigueur physique était une nécessité, tout le monde était athlète, et il n'y avait de différence que dans la force où l'habileté de chacun. Les plus grands personnages tenaient à honneur de lutter, et la victoire dans les jeux était le plus beau titre de noblesse qu'un citoyen put acquérir. Sous la période républicaine, on a pour les athlètes une admiration de dilettante, on leur tresse des couronnes, et les plus grands poètes tiennent à honneur de transmettre leur nom à la postérité ; mais la force est un ornement et n'est plus une nécessité, car la guerre ne se fait plus par combats isolés, d'homme à homme, mais par groupes compactes, agissant en vue d'un plan que le général a combiné et que le soldat ignore la plupart du temps. Aussi l'homme important dans la république, c'est le général, l'homme d'État, ou l'orateur, celui qui par un moyen quelconque pèse sur les destinées de la nation. L'athlète exerce une profession honorée, recueille des applaudissements, mais il n'a aucune influence dans les affaires de la cité.

Ce fut bien autre chose après la conquête romaine. La puissante organisation des légions repose tout entière sur la discipline : le soldat romain est une fraction d'armée et n'a d'autre responsabilité que

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Tobéissance qu'il doit à son chef. Dans l'organisation de cette formidable machine, la Grèce n'entre pour rien et ne peut guère s'y intéresser. A quoi bon faire tant d'efforts pour devenir souple et robuste, puisque cela ne sert à rien? Les gj'mnases subsistent pourtant, mais les bains remplacent les exercices violents, et les lieux où la jeunesse se fortifiait autrefois servent maintenant à l'énerver.

Que deviennent alors les athlètes de profession? D'abord ce ne sont plus les hommes vigoureux et rompus à tous les exercices du corps. Autant d'exercices, autant de spécialités diverses : celui qui sait frapper avec force ne sait plus courir, et le coureur serait incapable de lutter. L'homme adroit à lancer le disque serait cssoufllé s'il lui fuUait sauter, et il y a des sauteurs de profession. Les vainqueurs de la palestre sont délaissés, car les lettrés s'intéressent aux luîtes de la philosophie, et nullement aux coups de poing; si le public regarde encore les athlètes, c'est pour se divertir un moment et non pour s'instruire. A la fin de l'empire romain, l'athlète a tout perdu, même la beauté, même la santé, et le médecin Galien nous apprend que les athlètes vivent peu, parce que leur profession les use rapidement. C'est qu'aussi leur genre de vie est tout autre qu'au début.

Dans l'âge héroïque, la gymnastique se compose d'un ensemble d'exercices destinés à équilibrer, dans une admirable harmonie, toutes les forces physiques de l'homme. « Montre-moi ta poitrine, tes épaules, tes reins, disaient les maîtres de palestre aux jeunes gens qui se présentaient, afin que je sache à quel exercice tu es propre. » Et alors les efforts se proportionnaient aux facultés de chacun, dans le but de le rendre sain, souple et vigoureux. 11 ne suffisait pas que le corps fût rompu à tous les exercices, endurci à toutes les fatigues, on suivait un régime dur, austère, pour se préparer aux jeux solennels de la Grèce. Pour éviter les excès, la continence était ordonnée et le vin interdit. 11 paraît même que dans l'origine, les athlètes étaient d'une extrême frugalité et s'abstenaient de manger de la viande, pendant le temps qui précède les grands jeux. Mais les idées qu'on avait sur l'hygiène ayant changé, le régime que suivaient les athlètes se modifia également, et vers le temps d'Hippocrate, un athlète qui avait mangé de la viande ayant vaincu ceux qui s'en étaient abstenus, tous les autres voulurent suivre son exemple. Leur voracité devint bientôt proverbiale, et la légende brodant encore sur les récits populaires, on racontait que Milon de Crotone avait mangé tout entier un bœuf, qu'il avait tué d'un coup de poing, après l'avoir promené sur ses épaules. Sous la décadence, les

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athlètes, complètement abaissés dans l'opinion publique, étaient renommés pour la dissolution de leurs mœurs, et c'est probablement à cause des excès de tout genre auxquels ils se livraient que Galien dit qu'ils vivent peu et sont vite usés.

La course a pied. — Dans les temps héroïques, les nécessités de la guerre exigeaient que l'on sût courir vite et longtemps sans se fatiguer. On faisait le plus grand cas de ceux qui s'étaient rendus habiles à la course : de là, l'épithète d'Achille aux pieds légers, qu'Homère donne à son héros. L'exercice de la course, qui était fort lionoré dans les gymnases, exigeait chez ceux qui s'y préparaient un régime spécial (flg. 18).

Ou distinguait plusieurs espèces de courses, dont les principales

Fig. 18. — La cuurse a pied. (D'après une peinture de vase.)

étaient appelées la course simple et la course double. Dans la course simple on parcourait une fois la longueur du stade, c'est-à-dire environ cent vingt pas, et dans la course double, on revenait au point de départ, en faisant le tour du stade. C'était la plus estimée, et elle donnait droit à des prix qui consistaient géniTaiement en vases d'argile, ou en bassins d'airain, comme nous le voyons par cette petite pièce de l'Anthologie : « Le (ils d'Aristomaque, qui, avec une incroyable célérité, remporta le prix de la double course, a reçu ce bassin d'airain travaillé au marteau pour prix de sa victoire. »

11 y avait aussi des courses beaucoup plus compliquées, dans lesquelles il fallait faire plusieurs détours et tourner un certain nombre de fois autour de la borne qui servait de but; enfin il y avait des exercices, où, au lieu de courir nus, les athlètes devaient être armés comme à la cuerre.

Le saut. — Le saut présente quelques rapports avec la course à pied, mais il en diffère cependant assez pour que les Grecs aient cru devoir en faire un exercice spécial. En effet, si la course à pied demande, outre ragilité des membres inférieurs, une certaine force dans la poitrine pour maintenir sa respiration, le saut, exercice qui consistait à franchir un espace de terrain plus ou moins considérable, exigeait surtout une giaide vigueur dans le jarret. Quelquefois il fallait ranchir un obstacle (fig. 19) et cet obstacle n'était pas toujours sans

Exercices gymnastiques.

Fig. 20.

danger. D'autres fois l'athlète portait dans ses mains des haltères et exécutait au son de la flûte le mouvement qui lui avait été prescrit (fig. 20), car tous les exercices étaient rhytlimés.

Le disque. — Le disque ou palet est une sorte de poids fort lourd, généralement en pierre ou en métal, que les concurrents lançaient aussi loin qu'ils le pouvaient. Les commencements de l'exercice du disque remontent aux temps mythologiques, et le bel Hyacinthe fut blessé mortellement par le disque d'Apollon. Selon Pausanias, l'invention de ce jeu est due à Persée, et on voit par Homère qu'il était fort en vogue au temps de la guerre de Troie. Quand Ulysse est reçu chez Alcinoûs, le roi des Phéaciens donne une fête en son honneur et les jeunes gens sont vaincus au disque par le héros d'Ithaque. « Ulysse, sans quitter son manteau, se lève et s'empare d'un disque plus grand, plus épais et plus pesant encore que ceux dont les Phéaciens s'étaient servis; il le fait tourner avec rapidité et le lance d'une main vigoureuse. La pierre résonne aussitôt, et tout le peuple se penche vers la terre lorsqu'il aperçoit le disque passer au-dessus de lui ; le disque vole

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au delà de toutes les marques en s'échappant avec impétuosité de la main du héros. »

Le disque, qu'il soit en pierre ou en métal, était habituellement de forme lenticulaire et toujours extrêmement poli. Pour lancer le disque, les discoboles le tenaient de manière que son bord inférieur était engagé dans la main, et soutenu par les quatre doigts, tandis que la surface était soutenue par le pouce et la paume de la main. L'athlète, placé dans le stade, sur une petite éminence élevée à dessein, préki-

Fig 21. — Discobole.

dait à son exercice en agitant circulairement son bras, de manière à le lancer avec plus de force.

L'antiquité nous a laissé de superbes statues de discoboles. Celle de Naucydùs, qui représente l'athlète au moment où il va lancer le disque, est la plus fameuse : elle est au Vatican, mais il en existe des imitations dans plusieurs musées. L'artiste a choisi le moment oii le discobole, prêt à agir, concentre toutes ses forces et affermit ses pieds sur le sol. La perfection et la noblesse de cette statue en ont fait un des modèles classiques les plus étudiés dans nos écoles (fig. 21).

Une autre statue très-célèbre dans l'antiquité montrait un discobole en action. Elle était de Myron et on en possède de belles imitations en marbre : les plus fameuses sont à Rome et à Londres. Malgré son mouvement tourmenté, si contraire aux habitudes calmes de la statuaire antique, le Discobole de Myron (ûg. 22) était fort apprécié des anciens pour l'exactitude avec laquelle il rendait l'exercice du disque : « Qu'y a-t-il, dit Quiniilien, de .plus contourné, de plus laborieux que le

FR'. 2-2. — Discobole.

Discobole de Myron? Et pourtant, blâmer l'exécution de cet ouvrage ne serait-ce pas montrer qu'on n'entend rien à l'art, en reprenant précisément ce qui en fait le mérite, la nouveauté et la dilTicuIté vaincue? » D'autres discoboles en action sont figurés sur des pierres gravées. Enfin il y a au musée de Naples un bronze fameux qui représente un jeune athlète, qui court pour voir la distance qu'il a atteinte avec son disque, car la victoire appartenait à celui qui le lançait le plus loin. Le même disque servait pour tous les concurrents et ou faisait une marque à l'endroit que chacun d'eux avait atteint. Le disque se lançait habituel-

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lement comme nous l'avons dit : quelquefois pourtant, le centre était percé d'un trou dans lequel on passait une courroie au moyen de laquelle on le lançait. Le cabinet des antiques de la Bibliothèque possède un disque de granit.

Le javelot. — L'exercice du javelot consistait à lancer, à une trèsgrande distance, une arme légère et pointue, qui devait atteindre un

Fig. 23. — Le lavelct lancé.

but déterminé. On adaptait généralement une courroie de cuir au javelot pour en déterminer le jet. Mais la manière de s'en servir était

Fig. 24. — Javelot lancé.

différente suivant qu'on voulait lancer son arme le plus loin possible , comme pour frapper dans un corps compacte d'ennemis serrés, ou bien quand on était moins exigeant pour la dislance, mais qu'on avait besoin d'une plus grande précision dans le jet, par

exemple, lorsqu'on voulait atteindre un ennemi isolé sur le champ de bataille et que l'on tenait à le frapper personnellement. Cet exercice avait donc une grande importance pour former de jeunes soldats (ûg. 23 et 2/1).

La lutte. — La lutte était un des exercices les plus estimés : ceux qui s'y livraient se frottaient d'huile pour s'assouplir les

Fig. 25. — Athlùto froUé d'huile.

membres, mais ils devaient ensuite se couvrir d'un sable très-fin pour donner prise à leur antagoniste. Il y avait toujours sur le sol une couche épaisse de ce sable, qui était destiné à amortir les chutes. Quand l'exercice était fini, les athlètes enlevaient avec le strygile l'huile et le sable dont ils s'étaient frottés pour la lutte (fig. 25); ensuite ils allaient se laver et se rafraîchir dans le bain.

Il y avait dans les palestres grecques deux espèces de luttes : dans la première, les lutteurs se tenaient debout et cherchaient par toutes sortes de moyens à jeter leur adversaire par terre. Les juges du

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jeu assistaient toujours à la lutte (fig. 26), pourvoir si tout se passait bien dans les règles, car les coups de poing étaient absolument interdits

Fig. 26. — Luileurs. {D'après uae peinture de vase.)

dans cette sorte de lutte, où l'adresse consistait surtout à prendre son

Fig. 27. — Gymnastique. (D'après une peinture de vase.)

antagoniste au milieu du corps, et à lui faire perdre l'équilibre, comme

Fig. 28. — Lutteurs. (D'après une pierre gravée antique.)

on peut le voir dans la figure 27, qui est empruntée à un vase grec ainsi que la précédente. On voit ici que la lutte était accompagnée de

joueurs de flûte, comme la plupart des exercices. Toutefois la lutte que nous \ oyons ici n'est qu'un exercice de jeunes gens, et non une véritable lutte d'athlètes, faite en présence des juges, comme celle que nous a montrée la figure 26. Dans les luttes d'athlètes, il fallait avoir terrassé trois fois son adversaire pour être proclamé vainqueur.

Dans la seconde espèce de lutte, les deux adversaires se tenaient mutuellement le corps serré et pouvaient tomber ensemble en se roulant sur le sable. Elle était beaucoup plus violente que la première et demandait en somme plus de force que d'adresse véritable. C'était un véritable combat corps à corps, dans lequel toutefois les coups de poing étaient interdits. Ce combat (fig. 28) pouvait durer fort longtemps, car il ne cessait que lorsqu'un des deux adversaires s'avouait vaincu et levait la main en signe de défaite,

LE PUGILAT. — Le pugilat était une lutte à coups de poing dans laquelle il était défendu de se saisir au corps. Les pugilistes sont armés

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