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derne. La figure 731 nous en offre un curieux exemple. On voit clairement que les peintres qui décoraient de leurs ouvrages les maisons de Pompéi travaillaient absolument de pratique et sans se soucier en
i-ig. 732. — Hippopuume et pygmeu.
aucune façon de la naïveté de l'interprétation et de l'exactitude des formes.
Au reste le pays qu'ils aiment à représenter n'est pas rÉg^-pte pro-
Fig. "33. — Peinturo décorative a Pompei.
prement dite, qui était alors une contrée aussi connue qu'elle peut l'être aujourd'hui, mais l'imagination des peintres les poussait à retracer sans cesse ces mystérieuses sources du Nil, où la mythologie a placé les pygmées. L'un deux (fig. 732) est gravement assis sur un
LA PEINTURE
crocodile qui le transporte à la surface des eaux, tandis que, plus loin, on voit des hippopotames s'ébattre parmi les herbes du marécage.
Une singulière décoration peinte de Pompéi montre tous les animaux du Nil, réunis ensemble sans aucun ordre apparent, et se jouant au milieu des plantes. Ici (fig. 733), on voit un hippopotame, un ser-
Fig. "34. — Peinture dËcoralive à l'umpéi.
pent, des oiseaux ; plus loin (fig. 734), c'est un crocrodile avec des ibis ou bien des canards qui barbotent dans l'eau. On |voit ici l'influence d'une mode égyptienne, dont Pompéi nous offre de nombreux exemples;
Fig. "Uô. — Asporgrs, poissons et vulaillo. (D'nprës uri»' |icinturr iK; l'un^i'éi.)
mais, en peignant les animaux du Nil, Carliste ne s'est nullement préoccupé d'imiter les procédés d'exécution des l'igyptiens.
Nous avons déjà parlé des décorations d'architecture (tome 111, page /j58). Nous avons vu aussi que les anciens prisaient fort le genre de peinture que nous appelons si improprement les natures mortes et nous en avons montré i)lusieur3 '.'temples (tome II, fig. •2j'.t h 2Cf)). La
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figure 735 montre un panier contenant des poissons; on y voit aussi un pain, une botte d'asperges, et une volaille. Un fait assez remarquable, c'est que les anciens ne paraissent [pas avoir pratiqué la peinture de fleurs. 11 est vrai qu'on voit souvent des fleurs dans leurs motifs de décoration, mais on n'a rien découvert jusqu'à ce jour qui rappelle, même de loin, ces beaux bouquets que Van Huysum et les peintres hollandais aimaient tant à représente!'.
En dehors des fouilles exécutées dans les villes du Vésuve, on a découvert bien peu de peintures antiques. Il faut signaler pourtant, au
Fjg. 736. — Énée chez Didon.
musée du Vatican, le fameux tableau des noces aldobrandines, découvert à Rome, en 1800, dans les décombres d'une maison antique et cédé au pape Pie VI par le cardinal Aldobrandini. Cette peinture, trèscurieuse par son exécution toute en hachures, ne Test pas moins par le sujet qui retrace une scène de mariage dans l'antiquité. Nous l'avons reproduite dans le tome II de cet ouvrage (fig. 216, 217, et 218).
Pour les ouvrages de la décadence, on peut citer, outre les peintures des catacombes chrétiennes, qui ont été décrites ailleurs (tome I, page Zi92), les curieuses miniatures du Virgile du Vatican, dont la -flgure 736 nous montre un spécimen représentant Énée chez Didon. Les personnages sont tous nimbés, et la composition, qui présente une allure symétrique, est remarqual)le par l'absence complète de toute notion de perspective.
La caricature. — La raideur que nous avons signalée dans le
LA PEINTURE
dessin des Égyptiens ne se rencontre que dans la peinture monumentale, ce qui ferait penser que les traditions d'école et la nécessité de se plier à des formules admises peuvent y avoir autant de part que le tempérament propre des artistes égyptiens. Ce qui le ferait
i-'ig. 1^7. — Cancaturo Cf:yi>tiiniio &ur uu cuiicc.l.
croire aussi, c'est que lorsqu'ils sont libres de toute entrave, lorsqu'ils font une caricature par exemple, leur dessin change absolument do
Fig. ^3S. — Caricature (^pypliL'nno.
caractère. Voici par exemple une rcprésentaiion do concert traitée en charge et qui n'a certes absolument rien du hiératisme tant reproché aux Égyptiens (fig. 737), Nous voyons un Ane, un lion, un crocodile et un singe, (pii jouent des principaux instruments de musique en usage parmi les anciens Égj plions. Ce no sont pas là assurément les
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animaux des hiéroglyphes, et ce sont moins encore ceux des monuments, mais on pourrait bien y voir les ancêtres des animaux qu'a dessinés Grandviile.
Une autre caricature égyptienne bien curieuse (fig. 738) nous montre l'attaque par les rats d'une citadelle défendue par des chats. Les rats
Fig. TSg. — Caricature égyptienne.
seront victorieux, on n'en peut douter, le pharaon est parmi eux; on le voit sous la forme d'un rat, dans sa pose traditionnelle, debout sur son
Kig. 'Î40. — Combat de pygmées couire des grues.
char et décochant contre les ennemis ses invincibles flèches. Les rats portent d'ailleurs le bouclier égyptien ; l'un d'eux vient de poser une écheHe pour monter à l'assaut de la forteresse, au haut de laquelle les malheureux chats paraissent demander grâce. II y a dans toutes ces petites figures une grande connaissance du dessin au point de vue de la tournure. Mais voici maintenant une caricature sur laquelle on voit une partie engagée entre un lion et un âne. Ici l'artiste était certainement
LA PEINTURE
moins expérimenté, et on pourrait trouver beaucoup à redire dans le dessin des animaux, mais l'intention comique est trùs-évidentc et on somme l'artiste a dit tout ce qu'il voulait dire (fig. 739),
Les vases grecs nous montrent fréquement des caricatures qui se rapportent presque toujours h des scènes de théâtre représentant uno
Ftg. l-li. — Cumbat do pygmées c^julre dus yrui-».
parodie do l'histoire des dieux. La mythologie a fourni de nombreux sujets aux comédies satiriques, les masques comiques eux-mêmes peuvent être considérés comme de véritables caricatures sculptées.
La caricature joue aussi un certain rôle dans la décoration pom-
■ Pygiuuc's conid.iU.i
péienne et c'est la lutte des pygmées contre les grues qui en fait |)resque tous les frais (fig. 7MJ. 741, 7/i2). La grosse tête sur un petit corps forme surtout l'élément comique de ces caricatures, dans lesquelles le désir d'être burlesque tient beaucoup plus de place que Ibbservatioa d'un type ou d"un ridicule. Ces figures au surpi s paraissentêireuno imitaiidu tic celles qui sont ro|>résentées sur les vases. Les Pygmées sont les Lilliputiens de l'antiquité. D'après la fable, ils n'avaient qn une coudée de li.uit; leurs femmes étaient mères à
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trois ans, et vieilles à huit ans. Leurs maisons étaient faites de coquilles d'œufs et ils coupaient le blé avec des haches. Pline dit que ces petits hommes sont armés de flèches; il les fait porter par des béliers
Fig. 743. — Enéc ciricaturc.
et descendre au printemps des montagnes de l'Inde, où ils habitent, sous un ciel pur, pour venir fers la mer orientale, soutenir trois mois
Fig. "44. — Caricature à Ponipéi.
durant, la guerre contre les grues, briser leurs œufs, enlever leuis petits ; sans quoi, dit-il, ils ne pourraient résister aux troupes plus nombreuses de ces oiseaux, Buffon dit que les singes sont très-friands des oeufs d'oiseaux, et qu'ils recherchent particulièrement ceux des grues. Les grues s'opposent naturellement à ce larcin, et ce serait là
LA PEINTUr.E. i,93
l'origine des fables concernant la lutte dos pygmécs contres les grues. 11 existe trôs-peu de caricatures romaines. Parmi les rares spécimens que l'on connaît nous citerons le groupe d'Énée portant son père Anchise et donnant la main à son jeune fils Ascagne (fig. 743). Les trois personnages sont représentés par des animaux à tournure humaine, qui forment d'ailleurs le seul élément comique de la composition. Une autre caricature, très-souvent citée, a été découverte à Pompéi ; elle représente un soldat ou plutôt un gladiateur qui agite une palme en signe de victoire (fig. Ikk). Ce n'est pas à vrai dire une caricature, mais un simple trait tracé sur la muraille à l'aide d'une pointe et par un homme ignorant le dessin. La caricature d'un crucifié, tracée à la pointe par un soldat dans le palais des Césars, et dont nous avons donné la représentation (tome I, figure 5hk), est un dessin du même genre, mais où l'intention comique est plus prononcée.
La mosaïque. — Du moment que, pour donner de la sécheresse et de la planimétrie au sol de leur habitation, les hommes réunirent des pierres qu'ils tentèrent de relier en les enfonçant dans une terre détrempée et battue, la mosaïque exista en principe et il ne s'agissait plus que d'en faire un art en la perfectionnant. Les pierres étant de diverses couleurs, il parut naturel de les assortir par compartiments d'abord fort simpii-s, comme les carreaux d'un échiquier. Il est trèsprobable que ces premiers pavages ne présentaient guère que deux ou trois couleurs; mais quand on commença à en diversifier la forme, que les pierres furent taillées en carrés, en losanges, en triangles, en hexagones, on éprouva aussi le besoin d'assortir et de varier les teintes. Toutefois ces premiers essais constituent plutôt un pavage qu'une véritable mosaïque.
Une charmante mosaïque de Pompéi montre le mélange delà figure avec les ornements. Une figure de tritonide, moitié femme, moitié poisson, occupe le centre de la mosaïque; elle est entourée d'un encadrement de palmetles autour desquelles court une double rangée de grecques de la forme la plus gracieuse. Cette mosaïque est extrêmement intéressante parce qu'elle nous montre la transition du pavage avec la véritable mosaïque (fig. 7/i5';.
Quand, au lieu de losanges, d'entrelacs et d'ornements géométriques,
on voulut reproduire dans le pavage des ornements naturels, des llcurs,
des fruits, des animaux, des emblèmes et exécuter au besoin des
sujets analogues à ceux de la peinture, il fallut trouver des procédés