‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 3)Chapitre 17 sur 25 · SI · texte numérisé non relu

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suinteot quelquefois sur les murs. Cet iDconvénient est racheté par la clarté des chambres, qui est beaucnip plus grande dans ce système que dans les autres. 5° Le testudinum est couvert entièremeat par un toit qui, vu d'en haut, ressemble assez à la carapace d'une tortue.

Les portiques de l'atrium étaient souvent ornés de colonnes d'un seul bloc et d'un marbre précieux, qui revêtait également les murs jusqu'à hauteur d'appui ; le reste était enrichi de peintures. Le plafond était couvert d'incrustations. On tendait sur la partie découverte une courtine, ou grand voile, qui garantissait des rayons du soleil. Des statues, souvent très-remarquables, décoraient les atriums romains,

même dans les petites villes. Mais ce qui donne k cette salle une physionomie tout à fait spéciale, c'est le bassin qui en occupe le milieu.

Un autel consacré aux aïeux était souvent placé dans l'atrium à c6té du bassin central : c'est là que primitivement brûlait le feu sacré. C'est là que, dans la cérémonie du mariage, on rompait le gâteau que les époux devaient partager. La fontaine jaillissante dont les eaux s'écoulaient par le bassin servait aux purifications. Toutefois, ces parties accessoires ne se trouvaient que dans les maisons les plus riches, et il y a beaucoup d'atriums qui en sont dépourvus.

La figure 663 représente l'atrium de la maison de Salluste, Cet airium, dont la gravure montre une restauration, était dans le genre de celui qu'on appelle atrium toscan, c'est-b-dire qu'il n'avait pas de colonnes pour supporter le toit qui reposait sur des poutres placées d'un mur à l'autre. Cet atri\jm était surtout employé dans des maisons de petite dimension.

Aussitôt après leur lever, les fiches Romains allaient dans l'atriuiB I recevoir les salutations de leurs clients. Ces visiter avaient toujours! lieu le malin, avant l'heure où on allait parler d'affaires au Forum. Oui n'était pas considéré coinaie un griind personnage si, dès ,1e point du I jour, on n'avait pas sa porte encombrée de soUictieurs ou d'amis iatA- 1 ressés, qui venaient vous faire leurs souhaits pour une heureuse jour- J née et réclamer l'assistance qu'on peut attendre d'un homme dans une J position élevée. Aussi les clients sont toujours éveillés de bonne heure i et vont, dÈs le petit jour, stationner à [a porte des maisons ricties et piétiner sur la voie publique, sans s'inquiéter du temps qu'il fait, en ^ attendant que la porte s'ouvre pour les recevoir, car la ialutalion t pour eux une alTairc de la plus huute importance.

Ces clients si assidus à faiie leur cour aux riches étaient naturell&tl ment de conditions différentes. Il y avait des amis qui recherchaient la 1 société des grands personnages dans le but de se pousser cux-mâmes 1 dans les fonctions publiques; des commerçants qui, redoutant les pro- 1 ces, avaient besoin d'un protecteur devant les tribunaux; des entrepre- ' neurs ou des ouvriers qui venaient dans l'espoir de se faire commander un travail ; des tenanciers qui avaient des comptes à rendre, enfin de J pauvres diables qui attendaient un secours ou espéraient emporter left.1 restes du souper de la veille. Tous ces clients, qui formaient comme '^ le luxe et le mobilier d'une grande maison, étaient traités d'une façon différente, selon le rang ou la considération que le patron leur accordait.

Avant la réception en masse, il y avait les premières et les deuxièmes admissions, absolument comme pour le petit lever d'un roi au xvn* siècle. Tandis que la foule attendait, le portier, qui ne faisait qu'en tre-bâiller sa porte, laissait passer un à un les clients de la première admission. Ceux-ci, qui étaient les intimes et les privilégiés, allaient droit à la chambre du patron et se trouvaient admis l'un après l'autre à l'entretenir en particulier.

Les secondes admissions comprenaient une réception collective, mais par petits groupes peu nombreux ; ils étaient également reçus dans l'appartement privé, mais ils n'avaient pas l'honneur d'être admis isolément et individuellement.

Dès que les secondes admissions avaient pénétré dans la maison, le portier ouvrait la porte à deux battants et le flot de petits clients qui n'avait droit qu'aux entrées publiques se précipitait aussitôt dans l'atrium. Il était de bon ton de faire attendre un peu cette foule qui

Stationnait debout sous les portiques de l'atrium. Enfin, le patron a quitté son vêlement de maison et endossé la toge, il sort de l'apparlement privé et fait son entrée dans l'atrium après s'être fait annoncer. Il apparaît, accompagné d'un esclave uomenclateur qui dit le nom de ceux qui viennent lui faire la cour, c'est-à-dire qui circulent dans les portiques dont la cour est entourée jusqu'à ce qu'ils aient pu le saluer. Quelques-uns parmi ces petits clients auront encore les honneurs d'une poignée de main, mais la plupart devront se contenter d'un sourire ou d'un simple signe de tête constatant qu'ils ont été vus.

Fjg. tu. — Tiiclininm de U Dwiioii de SbUuiIo.

Une fois la salutation terminée, les intimes ou les clients les plus directement intéressés se préparent à escorter la litière du patron qui 86 rend au Forum et les autres quittent la maison pour aller vaquer i leurs occupations.

Plusieurs pièces de l'appartement donnaient sur l'atrium; dans l'axe du prolkyrum on trouve le tablinum, pièce où l'on resserre les papiers de famille, les tessères d'hospitalité et les portraits des aïeux. De cbaqoe cûlé sont placés les alœ, pièces entourées de sièges où le maître de la maisoD donnait des audiences.

Mus parmi ka fatrium, les plus importantes

WO L'HABITATION

<;ont les salles de reslin, 11 \ en a plusieurs placées dans des osposilions diiï^rentes, car on change de salle a manger suivanl la saison. La sâlte à manger, tnclinium, dont le nom veut dire salle à trois lits, doit avoir, suivant Vitruve, une lougucir double de sa largeur. Elle est comme partagée en deux parties: la parlio supérieure est occupée par la lablo et les lits, tandis que l'autre partie est laiï'sée libre pour les besoins du ' service et pour les mimes ou danseuses qui viennent divertir les convives. La décoration du triclinium est appropriée à la destination do celte pièce et est toujours très-riche. Souvent des colonnes entourées de lierre et de pampres en divisent les parois. Des figures demi-nues, des faunes, des bacchantes, portant des thyrses ou des coupes, occupent en général le centre des panneaux. Des coquillages, des oiseaux, des poissons de mer, des pièces de gibier sont ligurécs sur les frises.

Dans les maisons opulentes, il y a quelquefois deut triclinium, Tua pour riiiver, qui est dans l'appartemenl, et l'antre pour l'été, qui donoc sur le jardin. On peut voir cette particularilé dans la maison de SaliusU, dont le tnclinium d'été a été conservé (fig. CG/i). Il était recouvert de treilles dont on retrouve encore la trace ; los trois lits en maçonnerie disposés autour de la table existent encore, mais les peintures de la muraille ont presque entièrement disparn,

Le pébisttle. — Nous avons vu jusqu'ici la partie réputée publique dans une maison romaine, c'est-à-dire la partie où le maître de la maison reçoit ses clients et ses amis. Enirons maintenant dans la partie intime, celle qui est exclusivement réservée à la famille. On y communique par deux corridors appelés fatices et placés de chaque c6té du tablinum.

11 Les conversations de l'atrium n'arrivent pas jusqu'au péristyle », a dit Térence. Le péristyle est, en ciïel, le centre de l'appartement intime, comme l'atrium est le centre de l'appartement de réception. Le péristyle, qui forme la seconde division de la maison romaine, répond à peu près au gynécée des Grecs. C'est un grand espace découvert, entouré de colonnades comme l'atrium, mais beaucoup plus vaste et contenant un jardin avec une fontaine au centre. Les chambres occupées par la famille étaient distribuées sur les côtés du péristyle et s'outraient sous la colonnade. Le péristyle est presque toujours décoré avec le plus grand luxe : des statues s'élèvent devant les colonnes. Souvent aussi l'entre-colonnement est rempli par un petit mur à hauteur d'appu

sur lequel on posait des vases de fleurs, ou qui était lui-môme en marbre évidé, de manière à recevoir de la terre et des arbustes. La paroi est en marbre de plusieurs couleurs et le plafond en menuiserie presque toujours divisée en compartiments.

Les chambres destinées au logement des femmes ont des fenêtres garnies de grands voiles ou rideaux destinés à garantir du froid en hiver et à intercepter le soleil en été. La bibliothèque est exposée au levant, parce que c'est habituellement le matin qu'on travaille. Elle est généralement accompagnée d'un exèdre, chambre de conversation destinée à recevoir des savants et dont la forme est souvent celle d'une abside circulaire, avec rangée de sièges disposés pour la compagnie. 11 y a aussi une pinacothèque ou galerie de tableaux, une salle de bain, une salle pour les jeux et divertissements. Enfin, il ne faut pas omettre, dans la maison d'un riche Romain, un sacrarium ou sanctuaire religieux de la famille et la basilique, pièce indispensable dans une maison somptueuse.

Dans les étages supérieurs sont les cœnacula et la terrasse ou solarium, où Ton vient, en automne, se chauffer aux rayons bienfaisants du soleiL

Les chambres de service. — La cuisine, l'office, la pièce où on fait le pain et les chambres des serviteurs, font généralement partie du corps de bâtiment dont l'atrium est le centre.

Les celliers destinés à recevoir les provisions étaient généralement éclairés par le côté du nord, afin que le soleil ne pût faire éclore les insectes. Ils étaient placés, dans les maisons riches, sous la garde d'un intendant ou garde-magasin qui avait sous sa direction toutes les provisions et les délivrait aux domestiques, selon les besoins du service. Il y avait un endroit spécialement consacré à certaines provisions, comme le miel, les raisins secs, les viandes salées, les fruits; un autre pour rhuile, qui se gardait dans de grands vases de terre cuite ; un autre pour les vins, qu'on gardait dans les amphores. La boulangerie était une dépendance essentielle de la cuisine, car il n'y avait que les petites gens qui prenaient leur pain chez le boulanger.

(( Personne, dit Vitruve, n*a jamais fait les fenêtres des celliers du côté du midi, mais bien vers le septentrion, parce que ce côté-là du ciel n'est pas sujet au changement; c'est pourquoi les greniers dans lesquels le soleil donne tout le long du jour ne conservent rien dans sa bonté naturelle, et la viande et les fruits ne s'y gardent pas longtemps.

11 n'on est pas de la&tne si oo les serre dans un local qui dq recevra point liîS rayons do solpil, car la chaleur, qui altère inccssamment toutes choses, leur Ate leurs forces par les vapeurs chaudes qui I viennent h dissoudre et à Opiiiser leurs vertus naturelles, m

L'iisagn do placer les provisions de vin dans les lieux souterrain» doit fltre fort ancien, puisqu'il en est question dans YOdyssic : a Télémaque descend dans les vastes celliers de son père où reposaienl, sous des voùles élevées, l'or et l'airain, des coffres remplis de riches étoffes Cl des huiles parfumées en abondance. Là se trouvaient aussi rangés en ordre, le long de la muraille, des tonneaux d'un vin vieux et délectable, contenant un breuvage pur et divin ; ils étaient destinés à Ulysse

si jamais il revenait dans son palais après avoir éprouvé de nombreux | malheurs. Ce cellier élail fermé par de grandes portes à deux battants '

Plg. SM. — PUd d'an* e*Te romilBa.

étroitement unis. Une femme, revêtue du titre d'intendante, y pasiiait le jour et la nuit et elle gardait tous ces trésors avec un esprit rempli de prudence; elle s'appelait Euryclée et descendait d'Ops, issu de Pisé-

Dans une fouille exécutée à Rome au dernier siècle, on a découvert, prés de la porte Flaminia, une cave avec ses amphores et tous les ustensiles qu'elle renfermait. Nous en donnons la coupe et le plan sur les figures 665 et 666. On y voit irës-bien les positions des vases dans lesquels on avait Thabitude de placer le vin et l'huile. Outre les amphores, les Romains faisaient usage des futailles et des barriques faites de douves

et de cerceaux, à peu près comme les noires. Nous en voyons souvent sur les colonnes Trajane et Antonine, Un bas-relief découvert à Augsbourg (fig. 667} nous montre des esclaves roulant des tonneaux dans liotérieur d'une cave. 11 parait même que les esclaves préposés au service des caves s'y comportaient à peu près de la même manière quo nos domestiques d'aujourd'hui. C'esl du moins ce qu'on peut supposer d'après les comédies do Plaute. Voici un passage du Soldat fanfaron qai va nous éclairer sur les mystères d'une cave romaine :

u PaicsCrion. — Ah, ahl nos pauvres tonneaux ont fait plus d'une culbute.

« Lacrion. — Par Hercule, on ne les bousculait pas tant que cela. Il y a dans la cave des endroits en pente douce; prés des tonneaux on avait mis une cruche d'eau de deux pintes. Souvent on l'emplissait jusqu'à deux fois en un jour; je l'ai vue pleine, je l'ai vue vide, avec son gros ventre. »

Tig. Sffl. — Sacflce ck U utb. Jl'iprti nn bu-iclleC

Straboo, parlant des contrées qui avoisinent le P& et des riches vignobles qu'on y trouve, dit qu'on fait en ce pays des tonneaux de bois qui sont presque aussi grands que des habitations. Les anciens n'ont donc rien à envier à la fameuse tonne de Heidelberg 1 Néanmoins, l'usage des tonneaux était beaucoup moins fréquent dans les maisons à Rome que celui des amphores; on s'en servait principalement pour transporter plus facilement le vin dans les convois de vivres qui accompagnaient les armées.

La disposition des pièces. — Cest h Pompéi qu'il faut étudier le plan et la disposition des appartements. Les maisons de Pompéi présentent une telle uniformité de style qu'on serait tenté de croire qu'elles ont été élevées et décorées sous la direction d'un artiste unique.

Les principales dîrisions consacrées par l'usage se retrouTent partout, ] et lu différence de forlune se traduit par le luxe ou U beauté de la dé-< coration, sans influer d'une maaièro notable sur la distribuiioQ doj lugis.

En parcourant la maison de Pansa (11g. 668), nous avons une idée très- ' netle de Ihabitaiion d'un riche Romain, en tenant compte, bien entendu, de la variélé qu'apporte toujours le goùl particulior de chaque individu. L'architecture de cette maison, ses peintures, i ses ornements, tout indique que celui J qui l'habitait était ut] des premiers dO ^ la ville, condition indispensable pour | iJtudier l'arcbitecture privée sous UQ I poiut do vue artistique.

La maison de Pansa occupe une ilg ■ cnliÈre, insula, qui forme un rectangle circonscrit par quatre rues. La façade où se trouve la porte d'entrée qni donne sur la rue des Tliennes présente six boutiques ; deux autres c6lés du la maison eu suntéjjalenient garnis.

Dans un grand nombre de maisons de Ponipèi, le rez-dc-cbaussée, à l'exlérieur, est occupé par des boutiques, mais elles n'ont, la plupart du temps, aucune communication avec le logis du maître et servaient seulement aux locataires qui y faisaient leur commerce. Il y a également des appartements qui se louaient et nu communiquaient pas avec l'intérieur. L'île était donc à la Tois une maison de rapport et uoe maison d'habitation.

Il y a pourtant, dans la maison de Pansa, une boutique qui communique avec le logis du maître. Cela tient sans doute à un usage trèscommun dans l'antiquité : le propriétaire gardait un endroit pour faire débiter l'huile et le vin qu'il avait récoltés dans ses domaines.

L'entrée principale de h maison était haute et assez étroite ; elle était

1. Le venibule. — S, Alrion Nriatylo. — 4. Buiia ds Til Bsuin du périityle. — 6. Jai

décorée de deux pilastres avec des chapiteaux de fantaisie. Chez les anciens Romains, les portes étaient généralement en bois de chêne, à deux battants et ornées de gros clous à tête dorée ; elles avaient ordinairement un marteau, s*ouvraient en dedans et se fermaient au moyen de verrous perpendiculaires qui entraient dans des œillets creusés dans le seuil. L'entrée donne sur un corridor qui nous conduit à l'atrium. C'est là qu'on recevait les clients et les étrangers et qu'on plaçait les images des ancêtres. Le portique de cet atrium appartient au genre qu'on appelle atrium toscan^ c'est-à-dire qu'il n'est point soutenu par des colonnes, mais parles poutres scellées à leurs extrémités dans le mur de la maison et portant les toits en appentis; les eaux pluviales s'écoulaient dans un bassin ou impluvium^ placé au centre de la partie découverte et marqué h sur le plan.

Au fond de l'atrium est le tablinum (2 du plan), qui, dans la maison de Pansa, est pavé en mosaïque blanche avec filets noirs. Le tablinum, où Ton conservait les archives de la famille, séparait l'atrium de l'appartement intime réservé exclusivement à la famille. Le péristyle de la maison de Pansa est une cour entourée d'un portique soutenu par seize colonnes, au milieu de laquelle est un bassin. On voit sur la figure 608 l'emplacement de ce péristyle, qui est marqué 5 sur le plan.

Les pièces de l'appartement sont disposées autour du péristyle, auquel on arrivait par deux marches placées au fond du tablinum. Les pièces principales étaient Vœcus et Vexèdre, placées au fond du péri- {ityle; elles répondaient à notre salon. C'est là que la maîtresse de la maison recevait ses visites. À droite était le tridinium ou salle à manger, près de laquelle se trouvaient la cuisine et Toflice, avec une petite porte dérobée destinée au service. Les pièces à gauche étaient les chambres à coucher ; il y avait aussi, au rez-de-chaussée, un cabinet de travail et derrière la maison un jardin.

La maison de Salluste (autrefois désignée sous le nom de maison d*Actéon) est une des plus élégantes maisons de Pompéi. Elle donne sur trois rues et est entourée de boutiques et de tavernes ; l'une de ces boutiques communiquait avec l'appartement du maître de la maison qui y faisait probablement la vente des denrées de ses terres. Au fond, il y a un jardin avec un tridinium d'été et une fontaine. Ce jardin est très-étroit, et il se contourne dans l'angle indiqué en haut et à gauche du plan (fig. 669).

Le tridinium d'été est le petit bâtiment qui occupe juste l'angle.

L'atrium, qui occupe le milieu de la maison, comme l'indique le

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