‹ La vie privée des anciensChapitre 26 sur 30 · III · texte numérisé non relu

III

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nouveaux et modifier même les matériaux. On imagiua alors d'amollir une pâte, capable de se couler en gâteaux d'une certaine étendue, qu'on fendait ensuite pour en former des dés. On obtint ainsi les nuances les plus variées, les dégradations les plus insensibles; la matière dut obéir absolument aux inspirations de l'arti&te et la

Fig. "45. — Mosaïque de Pompéi.

mosaïque atteignit toute la perfection dont elle est susceptible. La figure 7/j6 reproduit une mosaïque représentant la mer. C'est la mer prise dans ses profondeurs et considérée sous un point de vue exclusivement décoratif. Les poissons de toutes formes et de toutes couleurs affluent dans cette mer, avec les mollusques et toutes les bêtes qui vivent sous l'eau. Des rinceaux de feuillages portant quelques grandes fleurs s'échappent des angles et forment à cette fantaisie maritime un riche encadrement. Les anciens étaient très-habiles dans ce genre de décoration dont la figure 7/»7 nous offre encore un modèle

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nouveau. Ici deux grands masqups tragiques, renversés en arrière, sont mùiés à une giossc guirlande de fruits et de feuillages que des couronnes relient à trois places différentes. Les masques tragiques ou comiques sont trôs-fréqiients dans les peintures décoratives. On les retrouve sur la figure 748 dans l'encadrement d'une belle mosaïque

Fig. 7-lti. — La mer. (Mosaïque.)

représentant Acratus. génie bachique que l'artiste a présenté pourvu de grandes ailes et monté sur un lion fantastique.

Souvent la mosaïciuc se compose d'un assemblage di- petits morceaux (le verre, de pierre, de buis ou de matières de différentes couleurs, fixées sur une surface au moyen d'un mastic. Un des grands avantages de cette sorte de peinture c'est sa résistance à tout ce qui altère communément la beauté des peintures et la facilité avec

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laquelle on peut la nettoNcr en lui donnant un nouveau poli,

sans risquer d'en déiruire le coloris, (i Lorsqu'on veut faire un ouvrage de mosaïque, dit.Millin, on construit en pierres plates un fond cerclé avec des bandes de fer et entouré d'un bord solide en pierres. Ce fond 'est couvert d"un mastic épais dans lequel on implante, conformément au dessin tracé sur le fond, des cubes colorés. Ce mastic prend ia dureté d"une [lierre; lorsque l'ensemble a assez de consistance, on le polit comme une glace.

Cependant, comme le poli que les mosaïques acquièrent alors empêche d'en très-bien distinguer le dessin, on ne polit plus les grands morceaux qui doivent être vus de loin, tels que ceux placés dans les coupoles des plafonds, etc. On ne peut distinguer, dans l'éloignement, l'inégalité de la surface, ni les interstices des cubes dont la mosaïque est composée. On a trouvé l'art de donner à la couleur du vert lant de nuances différentes, qu'on peut s'en servir pour exécuter tous les ouvrages de peinture. L'ariiste en mosaïque a, pendant son travail, les cubes rangés dans des cases, selon les différentes nuances, de même que l'imprimeur a ses caractères rangés dans les siennes. On a encore imaginé de scier les mosaïques transversalement pour les multiplier. Il paraît que chez les anciens les pavés exécutés en mosaïque grossière n'étaient pas faits en même temps que ceux d'un travail délicat. On laissait dans les premiers la place qu'il fallait pour y implanter des mosaïques plus ilèlicatcment terminées. C'est ainsi qu'à Iferculanum, on a trouvé au milieu d'un

pave en mosaïque grossière une portion de mosaïque d'un travail

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plus fin, qui ne tenait pas au reste et qui n'était que rapportée. » Les procédés matériels de la mosaïque sont parfaitement visibles sur la figure 719, qui représente la tète d'un guerrier perse, dans la mosaïque de la bataille d'Issus; on y voit distinctement tous les petits cubes que l'arlistc a dû placer les uns h côté des autres.

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l'ig. 'IH. — Acralus. (Mosaïque)

La grande et fameuse mosaïque de la bataille crissus, une des rares compositions historiques que nous ait laissées l'aniiquilé, paraît la reproduction d'un ouvrage fameux dont l'exécution remonterait sans doute au temps des successeurs d'Alexandre. Chose bizarre I il y a ici un cheval en raccourci, fort bien dessiné du reste; mais un raccourci est une rareté dans l'art antique, car les peintures anciennes que nous connaissons sont toujours composées en manière de bas-reliefs. En outre elles sont la plupart du temps conçues dans une donnée trôscalme et la bataille d'Issus est au contraire pleine de mouvement.

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7aut-il en conclure qu'il a existé dans l'antiquité une école de peinture vivante et passionnée, dont nous aurions ici l'unique échantillon

Fig. 149. — Mosaïque.

connu? C'est ce qu'il est impossible, d'affirmer, mais il est dillicile d'admettre qu'une œuvre d'un caraclôre aussi déterminé soit complètement isolée et ne se rattache pas à un groupe. Ajoutons que cette

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mosaïque, fort endommagée aujourd' hui, devait, lorsqu'elle était entière, compter 1,380,000 petits morceaux de pierre de couleur (fig. 750).

L'usage des mosaïques parait avoir pris naissance en Orient : on imita les tapis dans des compositions de pierres dures diversement colorées que Ion exécutait sur les pavés ou sur les murailles. On suppose donc que les Grecs ont pu emprunter aux Phéniciens la manière d'assembler les petits cubes, mais ce sont eux qui en ont fait un art qu'ils ont porté à la perfection et qu'ils ont ensuite enseigné aux Romains. Ceux-ci, après la conquête de la Grèce, transportèrent à Rome les beaux pavés en mosaïque trouvés dans les villes grecques dont ils s'étaient rendus maîtres. Sylla fut le premier parmi eux qui fit exécuter dans le temple de la Fortune à Préneste, aujourd'hui Palestrina, une mosaïque qui subsiste encore. D'après Pline, l'art de la mosaïque se serait surtout développé à la cour d'Attale, roi dePergame. Les Romains en ont fait un grand usage sous l'empire.

Au milieu de la décadence générale des arts, la mosaïque subit naturellement de grandes altérations sous le rapport du style et de la pureté des formes, mais elle ne cessa jamais d'être pratiquée, même à l'époque désastreuse des invasions barbares, et elle est demeurée sous les byzantins la forme la plus haute et la plus complète de la peinture

TABLE DES MATIÈRES

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