LB MARIAGE GREC
presque enfantine contraste avec la robuste jeune fillc qui représente VÈU. Celle-ci tient dans la main droite une couronne de feuillage et dans la gauche des épis. V Automne tient une corbeille pleine de fruits et traîne après elle un agneau. Enfin V Hiver (fig, 138), séparée de ses deux sœurs par une figure d'Hercule, est couverte d'un manteau et tient des pièces de gibier, un sanglier, un lièvre et une couple de perdrix.
Là maison db l'époux. — La maison où réponse était attendue était non seulement meublée à neuf et parée, mais on y avait souvent ajouté des constructions nouvelles en vue de la femme qui allait l'habiter, tt Tu me construiras une chambre nuptiale, dit l'amante de Daphnis à son berger, dans Théocrite ; tu me construiras une maison et une bergerie. »
La porte était toute pavoisée de guirlandes; unjeune enfant apportait une corbeille de fruits, emblème d'abondance et de fécondité, en récitanton hymne avec le refrain : « J'ai changé mon état pour un meilleur. » La mariée prenait alors un fruit, choisissant habituellement une figue ou un coing, dont la saveur très-douce était considérée comme un emblème du bonheur tranquille dont on allait jouir. Quelquefois, au lieu de fruits, la corbeille contenait un pain surune branche de chêne; c'était un hommage à Cérès, qui avait enseigné aux hommes l'agriculture et les avait tirés de l'état sauvage : la mariée allait de même entrer dans une vie nouvelle préférable à la précédente.
Arrivée devant la porte, la mariée tourne encore un regard du côté de ses parents qui l'entourent comme s'ils voulaient la défendre : mais cette lutte n'est que simulée. L'époux l'enlève et lui fait franchir le seuil en ayant soin que ses pieds ne touchent pas le sol, car ce serait un affreux présage. Cette cérémonie, qu'on appelle te rapt, présente au premier abord quelque chose de brutal, cependant elle a son origine dans une crovance assez touchante : si la mariée entrait d'elle-même dans sa nouvelle demeure, elle serait par là assimilée à une étrangère qui reçoit un bon accueil. Enlevée par son mari, elle est considérée, dès qu'elle a mis les pieds dans la maison, comme si elle venait de naître, et elle prend ainsi possession de son logis. Son premier acte est d'accomplir les rites sacrés devant le foyer domestique, emblème des aïeux de son mari qui sont devenus les siens.
Là wocB. — Un festin réunissant les deux familles était l'accompagnement habituel d'un mariage. Nous avons vu que les parents et les
amis avaient fait un présent à la mariée. Il était de bon goût que le marié offrît de môme quelques présents à ceux qu'il invitait au repas du mariage. Nous devons à Athénée le curieux récit d'un repas de noces en Macédoine. « Caranus le Macédonien, dit-il, donna le jour de ses noces un repas à vingt personnes. Aussitôt que les convives se furent placés sur les lits, chacun d'eux reçut en présent une coupe d*argent, et lorsqu'elle fut vidée, on apporta des plats en airain de Corinthe contenant des poules, des canards, des ramiers et différents autres mets. Les invités, ayant pris ce qui leur convenait, laissèrent le reste aux esclaves, auxquels on fit également don des plats. Ensuite , il pirut un service d'argenterie où étaient des pigeons, des tourtereaux, des perdrix et autres volatiles, puis des lièvres, des chevreaux et des pains faits avec art. Après que chacun fut rassasié, on se lava les mains et les couronnes furent apportées. Alors entrèrent les joueuses de flûte et les Rhodiennes pinçant de la harpe. Elles n'avaient pour tout vêtement qu'un léger voile. Quand elles se furent retirées, il en arriva d'autres, portant chacune une coupe d'or et une coupe d'argent dont elles firent présent à tous les convives.
(( On se remit ensuite à souper et chacun des convives reçut un plat d'argent, doré en placage fort épais, et assez grand pour contenir un cochon rôti et même fort gros. Cette pièce était posée sur le dos, montrant le ventre en haut, rempli de toutes sortes de bonnes choses. En effet, il y avait des grives rôties, des vulves, force bec-figues, où Ion avait versé des jaunes d'œuf; outre cela, des huîtres, des pétoncles : chacun des convives eut pour lui le cochon et le plat sur lequel on Pavait servi, et reçut ensuite un chevreau tout bouillant dans la sauce, sur un autre plat avec sa cuillère d'or.
« Caranus voyant ses convives embarrassés par la quantité des présents qu'ils avaient reçus, leur fit donner des bourses de filet et des corbeilles à pain, tissues de brins d'ivoire : tous célébrèrent la générosité du nouvel époux qui leur fit remettre encore une couronne et deux pots de parfums, l'un en or et l'autre en argent, A ce moment on vit entrer dans la salie la troupe de ceux qui venaient de célébrer à Athènes la fête des Chytreson marmites, et ensuite celle des baladins et des femmes qui faisaient des tours, cabriolant sur des épées et jetant du feu par la bouche. Ensuite on se remit à boire de plus belle et on apporta les vins vigoureux, ceux de Thase, de Monde et de Lesbos, qu'on servit dans des coupes d'or.
(( Quand on eut ainsi bu, on apporta à chacun un plat de verre