‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 4)Chapitre 11 sur 54 · Mariette Stinirairt dt* invitéi du khédive · texte numérisé non relu

Mariette Stinirairt dt* invitéi du khédive

L'UEPTANOMIDE. •)&

vée la statue de Chephren, est indiqué sur notre plan à ta face est de la pyramide; sur la face nord sont les puits sépulcraux.

En C, estia pyramide de Mycérious; comme dans la précédente un petit temple est placé du coté de l'est : trois pyramides se voient sur la face sud.

Enfin les lignes marquées à la face ouest et nord de cette pyramide et de celle de Chephren indiquent des débris de murailles et des levées de pierre ayant dû former une espèce d'enceinte.

Les pyramides les plus importantes après celles de Gizch sont les pyramides de Sakkarah. On y remarque une disposition particulière : l'une d'elles, la plus grande, est formée par cinq étages de gradins étages.

Pig S& — Pjam de

prii Sakkarih

Les pyramides de Dachour (fig. 85), qui fool suite à celles de Sakkarah, atteignent presque les dimensions des doux grandes pyramides de Gizeh; elles offrent cette singularité qu'elles sont divisées en deux parties présentant chacune une inclinaison dilTiîrenle.

Les pyramides de Sakkarah ot de Dachour sont, comme celles de Gizeh, entourées de tombes.

On y voit également des puits remplis de momies d'ibis sacrés

dont le corps est soigncusemenl enveloppé de bandelcllcs. n Les puits des momies d'ibis, dit le Guide eu Orient, ont jusqu'à 20 et 22 mètres de profondeur. Les momies sont renfermées dans |des vases en terre cuite assez semblables à des pains de sucre (fig. 86 à 88). Celles qui sont bien conservées présentent le corps de l'oiseau dans des bandelettes de toile fine; le bec, les pieds et quelquefois une partie des plumes sont intacts, mais la plupart sont réduites en poussière ou carbonisées. 11 semble qu'on leur ail fait subir une sorte de dessiccation, "

La vénération que les Égj-ptiens avaient pour cet oiseau venait, selon les anciens, de ce qu'il était grand deslrucleur de serpents, caractère que les naturalistes modernes ne reconnaissent pas pour exact. Mais le culte dont il était l'objet vient plutôt do ce que l'ibis apparaît en Égjpie au moment où le Nil commence à croître. Il est donc supposé connaître le secret du grand problème auquel l'^gyple doit sa merveilleuse fécondité, L'étendue des pas de l'ibis formait l'étalon des mesures usitées en Égjple.

Les anciens attribuaient encore à l'ibis une foule de propriétés et

faisaient remonter jusqu'à lui l'origine des lavements. « L'ibis, dit Plutarque, dans son Traité cCIsis et d'Osiris^ outre qu'il détruit les reptiles dont la blessure est mortelle, nous a enseigné le premier l'usage des lavements en nous faisant voir de quelle manière il se purge et se lave lui-même les entrailles. Les prêtres les plus scrupuleux en matière de rites prennent pour eau lustrale, dans les purifications, celle où ribis s est désaltéré, car il n'en boit jamais qui soit malsaine ou corrompue, il n'en approche même pas. Avec la trace de ses deux pieds écartés l'un de l'autre et celle de son bec, il détermine un triangle équilatéral. Enfin, la variété et le mélange des plumes noires qui se confondent sur lui avec les plumes blanches, figurent la lune arrondie aux trois quarts^. »

Le labyrinthe. — Hérodote nous en a laissé la description suivante : « Ce monument, dit-il, fut fait par les douze rois qui régnèrent ensemble en Ég^^pte; ils firent ce labyrinthe un peu au-dessus du lac Mœris, auprès de la ville des crocodiles. J'ai vu ce bâtiment, et je l'ai trouvé au delà de toute expression. Tous les ouvrages, tous les édifices des Grecs ne peuvent lui être comparés ni du côté du travail, ni du côté de la dépense : ils lui sont de beaucoup inférieurs. Les temples d'Éphèse et de Samos méritent sans doute d'être admirés, mais les pyramides sont au-dessus de tout ce qu'on peut en dire, et chacune en particulier peut entrer en parallèle avec plusieurs des grands édifices de la Grèce. Le labyrinthe l'emporte même sur les pyramides. 11 est composé de douze cours environnées de murs, dont les portes sont à Topposite Tune de l'autre, six au nord et six au sud, toutes contigûes; une môme enceinte de murailles qui règne en dehors, les renferme; les appartements en sont doubles : il y en a quinze cents sous terre, quinze cents au-dessus^ trois mille en tout. J'ai visité les appartements d'en haut, je les ai parcourus : ainsi j'en parle avec certitude et comme témoin oculaire. Quant aux appartements souterrains, je n'en sais que ce qu'on m'en a dit. Les Égyptiens, gouverneurs du labyrinthe, ne permirent point qu'on me les montrât, parce qu'ils servaient, disaient-ils, de sépultures aux crocodiles sacrés et aux rois qui ont fait bâtir entièrement cet édifice. Je ne parle donc de? logements souterrains que sur le rapport d'autrui; quant à ceux d'en haut, je les regarde comme ce que les hommes ont fait de plus grand. On ne peut en effet se lasser d'admirer la variété des passages tortueux qui mènent des cours à des corps de logis et des issues qui mènent à d'autres cours. Chaque corps 1. 13

de logis a une multitude de chambres qui aboutissent à des pastades* ; au sortir de ces pastaàes, on passe dans d'autres bâtiments, dont il faut traverser les chambres pour entrer dans d'autres cours. Le toit de ces corps de logis est de pierre ainsi que les murs, qui sont partout décorés de figures en bas -reliefs. Autour de chaque cour règne une colonnade de pierres* blanches parfaitement jointes ensemble. A Tangle où finit le labyrinthe s'élève une pyramide sur laquelle on a sculpté en grand des figures d'animaux. On s'y rend par un souterrain. »

On croit que cet immense édifice subsistait encore du temps d'Auguste : Strabon assure l'avoir vu dans tout son entier et Pomponius Mêla, qui vivait sous l'empereur Claude, en a fait une description qui confirme celle d'Hérodote.

Les ingénieurs français de 1798 ont reconnu la position du laby^ rinthc, qui devait être au bord du lac Mœris; et, depuis, Lepsius a donné un savant commentaire sur les débris qui en restent, a Une grande partie des chambres, dit le Guide en Orient, subsistent encore, tant au-dessus qu'au-dessous du sol. Trois vastes corps de constructions entourent de trois côtés une grande cour centrale de près de 200 mètres de long sur 160 mètres de large; le quatrième côté de la cour est en partie fermé par la pyramide, dont chaque face est de 100 mètres environ. C'était dans cet espace que devaient se trouver les douze cours couvertes dont parle l'historien grec. »

Les hypogées de Beni-Hassan. — Peu après avoir quitté Memphis, le pays se resserre et on entre dans cette longue vallée du Nil qui semble un sillon creusé par le fleuve au milieu du désert. La première ville que rencontrait un voyageur dans l'antiquité était Troja, près de laquelle étaient les carrières d'où ont été extraits les blocs qui ont servi à la construction des pyramides.

AphroditopoHs, qui venait ensuite, était la ville d'Hathor, la Vénus égyptienne, qu'on y adorait sous l'emblème d'une génisse blanche.

Un peu avant d'arriver à Anlinoé, qui était une station importante, on rencontre les fameuses grottes tumulaires connues sous le nom d'hypogées de Beni-Hassan. Les hypogées de Beni-Hassan sont remarquables à tous les points de vue. C'est là qu'on trouve la

i . Probablement des cryptes, suivant Topinion de Letronne.

"Site prolodorique. C'est une colonne prismatique h huit ou seize facettes et sans base (Qg. 89); on en fait remonter l'origine à la XII' dynastie.

Les peintures qui décorent ces hypogées Toumissent des ren- SPignemeiits inapprcciables sur les mœurs égi'pliennes el on y voit, accompagnés de leRendes explicatives, une multitude de tableaux sur la \ie privée des anciens habitants

Lu gioiM lumuluiu da Suu-Uiuaau.

M Une très-longue inscription hiéroglyphique, qui accompagne une des tombes, date du règne d'Ousortesen 1", de la X1I= dynastie, entre 2500 et 3000 ans avant notre ère; aucun monument de Thèbcs ne remonte à beaucoup près aussi haut. Les sujets représentés dans les peintures se rapportent aux arts et aux métiers, aux travaux divers de l'agriculture el à l'élève des bestiaux, aux exercices militaires, aux jeux, au\ luttes, aux amusements, à la danse, à la musique, au chant, à la navigation du Ml, aux occupations domestiques, etc. On y voit figurés un grand nombre d'animaux avec leur nom constamment écrit à cûlé. Enfin une scène curieuse, qui se trouve dans l'avantdemière grotte vers le nord, représente une famille d'étrangers dont le nom est Aam dans l'inscription correspondante, nom qui désignait un peuple nomade de l'ancienne région de Chanaan, peut-être les Ammonites de la Uible. On a là sous les yeux une scène patriarcale

qui fait songer à Jacob et à ses fils, bien qu'elle ait précédé de plusieurs siècles rimmigration de la famîlle de Joseph *. »

On désigne sous le nom de Speos Arlemidos (grotte de Diane) un petit temple creusé dans le roc, près de Beni-Hassan, et consacré à la déesse Pacht.

Les dernières villes de l'Heptanomide. — Antinoè, ville de l'époque romaine, fut construite par l'empereur Hadrien, en Thonneur de son favori Antinous, qui s'était noyé dans le Nil.

(( Au milieu des maisons de limon et sous les magnifiques palmiers du village de Gheik-Abaddeh, dit le Guide en Orient, s'entassent les ruines d'Antinoé. Il ne reste plus guère que le théâtre, près de la porte du sud, Phippodrome à l'est, en dehors des murailles, et des vestiges de construction qui marquent encore la direction de quelques rues. La rue principale, qui conduisait au théâtre, près de la porte du sud, a près d'un kilomètre de longueur, en ligne droite. Elle était bordée à droite et à gauche d'une double galerie couverte, soutenue par des colonnes. Une autre rue centrale, qui coupe celle-ci à angle droit, allait du quai à la porte orientale. Elle était, de même, bordée d'arcades et embellie de monuments. Vers l'extrémité est, des restes considérables doivent marquer l'emplacement d'un temple. On remarque aussi des coupoles antiques appartenant à des bains, un autel votif renversé, les jambages d'un arc de triomphe et une partie de la colonnade. Toutes ces ruines ont été malheureusement exploitées par les Turcs depuis le commencement du siècle actuel pour les convertir en chaux. » . • ^

Non loin d'Antinoé était Hermapolis magna. Cette ville possédait un temple précédé d'un magnifique portique, détruit aujourd'hui, mais qui subsistait encore au temps de la commission d'Egypte. D après les traditions mythologiques, Hermopolis est le lieu où la lune a fait sa première apparition après la formation de l'univers.

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