‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 4)Chapitre 47 sur 54 · L'ESPAGNE ET L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

L'ESPAGNE ET L'AFRIQUE

La péninsule leÉniouE. — La péninsule espagnole, peuplée primitivement par des tribus celtes ou ibériennes, colonisée ensuite par les Phéniciens, tomba aux mains des Carthaginois vers le vi' siècle avant notre ère et devint une possession romaine après la seconde guerre punique. Elle fut, sous Auguste, divisée en trois provinces : la Tarraconaise, la Lusitanie, et la Bélique.

La Tarraconaise. — La Tarraconaise, située au nord de l'Espagne, était beaucoup plus vaste que les deux autres provinces réunies. Tarraco

L'ICSPAGNE ET L'AFHIQUE.

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(Tarragone), la capitale, était autrefois le centre d'un commerce iinmense. et sa population était extrêmement nombreuse. Les édifices qui la décoraient sont aujourd'hui détruits : il ne reste qu'une grosse tour du palais d'Auguste, mais le magnirique aqueduc qui amenait les eaux dans la cité est assez bien conservé. Les murailles de la ville sont

d'une construction fort ancienne, qui n'est pas pélasgique, puisqu'elle présente des assises horizontales, mais qui paraît antérieure à l'iîpoque romaine.

Nous avons parlé do l'aqueduc de Tarragone; celui de Ségovie est encore plus remarquable. Il amène l'eau à travers une vallée large et profonde sur une série de cent dis-neuf arcades s'élevanten certains points jusqu'à ta hauteur de 2S mètres. L'aqueduc de Ségovie, construit sous Trajan, est considéré comme le plus beau des édifices de ce genre qui ail été élevé par les Romains (fig. 705).

Barcino, aujourd'liui Barcelone, était loin d'avoir dans l'antiquité

l'importance qu'elle a acquise de nos jours. Numance, qui a joué un si grand rftle dans l'histoire, a laissé des ruines assez pauvres ; SagonU a gardé les restes d'un théâtre, un cirque et un temple de Bacchus.

EuGn il ne faut pas omettre la Nouvelle Cartkage (Cartbagéne], bien que cette ville, fondée par les Carthaginois, n'ait pas laissé de tnoouments qui rappellent son passé ; et Imeramniam (Alcaolara), où l'on voit encore un magniCque pont romain élevé sous Trajan.

Là. LtsiTANie. — Dans la province de Lusitanie, qui comprend la partie occidentale de la péninsule Ibérique, nous citerons, Olitippo (Lisbonne), StUamantica (Salamanque), et surtout Mérida, ville fondée par Auguste, et qui a laissé des ruines imposantes, parmi lesquelles on remarque l'Arc de triomphe de Trajan, construit en pierres énormes; le temple de Diane, où l'on admire quarante colonnes hautes de près de onze mètres ; le temple de Mars dont il a survécu quatre beaui fragments en marbre; la Naumachie dont il ne reste plus que des débris; le Théâtre dont les gradins sont assez bien conservés; enfin un vaste aqueduc, qui s'élevait sur trois étages d'arcades montant à près de vmgt-cinq mètres de hauteur et dont une trentaine de piliers sont encore debout. Toutes ces richesses justifient le vieux proverbe maure, qui dit qu'aucun homme au monde ne peut énumérer les merveilles de Mérida.

La Bétique, — La Bétique forme l'Andalousie actuelle; c'est une province où l'élément phénicien ou carthaginois a dominé dans toute l'antiquité. Nous nous contenterons de citer Gadis (Cadix), où la mythologie place l'histoire du triple Gerj-on et qui a été de tout temps très-importante par son Monnaie de Gad*.. Commerce (flg, 70 6-707).

La MAuniTANiE. — L'ancienne Mauritanie répond à peu près à l'empire du Maroc actuel. Elle ne figure dans l'histoire qu'au ir siècle avant notre ère, lorsque Bocchus, qui en était roi, livra son gendre Jugurtha aux Romains, et reçut pour prix de sa trahison une partie de laNumidie. La Mauritanie, devenue province romaine, n'eut jamais une grande importance, et en f^it de villes nous citerons seulement rciiffis (Tanger), où l'oo montrait le corps d'Antée, autrefois étouffé par Hercule.

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La NnuiDiB. — La Numidie, dont le territoire forme aujourd'hui l'Algérie, avait pour capitale Cirta (Conatantine), et pour ville princi* pale Lambusa, qui a laissé quelques ruiues. La fi^re 708 repré* sente Juba, roi de Numidie, qui prit parti pour Pompée et fut vaincu par Céaar. Celte médaille est particulièrement remarquable par la chevelure, qui semble naturellement rebelle et crépue, mais qui révèle des soins extrêmes par la manière dont elle est arrangée.

Les Carthaginois. — Les ?« tos. - Jub« {mmuu >

établissementsphéniciensdelacôte

d'Afrique, étalent des postes ou des comptoirs complètement isolés au milieu des indigènes et n'avaient primitivement dans leur dépendance qu'un très petit territoire, que les premiers colons avaient conquis ou acheté. La plupart du temps, ces colons se constituaient au moyen d'une compagnie de marchands qui conservaient des rapports amicaux avec la métropole, qu'ils enrichissaient par une redevance et dont ils invoquaient la protection en cas de péril. Souvent aussi, les colonies liaissaieat des factions politiques en lutte dans la vieille cité; car alors 11 arrivait que la faction vaincue quittait la métropole pour aller fonder un établissement où elle apportait quelquefois de grandes richesses et une organisation fortement constituée déjà. C'est ce qui arriva à Cartbage, qui, pourvue dès le début d'une certaine puissance, sut de bonne heure faire respecter son autorité parmi les indigènes, et fonda elle-même des colonies qui donnèrent à son commerce une trèsgrande extension.

Carthage était composée de plusieurs parties. L'ancienne ville occupait le terrain placé autour de la citadelle appelée Byrsa, qui élait située sur une éminence. Trois ou quatre rues, aux maisons très hautes et élevées de plusieurs étages, suivant l'usage phénicien, reliaient le forum, placé au centre de la ville, avec la citadelle. Ces rues, pavées en dalles, paraissent avoir été assez étroites, car quand les soldats romains s'emparèrent de Carthage, ils entrèrent dans les maisons, et purent communiquer d'un cAté de la me i 1'^^^ 'tant des.

planches et des salives sur les terrasses qui les couvraient. Le fonm était de forme rectangulaire et entouré de hautes maisons : sur dk de ses faces se trouvait le temple d'Apollon, qui, selon Dureaa de li Malle, échappa à la ruine de Garthage et f ut plus tard consacré ancnlk hrétien. Ce temple était orné d'une grande statue du Dieu qui futeoportée à Rome, où on la désignait sous le nom de grand Apollon de Carthagc : elle subsistait encore au temps de Plutarque. Outre le temple d'Apollon, il y avait un temple d'Esculape, un temple d'Astané et un temple de Baal, qui contenait les archives de la républiqoe. De grandes ciiernes publiques, alimentées par des aqueducs, un g^muase. un théâtre, un amphithéâtre, un cirque, et plusieurs édifices, diHitiB nombre, il est vrai, ont été élevés sous la domination romaine, atteslnt l'importance que Carlbage a conservée jusqu'aux invasions barbares. Outre la vieille ville, il y avait un immense faubourg appelé Kttjoni, qui était rempli de jardins plaoïé!

d'arbres fruitiers et coupé de onaus.Cest près de ce faubourg qat se trouvait le lieu consacré aux sépultures; les Carthaginois ne brûlaient pas leurs morts, mais les enterraient suivant un usage commini à tous les peuples sémitiques.

Garthage était pourvue d'un port marchand et d'un port militaire. Le port marchand était df forme elliptique et entouré, dans toute sa circonférence, par de ûombreux points d'attache pour amarrer les navires ; i) communiquait à la mer par une grande entrée que Ton fermait avec une chaîne de fer; de larges quais, bordant le rivage de la mer, permetiaicnl aux marchands d'y déposer leurs denrées. Mais le port important éuil le port militaire appelé Cothon.

Le faubourg de Mégara était séparé de la ville vieille par une moraille particulière, mais l'enceinte de la cité était défendue au dehors par une enceinte fortifiée.

¥ig. loe.

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Il est impossible de parler de Garlhage sans rappeler Annibal, le plus grand homme de guerre de l'antiquité. Nous aurions voulu en reproduire ici l'image, mais nous devons dire que lesuperbeiiuste (Hg. 709)

que la tradition coasidèrecomme son portrait, ne présente pas sous ce rapport de bien grandes garanties d'authenticité.

Utique, où est né Caton, était située non loin de Carthage. Cette

Ei-THloi cirtbaglDoli,

ville était la plus ancienne colonie des Phéniciens sur cette cOte.

Les Carthaginois comme tous les peuples d'origine syrienne ou phénicienne n'avaient aucune aptitude pour les beaux-arts et leurs production sous ce rapport paraît s'être borné à quelques ex-votos (fig. 710, 711, 712 et 713), dont la déplorable faiblesse comme dessin est d'autant plus remarquable que, les artistes grecs, travaillant pour leur

compte, faisaient des chefs-d'œuvre, comme on peut en juger par le médaillos ci-dessous (Ûg.71(i-715). Au reste si les Cartha^nois ont été impuissants à cultiver les beaux-arts, il est certain du moins qulls tes appréciaient; car leurs généraux ne manquaient pas d'enlever partout les tableaux et les statues célèbres, pour les envoyer dans leur patrie.

Uoanaia ds Cirlhigo.

On pense que, pour la décoration des édiriccs, les Carthaginois employaient des artistes grecs dont la Sicile était abondamment pourvue.

L'île be Maltk. — L'Ile de MkUta (Malte), désignée dans l'Odvssrt sotis le nom d"Hypério, et qui porte aussi le nom d'Ogygie, est situty entre laSicilc et la cùlc d'Afrique, Habitée successivement par les Pélasges, les Pliénicieiis, les Grecs, les Carthaginois et les Romains, celle petite île avait été dans la mythologie, la demeure de la nymphe Calypso: les curieux vont encore visiter aujourd'hui sa grotte mai> celle-ci ne répond nullement aux poétiques descriptions d'UomiJre.

L'attribution de cette grotte à la déesse est d'ailleurs absolumeai hi-poitiéliquG, Pt on pourrait tout aussi bien lui donner pour habiialioa tout autre excavation analogue, car il y en a un assez grand nombre non seulement dans l'île de Malte, mais encore sur toute la côte méridionale de la Sicile, Ces grottes paraissent avoir été habitées par unr population troglodyte dont on ne connaît pas l'histoire, mais qui pourrait bien avoir été d'origine phénicienne. Nous avons vu en effet que la côte do la Pliéntcie, les montagnes de l'Arabie Pétrtc, et toules le? régions adjarerles offrent dos excavations analogues. La "rolle di' ■Caljpso se compose de deux étages de cavernes formant plusieurs chain-

brcs : l'une d'elles, dont l'entrée est un peu plus grande, a reçu pour œlle raison le nom de boudoir de la déease(fig. 716).

L'île de Halle (fig. 717-718), peuplée de Phéniciens, a toujours été en rapport avec l'Orienl et quelques-unes de ses monnaies attestent une in-

yig. T19. — QtMl

(luenceégyplienne-trèsprononcée. Les monnaies deGaulos(Gnzza). petite lie, à côlé de Halte, montrent au contraire une inHucnce phùnicienne {ûg. 719-720).

Les monuments qu'on a trouvés dans ces deux îles, paraissent également d'origine phénicienne. Les ruines dcCrendi, à Malte, ressemblent de loin à une masse de roches naturelles, mais de près on reconnaît le travail des Sges primitifs, u Ces ruines, dit le guide, sont formées d'énormes pierres encore ''"' " ' „^3„,,|„ j,, jun/'* ^"'' à peu près telles que les a fournies la nature. Les unes sont fichées tout droit dans le sol et sa dressent jusqu'à douzes mètres de hauteur, les airtres, de sept mètres de longueur sur quatre de largeur et un mètre d'épaisseur, sont enclavées dans les murs qu'elles soutiennent comme des piliers. En pénétrant dans' ces ruines, on voit qu'elles forment des salles à ciel ouvert, de

grandeur et de forme dilTéreotes, qui paraissent avoir été des temples. Les parois intérieures sont aplanies et travaillées avec une régalante bien diiïérente de l'aspect estériem de l'enceinte. Le sol est formé de pierres concassées, au-desfous desquelles on trouve de lai^s bloc Les murs de fond de ces salies dessinent un hémicyle : les portes prio- 1-1=- "if. Fig. 1*0. cipales, creusées dans les colfc

iioaoua de Oauiot (Gohq). droiti, soHt b&ties avec quatre pierre

formant une baie trapézoïde de 2 à 3 mètres, a

On a trouvé dans ces salles des ossements d'hommes et d animaiu, et des figures sculptées d'une forme bizarre et monstruense; m.!" comme il n') a aucune inscription, il est difficile d'eu ' comprendre la signification Les deux édifices sont composés do plusieurs salles communiquant ensemble et où se trouvent de larges tables monolithes supportées tantôt par un gros pilier, tantôt sui un piédestal é\ide sur Ils cùtis.

La tour des Géants (fig 721} dans 1 île di- Gozzo est un monument du même caractcre, imi-. beaucoup plus grand L'cdilicc se compose de duiix temple* ou enclos ayant clijcun la forme d un double tri,ne les portes sont formée? de deux larges

pierres de 3"',30 de long sur 2 métrés de large. On entre dans la première partie du monument par un passage bâti également avec de trèsgrosses pierres. L'abside qu'on trouve à main droite est fermée par une clôture qui présente un marchepied demi-circulaire : on a rcirouiv les scellements d'une grille qui l'accompagnait jadis. Deux pien■e^ dcboul.surniooiéesd'unarchitraveformaientaufondde l'abside une sorlf

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