II. SI
rn\sTiTrTio\ de la famille.
— 2* La femme placée dans le coin devrait être échcvelée et non coiffée avec soin. — 3° Le joueur de flûte no devrait pas dans cette circonstance avoir la tête ceinte d'une bandelette, et la fibule qui attache son vêtement sur l'épaule gauche n'est pas conforme au costume habituel des Romains. — Malgré ces observations de détail, qui no sont pas sans valeur à nos yeux, nous avons cru devoir faire reproduire ce monument, qui est assez célèbre, et qui est généralement regardé comme antique.
Le corps du défunt. — Après la cérémonie de la conclamation, on lavait le corps, et on le frottait de parfums et d'huiles odoriférantes. Le défunt était ensuite revêtu de ses plus beaux habits; s'il avait été magistrat, on le recouvrait de la robe prétexte, et s'il avait été honoré de couronnes ou de récompenses, soit à la guerre, soit dans les jeux publics ou les concours littéraires, on les déposait sur le lit mortuaire, qu'on ornait de fleurs et de feuillages.
De même qu'en Grèce, on mettait dans la bouche du défunt une obole, pour payer Caron, le nocher des enfers, qui transportait les morts sur le fleuve Achéron ; sans cette précaution, les mânes du mort ne pouvaient entrer dans le pays des ombres, et souvent, indignées d'être ainsi traitées, au lieu de servir de génies bienfaisants, elles devenaient des larves effrayantes.
Le mort était ensuite exposé sur son lit, devant la porte de sa maison ou dans le yei^ibule, avec les pieds tournés en dehors. Chez les riches Romain^ cette exposition durait souvent plusieurs jours, pendant lesquels on fssait les apprêts de la fête funèbre.
Le cortège funèbre. — Anciennement, la translation du corps avait lieu de nuit, aûn de ne pas exposer les prêtres ou les magistrats à rencontrer le cadavre dont la vue les aurait souillés. Mais môme lorsqu'elle se faisait dans le jour, on employait toujours des torches dont le nombre était proportionné à l'importance du défunt et qui accompagnaient le cortège. Dans les convois riches, la famille, qui suivait le défunt, était accompagnée de musiciens, de pleureuses et d'histrions. Les musiciens réglaient la marche du cortège par le son des flûtes et des trompettes; ils étaient quelquefois en très-grand nombre. Les pleureuses à gages, qui formaient à Rome une communauté dirigée par une pleureuse en chef, marchaient en se frappant la poitrine et le visage et en faisant retentir Tair de leurs cris perçants. De temps à
Fig. tf29.
Yoituro funèbre.
(D'après une médaille romaine.)
autre le cortège s'arrêtait pour écouter des harangues en l'honneur du défunt ou pour regarder Thistrion, qui avait revêtu les habits du mort, et qui contrefaisait sa voix et ses gestes. Les parents et les amis, souvent nu-pieds et la tête couverte de cendre, étaient suivis des affranchis et des esclaves, vêtus d'une tunique sans ceinture.
Les Romains employaient des voitures funèbres dont la forme générale est celle d'un petit temple ou d*un tombeau, comme on peut le voir sur la flgure 269, qui est tirée d une médaille romaine. Cette voiture contenait les cendres du défunt, et elle accompagnait le cortège funèbre jusqu'au tombeau, où s'accomplissaient les dernières cérémonies.
Plutarque, dans ses Questions romaines, donne quelques détails sur Tattitude des enfants du défunt pendant le convoi. « Pourquoi, dit-il, les fils suivent-ils le convoi de leurs parents la tête voilée, les G lies, au contraire, la tête nue et les cheveux non attachés? Est-ce parce que les fils doivent respecter leurs pères comme des dieux, et les filles les pleurer comme morts, et parce que la loi, en assignant à chaque sexe un mode particulier de douleur, a satisfait par cette double prescription à une entière convenance? Ou bien est-ce parce que le caractère du deuil est de se trouver en dehors de la coutume ordinaire, et qu'il est plus habituel aux femmes de sortir en public la tête voilée et aux hommes la tête nue? En effet, chez les Grecs, toutes les fois qu'il survient quelque calamité, les femmes se coupent les cheveux et les hommes laissent croître les leurs, précisément parce que l'usage habituel est pour ceux-ci d'avoir la têle rase, pour celles-là de porter toute leur chevelure. Ou bien est-ce à Tégard des lils la raison que nous venons dédire, qui les faisait rester la tête découverte? En effet, comme Varron nous l'apprend, ils exécutent des évolutions autour des tombeaux de leurs pères; ils honorent les monuments où ceux-ci reposent comme des temples divins, et lorsque, après avoir brûlé leurs restes, ils trouvent un premier ossement, ils disent que le mort est devenu un dieu. Pour les femmes, au contraire, il ne leur était pas permis de se couvrir la tête. »
Les dernières cérémonies. — L'usage grec de l'incinération n'a
pas toujours existé à Rome. « Brûler les corps, dit Pline, n'est pas une institution de première antiquité dans Rome. D'abord on enterra les morts; l'usage de les brûler s'établit quand les Romains eurent connu dans les guerres lointaines que les tombeaux n'étaient pas toujours des asiles sacrés. Cependant plusieurs familles conservèrent l'ancienne coutume. Le dictateur Sylla est le premier des Cornélius dont on ait brûlé le corps; il le voulut ainsi, parce que, ayant exhumé le cadavre de Marins, il craignit pour lui-même la peine du talion. Le mot sépulture s'entend des derniers devoirs rendus de quelque manière que ce soit : inhumé ne se dit que d'un corps déposé dans la terre. » L'usage de brûler les corps est devenu presque universel pendant la période impériale et n'a cessé qu'avec le christianisme.
Les corps étaient brûlés en dehors de la ville : quand le cortège arrivait au lieu de la sépulture, le mort, couché sur son lit funèbre, était posé sur le bûcher qu'on avait préparé d'avance. Avant d y mettre le feu, on ouvrait les yeux du défunt, et on lui remettait ses bagues après les doigts. On chargeait le bûcher de plats remplis de mets, et on y déposait les effets du mort, ses bijoux, ses armes et des cadeaux de tout genre que ses amis avaient apportés. Ensuite un des plus proches parents s'approchait avec une torche et, en détournant la tète, allumait le bûcher; on jetait ensuite des parfums dans la flamme.
Des jeux funèbres, qui, chez les Étrusques, avaient toujours un caractère sanglant, s'exécutaient autour du bûcher. C'est de là qu*est venu lo combat des gladiateurs.
Les cendres et les ossements étaient ensuite recueillis avec une espèce de crochet, et on les déposait avec le plus grand soin dans des urnes en marbre, eu terre cuite ou en verre, qu'on portait ensuite dans le monument funéraire de la famille.
Lorsque le corps, ou l'urne, avait été déposé dans le tombeau, le prêtre purifiait les assistants en les aspergeant avec de Teau lustrale. Il se servait pour cela d'une branche d'olivier ou de laurier. Ensuite on plaçait les inscriptions sur le monument funèbre, et on se retirait : le lieu où le corps était renfermé devenait sacré. Des cérémonies du même genre s'accomplissaient dans la maison mortuaire, qui devait être purifiée.
Neuf jours après les funérailles, on offrait un sacrifice : le tombeau était orné de fleurs, de guirlandes et de bandelettes sacrées, qui mettaient le mort sous la protection des dieux. On offrait aux morts un repas funèbre, composé de fruits, de laitues et d'œufs, placés sur le
su CONSTITUTION DK LA FAlilLLB.
tombeau et destinés aux m&nes. La famille et les amis se réunissaieBt ensuite à des époques déterminées pour les banquets funèbres qui se donnaient en l'honneur du mort.
Le deuil était porté par les femmes, pour leur mari, leur p6)re ^ leur mère, pendant un espace de temps qui était habituellement d*an an. Plutarque nous a laissé quelques renseignements sur la manière dont les Romains portaient le deuil.
tt Pourquoi, dans le deuil, les femmes portent-elles des robes blan* ches et des résilles blanches? Est-ce à cause de la couleur des linceuls dont le mort est enveloppé? Et, pour ce qui est du corps,, romo-t-on ainsi parce qu*on no peut parer Tàme, et que celle-ci, oa veut la cougédier éclatante et pure, comme dégagée désormais d'une longue et multiple lutte ? Ou bien, en pareille circonstance, ce qui est simple et uni convient-il mieux que tout, tandis que les étoffes teintes accusent, les unes de la somptuosité, les autres de la recherche ? Il n'y a, en effet, que le blanc qui soit pur, non mêlé, non sali, non imitable par la teinture; et, à ce titre, rien ne convient mieux que le blanc à ceux que l'on enterre. Un mort, en effet, est devenu chose simple, exempte de tout mélange, parfaitement pure; il n'a perdu, en se séparant de aoa corps, qu'une tache et une souillure que Ton peut effacer. » (Plutarque» Questions romaines.)
Funérailles patriciennes. — Nous devons à Polybe quelques détails sur les cérémonies observées dans les funérailles d*un personnage haut placé, a Quand il meurt à Rome, dit-il, quelque personnage de haut rang, on le porte avec pompe à la tribune aux haraugues, sur le Forum ; là, dressé sur les pieds, rarement couché, il est exposé à la vue de tout le peuple. Ensuite son ûls ou, en l'absence du fils, un proche parent loue en présence de tout le peuple les vertus du mort et rapporte ses principales actions. On l'ensevelit ensuite, et on lui rend les derniers devoirs ; on fait une statue qui représente son visage au naturel, tant pour les traits que pour les couleurs, et on la place dans Tendroit le plus apparent de la maison et sous une espèce de petit temple en bois. Les jours de fête, on découvre ces statues, et on les orne avec soin. Quand quelque autre de la même famille meurt, on les porte aux funérailles; et, pour les rendre semblables, même pour la taille, à ceux qu'elles représentent, on ajoute au buste le reste du corps. On le revêt aussi d'habits. Si le mort a été consul ou préteur, on pare la statue d'une prétexte; s'il a été censeur, d'une robe de pourpre; s'il
a eu l'honneur d'un triomphe ou fait quelques actions d'éclat, d'une étoffe d'or. On les porte sur des chars précédés de faisceaux, de haches et des autres marques des dignités dont ils ont été revêtus pendant leur vie. Quand on est arrivé à la tribune aux harangues, on les place sur des sièges d'ivoire, ce qui forme le spectacle le plus enivrant pour un jeune homme qui aurait quelque passion pour la gloire et pour la vertu. î)
Voici maintenant comment Suétone raconte les funérailles de César: a Le jour des funérailles de César étant fixé, on lui éleva un bûcher dans le Champ de Mars, à côté du tombeau de Julie, et une chapelle dorée vis-à-vis de la tribune aux harangues, sur le modèle du temple de Vénus Génitrix. On y plaça un lit d'ivoire, couvert de pourpre et d'or. Au sommet était un trophée avec le vêtement que César portait quand il fut assassiné. La journée ne paraissait pas devoir suffire à la foule de ceux qui apportaient des offrandes; on publia que chacun, sans observer aucun ordre, pourrait les porter au Champ de Mars, en suivant la rue qu'il lui plairait. Au lieu d'éloge funèbre, le consul Antoine fit lire par un héraut le sénatus-consulte qui décernait à César tous les honneurs divins et humaius, et le serment par lequel tous s'étaient liés pour le salut d'un seul. Antoine y ajouta fort peu de mots. Ce furent des magistrats en fonctions ou sortis de charge qui portèrent le lit de César au Forum, devant la tribune aux harangues. Les uns voulaient qu'on brûlât le corps dans le sanctuaire de Jupiter, les autres que ce fût dans la salle de Pompée. Tout à coup, deux hommes, ayant un glaive à la ceinture et tenant chacun deux javelots, y mirent le feu avec des torches. Aussitôt la foule s'empresse d'y entasser du bois sec, des sièges et jusqu'au tribunal des juges, el tout ce qui se trouvait à sa portée. Ensuite des joueurs de flûte et des histrions y jetèrent les habits triomphaux dont ils s'étaient revêtus pour la cérémonie; des vétérans légionnaires, les armes dont ils s'étaient parés pour ces funérailles; les femmes, les bijoux qu'elles portaient et les robes prétextes de leurs enfants. Dans ce grand deuil public, on remarqua une multitude d'étrangers qui, réunis en groupe, manifestaient leur douleur, chacun à la manière de son pays. Les Juifs veillèrent même plusieurs nuits auprès du bûcher, n
xviir
LES BARBARES
Les Gaolois. — Les Germains. — Les Dacbs et les Sarmatbs.
Les Scythes.
Les Gaulois. — « Les Gaulois, dit Strabon, sont habillés de saies, ils laissent croître leurs cheveux et portent des anaxyrides ou braies larges et flottantes et, au lieu de tuniques, des blouses à manches qui leur descendent jusqu'au bas des reins. La laine dont ils se servent pour tisser ces épais sayons est rude, mais très-longue de poil... Presque tous les Gaulois, aujourd'hui encore, couchent sur la dure et prennent leurs repas assis sur de la paille. Ils se nourrissent de lait, de viandes de diverses sortes, mais surtout de viandes de porc fraîche ou
salée... Les maisons des Gaulois, bâties en planches et en claies d'osier, sont spacieuses et ont la forme de rotondes; une épaisse toiture de chaume les recouvre... A leur franchise, à leur fougue naturelle, les Gaulois joignent une grande légèreté et beaucoup de fanfaronnade, ainsi que la passion de la parure, car ils se couvrent de bijoux d or, portent des colliers d'or autour du cou, des anneaux d'or autour des bras et des poignets, et leurs chefs s'habillent d'étoffes teintes de couleurs éclatantes et brochées d'or. »
Les fouilles exécutées dans un assez grand nombre de tombeaux gaulois, confirment pleinement ce que disent les auteurs anciens du goût qu'avaient nos ancêtres pour la parure. On donne le nom de torques à des bijoux que les Gaulois portaient comme bracelets ou comme colliers. Les bracelets gaulois présentent quelquefois la forme d'une série d'anneaux de différentes grandeurs emboîtés les uns dans les autres. La figure 270 montre un de ces bracelets, qui a été découvert en Bretagne.
Les bijoux gaulois sont presque toujours de forme
circulaire, et ils se composent assez souvent d'un certain
nombre de fils d'or roulés en spirale. Le musée de Saint-Germain
possède de beaux échantillons de ces bijoux en spirale dont la
Fig. 270.
Bijou gaulois.
LES BARBARES
figure 271 nous offre un joli spécimen. Les émaux ont une assez grande importance dans la bijouterie gauloise, et nous aurons à parler plus loin des procédés employés pour leur fabrication. Mais on peut voir un exemple de leur emploi sur la figure 272, qui montre un torque gaulois découvert à Marsal en 1838. Les rosaces qui décorent ce bijou sont enrichies d'émaux avec une feuille d'or au milieu.
Nous n'avons pas à parler ici des armes, qui seront décrites dans un chapitre spécial. Jules César, qui en parle longuement dans sa Guerre des Gaules,
nous donne, en passant, quelques renseignements intéressants sur les mœurs des Gaulois. Voici ce qu*il dit sur les habitudes conju-
Fig. 271. — Torque gaulois
Fig. 272. — Torque gaulois.
gales : « Autant les maris ont reçu d'argent de leurs épouses à titre
de dot, autant ils mettent de leurs propres biens, après estimation
«s CONSTITUTION OB LA FAMILLE.
faite, en communauté avec cette dot. On dresse oonjoiiilraieiit on tet de ce capital, et Ton en réserve les int&^ts. Quelque époux qui survive, c'est à lui qu'appartient la part de Tun et de rautre, avec les intérêts des années antérieures. Les hommes ont sur leurs Seinmes, oomiM sur leurs enfants, le droit de vie et de mort ; lorsqu'un père de Cmûllft de haute naissance meurt, ses proches s^assemblent, et s'ils <mt qodqoa soupçon àur sa mort, les femmes sont mises à la questfcm des eselavas; si le crime est prouvé, on les fait périr par le feu et dans les plus horribles tourments. »
Le même auteur ajoute un peu plus loin, à propos des cérémonies funèbres : « Les funérailles, eu égard à la civilisation des Gaulois, sont magnifiques et somptueuses. Tout ce qu^on croit avoir été cher ta défunt pendant sa vie, on le jette dans le bûcher, même les animinx ; et, il y a peu de temps encore, on brûlait avec lui les esdavet ci las clients qu'on savait qu'il avait aimés, pour comidément des lionnears qu'on lui rendait. »
Selon plusieurs écrivains anciens, les Gaulois admettaient qn» l'homme pouvait, après sa mort« recommencer d'autres eiistsnces Hbt^ rostres, a Les Gaulois, dit Diodore de Sicile, ont fait prévaloir dies eux l'opinion de Pytbagore, d'après laquelle les âmes des hommes sont immortelles, et chacune d'elles, s'introduisant dans un autre corps, revit pendant uu nombre déterminé d'années. C'est pourquoi, pendant les funérailles, ils jettent dans le bûcher des lettres adressées à leurs parents décédés, comme si elles devaient être lues par les morts. »
Les Germains. — « Les Germains, dit Tacite, ne bâtissent point de villes, ils ne souiïrent même pas d'habitations réunies; leurs demeures sont éparses, isolées, selon qu'une fontaine, un champ, un bocage ont déterminé leur choix. Leurs villages ne sont pas, comme les nôtres, formés d'édifices contigus : chacun laisse un espace vide autour de sa maison, soit pour prévenir le danger des incendies, soit par ignorance dan^ l'art de bâtir. Ils n'emploientnipierresni tuiles, ils se servent uniquemenfde bois brut, sans penser à la décoration ni à l'agrément (fig. 273). Toutefois ils enduisent certaines parties d'une terre fine et luisante dont les veines nuancées imitent la peinture. Ils se creusent aussi des souterrains qu'ils chargent en dessus d'une épaisse couche de fumier. C'est là qu'ils se retirent l'hiver et qu'ils déposent leurs grains. Ils y sentent moins la rigueur du froid, et si l'ennemi fait une incursion, il pille les lieux découverts, tandis que cette proie cachée sous la terre reste igno-
LES llARIlARtIS.
SIft
mtie de lui ou te déroute par les recherches mêmes qu^il faic pour la I trouver, jls ont tous pour vêlements un sayon qu'ils attachent avec I une agrafe ou, à défaut d'agrafe, avec une épine. A cela près, ils I sont nus et passent les journées entières auprès de leur foyer. Les I plus riches se distinguent par un habillement, non pas ûoitanl comme
lez les Sarmates et tes Parthes, maïs serré et qui marque toutes les irmes (fig. 21li)- iis portent aussi des peaux de bêtes, plus grossières ["Vers le Rhin, plus recherchées dans l'intérieur, où le commerce ne fournit pas d'autre parure. Là, on choisit les animaux, et pour embellir leur dépouille on la parsème de taches et on la bigarre avec la peau des monstres que nourrissent les plages inconnues du plus lointain Océan. L'habillement des femmes ne diffère pas de celui des hommes, excepté elles se couvrent le plus ordinairement de tissus de lin relevés par mélange de pourpre, et que la partie supérieure de leur vêlement s'étend point pour former des manches : elles ont les bras nus jusqu'à l'épaule, leur sein môme est en partie découvert. L
Presque seuls entre les barbares, ils se conicnieut d'une femme,
irmis un petit nombre de grands qui en prennent plusieurs, non par
iprit de débauche, mais parce que plusieurs familles ambitionnent
r alliance. Ce n'est pas la femme, c'est le mari qui apporte la dot.
Le père et la mère, ainsi que les proches, assistent à l'entrevue et
agréent les présents. Ces présents ne sont point de ces frivolités qui
m . CONSTITUTION DB LA FAMILU.
charment les femmes, dî rien dont puisse se parer la noavelle épousB. Ce sont des bœufa, un cbeval tout bridé, un bouclier avec la framée et le glaive. En présentant ces dons, on reçoit une épouse. Elle, de son c6té, donne aussi à l'époux quelques armes... Trè»-pen d'adultèna M commettent dans cette nation si nombreuse, et le châtiment, qaf luit de prés la faute, est abandonné au mari. On rase la coupable, el, en
Fl^. S74. — Bubuo tl«Bi
présence des parents, le mari la chasse de sa maison et la poursuit k coups de verges par toute la boui^ade... L'eufaoce se ressemble dans toutes les maisons, et c'est au milieu d'une sale nudité que grandissent ces corps et ces membres dont la vue nous étonne. Chaque mère allaite elle-même ses enTants, et ne s'en déchaîne point sur des servantes et des nourrices. Le maître n'est pas élevé plus délicatement que l'esclave ; ils vivent au milieu des mâmes troupeaux, couchent sur la même terre jusqu'à ce que l'âge mette l'homme libre à sa place et que la vertu reconnaisse les siens... Boire des journées et des nuits entières n'est une honte pour personne. L'ivresse produit des querelles fréquentes qui se bornent rarement aux injures, presque toujours elles finissent par des blessures el des meurtres.
LES BARBARES. 221
n Nul faste dans leurs runûrailles : seulement on observe de brûler avec un bois particulier le corps des hommes illustres. On n'cntasso sur le bûcher ni étoffes ni parfums, on n'y met que les aimesdu mort; quelquefois le cheval est brûlé avec son maître. On dresse pour tombeau un tertre de gazon i ces pompeui monuments, que l'orgueil élève à grands frais, leur sembleraient peser sur la cendre des morts. Ils donnent peu de temps aus lamentations et aux larmes, beaucoup à la douleur et aux regrets : ils croient que c'est aux femmes de pleurer, aux hommes de se souvenir. Voilà ce que j'ai appris sur les mœurs des Germains. » (Tacite. Mœurs des Germains-)
Les Dacesetles Siruates. — L^sDaces haDiiaient les pays riverains du Danube et du Pruth; les Sarmales occupaient les contrées qu'arrose la Vistule. Il est tréSHitfûcIle de distinguer entre eux ces
Kg. SlÂ-
Fig. SIS. -
peuples qui ont combattu ensemble les Romains et qui sont représentés sur les monuments d'une manière à peu près semblable. Ils étaient absolument inconnus des Romains avant la guerre que Trajan a entreprise contre eux, au commencement du ii* siècle de notre ère. Les colonnes Trajane et Antonine, ainsi que les arcs de triomphe dont les bas-reliefs retracent les victoires de l'empereur sur ces Barbares, founiisscnt quelques documents sur leur costume (fig. 275-376).
«I CONSTITDTIOM Dl LX'tÂynl
immodéri des femmes les exemples qac voici : « Chez dous, jamai « on ne se marie à moins da dix, onse ou douze femmes, quand o « n'en ^toose pas davantage, Et sE, parliasarJ. quelqu'ua vient h mou->' « rir D*en ayant épousé que quatre ou 6nq, savcz-vous ce que dtseofcil « les gens du paysT Le pauvre hommel mais il n'a point été marié I i « Et bien d'autres témoignages, ajoute Strabon, coarirment ce quo c Jd Ifénandre. Or, on l'avoaera, il n'est guère vraisemblable que c peuples qui font consister le malheur de la vie û n'avoir pas un graoïu
nombre de femmes, regardent en même cempa comme l'homme ver- * tueux, comme \ejmU par excellence, celui qui se voue au célibat. S'il était vrai d'ailleurs qu'aux yeux des Gètes, les plus fervents adorateurs de la divinité fussent précisément les hommes qui fuient le commerce des femmes, il y auraii là quelque chose de tout à fait contraire aux idées reçues partout, car c'est aux femmes généralement qu'on attribue l'initiative des pratiques religieuses, et ce sont bien elles en effet qui cntraincnt les hommes dans tous ces excès de zèle à l'égard des dieux, dans CCS fétcs, dans ces prières et adorations perpétuelles, tandis qu'il est rare de voir un homme vivant seul se livrer à de semblables pratiques. i> (Strabon.)
Les figures 280 et 2S1 représentent des prisonniers barbares dont
LES BARBARES. SB
il est assez dilTicile de préciser )a nationalité, leur coslunie n'ayaatrien qui se rattache directement à un peuple détermiaé ; mais comme elles sont tirées d'un mpnument élevé sous Théodose, on peut croire que ces personnages devaient habiter dans le voisinage du Danube ou sur les bords du Pont-Euxin.
Les ScTTHES, — Les monuments nous fournissent quelques renseignements sur les costumes des Scythes; les Grecs avaient des colonies en Tauride (Crimée], et dans les fouilles exécutées dans cette con-
CcHlomat icfUin (d'ipièi Ira dulnrai d'na tiM trouTi dam dd lombMQ u Tuuida).
trée, on a retrouvé des vases avec des ciselures qui représentent les habitants du pays avec lesquels ils avaient établi des rapports. La figure 282 nous montre un Scythe en train d'arranger la corde de son arc. Son bonnet, qui retombe par derrière de manière à couvrir le cou, est pointu par le haut; mais cette pointe ne se rabat pas en avant comme dans le bonnet phrygien. Il porte une tunique à manches collantes, serrée à la taille par une ceinture et un pantalon à larges bandes entrant dans des bottes qui montent jusqu'à mi-jambes. I^ même costume se retrouve sur la figure 283, sauf qu'un des deux personnages a une coiffure différente: l'autre est pourvu d'un bouclier rectangulaire arrondi dans les angles.
On peut afGrmerque, par-dessus les vêtements que nous voyons représentés sur les monuments, les Scythes portaient souvent une peau de béte en guise de manteau; la rigueur du climat l'exigeait.
Voici d'ailleurs un passage d'Hérodote qui est significatif ; a II parait que ces peuples sont des enchanteurs. En effet, s'il faut en croire les
Sqfthes et les Grecs établis en Scythie* chaque homme se change nue fois par an en loup pour quelques jours et reprend ensuite sa première forme. Mais les Scythes ont beau dire, ils ne me feront pascndre de pareils contes; ce n'est pas qu'ils ne les soutiennent et même avec sennent. » On peut conclure de là que, dans le canton des Nenrea, dont Hérodote parle ici, on portait des peaux de loups pendant les grands froids et qu'on les quittait ensuite. Les peuplades voisines ont sans doute cru qu'ils devenaient de véritables loups et ont raconté cela aux Grecs de la Tauride.
La plupart des Scythes étaient nomades. *
Hérodote nous donne les renseignements suivants sur leors habitations et leur façon de vivre : a Les Scythes sont, de tous les penides que nous connaissions, ceux qui ont trouvé les moyens les plus sûrs pour conserver les avantages les plus précieux; mais je ne vois chex eux rien autre chose à admirer. Ces avantages consistent à ne point laisser échapper ceux qui viennent les attaquer et à ne pouvoir pas être joints quand ils ne veulent pas Têtre, car ils n'ont ni villes ni forteresses. Us traînent avec eux leurs maisons; ils sont habiles à tirer de l'arc étant à cheval. Ils ne vivent point des fruits du labourage^ mais du bétail, et n^ont point d'autres maisons que leurs chariots. Comment de pareils peuples ne seraient-ils pas invincibles, et comment serait-il aisé de les joindre pour les combattre? Ils ont imaginé ce genre de vie, tant parce que la Scythie y est très-propre, que parce que leurs rivières la favorisent et leur servent de rempart. Leur pays est un pays de plaines, abondant en pâturages et bien arrosé ; il n^est, en effet, guère moins coupé de rivières que l'Egypte ne l'est de canaux. » Telles étaient, suivant Thistorien grec, les mœurs des Scythes, qui sont les ancêtres des Cosaques et des Tartares modernes.
iTO¥E ïerpTcEn. — Lu costdhi bCbrii :iEi<. — Li COSTUME AssïmE». —Le cosh
Le cosTuuE ÉcrpTicN. — Les rares statues de l'ancien empire qui sont parvenues jusqu'à nous montrent un costume très-simple. On se rappelle la statue en bois qui figurait à l'Exposition universelle de 1867, et dont M. Mariette donne la description suivante : u Cn personnage est debout, tenant en main le bâton du commandement. Sa chevelure est courte, ses hanches sont couvertes d'une sorte de jupe assez longue qui est ramenée par devant en plis bouffants: tout le reste du corps est nu. Rien de plus frappant que cette image en quel~ que sorte vivante d'un personnage mort il y a six mille ans. La tétc surtout est saisissante de vérité. De son câté, le corps tout entier a été traité avec un sentiment profond de la nature. ^ous ne possédons certes pas de portrait plus authentique et plus parlant. Dans son état primitif, la statue était recouverte d'un stuc léger, peint en rouge et en blanc. Les yeux sont rapportés. Une enveloppe de bronze, qui tient lieu des paupières, enchâsse l'œil proprement dit formé d'un morceau de quartz blanc sum» igjptionne <ii i^mih opaque, au centre duquel un autre morceau de cristal de roche sert de prunelle. Au centre et au fond du cristal, un clou brillant est fixé et donne à l'œil ainsi fabriqué quelque chose du regard de la vie. » (Fig. 28î|.)
LE VBTEHENT.
I i (9mmune3 sont unies ou bit.'u rayijca allcroativempnt î
et i rouge ir6s-légor. Souvent aussi les iiommcs ont pour | «I i.avail un simple linge roulé qui passe entre les jambes J noue ïc devant, comme on eu voit encore aujourd'hui aux.] ens quaud ils tirent de l'eau.
s ouvriers de la campagne ne présentent pas, quant au vêtement,.' iSérences bien notables avec cens des villes, et, bien que iM ^ peintures découvertes dans ] les tombeaux de l'ancienne Egypte reraoulent à des époques souvent éloignées les unes des autres, on ne voit pas qu'il ail subi en aucun temps des modilications bien sensibles. Le vêtement des hommes consiste la plupart du temps en une seule pièce de toile blanche faisant le tour du ; corps et descendant audessus du genou.
Celte espèce de tablier ou caleçon se nouait autour des reins et une partie pendait en avant. On voit aussi quelquefois, mais plus rarement, des pantalons courts qui oe tombent pas plus bas que le genou.
Les bras, les jambes et la poitrine sont nus (Gg. 2Sb); la chevelure est noire et frisée sans être crépue comme celle des nègres.
Dans les hautes classes, le tablier était retenu par une ceinture qu'un nœud fixe par devant, et il s'avance en avant de manière à décrire dans sa partie inférieure un angle aigu quelquefois trèsaccentué (fig. 286). Chez les pharaons, cette projection en avant
semble maintenue par une sorte de panier comme on en portait au xvni* siècle de notre ère, ou par des lames de métal analogues à
Fig. £86. — Tabliar igjpOeD.
celles de nos crinolines. Nous avons déjà monlré plusieurs exemples de ce curieux vCiement, notammenl dans noire figure qui représente UQ pharaon dans son grand costume saccrdolal.
La tunique, c'esl-à-dire le vôleuient qui adliÈre inimédlalemeiit à )a poitrine, fait égalemenl partie du costume iSgyplieo; elle a été d'ailleurs portée par tous les peuples de l'antiquité. Habiloellemeut, la tunique se composait de deux piëœs présentant à peu prtis la forme d'un carré long, et réunissant les deux angles supérieurs sur les épaules :
une ouverture était Iais.sée au milieu pour qu'on put passer la télé, et les deux pièces composant ce vêlement se rapprochaient sous les aisselles, mais allaient en s'élargissant plus bas. H y a différentes espèces de tuniques; les unes ont des manches courtes, les autres en sont totalement dépourvues.
Hérodote nous a laissé quelques détails sur les vêtements à franges. «Les Égyptiens, dit-il, soûl vêtus de tuniques de lin avec des franges autour des jambes; ils donnent à ces franges Ir nom de calasiris, et pnrdessuslaïunique, llsporti'iii des manteaux de laine blanche. Toutefois on n'entre point dans les temples avec 'de la laine; on u"en laisse pas à ceux qu'on ensevelit, ce serait une impiété. A cet ^ard, ils sont d'accord avei
les Iradiiions orphiques qu'on appi
SM
LE VIÎTEMEXT.
aussi bachiques, el qui sont observées par les fl^ypliens el par les J
Pj-thagoriciens, car, chez ces derniers, c'est une impiélii d'en;
dans des tissus de laine celui qui est initié aux mystères. On doane&l
cet usage un motif rcligieui, » {Hérodote.)
le cost ime des femmes égj'ptieunt-s consiste en une longue cb9>
mise ou robe flottante qui descend jusqu'à la cheville. Par-des3UB|
cette robe les fiitiincs ont un jupon qu'une ceinture relionl à !
tuilk ou bifn qui se rattache aux épaules au moyen de breielIcL-l Dans les classes ùlevfes, la robe qu'ot passait par-dessus lo jupon était du plovl beau linge; les manches s'attachaient d^J ; vant sur la poitrine (Gg. 237), mais, peil-J dant les cérémonies religieuses ou les prar4 cessions funéraires, le bras droit sortait dft{ la manche et restait dehors (Qg. 388).
Le jupon était ordinairemenld'uuecou-' leur très-vive et enrichi quelquefois li'aaè* étonnante variété de dessins comme i toiles perses. Il était interdit aux esclaves et aux femmes de condition servile de perler un vC-letiienI analogue à celui des dames, et il y avait aussi une notable différence dans la disposition de la coiffure. La robe s'ajustait au cou avec des maiicbcs courtes -et ouvertes qui dcpiissaient rari;mcni le coude; les jours de fête, elles mettaient par-dessus un long vêtement flottant. On
voit aussi quelquefois des femmes dont fes bras sont absolument nui
ou simplement ornés de bracelets.
iBdgTPtlBni
Le cosTuyE hébreu. — Malgré les recherches qui ont été faites et les livres qui ont été écrits sur le vêtement des Hébreux, l'absence complète de monuments nous laisse h cet égard dans une très-grande incertitude. Les artistes de la Renaissance et du xvii* siècle, lorsqu'ils ont traité des sujets bibliques, ont adopté pour leurs figures un costume de convention, qui participe du grec ou du romain sans être poâtivemont l'un ou l'autre, et qui avait à leurs yeux l'avantage de présenter une draperie avec de beaux plis. Une réaction s'est faite de nos jours dans un sens archéologique, et, s'appuyant sur ce principe que lo.
costume n'a pas dû beaucoup varier en Palestine, parce qu'il est fondé sur une nécessité du climat, plusieurs peintres donnent aux personnages bibliques une allure qui les fait ressembler passablement à des Bédouins. Les Hébreux n'ayant laissé aucun monument qui puisse être consulté comme document, les artistes ne peuvent les représenter qu'à l'aide d*hypothèses plus ou moins ingénieuses.
Les textes sacrés renferment un assez grand nombre de mots qui désignent différentes sortes de vêtements; mais, comme ils ne disent rien sur leur forme et leur coupe, on ne peut y puiser que des renseignements très vagues. Les matières dont on se servait pour les tissus étaient la laine, le lin et ce mystérieux byssus, dans lequel quelques auteurs ont cru reconnaître le coton. Les gens riches avaient des vêtements teints en pourpre rouge ou violette, souvent enrichis de broderies. La tunique était pourvue de manches, probablement trèslongue, et serrée par une ceinture. Elle était en lin et se plaçait ordinairement sur la peau comme notre chemise. Le manteau ou vêtement de dessus était le plus souvent carré : c'est du moins ce qui parait résulter d'une loi de Moïse, ordonnant d'attacher aux quatre coins des houppes avec un fil violet, pour se distinguer des idolâtres. Mais les gens riches portaient des vêtements bigarrés dont la forme était probablement assez variée.
Le costume des femmes devait nécessairement différer de celui des hommes, puisqu'une loi interdit aux hommes de porter un manteau de femme. La pièce caractéristique était le voile, qui de tout temps a été l'attribut des femmes en Orient ; mais il n'est pas démontré que les femmes juives se soient caché le visage avec autant de rigueur que les musulmanes modernes. Rebecca reste le visage découvert quand elle parle à Éliézer et n'abaisse son voile que lorsqu'elle voit arriver Isaac, son fiancé. Il est néanmoins probable que dans les rues et les endroits publics les femmes étaient habituellement voilées.
Les hommes et les femmes avaient le plus grand soin de leur chevelure, qu'ils portaient longue et touffue. Une loi défendait de raser la chevelure à la façon des Arabes, qui, par suite d'une pratique religieuse, ne laissaient qu'une grosse mèche au milieu de la tête, et il était surtout obligatoire de laisser croître les coins de la chevelure, c'est-à-dire la partie qui couvre les tempes. C'était pour se distinguer des peuples voisins qui se rasaient le tour de la tête, ce qui les fait appeler par Jérémie les hommes au coin coupé : le prophète fait allusion aux cheveux frisés et aux tresses des femmes. Un bandeau ceignant le front.
i3S LE VÊTEMENT.
et qui, chez les femmes riches, était recouvert d'une plaque d'or» servait à maintenir la chevelure.
Les hommes tenaient beaucoup à leur barbe qu'ils portaient fort longue, ce qui était considéré comme une grande beauté : la plus grande injure qu*on pût faire à un Hébreu était de porter atteinte à sa barbe. On se servait d'huiles odoriférantes et de parfums divers pour oindre la barbe et les cheveux.
Les hommes portaient toujours avec eux un anneau à cacheter et un b&ton orné. Hérodote signale le même usage parmi les Babyloniens; mais il est certainement fort ancien parmi les Hébreux, puisque Iliamar demande à Juda, comme gage, le bâton qu'il tient à la main. L'anneau se^portait à un doigt de la main droite.
Les femmes portaient des bijoux que leur vendaient en général des marchands phéniciens. Cest contre ce luxe corrupteur, provenant de l'étranger, que les prophètes s'élèvent continuellement. « Le Seigneur, dit Isale, viendra vous enlever vos magnifiques boucles de pieds, vos filets de perles, vos croissants d'or, vos boucles d'oreilles, vos chaînons et vos voiles, vos rubans de tête et vos petites chaînes de pieds, vos ceintures, vos flacons de senteur et vos amulettes, vos bagues et vos pendants do nez, vos manteaux et vos miroirs. »
Outre ces bijoux, il faut signaler des anneaux qui se passaient dans la narine, où Ton pratiquait à cet effet un petit trou, et retombaient jusque sur les lèvres. C'est à cela qu'il est fait allusion dans* les proverbes quand on compare la beauté d'une femme sans sagesse à un anneau d'or placé au museau d'une truie. On peut ajouter encore parmi les bijoux diverses espèces d'amulettes, dont les peuples d'Orient ont toujours été couverts, et qui, chez les Juifs, contenaient probablement des sentences ou des textes extraits de la loi.
Costume phénicien. — Les Phéniciens, pas plus que les Juifs, n*ont laissé de monuments, et, comme ils n'ont pas non plus laissé de livres, on est, pour ce qui les concerne, dans une incroyable pénurie de documents. Le vêtement qu'ils portaient avait probablement une grande analogie avec celui des Hébreux, et, comme le peuple phénicien était beaucoup plus industrieux, il fabriquait une foule d'objets que les peuples voisins, et notamment les Israélites, s'empressaient d'acheter, en échange de montons et de denrées alimentaires qui manquaient à la Phénicie. Ainsi les bijoux dont parlent les Écritures étaient certainement d'origine phénicienne, et, quoiqu'on en ait fort peu.
ceux que l'on possède peuvem approximativenacDt déterminer un slylo. Les figures 289 et 290 représentent des bijoux qui sont maintenant au Louvre et qui ont été trouvés parmi les fouilles faites à Camiros, dans nie de Rhodes. M. Salzmann, qui les a découverts, les considère comme provenant de fabrication phénicienne, et en fait remonter la date au \-iu« siècle environ avant notre ère. « Ces bijoux, dit M. Salzmann, sont en or fin. Los parties planes sont formées de deux
plaques battues au marteau et soudées l'une à l'autre par les bords. Certains ornements de la plaque supérieure font corps avec elle et ont été exécutés au repoussé; d'autres y sont soudés après avoir été travaillés isolément; de plus, les surfaces unies sont couvertes d'ornements en filigrane et en granules. Toutes les soudures sont faites h l'or fin. Pour consolider cet ensemble, on a soudé derrière les plaques intérieures des fragments et des fils d'or d'une épaisseur et d'un diamètre
renseignements assez couipleLs sur !e costume ass>rien. Ce costume sp compose do dcu\ parties (li'^lincles, une tunique formant le vôiemeut de dessous et un manloau Trangé jelû par-dos
Un personnage aM et à tdta d'ai^lc nous montre cljirement le vûtement (ic dessuus des As- Nous fui voyons uns pclilp jupe serrée el presque collante, qui descend jusqu'aux genoux, ou plutôt qui s'arrôte un peu au-dessus du gcaoti (ri4. 2'JÎ) Cette jupe est dècoitie d'une grecque par le bas, vl d'un appendice, également orné d'une grecque. Cet appendice, placé sur le côté, supporte un gros gland, qui pend jusqu'au milieu de la jambe et qu'on retrouve sur plusieurs monuments. Le personnage ici a les bras nus et
PenoDDagt *a icoau. (Sculptura lu Lauvri
tient dans la main gauche un petit panier.
Dans la belle ligure du Louvre connue sous le nom de personnage au lion, ou Hercule assyrien, on entrevoit la tunique ornée de glands par le bas; par-dessus cette tunique est jeté un manteau bordé de franges et décoré de riches broderies. Mais ce manteau est ouvert de telle façon que, dans la marche, la jambe qui se porte en avant se trouve complètement dégagée. Nous avons déjà donné la représentation de ce monument tome 1, iïg. 258, et on a vu d'autres robes assyriennes sur les Qgures 137 el 138 du tome I". Les personnages repré-
' sentes sur ces monumeDU soat tous de face ou de profil : la figure 292, qui représente un personnage vu de dos, nous montre de quelle manière le manteau frangé se présente par derrière.
Va convoi de prisonniers, figuré sur un bas-relief assmen du Louvre, montre plusieurs sortes de vêtements usités dans le yaste empire dont nous nous occupons. Ces prisonniers sont de deux sortes : ceux qui sont eocbalaés et qui probablement sont des rebelles qu'on va châtier, et ceux qoi apportent le tribut dA par leur province. Ils traversent une forêt de palmiers, et sont conduits par de3 soldats. La figure 2*J3 [X'éseate cinq prisonniers qui marclieat à la file et deux soldats qui les suivent. Ces prisonniers ne sont pas attachés et tiennent différents objets dont il est assez difficile do préciser la nature : les [K'emiers sont pourvus d'une espèce de sac qui pend sur leur épaule et contient probablement du grain. Il y en a deux qui tiennent à la main un grand ' poisson et un autre qui porte des tiges de plantes réunies en faisceau.
Us sont tous barbus, et leur coiffure est une espèce de bonnet rond, d'où s'échappe une chevelure abondante, qui retombe jusqu'à la hauteur des épaules. Leur vêtement est une tunique à manches courtes, descendant jusqu'aux genoux et serrée au milieu du corps par une large ceinture : leurs jambes sont nues. Les deux guerriers qui suivent portent chacun plusieurs javelots sur leur épaule droite. L'un a un casque pourvu d'une crête recourbée en avant, l'autre se termine par une pointe droite.
Les personnages reprùscntés sur noire figure 2% suivent ceux dont nous venons déparier. Les prisonniers qu'on voit d'abord marchent deux par deux et sont liés ensemble par un anneau qui serre le bras
Flg. ««. — SWIuo
S3S LE VETEHERT.
droit de l'un avec le bras gauche de son camarade ; ils sont suivis par deui autres prisonniers qui ne sont pas attachés et portent des
sacs sur I épaule commr' ceux de la fgurc précédente dont ils ne diITtient d ailleurs e i rien pir le cosi itii Ma s le soldat qui marche
-.«..iSï^aSs^as-ts*.,,-:;;^:?".
mu %IM'Û
lu a e i\ [ r c L i e non llo si.r o 1 pcr i it q n ccUe fois I ri.SLnl lit m caraci r ih )lum nt cliff(,rc t Ce sont di.9 figures
imberbes, vêtues non plus do tuniques, mais de longues robes sans ceinture, et recouvertes d'un grand manteau h frange. Aucune n'est
(FaLiii da Sdidanapale, Lout
enchataée et elles tienDent toutes un grand poisson dans la main droite (Bg. 295).
Les Orientaux étaient renommés en Grèce pour la beauté de leur chevelure et de leur barbe : chez
les Assyriens, la barbe et la chevelure paraissent même avoir été une marque de dignité, à peu près comme chez les rois chevelus de noire période mérovingienne Il est donc présumable que les grandes et- magnifiques barbes que nous voyons sur les bas-rclicfs étaient souvint artifi cielles comme les perruques ég\plicnncs Les cheveux étaient longs et boucks a leur extrémité; la barbe était soigneusement frisée et disposée par étages comme nous le montre la figuré 296.
Celle Agurc montre également une e^ëce de diadème éloilii qui cnloure la chevelure et d'où séchappe par derrière un double ruban qui so termine par des Pig. »». - Ao^tisa.
franges. Celait l'insigne d'une haute dignité, mais ce n'était pas la coirTure royale; car, dans les grandes cérémonies, les rois d'Assyrie portaient toujours la tiare, entourée de bandes bleues ou pourpres et bordées de blanc, et surmontée
aSS LE VÊTEMENT.
d'un cboe droit comme le moatrent les Dgnres 163 et lU du tome K La figure Si)8 nous rnootre le char royal avec tout bod harnachement. Le roi est accompagna d'an cocher et d'un eunuque. L'eunuque tient le parasol pour garantir ta tâte du roi. L'attelage est cunposa de deux chevaux, dont la loi^e queue fiotlante est aatréa au
Hg. S97. — &i»urbasip>l lur wo cbiir.
milieu par une espèce de bracelet qui rclio les crins. Le harnachement est très-riche : les rênes vienneat s'emboîter dans une espèce d'anneau placé sur la selle du cheval dont le poitrail et les c6tês sont ornés d'une multitude de glands qui ont probablement pour but de chasser les mouches, mais qui produîsi;nt ici un très bel ciïct décoratif. Les eunuques, qui forment habituellement le cortège royal et suivent immédiatement le monarque dans les grandes processions, portent un costume particulier. Leur visage imberbe est encadré de longs chevcus qui passent derrière l'oreille et font, en tombant sur te cou, de longues boucles Irès-riîgulièrement disposées. Ils ont des pendants d'oreilles et des bracelets. Leur vêtement est une tunique serrée autour du cou, passant au-dessus du pli du coude et descendant jusqu'aux chevilles du pied. Par-dessus leur tunique est une large écharpc pourvue de longues franges. Quelquefois la rd>c se croise par devant.
LE COSTUME EN OfilEKT. 839
et elle est presque toujours pourvue de manches courtes et collantes qui recouvrent l'avant-bras, mais ne descendent pas jusqu'au coude.
Tous les personnages que l'on voit ___ „..
figurer sur les monuments étaient coloriés : malheureusemeul, comme la couleur a disparu, on ne peut y puiser aucun renseignement pour le costume.
Cependant on a trouvé des traces de blanc sur plusieurs timiques. Si l'on considère en outre la manière dont les cheveus sont disposés en petits flocons, on comprendra ce passage de Daniel :
o Son vêtement était blanc comme de la neige, et la chevelure de sa tête était comme de la laine mondée. »
Ali reste plusieurs passages de la Bible peuvent servir de commentaire aux monuments dont nous venons de parler: » Et elle vit des hommes représentés sur la muraille, dit Ézéchtei, les figures des Chaldéens représentées à
l'ûde du ciseau le corps couvert
d'ajustements variés, la têle ceinte d'ornements de couleur c'était l'image
des fils des Chaldéens elle s'en est
rendue amoureuse par le regard de ses b — unuquc yeux et elle a envoyé des ambassadeurs \crs eu\ au pa>s des Chaldéens » Si ce n'est pas des figures représentées sur nos bas-reliefs
qu'il est ici question, c'est assurément de monuments analogues car toute la contrée qu'arrosent le Tigre et lEuphrale était habitée par des populations ayant les mêmes mœurs et portant les mêmes costumes
Les Mèdes et les Perses. — Les Mèdes étaient beaucoup plus policés que les Perses, ei il arriva, comme toujours, que le peuple conquis imposa à ses maîtres la civilisation. En effet, à l'origine, les Perses vivaient dans une simplicité voisine de l'état sauvage. Xénophon nous peint l'étonncmcnt du jeune Cyrus à la vue de son grandpère Astyage. n Voyant qu'Astyage avait les yeux peints, le visage fardé et une chevelure artificielle (c'est la mode en Médie, ainsi que do
LE VÊTEHE^fT.
porter des robes et des manteaux de pourpre, des colliers et des bracelets, au lien que les Perses, encore aujourd^ui quand ib ne sorteot pas de chez eux. soot aussi simples dans leurs habits que sobres dans leurs repas), voyant, dis-je, la parure du prince et le regardant avec altentioa : « Ob ! ma mère, s~écria-i-il, que mon aïeul est beau I a
Cette simplicité des anciens Perses dura peu; et. an temps où Xénophon écriTait, elle éuit singulièrement oubliée. C'est lui-même qui prend soin de nous en inforuier. o Ils ont maintenant, dit-il, plus de couvertures sur leurs chevaux qu'ils n'en avaient autrefois sur leurs lits, car ils sont moins jaloux d'être bons êcuyers que mollement à cbeval. On ne voit chez eut que poriiers, boulangers, cuisiniers, écbansons, valets servant à table et desservant, valets pour les déshabiller, valets pour les lever, valets pour les parfumer, les frotter, pour leur toilette, et autres fonctions serviles dont ces gens s'acquittent avec beaucoup d'art, a
Bien que tes Perses aient pris complètement les mœurs et les habitudes des MèJes, chacun des deux peuples a conservé, au moins dans les cérémonies oIEcietles, le costume qui lui était propre. Aussi, dans la
figure 299, nous voyons doux typfs dilTOrenls qui alternent avec symétrie; l'un est la robe des Modes, l'autre lo vêtement des Perses. Le vûlement médique, beaucoup plus ricbe, consiste en une robe longue, pourvue de manches, et faite d étoffes à llcurs ou peintes de plusieurs cotilcurs : la liarc est en qu'ilquc sorte cannelée et ressemble à un bonnet de nos magistrats ou de nos professeurs de facultés. L'autre vûtement, celui des Perses, est tout différetil. La coiffure est un bonnet arrondi, sorte de calotte d'étoffe souple qui se pla- (;ait en haut de la léie, sur laquelle elle était maintenue par un étroit ruban aliaclié autour de l'occiput. Ce bounet appartient à la Perse pro-
(Bu-ieJ
[ de FsnApoUi.)
prement dite, mais on en trouve plusieurs variantes qui répondent probablement à d'autres provinces du même empire:
En effet, la Ogure 300, qui représente des hommes apportant le tribut .
nous montre un bonnet qui retombe pai derrière et sur les côtés, et se rapproche un peu du bonnet phry^en. Ils sont velus d'une tunique serrant le corps dans des manches collantes. Les antres parties du vé'emcnt sont aussi nettement indiquées. Le pantalon est particulièrement remarquable et vient s'adapter directement à la chaussure. Un des personnages de la ligure suivante porte pardessus ce vêtement un grand manteau avec des manches vides et pendantes.
Nous trouvons encore une forme différente du vêlement dans la figure 301, où l'on voit trois personnages apportant le tribut e: conduits par un oITicier coiffé de la tiare médique. Ceux-ci marchent léte nue el n'ont pas la tunique h manches, mais ils p-> t nt une robe rayée, descendant jusqu'au - dessous du genou, par-dessus laquelle ils ont jeté un manteau ouvert par les côtés et retombant un peu plus bas derrièri.' que devant. En outre, ils n'ont pas de pantalons, mais leur chaussure , qui monte à mi -jambes , ressemble assez à nos boites. Enfin la figure 302 va encore nous montrer une nouvelle variante dans le costume. Un ollicier portant la tiare médique et marchant
dans l'attitude traditioDnelle conduit par la main un personnage couvert d'une longue robe ei d'un pardiissus jeté sur l'épaule en manière de capuchon. Derrière celui-ci, ou voit un homme qui n'a diantre vêtement qu'une petite jupe courte, liëe au-dessus du ventre, et qui porte sur ses épaules une perche h laquelle pendent deux plateau analogues à ceux d'une balance. La dernière ligure porte des {Krésents dans cbaque main, mais clic esi tellement détériorée qu'il est difOcile de distinguer la forme de son vêtement.
Enfin un détail qu'il ne faut pas oublier, c'est que les Perses pwtaleot des gants, a Pendant l'hiver, dit Xénophon, ils ne se contentent pas de se couvrir la têts, les pieds, et de s'envelopper tout le corps, ils ont des mitaines fournJcs aux mains ou des gants. Les (mixages des arbres ou des rochers ne leur sufTisent pas eu été ; ils ont des gens qui leur procureni. par leurs inventions, des ombrage artificiels, soua ces arbres mêmes, ou sous les rochers, n (Xénophon dté par Athénée.)
Le costume que nous venons de décrire est celui qu'on voit sur les monuments de Persépolis. Voici un autre document qui a aussi son
importance, quoiqu'il ne soit pas pris sur uq monument existant en Perse, C'est un fragment de la grande mosaïque de Pompéi, qu'on croit Ëlre une imitation d'un ouvrage fameux, exécuté sous les successeurs d'Alexandre, et qui, dans tous les cas, date d'une
époque OÙ on était en rapporlcontinucl avec l'Asie el où on en connaissait parfaitement les usages. Darius lui-même est Hguré sur ];i figure 303. On remarquera le collier en serpent qui orne son cou, collier qui se retrouve également sur d'autres personnages. Mais il faut surtout observer la coiffure, qui est d'une forme particulière et qui enveloppe les oreilles et le menton, disposition qu'on retrouve chez tous les guerriers persans qui sont représentés sur la même mosaïque. Ce bonnet est jaune ; le manteau est d'un rouge obscur, et la tunique de pourpre est bordée d'étoiles d'or sur la poitrine et partagée en avant par une bande blanche.
Fig. SI». — Parso.
La figure 30Ii est le cocher du roi; son bonnet jaune, qui enva-
loppe également le menton, forme en arriére une pointe semblable à
capuclion. Il porte une tunique verte, avec bordure violelll c à rcxtréraîlt! des manches; sur là poitrine, on voit usai cuirasse rouge à bandes noires. Il lient en main un fouet, 'i iB oracGlet qu'il a au poignet est par-dessus la nianclic.
La liaro des rois d'Armùnie. appelée quelquefois cidaris.
dï'lre molle et flexible comme les coiffures que nou^ venons lie vuir (figure 305), était au contraire tout à fait droite et se terminait au sommet par une espèce de couronne créneliie; comme elle retombait par derrière lie maniiîre à garantir le cou, il est présumable qu'elle se portail surtout è visible sur la fiijure
guerre. Cette forme est très . qui représente Tigrane. roi.
d'Arménie, d'après une mëdaijlo antique.
Plusieurs inouumepfs romains représentent d< l'arthes, mais, comn» ils retracent exclusivement des faits de guerre, nous en parlerons à propos du costume militaire.
Une pierre gravée de l'époque romaine (fig. 307) montre une coiffure retombant en manière de voile sur los épaules. Cette coiffure e^, remarquable par sa décoration èloUéo mais, quoiqu'elle se rattache à l'Asie, il est dilTicile de préciser l'époque exacte et la province oîi elle a pu être portée.
Nous ne connaissons aucun monument retraçant le costume des habitants des provinces orientales do la monarchie persane, ni ceux des anciens Indiens. Pour ceux-ci du moins, Quinte-Curce nous fouj nit quelques renseignements. « Les Indiens, dit-il, portent de longues robes de lin qui leur viennent jusqu'au talon, avec des sandales aux pieds et une espèce de turban à la tête. Ceux que la naissance ou les biens distinguent du commun ont
des pendants d'oreilles de pierreries et des bracelets d'or. Ils ne se font pas tondre souvent, mais ils sont curieux de leurs cheveux et d'avoir la tête belle. Ils se laissent croître la barbe au menlon sans jamais la couper, et rasent le poil du reste du visage. Le luxe do leurs rob, qu'ils appellent magnificence, passe tous les excès des
autres peuples de la terre. Quand le roi se laisse voir en public, ses officiers portent des encensoirs d'argent devant lui et parfument tous les chemins par où il passe. II est couché dans une litière d'or, garnie de perles qui pendent de tous côtés, et vôtu d une robe de lio brochée d'or et de pourpre. Sa litière est suivie de ses gens d'armes et de ses gardes, dont plusieurs portent des branches d'arbres pleines d^oiseaux auxquels ils ont appris à chanter toutes sortes de ramages pour le divertir dans ses plus grandes affaires. Son palais est enrichi de colonnes dorées où rampe tout du long une vigne d'or, avec des figures d'oiseaux faites d'argent, n'y ayant rien qui leur donne tant de plaisir comme leurs oiseaux bigarrés de diverses couleurs. La maison du roi est ouverte à tout venant; et, pendant qu'on le peigne, il donne audience aux ambassadeurs et rend justice à ses peuples. Après qu'on lui a ôté ses sandales, il se fait oindre les pieds de précieuses odeurs. Le plus grand exercice qu'il fasse est de tuer à coups de flèches quelques bétcs dans un parc, au milieu de ses concubines qui chantent cependant et font des vœux afin que la chasso soit heureuse. Leurs flèches ont deux coudées de long et se tirent avec beaucoup d'efforts et peu d'effet, parce que, n'ayant de force qu'en leur légèreté, leur pesanteur les rend inutiles. Quand il ne va pas loin, il monte à cheval; mais en un long voyage il se fait traîner par des éléphants sur un char, et ces grands corps sont tout bardés et caparaçonnés d'or; et, afin que rien ne manque à ces dérèglements, il se fait suivre en des litières d'or par une longue troupe de courtisanes. Ce train est séparé de celui de la reine ; mais il ne lui cède point en pompe ni en équipage. Ce sont les femmes qui apprêtent à manger au roi et qui lui versent du vin, dont tous les Indiens boivent excessivement; et quand il en a trop pris et qu'il estendorm:, ses concubines l'emportent en sa chambre, invoquant les dieux de la nuit avec des hymnes, à la façon du pays. » (Quinte- Curcc.)
Le costume phrygien. — Il serait très-diflîcile de déterminer
d'une manière positive le costume que portaient les anciens habitants de la Phrygie, puisque les documents font absolument défaut. Tout ce que nous pouvons faire, c'est de montrer comment ils sont représentés sur les monuments grecs ou romains. Le vêtement qu'on donne aux Phrygiens se distingue par trois caractères essentiels, qui sont le pantalon, la tunique à manches longues, et le bonnet. Ces caractères sont très-neitement accusés dans le personnage de Paris, reproduit sur notre
Fis.30S. — Pïri
(d'iprèt une ptinlute anliqae].
entièrement le poignet de façon que le bras soit tout à fait caché et que la main seule soit dégagée. Le bonnet a des bouts pendants qui retombent, soit en arrière pour protéger le cou (fig. 310), soit sur les côtés et sur la poitrine (flg. 309). Dans ce dernier cas, les deux rubans semblent destinés h se renouer sous le menton.
Celte coiffure, qui n'est qu'une variante de la mitre persane, apparaît quelquefois sur les monuments grecs, mais elle ne répond pas exactement au bonnet phrygien, tel que le portent les matelots dans beaucoupde pays et tel que les artistes l'emploient dans les images de la liberté. C'est en général sur les monuments d'une date postérieure qu'on trouve ce bonnet, qui est caractérisé par l'cxirémilé qui se rabat sur le devant de la tête des prisonniers phrjgiens (fig. 311, 312).
Le costume de ces prisonniers n'est pas identique à celui que nous
avons VU tout à Tbeure, bien qu'il dérive des mêmes priocipes. Le pao-
Colfl\in phrygiauuj.
UloD, dont les jambes sont larges au lieu d'être collaalcs, forme ud
bouffant dans l'endroit où il se fixe avec le soulier. La tunique, qui
■U TITUUT.
opr da «eooa,. a Jes Mtm trèi-ciHitt, auto. «De lii« doDt les DUDdiM loogm arrivent josqu»
le Btanteia leté par-dessus est Sx6 k l'épaalepir uD ooauM la dilamyde des Grecs, de nrismonlreDtle <
^^(tv M nwHl « M^ l*orift au temps de la guerre de Troie, mais tel que K« ^iK'iv-uif im lu U([Hr«icnt. Ce type, dont la figure 313 nous donne la tvt'i>>>oiiUù^m, iXi\\ iH^mo tollement admis, qu'à moins de le montrer hnil nu, \.\ avertit difiWUo do représenter le héros avec Un vêtement difloivwi \\\> wlui mi\m vttU ici. Son bonnet est très-caraclérisé et répond ^^v, lilH^m « in»i\«lm|aiHlon ropréseniaiions des coiffures phrygiennes.
Le cosnwE ltdier. — C'est par la Lydie que la civilisation asiatique a pénétré en Europe. Les plus anciens monuments de la Grèce et de l'Étrurie reproduisent les costumes qui avaient cours en Lydie et que la mode apportait ensuite en Occident, à l'époque où le commerce introduisait dans les mêmes contrées les tissus et les objets de toilette fabriqués en Asie Mineure. C'est principalement sur les vases peints qu'on
peut étudier le costume lydien, qui est une forme du vêtement grec, à laquelle la sculpture est demeurée à peu près étrangère (fig. 31i).
C'est une servante qui est représentée dans notre figure 315 : elle tient sur la main gauche un plateau et dans la main droite un petit vase pour servir des rafraîchissements. Son cou est orné d'un collier et un triple bracelet entoure son bras un peu au-dessus du poignet. Les plis de sa robe montrent qu'elle porte une ceinture, mais cette
U VSTI cadiéa ptr sa potit pudcssus ea élofTe légère et sans ] t qui, an. lieo de gTignler aer t'épaule coaime cela avait lieu babitmlloDeot, ]/ûtU >liij liiinihiarnif [ii 1 1 î d'ontcrlurespour laisser
passer le bras. La robe longue est en étoffe unie, mais il n'en est pas de même du pardessus, qui est semé d'étoiles d'or et enrichi dans ses parties supérieures et inrérieures de grands dessins colorés.
L'ajustement de la femme, représentée dans la Tigure 316, diffère sur quelques points de celui de la précédente. Celle-ci nous montre assurément le vêtement d'une femme de haut parage. Le corsage pa-
ratl ëire d'une étofTe différente de celle qui a été ernpioyée pour la jupe, mais la coiffure est surtout remarquable par les accessoires qui l'enri dussent et qu'on retrouve sur un assez grand nombre de monuments.
Athénée est le seul auteur oîi l'on puisse trouver quelques renseignemenis sur le costume porté dans les villes grecques de l'Asie Mineure.
u Les Ioniens ont des habits de couleur violette, ou pourpre, ou safran, tissés en losanges. Ils se couvrent la tête avec des étoffes ou l'on voit différentes figures d'animaux. Leurs sarapes sont jaun&tres, cramoisies, blanches. Us portent aussi des ccUasires (robes de lin traînantes) de Corinthe, dont les unes sont de couleur pourpre marine, d'autres violettes, ou de couleur hyacinthe; on en voit aussi porter de couleur de feu, ou bleu marin. Us ont même des caJostres perses : or ce sont les plus belles de toutes.
On remarque aussi chez eux ce qu'ils appellent des aciées [à peu près nos capes de camelot); ce sont les plus riches de tous les habits perses : ôr c'est une étoffe d'un tissu serré, mais fait ainsi pour être fort et en même temps léger. On enlace des grains d'or en forme de millet dans le tissu même, moyennant des Gis qui les traversent par le milieu , et qui se voient à l'envers de l'étoffe.
Or, dit Démocrite, c'est de' tous ces habits que se servent les Ëphésiens, livrés à la mollesse et au luxe. » (Démocrite il'Éphèse, cité par Athénée.)
^otre figure 317 montre une jeune Lydicnnequi joue de la double flûte en dan- oe*»M|.
sant. Son costume est remarquable; U est composé d'une seule pièce
le Otte (d'aprto uw pointnn
M U TlTIimiT.
d'étoBb k de«ii» qui suit enctaneiit lea oadvlitlOM dn coqpi et mblft adipMo k k psta saas detriner nean pttt Getts Joown 4b tète M porto pu de ceUrton, «n sinrte qu'on ne vrtt ntoe pM ior la pcritiine les petits plis qae prodnît hibitudlWDeat en cet eodntt le feODOBiaent de Péloffe.
La cherelare des bommefl eat qoelqeofob emecrfe duM nne Milh qui prend k peu près It forme d'an turban et d'où s'6diq)peDt desbQoax. Ge^dtmneftoetartwn une phyaioiMMBie font ifrit'ptfticalière, c'est
rig. SIS. — I>uil» (d'upit* une pamlnie dt laM).
que les cheveux, n'étant pas rasés comme cbez les Orientaux modernes, retombent sur le front en petites boucles serrées qui descendent presque jusqu'aux sourcils. Notre figure 318, tirée d'un vase peint, montre un exemple de cette disposition, qui d'ailleurs semble avoir été particulière à l'Asie Mineure et ne pas appartenir à la Grèce propre.
Les villes grecques d'Asie sont arrivées bien avant celles d'Europe à un degré de prospérité qui a donné au luxe un grand développement. Le vêtement est en général très-surcbai^é de dessins et formé de tissus d'une remarquable finesse.
Le costume de l'homme est empreint, bien plus que celui de la
LE COàTCVE es ORIEST.
femme, d'an canctère orieoal irè»-proDoacê. Mais ce qu'ite présentent UNIS les deux de pins remarqnable. c'est lenr coUfore. Ce qui distingue en géoéral la ocuffore des habitaoB de la Lydie, ce sont les bijoux qu'ils placent dans leur cbevelure, et les ètofles pailletées d'or avec
lesquelles ils retiennent leurs nattes (fig. 319, 320). La plupart des villes da littoral étaient habitées par des Ioniens dont la réputation de luxe et de mollesse était proverbiale en Grèce. A défaut des monuments, qui sont en somme peu nombreux, on a quelques fragments cités par Athénée, dans lesquels il est question de la couleur du vêtement.
a Douris. parlant du luie des Samieos, cite les poésies d'Asius, selon lesquelles ils portaient des bracelets, laissaient flotter, par derrière, leurs cheveux sur les épaules, après les avoir artistcment peignés, et célébraieal ainsi Ie3 fêtes de Junon; usage, dil-il, qui se trouve confirmé par ce proverbe : « Aller au temple de Junon, les cheveux artistement entrelacés. » Or voici ce que dit le passage d'Asius : a C'est ainsi qu'ils se rendaient au temple de Juuon, après avoir bien arrangé leurs cheveux, et vêtus d'habits brillants, sur lesquels ils avaient une robe blanche qui couvrait la terre autour d'eux. Des cigales d'or semblaient sortir de leurs boucles, tandis que par derrière, leurs cheveux artistemcnC liés Hottaient au gré du vent; à leurs bras étaient des bracelets richement ornés, et ils imitaient par là le guerrier qui se passait au bras le bouclier dont il se couvrait, u
Il nous est difficile d'avoir une idée bien nette des bijoux que portaient les femmes de l'Asie Mineure, les bijoux antiques trouvés dans
LA DRAPERIE
Les vêtements sans cootdrbs. — La chlamtde. — Le pallicm.
Le péplos. — Le voile.
Les vêtements sans caOTOREs. — On entend par draperie un tissu sans couture, et qui se porte tel qu'il sort de la fabrique, sans être découpé par un tailleur, ou modifié dans son plan suivant la mode d'un pays ou d'un temps. Un voile ou une couverture peuvent être portés comme vêtement, mais ils peuvent aussi servir à d'autres usages. Si au contraire nous prenons un pantalon, une jaquette ou une robe, nous voyons que le tissu qui les compose a été coupé et cousu en vue d'un usage déterminé. Ce sont donc des vêtements et non des draperies; ces vêtementa se transforment sans cesse en subissant tous les caprices de la mode. L'étude de ces variations constitue l'histoire du vêtement dont la draperie peut faire partie, comme elle e'n peut aussi être absente. Or la grande différence qui existe entre le vêtement das peuples anciens et celui des peuples modernes, c'est que chez les premiers la draperie constitue la partie principale des vêtements de dessus, tandis que .chez nous elle n'entre pour presque rien dans le costume. A l'exception du manteau arabe et du plaid écossais, les derniers héritiers du vêtement antique, la draperie ne se montre nulle part chez les peuples modernes.
Il en résulte une impression assez singulière qu'on éprouve lorsqu'on parcourt un musée. Si c'est un musée de statues ou d'ouvrages antiques, on est frappé tout d'abord par l'allure presque uniforme des vêtements. Pendant les mille ans qui se sont écoulés de Pisistrate à Constantin, il semble que la mode n'ait pas exercé son empire ordinaire, et qu'on se soit vêtu par tradition sans laisser aucune place à la fantaisie. C'est le contraire qui arrive si Ton examine des tableaux ayant trait à Thistoire moderne; la diversité est telle, qu'il semble que chaque génération ait pris à tâche de se vêtir autrement que la précédente.
Cette impression de monotonie qui saisit presque toujours quand on entre dans une galerie de statues disparait pourtant quand on exa-
LE VÉTEMBST.
mino CD dâlail ragcncemcnt des draperies antiques. Sans parler dll>l vêlement de dessous qui présente uu véritable costume et varie d'uafl peuple h l'autre, quelquclois même d'une ville à l'autre, on s'aper<^itt1 bientôt que la draperie qui recouvre à peu près uniformément toutes I les figures values présente des différences assez notables qui pro-J viennent, il est vrai, non de la coupe, mais de l'ajustement. Il nous i semble donc utile pour étudier le vêtement antique d'établir au début 1 des grandes divisions, l'une consacrée à la draperie, qui est commuas 1 Q loiile l'antiquité, l'autre au costume proprement dit, qui varie d'aal peuple à l'autre.
La draperie, telle qu'elle sortait de chez le fabricant, était de forme ]
Pig. 329. — nk da MioU (lUlDt uliqiu).
carrée OU plutôt rectangulaire. Elle présentait un aspect particulier et portait un nom différent selon la manière dont elle éuit ajustée. Les auteurs anciens sont très prodigues de noms appliqués au costume et
LA DRAPERIE. SS7
ces noms se rapportent tantôt à une partie du vêtement, tantôt à uno manière de le porter, ce qui jette une grande confusion sur un sujet qui au fond est assez simple. Le personnage représenté figure 322 tient en main une draperie à laquelle on ne saurait donner aucun nom particulier, puisqu'il n*est pas vôtu ; c'est donc simplement une draperie. Ce personnage est un fils de Niobé qui a saisi sa draperie pour échapper aux flèches d*Âpollon : il la ramène donc au-dessus de sa tête pour s'en servir comme d'un bouclier. On ne doit donc en aucune façon chercher ici l'attitude d'un homme qui se disposerait à s envelopper de son manteau dans l'intention de s'en vêtir.
Cette même draperie, si on voulait s'en servir comme vêtement, pourrait s'ajuster au corps de différentes manières qui ont toutes un nom particulier dans les auteurs. Si on la jette autour de son corps pour s'en envelopper, mais sans la fixer dans un point déterminé, ce sera un pallium; si, pour s'en couvrir, on en lie les deux coins sur son cou à l'aide dune agrafe, ou par tout autre moyen, ce sera une chlamyde. Enfin si une femme la prend et veut en faire une robe au moyen de plusieurs agrafes sur les épaules et d'une ceinture qui la rattache au corps, ce sera un péplos. Il y a encore bien d'autres manières de la porter, mais elles se rapportent toutes aux trois t}T)es essentiels que nous venons de nommer et que nous allons maintenant étudier séparément.
La chlamyde. — C'est par le pallium qu'il faudrait logiquement commencer l'étude des draperies, puisqu'il se suffit à lui-même et ne demande pas l'emploi de broches ou d'agrafes. Mais, comme la chlamyde est le vêtement le plus simple, et celui qui comporte le moins de variété dans la manière de le porter, nous en parlerons en premier. La chlamyde consistait en une étoffe carrée ou rectangulaire, que l'on posait sur les épaules en la fixant autour du cou à l'aide d'une broche ou d'une agrafe et qui retombait ensuite librement sur le corps.
La figure 323, d'après une peinture de vase, représente un jeune homme qui va partir pour la guerre et auquel on offre un breuvage. Ce jeune homme porte la chlamyde ; elle est fixée à son cou par une broche placée en haut de la poitrine et pend sur les deux côtés du corps en enfermant le dos et en laissant la poitrine découverte. Cette manière de porter la chlamyde implique dans la draperie une forme rectangulaire : la partie longue du rectangle étant placée horizontalement, et non de haut en bas, ja broche placée sur le cou no II. 38
M !•> TÊTBMBNT.
téanlt pas tes coins de la draperie, qai peadeot tons les qaatra en
pertes, dont deux âesceodent k mi-corps et deux tCHnbènt josqu'en
^m ol
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FIf . Ma. — U ehliBfda d* bnM netÉntnUn W*i m
bas. Cette manière d'ajuster la draperie est extrtaiement grsciease et on la voit assez fréquemment représentée sur les peintures des vases.
Dans les statues, la chiamyde présente un aspect assez âiiïérent qui tîeDt à la forme même de la draperie, et à la manière dont elle est agrafée pour se maintenir sur le corps. En effet, si, au lieu d'âtre iisée sur le bord de la draperie, la broche en réunissait les deux coins, comme on le voit sur la figure 32f|, il ny aurait plus que deux angles pendants, les deux autres se trouvant fixés sur l'épaule, autre manière de porter la chiamyde. Seulement cette seconde manière d'employer la chiamyde ne peut être employée que si la draperie est de forme carrée au lieu d'être rectangulaire, et elle doit également être de dimension plus restreinte.
11 y avait naturellement des draperies de toutes les grandeurs, et la chiamyde changeait d'apparence suivant l'endroit où la broche était placée sur l'étoffe. Cette broche apparaît indifféremment sur le cou ou sur l'épaule droite, de sorte que c'est laut&t le devant, lani&t le cèté droit du corps qui se trouve à découvert, mais ce n'est jamais le côté gauche.
Il faut encore observer que la broche qui fiie la cblamyde n'est jamais placée par derrière, car la draperie retombant alors par devant aurait gêné la marche.
LA DRAPERIB. SS»
Od rencontre dans nos musées des Dgures dont l'unique vêtement est une petite draperie fixée sur l'épaule et qui est ensuite rejetée en arrière, en laissant le corps absolument nu.
Flg. 8Ï4.— L> chlamjde de foimt unis (d'tprèi uaa Malae uiiiqaaj.
La figure 325, qui représente Ganymède ou Paris, nous en offre un exemple. Le jeune berger s'appuie contre un arbre, et pour jouir davantage de la fraicheur, il s'est débarrassé de sa chlamyde et l'a rejelée en arrière, sans pourtant déranger l'agrafe qui la fixait à l'épaule.
Nous avons vu que la chlamyde pouvait être une simple pièce d'étoffe carrée ou rectangulaire fixée sur l'épaule h l'aide d'une agrafe. Elle pouvait aussi être formée d'un rcctan^tle de chaque cAté duquel on ajoutait une bande d'étofi'c de forme triangulaire, comme on le voit sur les figures 326 et 327. Suivant quelques antiquaires, cette addition était même nécessaire pour motiver les plis tombant en pointe que nous voyons si fréquemment sur les figures de vases. Il est même très probable qu'on en portait indifféremment de l'une ou l'autre façon,
m LU VfiTEHBHT.
nuis, une w sans coutures, la dilamyde m plaçait toaioun de la bçoa que WKU avons indiquée.
Pi;. Bits. — Li chUmfde lejetto p*i di
La chlamyde est un vêtement originaire de Thessalie, le pays de la Grèce oii il y avait le plus de cavaliers. Il fut promptement adopté par plusieurs peules grecs, et nous aurons occasion d'en reparler i propos de la cavalerie. Mais la véritable chlamyde thessalienne est extrêmement petite, et lorsque les cavaliers la portaient, elle flottait au \enl comme nous le voyons dans la grande cavalcade du Panhënon. Le nom de chlamyde s'est étendu par extension à toutes les draperies
LA DRAPERIE
qui se fixaient par une agrafe, mais les vêtements du môme genre portent différents noms chez les auteurs anciens; la chloené^ Vami-
Pig. 826.
Fig.837.
La chUmyde Uiessalienne.
culum^ etc., sont des manteaux qui, s'ils ne sont pas identiques à la chiamyde, partent pourtant du même principe, et se fixent à Tépaulo de la même manière. Ainsi \q paludamentum que portaient les empereurs romains est un vêtement de ce genre. ,
Le pallium. — Nous avons dit que le pallium était une draperie rectangulaire dont on s'enveloppait le corps sans avoir besoin de le fixer par aucune agrafe. La figure 328, tirée d'un des bas-reliefs de la cella du Parthénon, nous en offre un exemple. Voici maintenant comment ce personnage s'y est pris pour ajuster en vêtement la draperie que nous lui voyons. Comme elle est aussi haute que lui, elle traînerait par terre, s'il ne commençait par plier le haut du rectangle, afin d'en diminuer la longueur. C'est pour cela que sur la figure nous voyons que la draperie est double jusqu*à la hanche, tandis qu'elle est simple de la hanche aux pieds. 11 prend ensuite un coin de la draperie qu'il pose sur l'épaule gauche, ramène le tout par devant, fait passer l'étoffe par derrière et la ramène par-dessus l'épaule gauche, de façon que le pan retombe en avant tout le long du corps. Tout le poids de la draperie se trouve ainsi du côté gauche, tandis que l'épaule droite reste nue et absolument libre.
Si au lieu de poser d'abord la draperie sur l'épaule, il la plaçait simplement sur l'avant-bras gauche, en faisant pour tout le reste le même mouvement, il obtiendrait la figure 329, qui présente d'ailleurs de grands rapports avec la précédente. On peut même supposer que cette draperie a été posée tout à fait de la même manière que l'autre.
m LB vStembnt.
mats que le ooîn, primilirement posé sur l'épaule, aora g\iaab mr l'araat-bras.
Dans la figure S23, que nous avons vue plus haut, il y a do vieillard, qui est probsblement le père du jeuue homme portant la «Alamyde. U
est vêtu exactement comme les deux personnages de la frise du Parthénon que nous venons d'examiner et porte le pallium de la même manière; mais, en s'appuyant sur sa longue canne, son manteau a glissé, en sorte que Ion voit plus de parties nues que dans les figures précédentes. Au reste il y a, dans la frise du Parthénon, un personnage vieu^ également, et dont le patlium ne paraît soutenu que par la poignée de la canne qui vient s'appliquer sous l'aisselle.
Si quelques monuments montrent des hommes portant le pallium directement sur la peau, il y en a beaucoup d'autres dans lesquels ce
LA DRAPERIE. SSS
\âteincnt de dessus est chargé de lecoiivrir le chiton ou vêtement de dessous : c'était même la manière la plus ordinaire de le porLcr.
La figure 330, d'après la statue du musée de Naples qu'on désigne sous le nom d'Aristide, nous montre une manière particulière de porter le pallium. Quand on le portait ainsi, on ne se senait pas davantage de broche, mais, au lieu de placer sur son dos le milieu de la couverture, on lui donnait à droite une plus grande longueur, afin qu'il fût possible de la rejeter jusque par-dessus l'épaule opposée; le bras droit était plié à peu près à angle droit, et n'avait de dégagé que la main, qu'on devait maintenir à la hauteur de la poitrine. L'ajustement du pallium dans «ette manière présentait une assez grande difficulté, et lorsqu'il produisait de grands et beaux plis on considérait cela comme une marque de distinction, tandis que, s'il était mal posé, cela était un signe de gaucherie et de vulgarité.
Pour le bien porter, il fallait prendre la partie supérieure du vêtement et la rejeter par-dessus l'épaule gauche, mais on n'obtenait pas toujours du premier coup la dignité d'allure que nous voyons ici. L'atiitude do la figure 330 est celle d'un orateur parlant à l'agora : elle est pleine de dignité, mais un peu froide. '""'"" ^"''^iÔ îH^ils)' " '"' C'est sans doute ce qu'a pensé Démos-
thène, qui, voulant donner plus de chaleur à son discours, préférait laisser le bras droit nu, ce qui nous ramenait à peu de chose près aux figures que nous avons vues précédemment.
Les femmes portaient des vêtements de dessus qui ne diffèrent pas essentiellement de ceux que nous venons de voir aux homme', bien que les archéologues leur donnent souvent des noms différents.
Les figures 331 et 332 nous montrent des manteaux de femmes enveloppant tout le corps sans le secours d'aucune agrafe et ne dif-
ng. 330.
«4 LS VÊTESBHT.
iénat pu beancoap du pallium. Toalw deux sont t^ses du» de» p^tnres de vasM et elles p(Hlent le même ajustameut, seolement l'ooe est en rapoe, lani^a que l'autre aocuse on moavemeat de marcbe asMi «xeniuè. Le vdlemeat de dessous apparaît sor le bras droite est demeuré libre et sur le bas do coqw où il redeacead losqa'aax pieds. Le bras gauche est complétemeot enveloppé sous la draperie qoL retombe en larges plis. .
Quelquefois aussi les deux bras sont comptétemeni cachés sous la draperie, qui est ramenée sur la tête comme un voile. La figure 333 nous oITre un exemple de celte manière de porter la draperie, dont tous les plis sont motivés, comme on peut le voir, par le mouvement des bras. Le personnage représente Alceste qu'Hercule ramène à son époux après avoir vaincu la 'mort qui l'avait emportée. Elle a la téie enveloppée dans son manteau dont elle ramène les deux cdtés qui retombent en plis par devant.
Dans d'autres monuments on voit les plis retomber sur les càtés ou bien par derrière. Voici, par exemple (fig. 33/|), une petite terre cuite
LA DRAPERIE. «8
3 Tanagra, où la femme porte égalemeot le maDteaa sur la tâte.
Pig. 133. — FMOise u dnpuil nii U Uts (d'aptài uaa p«inliitB du rnnits d« Nqiln).
mats le pan de la draperie a été rejeté par derrière comme le montrent
m Ll TÉTBMBNT.
las ptts devinés sur le eoa. Cette femme a It mito gandie eompléteéient dégagée,*' et porte en arrière sa main droite, qui est pnd»blemeat aiTel(^>pée par la draperie. Un antre mooament du mtete genre (flg. SS5) montre nne femme dont les deux mains aont complètement cadiées sous Fample manteau â(mt elle est envelon>ée, bien que leur place soit très-néttement déterminée par le mouTement qu'elles impriment à la draperie qui les recouvre. Notons, en passant, que cette draperie retombe jusqu'au bas du corps, tandis que la précédente oe descendait pas ploa bas que le genou, ce qui prouve queles vêtements de dessus ponvaleot 6tre d'une grandeurtrès-différente.Le vêtement de dessus, bien que sa fbime smt des plus aimpies, poisqall otm^te en une {ùéee d'étdlB carrée ou rectangulaire, préaeole nne très-grande variété, suivant la manière dont «i veut le porter.
Que ferait maintenant cette femme si elle voulait {vendre en main un fardeau, comme le montre la figure 336. Après sv(âr ^sgé son bras droit, elle ferait passer le pan de la draperie par-dessous oe bras devenu libre, et, pour rempéeber de traloer, le rejetterait sur l'avant^ras gaucbe. La figure que nous reproduiscma est tirée d'un bas -relief antique représentant lihéa, qui présente à Saturne une pierre emmaillottée, que le dieu avale au&sitAt croyant avaler Jupiter.
Une terre cuite de Tanagra nous montre une femme assise et complètement enveloppée dans son manteau.
L'ample draperie qui la recouvre n'est retenue par aucune agrafe. En effet, les draperies grecques ne diffèrent pas par l'ig 33S - ahé« '^ forme, mais simplement par la ma-
(d'ipiit im bu-ieuer utique). Qtëre dont elles sont portées. Cest œ que nous allons voir en parlant du péplos, qui n'est qu'une draperie comme celle que nous venons de voir, mais qui, au lieu d'f'.tre jetée autour du corps comme nos ch&les. s'attache avec des agrafes.
Le pëplos. — Le péplos est une draperie sans couture qui Rajuste au moyeu d'agrafes ou de brocbes et qui peut dire serrée autour du
LA DRAPERIE
corps à l'aide d'uno ou deux ceintures. Quelquefois aussi il n'y a pas de ceinture du tout, comme dans la figure 337, où, le péplos étant livré à lui-même et tombant sans interruption du haut en bas, présente une disposition irès-aiséc à comprendre. C'est une grande pièce d'éioiïequi enveloppe entièrement le corps du cûté gauche et dont les deux parties, en se rejoignant sur le côté droit, forment les grands plis qui de l'épaule redescendent jusqu'aux pieds. Des agrafes les relient en dilTérenls points. Celte manière de porter le péplos se voit assez souvent sur les peintures de vasi.;s, mais un la trouve beaucoup plus rarement sur les statues et les bas-reliefs, dans lesquels on voit généralemiînt une ou deux ceintures rattachant le vêlement autour du corps. L'usage de la double ceinture CFt extrriniement ancien, car on la voit représentée sur les monuments de la période archaïque. Quand les deux ceintures sont '''*■ ^'^■
. Pemma païuul la pépiai.
employées, la première a pour mission
de fixer le vêtement autour de la taille, et la seconae remédie ît
Pig. S38. — PaUoD.
trop grande loogueur de l'étoffe, qui sans ce secours traînerait souvent
M LE VkTBHBlfT.
fc terre. Le ndoabiMDaiit 4e cette AoSb prodalt à Vtèda de < eordoo cm portes de Becondee Japes que Vaa yvU Mqpmammt wtri
■teloes antiques.
JF
La figure 338 va nous faire comprendre le vêtement de dessus des femmes grecques. Le plao nous montre que sa forme générale est carrée ou plutôt rectangulaire; mais il n'est pas toujours aisé de comprendre comment cette pièce d'étoffe produisait les plis que nous voyons daos les statues. Avant de s'en servir, il fallait la plier d'une manière particulière. — D'abord on pliait par le haut la pièce entière A B CD en ligne E F, ce qui la réduit au parallélogramme EFCD, la ligne A B coïncidant par derrière avec la ligne G H sur le devant. Ensuite on la pliait en deux par le milieu, suivant la ligne IK L Gt l'on amenait le cdté F C à coïncider avec le cdté opposé E D, la portion de l'étoiïe dont on avait fait un repli restant en dehors, de sorte que le tout se trouvait enfin réduit à [la figure E D L I, qui est double et entièrement fermée d'un côté I KL, tandis qu'elle est ouverte de l'antre E G D. Alors voici comment on mettait la pnlla : la peraODDO
LA DRAPERIE. tt»
qui voulait s'en revêtir séparait les deux côtés, qui avaient été ramenés l'uQ contre l'autre en E U D, de manière àéure exactement au milieu
du carré E D L i dans la figure l,edLîi dans la figure 2. Elle attachait alors l'un à l'autre le devant et le derrière de la palla par une brocbe, au-dessus de l'épaule gauche en N, passant le bras à^travers l'ouverture marquée N 1 dans la figure 1 et N t dans la figure 3 (drapée). Une autre broche était ensuite attachée de la même manière sur l'épaule droite, en H comme est en train de le faire la Tigure 339 et 3Z|0, de sorte que la partie comprise entre M et N fournit une ouverture par le cou et celle entre M E de la figure 1 (M e de la figure 2) un passage
m LB VfiTKMKNT.
pour la bras droit, analogue h oelai qui laissait de l'antre cAté pasaw le bras gandie. Les coios E 6 et I K de It figure 1, « » de la figure S. retomberont dans le smu qu'indiquent les lignes ponctuées, et occnperoot les points E G I K de la figure 2 (drapée). La palla est donc une draperie flottante, que l'on ajuste sur soi en s'en enveloppant.
Les figures 3&1 et 3^ montrent un vâtement analogue au précédent, mais la femme porte une ceinture qui se trouve marquée par la partie draperie rabattue en avant, et qu'wi devine seulraieDt par les plis qu'elle forme en dessous.
Les figures que noos venons de voir reproduuent des statuettes en bronxe, découvertes i Pnrtid au miltea du W z^^^ârv. ^v"** >>^le. On les avait d'abord appelées
eaniphont, et depuis on leur a d<mni le nom de donieui» ; quelle que soit l'ai^llalion sous laquelle on les désigne» elles aoét extrêmement intéressantes, an point de vue du vêtement, qu'elles montrent plos dairement que la plupart des antres statnes antlquos.
Le voile. — Les femmes en Grèce no portaient pas de chapeaux, mais elles avaient souvent un voile nommé caiyptra, qu'elles ramenaient sur leur visage quand elles ne voulaienl pas être vues. Ce mouvement, qui est pi^sque toujours dirigé par un sentiment de pudeur, est très visible sur la figure 3^3 qui représente Pénélope. Ce voile était généralement d'un tissu transparent et extrêmement léger, lorsqu'il devait, comme dans le cas présent, recouvrir entièrement le visage. Hais le plus souvent les femmes, lors- „ „ „ qu'elles sortaient, menaient simplement leur
Fig. Wff. — Pnélopa ^ '
(d-*ptti DM peintuis utiqns). voile au-dessu3 de la télé pour se garantir du vent ou du soleil. Nous avons vu déjà que les femmes ramenaient quelquefois leur manteau sur leur tête. Le voile s'employait aussi pour cet usage.
Les VÊTEMENTS DE DESSOUS.
Le cfliTON. — Les robes a dessins. — Les vêtements tr'ansparbnts.
Costumes divers.
Les vêtements de dessous. — Nous avons vu les draperies qui enveloppaient le corps et que la statuaire aimait tant à représenter, à cause des larges plis qu'elle savait en tirer. Ces draperies font partie du costume grec, mais elles forment exclusivement les vêtements de dessus. Ceux de dessous présentent une allure plus modeste, et sont souvent dissimulés en partie par l'ample draperie qui les recouvre. Outre le chiton qui répond à noire chemise, mais qui, dans les représentations a beaucoup plus d'importance, parce qu'il est beaucoup plus apparent, et constitue presque à lui seul le vêtement de l'artisan et du cultivateur, il faudra nous occuper de quelques costumes spéciaux» qu'on ne rencontre que sur les peintures de vases.
Le joli bas-relief que montre la figure Skk représente une scène dont les antiquaires ont donné deux interprétations très- différentes. On y voit aujourd'hui Orphée se retournant pour voir Eurydice que Mercure amène des enfers; 'autrefois, on croyait y reconnaître Antiope entre Zélhus et Amphion. Quel que soit le nom qu'on veuille donner aux personnages, ce monument offre pour nous un intérêt tout à fait particulier, parce qu'on y voit les principales parties qui composent le costume des Grecs, tel qu'il est représenté sur la plupart des monuments de la sculpture. Les deux hommes portent le chiton à double ceinture, avec la chiamyde agrafée sur l'épaule droite. L un des deux est coiffé d'un casque, l'autre porte le chapeau thessalien, rejeté derrière les épaules. La femme est vêtue de la longue robe ionienne, et sa tête est recouverte du voile. Chacune de ces pièces demande une étude particulière.
Le chiton. — Le chiton ou tunique, vêtement de dessous, porté par les deux sexes et par toutes les classes de la société, se compose
«n LE VËTIfHBNT.
à une pi ce d cloiïc co isup sur un seul côté et f x(^o sur les épaules à l a de d agrafes Son office est cclu d une chemise qui tiendrait au
f g 34 — Autiopo
-corps par ie moyen d'une ou deux ceintures. Mais pour les artisans et
les labouri'iirs. c'était à pou pri'S Tunique vêtement, Undis que dans la classe aisétî on menait toujours par-dessus imo draperie flottante. Il en est du cliilon comme des vêtements que nous avons examinés déjà; bieu qu'il soit très simple dans son principe, il y avait de