‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 4)Chapitre 2 sur 54 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

un sous-titre spécial et forme à lui seul un tout qui, en s* isolant, montre une face particulière de l'antiquité.

Les peuples de l'antiquité. — Cette première partie comprend d'abord un examen descriptif des pays où s'est développée la civilisation antique, l'Egypte, l'Asie, la Grèce, l'Italie et les contrées adjacentes. Pour faciliter cette étude, un grand nombre de cartes géographiques et de plans ont été joints aux gravures représentant les monuments les plus célèbres, temples, palais, tombeaux, etc. C'est le style des édifices qui détermine le génie d'une race et d'une époque, mais nous nous sommes attachés en même temps à montrer, d'après les textes anciens, la physionomie spéciale que présentaient les villes principales, foyers des antiques civilisations.

En effet, Thèbes et Memphis ne ressemblaient pas à Babylone ou à Ninive, et les petites bourgades qui, dans l'âge héroïque, se groupaient autour des citadelles, ne laissaient guère présager les magnifiques cités de l'époque macédonienne et romaine. Un chapitre spécial a été consacré à la description d'Athènes et à celle de Rome; mais Pompeî et Herculanum étaient pour notre sujet la mine la plus féconde et nous y avons largement puisé dans tout le coure de cet ouvrage.

L'étude des villes et des palais nous montre le milieu où les peuples ont vécu ; elle serait pourtant insuffisante pour nous faire apprécier le génie particulier d'une race ou d'une époque, si l'on n'y joignait celle des emblèmes'^ou des insignes d'autorité reconnus par chaque nation. Ainsi, en Egypte, où le pharaon est complètement assimilé à la Divinité, les emblèmes du pouvoir ont toujours tiii caractère symbolique qui les rattache au culte national. En Asie, où l'esprit est monarchique, plus encore que religieux, les

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emblèmes divins se montrent à côté des insignes royaux, mais ils s'en distinguent et ne sont plus assimilés.

En Grèce, le polythéisme multiplie les emblèmes; cependant ils n'ont rien de commun avec les personnages revêtus de l'autorité et ceux-ci se distinguent à peine des autres : c'est le caractère d'une démocratie inquiète et jalouse, où le gouvernement est sujet à de perpétuels changements.

La Société romaine, malgré les révolutions que l'histoire présente à chaque page, montre un système administratif bien plus consistant et qui s'affirme par une hiérarchie et des insignes nettement déterminés. Depuis la hache du licteur jusqu'au siège où s'assied le magistrat, tout prend une fonne spéciale et on reconnaît de suite à ses insignes le rang qu'un perspnnage occupe dans l'État. Cette puissante organisation qui a mené Rome à la conquête du monde lui a assimilé tour à tour chacune des nations qui, jusquelà avait eu sa vie propre. Mais en sacrifiant tout à l'unité, en faisant de chaque homme un rouage, concourant à la gi-andeur de l'État, Rome a fini par n'avoir plus que des partisans au lieu de citoyens. Comme chacun rattachait ses intérêts à la faction qui avait le pouvoir en main, l'empire s'est établi et le souverain, investi d'un pouvoir illimité dans l'ordre civil et religieux, put sans peine se faire proclamer Dieu.

Après l'apothéose des empereurs, le paganisme mourant n'avait plus rien à dire.

Les emblèmes des premiers chi^étiens et les insignes des peuples barbares qui ont envahi le monde romain marquent la deraière période de l'antiquité.

La famille dans l'antiquité. — Après avoir étudié les diverses nations dont s'est composée la société antique, et montré la conformation des villes, nous avons dû rechercher quelle était,

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aux mêmes époques, la constitution de la famille^ et pénétrer dans la vie intime de chaque habitant.

Nous nous sommes efforcé surtout de montrer le lien qui rattache la vie morale et la vie matérielle des anciens. Quand on comprend le rôle du père de famille dans cette société, on s'explique tout naturellement l'importance du foyer dans la maison antique; la disposition même de l'appartement ressort du culte des aïeux, et il n'y a rien d'arbitraire dans l'emplacement des chambres autour d'un centre commun. Les cérémonies nuptiales, aussi bien que les cérémonies funèbres, la vie de la femme grecque dans le gynécée et la visite obligée des clients sous les portiques d'une maison romaine, sont autant de commentaires indispensables pour expliquer l'architecture privée.

Si, après avoir vu l'appartement, nous passons aux meubles qui sont dans chaque pièce, il est nécessaire d'établir le même rapport. Comment comprendre la forme et la disposition des lits de table dans un banquet, si on ne dit pas en même temps de quelle manière le seiTice se fait et quelle place est réservée dans le festin au maître de la maison, aux membres de la famille et aux invités? La forme des coupes répond bien souvent à la nature des libations, et les vases n'ont un aspect si varié que parce qu'ils sont destinés à des usages très différents. 11 n'y a pas jusqu'aux ustensiles de cuisine qui prennent un intérêt beaucoup plus grand, quand on peut voir à côté les mœurs intimes des esclaves et des domestiques, sur lesquelles les écrivains comiques nous ont transmis de si curieux détails.

Que sera-ce donc quand nous arriverons à la chambre à coucher? Ne faut-il pas assister au lever d'une dame romaine, et la vue d'une épingle à cheveux ne fait elle pas songer de suite à la servante chargée de l'édifice souvent si compliqué de sa coiffure? En multipliant les gravures sur le costume et la toilette, nous avons voulu éviter des descriptions fastidieuses, mais nous aurions été incomplets si, par de nombreuses citations des auteurs anciens.

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nous n'avions cherché à faire comprendre la pensée intime et journalière de ceux dont nous montrons le vêtement. Quand on veut surprendre Tintimité de la vie, il ne faut rien négliger; la toilette de la femme et même les jouets de l'enfant prennent donc ici une importance toute particulière.

Le tbavail dans l'antiquité. — C'est par l'agriculture que l'homme passe de l'état sauvage à l'état civilisé. C'est aussi par elle que commence notre volume sur le travail, et, partant des premières charrues égyptiennes pour arriver aux fermes savamment organisées dont parlent les écrivains latins, nous avons montré successivement les formes diverses qu'ont prises, dans le monde antique, la moisson, la vendange, l'élevage du bétail et l'aménagement des basses-cours. La chasse et la pêche, avec tous les engins qui s'y rattachent, forment l'accompagnement naturel de cette première partie.

Ensuite nous arrivons à l'industrie proprement dite en examinant tour à tour les procédés employés pour la fabrication des objets usuels ou de ceux qui montrent un luxe raffiné. La poterie, la verrerie, l'orfèvrerie, les meubles et les tissus sont successivement passés en revue sous leur rapport technique. Tous les outils sont représentés d'après les documents antiques et on voit en quelque sorte fabriquer les objets eux-mêmes.

Le commerce trouve naturellement sa place à la suite de l'industrie. Il faut présenter le système des monnaies, des poids et mesures adoptés chez les différents peuples et en dresser le tableau comparatif. Il faut aussi montrer l'organisation des marchés, des ports, des dépôts de marchandises, expliquer les prêts d'argent, l'usure, le transport, les routes, les auberges.

Les beaux-arts viennent à la fin, et ils occupent une place importante. On examine la position sociale d'un architecte, ses rapports avec le public et avec les ouvriers qu'il emploie ; on entre

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