‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 3)Chapitre 18 sur 25 · II · texte numérisé non relu

II

plan, fsl ua des mieux conser\és de Ponipéi. Le bassin placé au centre élail décoré d'un groupe célèbre, mainienant au musée de Palcrme et représentaot Hercule atleignanl a la course la biche aux pieds (Fairain. Ce groupe de bronze était une fontaine, el l'eau partant des naseaux de la biche tombait dans une conque de marbrc^ grec. Ou trouvera à droite du plan la partie la plus curieuse de l'habilaiion, un petit appartement coniplélemenl séparé qu'on désigne sous le nom do vctiertum ; c'est un réduit voluptueux com-

Kg, 689. — PUn

prenant deux chambres à coucher, un triclinium et une petite cuifline. Il prend son jour sur un portique à colonnes octogones peintes on rouge el est décoré de peintures représentant Cenlbvemmt dEurope. Phryxus et Hellè, Mars, Vénus et Cupidon, Diane et Actéon. Le corps d'une femme couverte de bijoux, qui était probablement la dame du lieu, a été trouvé près de là ; elle avait avec elle de l'argent monnayé ot un miroir en argent.

La maison de Diomide. — Cette maison, quelquefois qualifiée de villa, aprco qu'elle est située dans le faubourg, était la plus rapprochée du Vésuve et pourrait bien avoir été détruite la première (flg. 670.)

« La villa de Dioméde, dit le Guide en Italie, est une des plus vastes

habitations de Pompéi ; elle offre un rare exemple d'uae maison à trois 'étages noa superposés, mais à différents niveaux, sur la déclivité de la ■colline. Cest un spécimen unique de villa suburbaine. On arrive à la porte d'entrée par 7 marches flanquées de 2 colonnes, et on «itre dans un péristyle, sorte de cloître soutenu par U colonnes revêtues de stnc fit ayant un impluvium qui alimentait une citerne, A gaucbfl, une antichambre, avec une sorte de cabinet pour l'esclave de service, mène à une chambre à coucher elliptique k alcôve. On y a trouvé des anneaux

D mède Jaid n.

^jui probablement soutenaient les rideaux. Les fenêtres du mur circnlaire donnaient sur un jardin et étaient éclairées par le soleil depuis son lever jusqu'à son coucher. Dans l'angle formé entre le portique et la façade sont diverses salles destinées aux bains froids et aux bains de vapeur, introduits parle luxe dans les demeures des riches. Ces pièces et toutes les autres distribuées autour du péristyle sont remarquables par leur petitesse et un certain nombre par leurs élégantes décorations. A l'extrémité est un jardin entouré de portiques et ayant une piscine avec un jet d'eau et une treille. Sous les portiques s'étendaient des celliers -dans lesquels on peut voir encore des amphores (on y a trouvé les restes du vin desséché par le temps) rangées et à moitié ensevelies sous les cendres. On suppose que l'on rentrait la vendange lors de l'éruption, C'est dans ces celliers que l'on trouva, près de la porte, les squelettes de 18 personnes qui y cherchèrent un refuite et y furent probablement suffoquées. »

L'HABITATIOK.

Ln 'iiaisoti du poète tragique est une de rollea dont la décotnrerla (]ti24-lêSD} a causé le plus de sensatiOD dans le monde savant. Le nom qu'âllo pone vient d'uoe des pei&tores qui la décoreotetqui reprâsesto iiu bomme occupé a lire un rouleau; mais, d'aprAs la quantité de bagoea L'i de bracelets qu'on y a trouvés, on croit que le propriétaire devait plutdt &IK ttn bijouLior. En tout cas, c'était un homme de goOt; les pelatnres qui décoraient la maison, et qui ont été portées pour la pbi-^ part au musée du Naple?. en sont la preuve. A l'entrée du vcsiibulff^

»"»»*! la fameuse mosaïque représentant un chîen enchaîné avec U«».'ni»tRt« ; niM canem. L'intérieur contenait une mosaïque cuwv-w^^ ï*t*»>Wut«iU un chorège instruisant ses acteurs et plusieurs ^•^«»fv» SMP des siiicls liisloriques et mythologiques : Achille livrant *v'*-*,>f sAt-tA" 'f'/''"'!/'''"'*' ^^^^ «' Tijiulare, Jimon et TlUtis devant

^«'^«^vV^'twtvWlre la maison du poële après les fouillesqui y ont été

.;ji(,»^v'<^ s\«# WMmut ^tait, au point de vue de la décoration, une des

.vvW>!K ^ ?v*(Nf^, ^aiw l« P'^co q"' parait avoir servi de chambre

v^-^i»" *>^«« VM»y*KS l« muraille disposée en trois panneaux que se-

parent d'élégantes scénographies {Gg. 672). Le panneau central renferme un sujet, tandis qu'un enfant ailé, tenant des attributs, voltige au milieu des panneaux latéraux. Le combat des Grecs et des Amazones se déroule dans la frise placée au-dessus et la décoration se termine en haut par de petits panneaux d'une teinte uniforme que réveille une délicate ornementation.

La maison (iu questeur était appelée autrefois la matjoiK^sZKojcur», à cause d'une peinture représentant Castor et PoUux. Elle était habitée

Flg. STt. — Pdalun diiusIb. (Uaitoa da poBla tngiqoa.)

par un homme opulent qu'on suppose avoir été un fonctionnaire public, d'où est venu le surnom qu'elle porte actuellement. Cette supposition repose sur la découverte de deux grands coffres-forts doublés en bronze où l'on pense qu'il déposait l'argent venant de rimp6t. Ces coffres avaient été déjà fouillés par le propriétaire, qui venu probablement après l'éruption et ayant la connaissance exacte de l'endroit où était le trésor, avait percé la muraille tout près de ses coffres.

Cette maison présente une disposition toute particulière; elle est composée de deux corps d'habitation complètement séparés par un péristyle unique. Le plan (fig. 673} montre en effet deux entrées, et

«• L'HÀBITATIOfl.

oaOa qd fltt 60 bu, k dn^te, eoodait & un logiB plni ntodeaM que «aM dam laqwil on entra par la porte da gauche. C« deux eatrèaa CMdnlHiit cibaenne k na atrium particulier, mais le grand périttria ^ lat sépare parait avoir été eommao aux deux logis. L'atElnm du oM gsocbo est beanconp jrias vaste qae fantre, et son taUimun teik ouvert sur an Jardin on xyste qui manque k la maisui placte k droite. En revRnrhe, celle-ci Mt ponnme d'écories et de remises, oe

Pig. VJ3. — HïImd du queileur.

mVM MS tr^ commun à Pompéi ; eHes sont placées à l'angle

du plan k droite (Qg. 073). |

Irt ;k«Ti O.WT« "1® bâtiment sont remarquables par les peintures

ÏM Jl^<*wiiw»t. Dans le bâtiment de droite était une Vénus céleste

>wu ÏMVpK^ robe bleue étoilée, un Mtièa-gre parlant pour la

^^ tijuM dts vers à une jeune Temme, le héros pris

. ^^' m\« • ïtconnu pour un des Dioscurcs et qui a fait

te niiMW H premier nom sous lequel elle a été désignée.

•haL «MHi Jh petites scènes d'un caractère tout à fait

.MMMAn le figton tirant un épi d'une corbeille, des

MiMHMleWJt dfcfirsient l'antre bâtiment, il y avait aussi

plusieurs sujets mythologiques, des Mitses, un Ganymide, Thètis plongeant

Achille dant les eaux da Styx, Mèdèe s'apprétant à, tuer ses enfants, etc.

La maison du Faune est une des plus grandes de Pompéi ; son nom

vient d'une charmanie stitue en bronze représentant un' faune dansant, qui est maintenant une des perles du musée de Napies. La quantité d'amphores qu'on y a trouvées et les emblèmes bachiques qui la décorent ont fait penser que cette maison devait avoir appartenu à un marchand de vin, mais ce marchand de vin était un homme opulent et un grand amateur de beaux-arts, car c'est chez lui qu'on a trouvé le» plus belles mosaïques de Pompéi.

^^f L'HABITATION.

La figure 67{| doone le plan de la maisOD du Paune, qui formait une Ile entière comprise dans un rectangle. Il y avait deux entrées, A et B, sur la rue de la Fortune. L'entrée A conduit à l'atrium toscan C, et l'entrée B à l'atrium D, qui est plus petit que l'autre. Ces deux atriums communiquaient ensemble. Un corridor partant de l'airium D conduit au jardin H sans passer par le péristyle E, qui se trouve ainsi isolé des pièces de service situées à droite du corridor. L'exèdre F se trouve ainsi placé entre le péristyle (fig. 675) el le jardin.

F.g. ms

•■;:ii.''i iW Scnitics était envoie derûpannions lorsque l'ùruplion

r 1.0 xosiiliiili'' l"' se trouve en haut et à droite du plan, con-

■n alrium lowan, au fond duque! est le laliliuum. Trois petites

'vinoni sur l'atrium, qui csl en coiiiunuiLcaiion directe avec le

,•- -vj,-!- on dessous sur le pian. Ce pùristyle, un des plus beaux

V < xA^ii'S »l""i'" ^'l découverts à Pompéi, était décoré de 2i| co-

^ *,w;n\»i;né d'un œcus égalcniciu décoré ds 12 colonnes.

..'-■- x-.-ijx-tni accès, l'un sur l'angle do l'atrium (on haut du

■ - -i rjîirf»' *lii péristyle (en bas du plan), étaient séparés

.'- M- i\.î«our¥; chambres de survice, reliées entre elles

'-. n-i \,--r',".ios pa^senlc une paniruiariié arcliileciurale

«:--*',f en CCS tonnes; 11 Les colonnes à chapi-

. ., -v;i':>-'«\ claiont surmontées d'une galerie à la-

quelle on arrivait par un escalier. Au lieu de porter directement l'architrave, elles donnent naissance à des commencements d'arcade. C'est une sorte de transition à l'emploi de l'arcade pleine, à laquelle les architectes avaient été conduits par le besoin d'élargir les entre-colonneroents. ».

Suivant un procédé assez barbare qu*on a longtemps employé, quand on avait découvert une maison nouvelle à Pompéi, on la remplissait de

Fig. 616. — Plan de la maison des Néréides.

terre, pour avoir le plaisir de la découvrir de nouveau en présence d'un auguste personnage voyageant en Italie, et on donnait alors à la maison le nom de ce personnage. C'est ce qui est arrivé pour la maison dite de l'empereur Joseph II (fig. 677).

Cette maison a été recouverte par les remblais aussitôt après la visite de l'auguste personnage- en 1767. On a eu pourtant le temps d'en dessiner un plan qui n'a pas été suffisamment étudié et qui présente à cause de cela quelques obscurités. Nous le reproduisons néanmoins.

ir.

p rce que cette maison offre d'assez notables différences avec celles que nous avons vues jusqu'à présent. L'entrée (au bas du plan) nous mène à l'atrium dont la disposition n'offre rien de particulier. Mais au lieu de rencontrer ensuite le péristyle, on s'est trouvé en face de deux terrasses

Fig. on. — Maison de Joseph II.

en retraite Tune sur Tautre et contenant toutes deux de vastes appartements à demi souterrains. On suppose que le plus élevé contenait un appartement d*été, pour lequel on avait ainsi ménagé la fraîcheur, tandis que l'autre était consacré à des bains. On a en effet reconnu Thypocauste au bas d'un^ escalier, ainsi que des baignoires dans des salles éclairées par des soupiraux.

LES MAISONS DE CAMPAGNE Les Jardins. — > Les Villas. — > Les Volières.

Les jardins. — En Grèce, les temples étaient entourés de bois sacrés dans lesquels les arbres n'étaient jamais taillés et qui devaient présenter un peu l'aspect d'un coin de forêt. Ces arbres, livrés à euxmêmes, devaient contraster par la liberté de leurs allures avec la rigueur inflexible des lignes arcbitectoniques. Les jardins de TAcadémie et ceux dans lesquels se promenaient les philosophes paraissent avoir consisté surtout en grandes avenues bien ombragées, mais on ignore si elles étaient accompagnées de bosquets de feuillages ou de parterre? de fleurs.

« Le sol des petits Éiats de la Grèce, dit Quatremère de Quîncy, toujours trop étroit pour leur population, les mœurs républicaines et d'autres causes encore, donnent à penser que l'on ne vit pas dans ce pays le luxe des jardins, surtout quant à l'étendue, poussé au degré où il fut à Rome. Les gymnases, où Ton se réunissait, avaient des xystes ou plantations d'arbres que les exercices et le climat rendaient nécessaires. Une partie du gymnase de Sparte portait le nom de «plataniste», parce qu'elle était entièrement plantée de platanes. 11 faut encore mettre au nombre] des jardins d'agrément ces espaces plantés d'arbres, ou ce qu'on appelait bois sacrés dans les enceintes des temples. »

On connaît assez bien la disposition des jardins romains, qui étaient souvent fort étendus. Un jardin ou parc romain comprend plusieurs parties essentielles. — 1* Une allée de ceinture qui faisait le tour de l'enceinte. Elle formait une vaste avenue qui, étant toujours entourée d'endroits ombragés, dissimulait les limites de la propriété. C'est dans ces avenues qu'on se faisait promener en litière. — 2® L'hippodrome, endroit spécialement destiné aux promenades à cheval et aux exercices équestres. — 3® Le jardin proprement dit ouxyste; il est divisé en plates-bandes chargées de fleurs et d'arbustes taillés d'une façon souvent bizarre, qui atteste l'habileté des jardiniers plus que leur bon goftt. Outre ces trois parties distinctes, le jardin d'une villa romaine

un peu étendue comprend des espaces coupés par des ruisseaux, des pièces d'eau et des viviers; des bui^'sons et des futaies alternent avec les prairies et partout on s efforce de ménager de belles échappées. Il y avait en outre de petites chapelles, des fontaines, des grottes, des vases, des statues et une multitude d'œuvres d art placées çà et là aux ondrolts convenables.

La grande importance que les Romains donnèrent à leurs jardins date do LucuUus. Jules César en avait de très-beaux qu'il légua au peuple par son testament.

Ce qui domine dans un jardin romain, c*est le caractère absolument arliliciel de sa décoration. Les allées étaient bordées de buis et de romarin grisâtre que taillaient avec grand soin les tondeurs d'arbrisseaux; on figurait avec le buis mille dessins, produisant des lettres entrelacées, (les ornenuMils ou même des objets réels. Nos jarJins français du xvnr siiVlo, avec leurs buis taillés et leurs ifs, ne sont qu'un souvenir lointain et affaibli des jardins romains. Cette espèce de sculpture en buisson, ([ui plaisait sinijculiorement aux Romains, a eu pour inventeur un chevalier nommé Caius Matins, qui était un ami d'Auguste. Outre cela, on voyait partout dos kiosques, des petits pavillons, des berceaux, des treilla^'ts, des charmilles, drs vases, des jeis d'eau ; les figures 678 et 679, <IuiroprôsonttMU un jarilin d'aprùs des peintures de Pompéi, nous moniront à pou pros la physionomie que devaient présenter ces jardins. On peut aussi oonsiator dans cos deux représentations de jardins Thabitude oùon rtaii do laissor dos oiseaux de prix errer librement sur les pelouses.

IMino lo Jonno osi IWrivain qui a donné le plus de renseignements sur los villis 01 los jardins. Dans une lettre à Apollinaire, il donne la descriplion dun parterre :

« Kn avant du poniquo ost un parterre entrecoupé de plusieurs allt'»os et bordures de buis-, il se t«Tmine par un talus en pente douce, où sont roprûsontéos ot tailloos on buis différentes figures d'animaux opposées los unos aux autres. Entre ces compartiments régnent et serpentent dos plans d'acanthe. Autour ost une allée bordée d'une haie de verdure divorsomont taillée. De là, on passe à la promenade couverte faite en forme de cirque, dont le milieu ost occupé par des buis et des arbustes taillés et façonnés en cent fissures différentes ; le tout est enclos de murs, revêtus par étages et par intervalles d'une palissade de buis. 11 faut voir ensuite le tapis vert, aussi beau par la nature que le reste l'est par l'art, les champs, les vergers et les campagnes adjacentes. » (Pline h Apollinaire.)

l'nABITATlON.

Ed ddion dai ptrterrcs el des jardins & (leurs, les Romains opulents | •nient tin pue deslilié-aux promenades équestres ; co lieu, qu'on ap- J pddtrUppodromcmK la Tonne d'un parallélogramme, dont un bout takeoppék uq[le tMi, tandis que l'autre extriîmité se terminait en / hémicjtte. FUm le lewke, dans sa lettre à Apollinaire, décrit ainsi l'hip- ' podrooede'w ville: « C'esi en face do cotte charmante fa{;ade que se • préeente eteo dérelofqie au loin l'hippodrome. Il est ouvert par le mî* tira; eDyealraDt,l'orilen découvre du premier coup toute l'étendue. Son i •oceiaie wt fiMmde de platanes dont lus troncs, revêtus de lierre, étalent OM verdore empruntée qui se marie avec celle que l'arbre fournit ] à »ea rameaus, les' ploe élevés. Du tronc, le lierre s'étend encore et I

Fig. 080. - Jl

Page 1